Introduction
Sur quoi tient vraiment ta foi ? Quand tout autour de toi bouge (les opinions, les modes, les vérités qu'on te vend), sur quoi peux-tu poser les pieds pour ne pas t'effondrer ? Dans les quatre premiers versets de sa lettre à Tite, Paul répond en trois mots qui se répondent : le Dieu qui ne ment pas, le Dieu qui parle, le Dieu qui sauve. Trois faces d'une même bonne nouvelle. Ton fondement n'est pas dans ce que tu ressens, ni dans ce que tout le monde pense en ce moment. Il est en Dieu lui-même. Ce texte est court, mais il pose sous ta vie un béton que rien ne fissure.
Plan de l'article
1. Le Dieu qui ne ment pas
Paul écrit à Tite « pour la foi des élus de Dieu et la connaissance de la vérité conforme à la piété, lesquelles reposent sur l'espérance de la vie éternelle, promise avant l'origine des temps, par le Dieu qui ne ment pas » (Tite 1,1-2). Deux questions se lèvent à la lecture du premier verset : comment être sûr de la solidité de notre foi ? Et pourquoi persévérer à chercher ce qui plaît à Dieu ? La réponse est dans ce qui suit. Ta foi repose sur une espérance qui ne date pas d'hier, la vie éternelle, promise avant l'origine des temps. Ce n'est pas de l'improvisation. Avant qu'une seule horloge se mette à tourner, avant les arbres, avant les hommes, Dieu avait déjà en tête cette vie qu'il voulait offrir à un peuple.
Et cette vie, c'est ce que Paul appelle ici la piété. La piété, ce n'est pas juste une habitude religieuse ou une manière de vivre le culte. C'est la vie en Dieu : la vie belle et bonne qui plaît à Dieu. Belle, parce que tout ce qui vient de lui est beau. Bonne, parce qu'elle fait du bien à celui qui la vit, à celui qui la reçoit, à celui qui la donne. C'est la vie selon son cœur, à laquelle il t'appelle et pour laquelle il t'accroche à lui comme par un mousqueton.
Premier point d'appui, tout simple mais monumental : la vérité existe. Nous vivons dans un monde de relativisme où tout se vaut, où « c'est ta vérité, c'est ma vérité », où en réalité plus rien n'est vrai. La post-modernité ne se contente pas de contester l'existence de la vérité ; elle vit dedans, elle s'y installe. Au milieu de ce brouillard, une affirmation traverse le texte : notre Dieu ne ment pas. Tu peux te délecter de cette bonne nouvelle. Dans un contexte où on est tenté de bidouiller la réalité, de truquer les faits, de rester dans les boucles algorithmiques qui te renvoient toujours ta propre voix, il existe un Dieu qui n'a jamais rien dit de faux.
Ce qui veut dire aussi que tu as besoin de lui pour connaître la vérité. Tu ne veux pas te laisser contrôler par « le prince de la puissance de l'air » (Éphésiens 2,2), le diable, « père du mensonge » (Jean 8,44), qui inculque à tout notre Occident qu'aucune vérité n'existe. Ancre-toi au Dieu qui ne ment pas. Dépends de lui. Cela demande du courage.
2. Le Dieu qui parle
La bonne nouvelle ne s'arrête pas là. Le Dieu qui ne ment pas est aussi le Dieu qui ouvre la bouche : « il a manifesté sa parole en son temps par la prédication qui m'a été confiée d'après l'ordre de Dieu notre Sauveur » (Tite 1,3). Trois mots-clés : manifester, prédication, ordre. Dieu a voulu se faire connaître. Il aurait pu ne pas parler. Il aurait pu laisser notre sphère et la sienne comme deux droites qui ne se croisent jamais. Nous serions restés livrés au relativisme qui perd, qui intoxique et qui détruit. Mais il a parlé.
Contrairement aux idoles qui n'ont pas de bouche, le Dieu de la Bible parle. Nos idoles modernes (« je fais ma vérité, il n'y a pas de vérité »), sont comme des marionnettes que nous animons. On les fait parler avec notre propre bras. On les adore, mais en réalité on s'adore soi-même. Au milieu de huit milliards de petites idoles personnelles, le Dieu qui ne ment pas est le seul qui parle vraiment. Et il a parlé par ses apôtres, par des hommes qui ont exprimé sa vérité dans nos catégories linguistiques, pour que tu puisses la comprendre dans ta langue.
Déjà dans l'Ancien Testament, environ 850 ans avant Jésus, l'Éternel disait par Ésaïe : « Vous êtes mes témoins, dit l'Éternel, vous et mon serviteur que j'ai choisi, afin que vous le sachiez, que vous me croyiez et compreniez que c'est moi : avant moi il n'a point été formé de Dieu, et après moi il n'y en aura point » (Ésaïe 43,10). Ces paroles-là sont là pour saisir ton cœur, pour te captiver par sa vérité, sa beauté, sa bonté, son amour, de manière à ce que ta vie soit modelée par sa vie.
Si Dieu parle, la caractéristique de son peuple, c'est d'écouter. Ce n'est pas cocher une case sur ta petite conscience évangélique. C'est prier, lire la Bible chaque jour, se retrouver en groupe de semaine, en trio, en un à un, pour que dans ton foyer tu saches dire : « Merci, Seigneur, parce que tu es le Dieu qui ne ment pas. Merci parce que tu parles. Je t'aime, je veux t'écouter, je veux que ma vie soit modelée par la tienne. » C'est ainsi que Dieu t'équipe pour vivre dans ce monde debout, quand tant d'autres sont sans colonne vertébrale.
3. Le Dieu qui sauve
Paul termine ces quatre versets par un mot qui pèse : « À Tite, mon enfant légitime en notre commune foi, que la grâce et la paix te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ notre Sauveur » (Tite 1,4). Regarde bien le qualificatif. Paul ne dit pas « Seigneur », ni « Dieu trois fois saint ». Il dit Sauveur. La caractéristique du Dieu qui ne ment pas et qui parle, c'est qu'il sauve.
Il te sauve de ta rébellion. Il te sauve d'un monde où beaucoup de voix se font entendre, mais où aucune n'est rattachée à la vérité. Il te sauve de tes péchés, de tes vies fausses, de tes hypocrisies, de tes décalages, de tes chutes. Souviens-toi de Tite 2,14 : « Il s'est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres. »
Ce salut se conjugue à tous les temps. Il t'a sauvé, Jésus est mort il y a 2000 ans pour te délivrer et te donner accès au Dieu qui ne ment pas. Il te sauvera, quand le jugement dernier viendra, le Dieu qui ne ment pas fera éclater sa vérité et jugera tous les mensonges, et tu seras sauvé, non parce que tu as été plus vrai que les autres, mais parce qu'il t'a délivré lui-même. Et il te sauve, au présent, au quotidien. Comme le disent bien les Anglais avec leur présent continu : God has saved us, He will save us, He is saving us. Dieu te sauve constamment. De toi-même. Du monde. Du mensonge. De tout ce qui est fake.
Ésaïe le disait déjà : « C'est moi, moi qui suis l'Éternel, et hors de moi il n'y a point de sauveur. C'est moi qui ai annoncé, sauvé, prédit, ce n'est point parmi vous un dieu étranger ; vous êtes mes témoins, dit l'Éternel, c'est moi qui suis Dieu » (Ésaïe 43,11-12). C'est d'une logique implacable. Quelqu'un qui a les pieds dans la boue jusqu'au cou ne peut pas te sortir de la boue. De la même manière, tu ne peux pas attendre des dieux de ce monde (pris eux-mêmes dans le mensonge, sous l'emprise du père du mensonge), qu'ils te fassent aller vers la vérité. Il te faut un Sauveur qui te délivre de tous tes faux-semblants et qui te fasse entrer dans la vie de lumière.
Et le miracle, c'est que cette vie éternelle à laquelle tu es appelé, il a déjà commencé à la vivre en toi. Tout ce que tu apprends à rejeter parce que cela produit le mensonge et la mort, tout ce que tu apprends à aimer parce que cela plaît à Dieu, c'est déjà la vie de Dieu au quotidien.
Points à retenir
- Ta foi repose sur une promesse plus ancienne que le temps. Elle n'est pas une improvisation. Avant l'origine des temps, Dieu a promis la vie éternelle par lui-même, celui qui ne ment pas.
- La vérité existe. Dans un monde relativiste où tout est censé se valoir, cette affirmation est révolutionnaire, et elle vient de Dieu.
- Dieu parle. Contrairement aux idoles muettes que nous animons nous-mêmes, il a ouvert la bouche, dans l'Ancien Testament, en Jésus, et par la prédication apostolique consignée dans les Écritures.
- Dieu sauve. Au passé, au futur et au présent. Il t'a sauvé à la croix, il te sauvera au jour du jugement, et il te sauve aujourd'hui de toi-même.
- La piété, c'est la vie belle et bonne qui plaît à Dieu. Ce n'est pas cocher des cases religieuses. C'est vivre déjà maintenant la vie éternelle en Dieu.
Application personnelle
- Sur quoi ta foi repose-t-elle concrètement en ce moment : sur tes émotions, sur ce que pense ton entourage, ou sur la parole du Dieu qui ne ment pas ?
- Où as-tu récemment cédé à la logique du « chacun sa vérité » ? Y a-t-il un domaine où tu bidouilles la réalité, où tu vis dans les apparences plutôt que dans la vérité ?
- Quelle place fais-tu chaque semaine à l'écoute de Dieu (lecture de la Bible, prière, groupe de semaine, un à un) ? Qu'est-ce que tu peux réajuster cette semaine ?
- De quoi as-tu besoin d'être sauvé aujourd'hui ? Prends un moment pour le dire à Dieu au présent, comme un Sauveur qui agit aujourd'hui.
- Si Jésus est le Dieu qui sauve, sur quel « faux-semblant » de ta vie veux-tu lui demander de mettre sa lumière cette semaine ?
Versets cités
- Tite 1,1-4 · texte principal du sermon
- Tite 2,14 · « Il s'est donné lui-même pour nous… »
- Ésaïe 43,10-12 · « Vous êtes mes témoins… hors de moi il n'y a point de sauveur. »
- Éphésiens 2,2 · « le prince de la puissance de l'air »
- Jean 8,44 · le diable, « père du mensonge »
FAQ
Que veut dire « promise avant l'origine des temps » ?
Cela signifie que le salut et la vie éternelle ne sont pas une réaction improvisée de Dieu face au péché. Avant que le temps ne commence, Dieu avait déjà en projet d'offrir une vie éternelle à un peuple qui vivrait avec lui pour toujours. Ta foi n'est pas fondée sur une idée qui vient de te traverser l'esprit : elle est ancrée dans le plan éternel de Dieu.
Comment savoir que Dieu ne ment pas ?
Nous le savons parce qu'il l'a dit lui-même dans sa parole (Tite 1,2 ; Nombres 23,19) et parce que tout son plan de salut, culminant en Jésus-Christ, en est la confirmation. À la différence des idoles que nous fabriquons et que nous faisons parler à notre place, Dieu s'est révélé par sa Parole écrite et par son Fils. Sa fidélité n'est pas une théorie, elle est vérifiée dans l'histoire du salut.
Qu'est-ce que la « piété » selon Tite 1 ?
La piété, ici, n'est pas d'abord une série de pratiques religieuses. C'est la vie en Dieu (belle et bonne), pour laquelle il t'a créé, et qu'il a déjà commencé à faire naître en toi par son Esprit. Vivre la piété, c'est vivre déjà aujourd'hui, en germe, la vie éternelle que tu vivras pour toujours avec lui.
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