Luc 15 : la repentance ouvre la porte de la grâce

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Introduction

Si on te demandait, ce soir, de situer ta relation avec Dieu, où la placerais-tu ? Te sens-tu proche de lui, ou loin ? Un peu coincé ? As-tu l'impression de regarder la table du Roi sans y être assis ? C'est par ces questions que Hils Grew ouvre le dernier message de la courte série « Good News », prêché lors de la célébration du soir de Trinity Cheltenham, à The SIX.

La série parcourt des récits bibliques qui montrent la bonne nouvelle : nous sommes aimés sans condition par le Dieu de l'univers et invités à une relation intime avec lui. La semaine précédente, le message portait sur Mephibosheth et la table du roi. Ce soir, le texte est sans doute la plus célèbre histoire racontée par Jésus : le fils prodigue, en Luc 15.

Le thème est rarement abordé : le rôle de la repentance dans notre marche avec Dieu. Ce qu'elle est, ce qu'elle n'est pas, comment elle fonctionne, et surtout pourquoi elle est un cadeau. Hils Grew sent que le Seigneur tient à une chose : que nous ne passions pas à côté de cette grâce, de cette abondance à laquelle nous sommes invités.

Plan du message

1. Deux frères qui passent à côté de leur vie

  • C'est l'histoire de deux frères dont la vie ne se déroule pas comme prévu. Du point de vue de Jésus, aucun des deux ne vit la vie pour laquelle il a été créé.
  • Le cadet est égoïste, avec une mentalité du genre : « Je fais ce que je veux, personne ne m'arrête. » L'aîné vit autrement, un peu arrogant, persuadé qu'il n'y a qu'une seule bonne façon de vivre et que tout le monde doit s'y conformer.
  • Hils Grew invite chacun à demander au Saint-Esprit : à qui est-ce que je ressemble dans cette histoire ? Qu'est-ce qui me surprend dans le Dieu que Jésus décrit ?
  • La demande du cadet, « donne-moi la part de bien qui doit me revenir », n'a rien d'ordinaire. Ce n'est pas « Papa, je peux emprunter la voiture ? ». Cela revient à dire : « Je voudrais que tu sois mort. La relation avec toi ne m'intéresse pas, je veux ce que tu vas me donner, et je le veux maintenant. »
  • Le père partage pourtant ses biens. Les auditeurs de Jésus devaient être stupéfaits : pas de réprimande, pas de refus.
  • Le fils part dans un pays éloigné et dissipe tout. Ce riche propriétaire terrien n'a pas investi cet argent, il ne l'a pas mis de côté pour la génération suivante : tout est gaspillé.
  • Hils Grew rapproche ce récit de l'histoire de la famille Gucci. Selon son récit, à la fin des années 1980, Paolo Gucci réclame sa part de l'héritage familial et contraint son père à lui céder des actions. Il les vend pour l'équivalent d'environ 100 millions de livres actuelles, les dilapide en six ans et meurt en 1995 criblé de dettes. La famille en sort déchirée, et aujourd'hui plus aucun Gucci ne travaille dans l'entreprise.

2. Un père qui court

  • Une grande famine survient, le fils se retrouve à garder des pourceaux et voudrait se rassasier des carouges qu'ils mangent. L'équivalent aujourd'hui, suggère Hils Grew : fouiller les bacs de recyclage le soir du ramassage pour trouver de quoi manger.
  • Au verset 17, il rentre en lui-même : « Combien de mercenaires chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j'irai vers mon père. »
  • Un esprit cynique pourrait penser qu'il monte un stratagème. Les spécialistes disent le contraire : c'est un plan désespéré. Pour atteindre son père, il devait traverser le village, qui avait des rites pour humilier ceux qui avaient rompu avec la communauté. Rien ne garantissait que son père le reprendrait.
  • « Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et le baisa. » Le père ne l'avait pas oublié : il guettait, sinon comment l'aurait-il vu arriver ?
  • Il court, ce qu'un homme du Moyen-Orient ne faisait jamais : relever sa robe et montrer ses genoux et ses chevilles était humiliant. Mais il veut atteindre son fils avant que le village ne lui barre la route pour le couvrir de honte.
  • Pas de mise au point, pas de sermon. Le père ne dit pas « on va en parler ». Il fait apporter la plus belle robe, l'anneau, les souliers, le veau gras : « Mangeons et réjouissons-nous. » Quel père fait cela ?

3. Le fils aîné et l'image que tu as du Père

  • L'aîné revient des champs, entend la musique et les danses, se met en colère et refuse d'entrer. « Voici, il y a tant d'années que je te sers, sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau. »
  • Le père lui répond : « Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi. » Il fallait se réjouir, car ce frère était mort et il est revenu à la vie.
  • Jésus peint ici un portrait de Dieu le Père. Pour beaucoup, ce portrait est difficile à recevoir, car nos pères terrestres façonnent profondément notre manière de voir Dieu.
  • Si ton père ne faisait pas attention à toi, tu peux avoir du mal à croire que Dieu te voit. S'il n'était fier de toi que lorsque tu réussissais, tu peux penser qu'il faut performer pour plaire à Dieu ; Hils Grew reconnaît que ce fut son cas au début de sa marche avec Dieu. S'il était absent, tu peux douter que Dieu soit là quand tu as besoin de lui. S'il était dur quand tu te trompais, tu peux t'attendre à la même dureté de la part de Dieu.
  • Jésus veut que tu connaisses ce Père-là : actif, impulsif, généreux, compatissant, aimant, qui restaure. Le Saint-Esprit a toujours pour rôle de t'aider à mieux le connaître. As-tu besoin, ce soir, de réentendre qui il est ?
  • Jésus laisse la fin ouverte : on ne sait pas ce que devient l'aîné. Un seul fils a vécu l'étreinte et la fête. Augustin l'a dit : tomber amoureux de Dieu est la plus grande histoire d'amour, le chercher la plus grande aventure, le trouver le plus grand accomplissement humain. Dans cette histoire, un seul des deux l'a trouvé.

4. La repentance, un cadeau et un mode de vie

  • Pourquoi le cadet seulement ? Parce qu'il connaissait la repentance. Elle a ouvert son cœur et sa vie pour recevoir tout ce que le père voulait déverser sur lui.
  • Il y a quelques semaines, quelqu'un a laissé anonymement un beau cadeau devant la porte de Hils Grew. Pour en profiter, il a fallu ouvrir la porte, sortir, le prendre et l'ouvrir. La repentance ressemble à cela : ouvrir la porte pour que la grâce et la miséricorde de Dieu entrent dans nos vies. Nous ne la méritons pas, mais nous devons ouvrir notre cœur.
  • On lit souvent cette parabole comme le récit de la conversion : se tourner vers la croix, recevoir le pardon. C'est vrai. Mais la repentance est aussi un mode de vie, une partie de notre marche continue avec Dieu.
  • Nous faisons tous des choix qui nous éloignent de lui. Nous avons tous eu des journées vécues sans la moindre pensée pour Dieu, avant de revenir lui parler le lendemain ou le surlendemain. Pour vivre pleinement de son amour, la repentance doit faire partie du chemin.
  • Dans certains milieux d'Église, la repentance a été réduite à dire « pardon ». Or le mot « pardon » est absent de cette histoire.
  • Une excuse peut devenir une transaction : « Je me suis excusé, pourquoi on ne passe pas à autre chose ? » ou « Il s'est excusé, mais rien n'a changé. » On paie avec sa carte bancaire et on attend que l'affaire soit réglée. Ce n'est pas de la repentance, même quand on s'adresse à Dieu.
  • Le mot biblique, metanoia, désigne un changement de pensée qui conduit à un changement de direction. Un mouvement qui commence dans nos têtes et passe dans nos pieds, en trois étapes.

5. Première étape : voir

  • La repentance commence toujours par voir quelque chose en soi : j'ai été grossier, infidèle, paresseux ; je bois trop, j'ai un problème d'alcool ; je suis dépendant à la pornographie ; je ne suis jamais satisfait, je critique tout ; je ne prie pas ; je ne fais pas attention aux autres ; je n'arrive pas à maîtriser ma colère.
  • « Étant rentré en lui-même. » Le fils se réveille d'une illusion. Il cesse de se mentir : « Ma vie n'était pas censée ressembler à ça. Même les serviteurs de mon père vivent mieux que moi. »
  • Cela peut venir des circonstances, quand la vie s'effondre et nous rend plus ouverts à la vérité. Cela peut venir de quelqu'un qui nous parle franchement, et nous n'aimons pas ça. Dieu nous montrera la vérité si nous la voulons, mais pas toujours de la manière que nous préférons. Nous avons une capacité immense à nous tromper nous-mêmes.
  • Hils Grew raconte l'histoire d'un homme à qui un collègue a dit : « Je crois que tu as un problème d'orgueil. » Sur le moment, il pense : « Je ne crois pas, tu te trompes. » Puis il prie : « Dieu, si j'ai un problème d'orgueil, montre-le-moi. » Deux nuits plus tard, il fait un rêve où Dieu lui montre une série de situations des semaines passées où il a traité les gens avec orgueil plutôt qu'avec miséricorde. Ce fut le début d'un profond changement.
  • Hils Grew témoigne aussi : au début de sa marche, alors que les gens autour ressentaient l'amour du Père et pas Hils, sa prière était : « Seigneur, je veux connaître ta proximité, ta tendresse. Qu'ai-je besoin de voir ? » Dans les semaines suivantes, Dieu a montré un problème avec son père, des attitudes à revoir, des blessures à guérir. Ce fut le début d'un chemin pour découvrir la tendresse du Père.
  • Prions-nous ainsi ? « Seigneur, montre-moi ce que j'ai besoin de voir. Montre-moi comment être un meilleur conjoint, un meilleur colocataire, un meilleur collègue. Je me sens loin de toi, y a-t-il quelque chose que tu veux me montrer ? »

6. Deuxième étape : reconnaître

  • Après avoir vu, il faut reconnaître. Si nous confessons nos manquements, Dieu est fidèle et juste, et il agit en nous. C'est pour cela que la repentance est un cadeau : de l'autre côté, Dieu travaille en nous.
  • Confesser, c'est nommer les choses, peut-être devant d'autres, mais en tout cas devant Dieu. Nous n'y sommes pas doués. Regarde Adam et Ève : Adam accuse la femme, la femme accuse le serpent.
  • Reconnaître rend vulnérable et oblige à lâcher les excuses. Non pas « je t'ai parlé comme ça parce que tu m'as provoqué », mais « je t'ai parlé comme ça parce que mon cœur n'est pas aussi doux et large que je le voudrais ». Pas non plus « tout le monde le fait, ce n'est pas grave ». Ce que nous tolérons dans notre vie finit par nous dominer.
  • Le fils n'accuse ni la famine, ni son père, ni les règles de la maison, ni son caractère : « J'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. »
  • Hils Grew l'imagine en train d'expliquer son plan à des amis chrétiens, qui s'empresseraient de le consoler : « Ne sois pas ridicule, bien sûr que tu es digne d'être appelé fils. Au fond, tu es quelqu'un de bien. Tu n'aurais pas fait ça si ton père ou ton frère avaient été différents. » On aurait presque essayé de le faire changer d'avis.
  • Notre culture nous répète ce que nous méritons : une augmentation, un verre de vin, d'être mieux traités, des vacances. Une partie de ce discours est juste. Mais quand il s'étend à notre relation avec Dieu, nous nous fermons à sa grâce. Dieu ne nous doit rien. Ce que nous méritons, c'est ce que Jésus a reçu sur la croix.
  • Le cadet a compris qu'il ne méritait rien, et cette attitude a ouvert son cœur à la miséricorde. L'aîné, lui, disait : « Je mérite la fête. » Où était-il ? Dans les champs. Et il y est resté.

7. Troisième étape : se tourner vers Dieu

  • La repentance pousse à agir. Elle ne s'arrête pas aux regrets : « Si seulement je n'avais pas dilapidé mon héritage, si seulement je n'avais pas perdu patience avec mes enfants, si seulement j'avais prié. Je suis horrible. » Le fils ne s'apitoie pas sur lui-même. Il se lève et se met en marche.
  • Dieu nous a donné la capacité de changer de direction. Comme le dit une réplique de la série The Chosen : « J'étais d'une façon, maintenant je suis autrement. »
  • Il se tourne vers son père pour demander de l'aide, pas pour réparer sa faute, ni pour négocier, ni pour prouver qu'il n'est pas si mauvais. Il n'a rien à offrir : « Donne-moi au moins un travail. »
  • Le mot « soumission » est devenu presque honteux dans notre culture. Il y a pourtant ici une soumission essentielle : « Seigneur, j'ai besoin de ton aide, et je te laisse m'aider comme tu le juges bon, pas comme moi je le juge bon. » Le fils ne pose aucune condition.
  • Prions-nous seulement pour les choses extérieures, un conjoint, un emploi, une augmentation ? Ces prières sont bonnes et Dieu veut les entendre. Mais prions-nous pour l'intérieur ? « Aide-moi à aimer ma famille, à honorer mes parents, à me débarrasser de l'amertume. Aide-moi dans ma relation avec mon téléphone. Je voudrais donner plus généreusement, mais je n'arrive pas à lâcher mon argent : aide-moi. »
  • « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux. » Les pauvres en esprit sont ceux qui se repentent, qui savent qu'ils ont ces choses en eux et qu'ils ont besoin d'aide. Ils mangeront à satiété à la table du Roi.
  • Le fils n'a même pas eu besoin d'arriver jusqu'à son père. Dès qu'il s'est tourné, le père a couru, pressé de lui mettre l'anneau au doigt et les souliers aux pieds, de lui rendre son identité et sa raison d'être.
  • À aucun moment le père n'a aimé son fils plus ou moins. La repentance ne gagne pas l'amour de Dieu. Mais en se tournant, le cœur du fils s'est ouvert pour le recevoir et le vivre.

Points à retenir

  • La repentance n'est pas seulement le point de départ de la foi, c'est un mode de vie et un cadeau qui ouvre la porte à la grâce de Dieu.
  • Elle n'est pas une transaction ni un simple « pardon » : c'est un changement de pensée qui conduit à un changement de direction.
  • Elle suit trois étapes : voir ce qui ne va pas, le reconnaître sans excuse, puis se tourner vers Dieu pour recevoir son aide.
  • Penser que Dieu nous doit quelque chose ferme notre cœur à sa grâce, comme le fils aîné resté dans les champs.
  • Le Père court vers celui qui se tourne vers lui. Son amour ne change pas, c'est notre cœur qui s'ouvre pour le recevoir.

Application personnelle

  1. Où places-tu ta relation avec Dieu ce soir : proche, lointaine, coincée, à regarder la table sans y être assis ?
  2. Dans quelle mesure l'image de ton père terrestre influence-t-elle ta manière de voir Dieu ?
  3. Oserais-tu prier cette semaine : « Seigneur, montre-moi ce que j'ai besoin de voir » ?
  4. Quelle excuse utilises-tu pour ne pas reconnaître une attitude qui finit par te dominer ?
  5. Pour quelle réalité intérieure (amertume, argent, téléphone, relation familiale) as-tu besoin de demander l'aide de Dieu, en le laissant t'aider à sa manière ?

Versets cités

Questions fréquentes

La repentance, est-ce simplement dire pardon ?

Non. Hils Grew fait remarquer que le mot « pardon » est absent de la parabole du fils prodigue. Une excuse peut devenir une simple transaction. Le mot biblique, metanoia, désigne un changement de pensée qui conduit à un changement de direction : la repentance passe de la tête aux pieds.

Quelles sont les trois étapes de la repentance dans Luc 15 ?

Voir, reconnaître, puis se tourner vers Dieu. Le fils rentre en lui-même et voit sa situation. Il reconnaît sa faute sans chercher d'excuse : « J'ai péché contre le ciel et contre toi. » Puis il se lève et marche vers son père, non pour payer sa dette, mais pour demander de l'aide.

Pourquoi seul le fils cadet a-t-il connu l'amour du père ?

Pour Hils Grew, c'est parce qu'il connaissait la repentance. Le fils aîné pensait mériter la fête et il est resté dans les champs. Le cadet savait qu'il ne méritait rien, et cette attitude a ouvert son cœur à la miséricorde du père. La repentance ne gagne pas l'amour de Dieu, elle ouvre le cœur pour le recevoir.

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