Le mauvais riche et Lazare : quand l'argent aveugle

13 min de lecture

Introduction

« Vous avez besoin d'un sauveur, et je vous le donne. » C'est le message principal de Dieu pour toute l'humanité. Un message essentiel. Et pourtant, tu te poses peut-être la même question que le prédicateur ce matin : si c'est tellement essentiel, pourquoi ça n'a pas plus d'impact ? Pourquoi nous-mêmes, on a si souvent du mal à le proclamer ?

Il y a une raison générale, l'orgueil humain qui dit « sauveur de qui ? Merci, ça va, j'ai besoin de rien. » Et il y a une raison plus spécifique à notre contexte : nos conditions financières et matérielles. On vit en Occident, à Paris, dans un quartier où beaucoup de personnes vont plutôt bien financièrement. On baigne dans un grand mensonge sous forme de promesse : « Puisque l'argent peut te donner tout ce dont tu as besoin ici et maintenant, les enjeux de demain, c'est vraiment secondaire. »

Vois l'écrasement dramatique sur la bonne perspective à avoir sur la vie. Il y a une sorte de myopie qui s'installe, qui te tourne vers l'ici et le maintenant et t'empêche de considérer avec sérieux les enjeux réels de la vie. C'est un poison mortel. Et c'est l'avertissement solennel de Jésus dans la parabole du riche et de Lazare, en Luc 16.19-31.

Jésus n'est pas en train de dire qu'avoir de l'argent, même beaucoup d'argent, est mal en soi. Il n'est pas non plus en train de dire qu'être pauvre te donne un ticket automatique pour le ciel. Le propos est ailleurs : attention, l'argent rend aveugle. Aveugle sur ce qui est vraiment important dans cette vie. Aveugle sur la réalité terrifiante de l'enfer. Et aveugle sur la manière d'y échapper.

Plan du message

1. L'argent rend aveugle sur ce qui est vraiment important dans cette vie (v. 19-22)

  • Le contexte immédiat, ce sont les pharisiens qui aimaient l'argent et qui, en écoutant Jésus, se moquaient de lui (Luc 16.14). Jésus leur répond publiquement, en présence de ses disciples, parce qu'il y a des choses utiles à entendre pour les disciples de tous les temps.
  • Prends la parabole au verset 19 et cache la suite. C'est un moment d'honnêteté. Humainement, à la place duquel de ces deux hommes voudrais-tu être ? « Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie. Un pauvre, couvert d'ulcères, du nom de Lazare, était couché à son portail. Il aurait désiré se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; même les chiens venaient lécher ses ulcères. »
  • Reconnaissons-le : humainement, on préférerait être dans la situation de l'homme riche. On se dit « l'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue ». Pourquoi ? Parce qu'on n'est pas dans un contexte de pharisiens : on est dans un contexte de parisiens, et on est pris au piège du même genre de chose. Posséder l'argent peut conduire à ce que l'argent te possède.
  • L'argent a le pouvoir de rendre ton cœur dur et aveugle aux choses précieuses. Tu te mets au service de toi-même. Tu vis une vie triviale et éphémère sans même en voir le ridicule. Regarde certains footballeurs qui sortent de leur voiture avec des habits très chers et pourtant ridicules : ils ne voient même plus. Tu n'as pas besoin de beaucoup d'argent pour être dans la même logique. On tourne sur soi, on soigne le trivial et l'éphémère, on devient sourd aux besoins des autres.
  • Ce qui est vraiment précieux aux yeux de Dieu, l'homme riche ne le voit même pas. Il ne donne même pas des miettes. Ce qui est vraiment précieux, c'est la valeur de chaque personne devant Dieu, même toute petite, même invisible aux yeux du glamour de son temps.
  • La question pour toi, disciple de Jésus : est-ce que tu es tourné vers ce qui est précieux aux yeux de Dieu, plutôt que précieux pour ta poche ? Est-ce que ça se voit dans ta manière d'utiliser l'argent ? Comme on l'avait vu la semaine dernière avec la parabole de l'intendant infidèle (Luc 16.1-13), les richesses de ce monde sont toutes « injustes » au sens où il s'agit de les utiliser de la bonne manière.
  • La cible financière peut t'aider à faire le tri. Dans ton budget, il y a ce qui est vital, ce qui est important, ce qui est utile, ce qui est sympa, ce qui est superflu, et ce qui est carrément ridicule. Si beaucoup de lignes penchent vers le superflu et le ridicule plutôt que vers le vital et l'important, tu passes à côté de ce qui est précieux pour Dieu. Et si tu confonds le ridicule avec l'important, si l'apparence est ce qui compte, alors tu ne vois plus ce qui est important.
  • C'est pour ça que Jésus dit au verset 13 : « Aucun serviteur ne peut servir deux maîtres. Car ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. » L'homme riche de la parabole s'est mis au service de Mamon.
  • Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Regarde le verset 22 : « Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. » Tu peux vouloir profiter à fond avant de disparaître dans la poussière. Beaucoup autour de toi vivent comme ça, et c'est une tentation en toi aussi. Mais ta mort n'est pas la fin. L'argent rend aveugle sur ce qui est vraiment important dans cette vie.

2. L'argent rend aveugle sur la réalité terrifiante de l'enfer (v. 23-26)

  • Une seule chose était vraiment précieuse pour Monsieur le riche autosuffisant : la vie éternelle. Le « sein d'Abraham », c'est la présence heureuse de tous ceux qui ont placé leur foi en Dieu. Ce qui était vraiment important, c'était d'être sauvé, d'échapper au jugement de Dieu et à l'enfer.
  • « L'enfer ? Laisse-moi rire. C'est pour les enfants, c'est pour les gens naïfs, c'est pour les gens du Moyen Âge. » Dans notre contexte post-chrétien, on a été modelés par des images d'Épinal (la fourche, les diablotins, les queues fourchues, les barbecues), qui tournent en ridicule la foi dans l'existence du paradis et de l'enfer. C'est un vrai problème.
  • Cette parabole est particulière. Contrairement à d'autres, Jésus y lève un pan du voile sur la réalité invisible qui vient. Reprends la question au verset 23 : à la place duquel des deux hommes voudrais-tu être maintenant ?
  • C'est incroyable de voir combien l'homme est encore pris dans son orgueil. Il se considère toujours fils d'Abraham (« Père Abraham »). Il voit encore Lazare comme un serviteur (« demande-lui de tremper son doigt »). Il croit encore que tout lui est dû, qu'il y aura une issue, qu'on pourra encore négocier. Il n'a pas compris qu'il n'y a plus de soulagement possible.
  • L'enfer existe dans sa réalité terrifiante. Verset 23 : « Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; et, comme il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. Il s'écria : Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau et me rafraîchisse la langue ; car je souffre cruellement dans cette flamme. »
  • Abraham répond : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que de même Lazare a eu les maux ; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. D'ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire. » (v. 25-26)
  • Retiens quatre choses. L'enfer est un lieu de tourment et de douleur, pas de barbecue et de joie insouciante. L'enfer, c'est le tourment éternel. L'enfer est une voie sans issue, irréversible, définitive. Et c'est un grand fossé infranchissable, le moment du jugement de Dieu.
  • C'est le grand renversement que Jésus avait déjà annoncé en Luc 13.28-30 : « Il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes, dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. Il en viendra de l'orient et de l'occident, du nord et du midi ; et ils se mettront à table dans le royaume de Dieu. Et voici, il y en a des derniers qui seront les premiers, et des premiers qui seront les derniers. »
  • À la place de qui souhaites-tu être : le confort maintenant et les tourments éternels plus tard ? Ou les souffrances maintenant et la joie éternelle plus tard ?
  • Le nom de Lazare a de l'importance. Lazare veut dire « Dieu secourt », « Dieu vient au secours ». Le pauvre n'ouvre pas la bouche dans cette parabole, mais il a un nom. Le riche, lui, n'arrête pas de parler, d'argumenter, mais il n'a pas de nom. Rassure-toi : ce que tu as dans ta poche ou sur ton compte en banque ne dit rien de ta destinée future. Le Seigneur vient en aide. Le Seigneur sauve.
  • L'argent ne peut pas t'offrir cela. Et pire, il a le pouvoir de te faire croire que tout doit être vécu pour ici et maintenant, et que rien n'arrive après. Un pouvoir d'aveuglement extrêmement puissant, sans qu'il soit besoin d'être riche pour être pris dans cet aveuglement. Même l'illusion qu'on pourra encore s'arranger là-haut : il n'y a pas d'antichambre du ciel, pas de lieu où tu peux discuter avec un négociateur. C'est maintenant que ça se joue.
  • La preuve, tu l'as par Jésus. Ses miracles, son enseignement, sa mort à la croix, sa résurrection, la raison même de sa venue, tout cela répond à l'existence de l'enfer. La raison pour laquelle Jésus est venu comme sauveur, c'est parce que l'enfer existe de l'autre côté du jugement. C'est la preuve par Jésus. Tu as besoin d'un sauveur.
  • Agrippa d'Aubigné, poète réformé du temps de la Réforme, écrit dans Les Tragiques : « Là le désespoir mort, là la rage écume, là le feu, la tempête et la nuit s'allume… Là, sans mourir, l'on meurt. S'étranglant, il ne peut s'étouffer. Voulant se tuer, il ne peut y parvenir. Il hait, il craint, il fuit, il cherche, il désire, et toujours il se plaint, et toujours il soupire. » Il te faut le courage de parler de cette réalité cachée à tes yeux et moquée par ton environnement.

3. L'argent rend aveugle sur la manière d'y échapper (v. 27-31)

  • Si tu prends au sérieux ce que Jésus vient de dire aux versets 19 à 26, quelle est l'attitude logique ? Qu'aurais-tu envie de faire ? Le prédicateur raconte l'histoire d'un homme, aujourd'hui décédé, qui avait dit à sa famille : « Si vraiment tout ça est vrai, si vraiment c'est dramatique, je trouverai un moyen de revenir et de vous le dire pour que vous puissiez vous préparer. »
  • C'est un peu ce que fait l'homme riche dans la parabole. Verset 27-28 : « Je te prie donc, père Abraham, d'envoyer Lazare dans la maison de mon père ; car j'ai cinq frères. C'est pour qu'il leur atteste ces choses, afin qu'ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments. »
  • Abraham répond : « Ils ont Moïse et les prophètes ; qu'ils les écoutent. » Le riche insiste, il a encore du culot : « Non, père Abraham, mais si quelqu'un des morts va vers eux, ils se repentiront. » Un grand miracle, tu sais, bien convaincant.
  • Verset 31 · c'est la clef : « S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait. »
  • Dieu a averti l'humanité entière dans les Écritures. Les avertissements sont à profusion dans la Bible. Le Psaume 95.7-8 le dit déjà des siècles avant Jésus : « Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs. » En Jérémie 5.11-13, Dieu déplore ceux qui disent : « Il n'existe pas, et le malheur ne viendra pas sur nous ; nous ne verrons ni l'épée ni la famine. »
  • La leçon centrale, pour toi et pour le message que tu transmets : si tu n'es pas prêt à écouter ce que Dieu dit dans les Écritures, aucun miracle, même le plus grand, ne te fera croire aux vrais enjeux de la vie. Tu as peut-être rencontré ces personnes qui disent : « Si Jésus revient, s'il y a vraiment des miracles, alors je croirai. » Jésus lui-même dit que ce n'est même pas sa propre résurrection qui les convaincra. Parce que si les cœurs sont durs, ils sont durs.
  • La manière dont Dieu a choisi d'appeler des cœurs durs à se laisser changer, c'est sa parole. Pas un miracle, pas quelqu'un qui revient des morts, mais la parole de Dieu. C'est elle qui te révèle l'état de ton cœur, la conviction de ton péché, ton besoin radical d'un sauveur.
  • Verset 15 rappelle ce que Jésus disait aux pharisiens : « Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu. » Une résistance typique de l'orgueil de l'homme, c'est de ne pas écouter ce que Dieu dit, pour ne pas voir les enjeux, pour ne pas devoir échapper à l'enfer.
  • La réponse principale que tu peux donner tient en quatre gestes : écouter pour voir les enjeux ; craindre les enjeux éternels du ciel et de l'enfer ; t'humilier devant Dieu au lieu de t'élever contre lui ; te repentir, c'est-à-dire te tourner vers Dieu et te détourner du mal qui t'éloigne de lui et qui t'endurcit. Et surtout : croire dans le sauveur. La raison pour laquelle Jésus est venu, c'est précisément que l'enfer existe. Il t'a donné un sauveur, il s'agit de croire en lui pour espérer.

Points à retenir

  • L'argent n'est pas mauvais en soi, mais il rend aveugle. Posséder de l'argent peut te conduire à être possédé par lui.
  • Ce qui est précieux aux yeux de Dieu, ce n'est pas le glamour ni la brillante vie : c'est la valeur d'une personne comme Lazare devant lui, et la vie éternelle.
  • L'enfer est réel, terrifiant, définitif. Se moquer de son existence ne le fait pas disparaître, cela sert seulement à éviter les questions essentielles.
  • La preuve du sérieux de l'enfer, c'est Jésus lui-même. Il est venu comme sauveur parce que l'enfer existe de l'autre côté du jugement.
  • La manière d'y échapper n'est pas un miracle spectaculaire, mais une écoute humble de la parole de Dieu qui te conduit à te repentir et à croire au sauveur.

Application personnelle

  • Si je regarde honnêtement mon budget avec la cible « vital / important / utile / sympa / superflu / ridicule », qu'est-ce que ça révèle de mon cœur ?
  • Qui est le « Lazare » que je croise chaque semaine sans le voir ? Un collègue isolé, un voisin fragile, un frère invisible dans mon église ?
  • Comment est-ce que je réagis, dans mon for intérieur, quand j'entends parler de l'enfer ? Est-ce que j'en ris avec l'ambiance ambiante, ou est-ce que je le prends au sérieux comme Jésus le prend ?
  • Est-ce que j'écoute vraiment « Moïse et les prophètes » (c'est-à-dire les Écritures), ou est-ce que j'attends encore un signe spectaculaire pour me décider ?
  • À qui, cette semaine, est-ce que je pourrais parler du sauveur avec courage, sans détourner le regard de la réalité du jugement ?

Versets cités

FAQ

Est-ce que Jésus condamne le fait d'être riche ?

Non. Jésus ne dit pas qu'avoir de l'argent, même beaucoup, est mal en soi. Il ne dit pas non plus qu'être pauvre te donne un ticket automatique pour le ciel. Ce qu'il dénonce, c'est l'aveuglement que l'argent produit : se croire autosuffisant, ne plus voir la valeur d'un Lazare, ne plus prendre au sérieux les enjeux éternels. La question n'est pas la quantité que tu possèdes, mais qui possède ton cœur.

L'enfer, ce n'est pas une image pour parler du remords ou de la souffrance sur terre ?

Non. Dans cette parabole, Jésus lève un pan du voile sur une réalité invisible qui vient. Il décrit un lieu de tourment, une voie sans issue, un abîme infranchissable, définitif. La preuve du sérieux de cette réalité, c'est la venue même de Jésus comme sauveur : si l'enfer n'était qu'une image, il n'y aurait pas eu besoin de la croix.

Si Jésus revenait aujourd'hui faire un miracle spectaculaire, tout le monde croirait, non ?

C'est exactement l'objection du riche au verset 30 : « Si quelqu'un des morts va vers eux, ils se repentiront. » Abraham répond en verset 31 que si on n'écoute pas déjà « Moïse et les prophètes » (c'est-à-dire les Écritures), aucun miracle, même le plus grand, ne changera un cœur endurci. Jésus le confirme à sa manière : sa propre résurrection n'a pas convaincu tout le monde. Le moyen que Dieu a choisi pour parler à ton cœur, c'est sa parole.

Toutes les prédications sur « Foi »

Ne rate aucune prédication de Église Saint-Lazare

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Sur le même thème

Message publié par Église Saint-Lazare. Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

Le mauvais riche et Lazare : quand l'argent aveugle | Efficient Church