Matthieu 25 : ne gaspille pas le don que Dieu t'a confié

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Introduction

As-tu déjà reçu un cadeau dont tu ne savais pas quoi faire ? Un aliment que tu ne peux pas manger, un vêtement d'une couleur que tu n'aimes pas, un parfum qui n'est pas à ton goût. Le cadeau a de la valeur, mais tu ne sais pas comment t'en servir. Alors, bien souvent, tu le jettes, tu le donnes à quelqu'un d'autre, ou il finit par dormir au fond d'un placard.

Le pasteur Monty, de Lifehouse Tokyo, part de cette image pour ce message du deuxième dimanche d'octobre, dans une série sur la joie que l'on trouve dans le but que Dieu donne à nos vies. Son thème : la joie de connaître les dons que Dieu nous a confiés, et l'appel à ne pas les gaspiller.

Il s'appuie sur la parabole des talents, racontée par Jésus en Matthieu 25:14-30. Plutôt que de s'attarder sur l'erreur du troisième serviteur, il choisit de regarder d'abord les deux qui ont bien agi.

Plan du message

1. Chacun a reçu un don

  • Le mot « talent » est souvent compris comme une aptitude. Mais dans le contexte de l'époque, c'était une unité monétaire, un peu comme on dirait « mille yens » ou « dix mille yens ». La version lue pendant le message parle de « sacs d'argent » : le pasteur invite à entendre derrière ces sacs les dons et les capacités que Dieu nous confie.
  • Jésus compare le royaume à un homme qui part pour un long voyage. Il appelle ses serviteurs et leur confie ses biens : cinq sacs à l'un, deux à l'autre, un au troisième, « à chacun selon sa capacité ». Puis il s'en va (Matthieu 25:14-15).
  • Quand on entend « cinq, deux, un », notre esprit part aussitôt vers la comparaison : est-ce que j'ai reçu cinq sacs, ou seulement deux, ou un seul ? Suis-je quelqu'un qui n'a pas de talent ?
  • Ce n'est pas le point de l'histoire. Le point, c'est que chacun a reçu quelque chose.
  • Le texte dit « selon sa capacité » : pas selon la capacité de celui qui est assis à côté de toi, mais selon la tienne. Dieu ne t'appelle pas à devenir quelqu'un d'autre. « Même en faisant tous les efforts du monde, tu ne deviendras pas Monty », sourit le pasteur. Dieu te fait confiance et te confie quelque chose.
  • Le pasteur rapproche le mot grec pour le don de charis, la grâce : les deux mots ont la même racine. Dieu nous donne ces dons par grâce, non parce que nous avons fait quelque chose ou que nous le méritons.
  • « Le vrai but de ta vie commence quand tu sais ce que Dieu a mis entre tes mains. » On cherche souvent ce but ailleurs, chez une personne ou dans une relation. Dieu l'a déjà placé en nous.
  • La question à poser est donc : « Seigneur, qu'est-ce que tu m'as donné ? » Si tu réponds « je ne sais pas », ce n'est pas grave : « Découvrons-le ensemble. »

2. Recevoir, puis se mettre au travail aussitôt

  • Le serviteur qui a reçu cinq sacs les fait fructifier et en gagne cinq autres. Celui qui en a reçu deux en gagne deux autres. Le troisième creuse un trou et enterre le sac de son maître (Matthieu 25:16-18). « Un geste un peu absurde », note le pasteur.
  • Le premier serviteur ne va pas se vanter d'avoir reçu cinq sacs. Il ne les dépense pas pour satisfaire ses propres envies. Il ne va pas comparer avec les autres pour dire « j'en ai reçu plus que toi ». Il reçoit et se met aussitôt au travail.
  • Deuxième point du message : il ne suffit pas d'avoir un don, il faut apprendre à l'utiliser avec soin. On peut avoir un don pour enseigner et ne jamais se former, un talent pour la musique ou le sport et ne jamais s'entraîner, une capacité d'entreprendre et ne jamais apprendre comment fonctionne une entreprise, un potentiel de leader et ne jamais diriger.
  • Dieu nous donne nos dons « à l'état brut ». Quand nous les utilisons fidèlement, nous devenons compétents dans ce domaine.

3. Les compétences acquises et ce que tu en fais

  • Aujourd'hui, explique le pasteur, une entreprise qui recrute ne regarde pas seulement les talents inscrits sur un CV. Elle regarde ce que tu en as fait.
  • Autrefois, en Europe ou aux États-Unis, le diplôme suffisait presque : sortir de Harvard garantissait un bon emploi. Aujourd'hui, la question devient : « Qu'as-tu accompli avec ce que tu as appris ? As-tu lancé une équipe, fait du bénévolat, créé une entreprise ? »
  • Le pasteur encourage à faire des études : ce que l'on apprend à l'école, ce sont les compétences techniques, nécessaires pour fonctionner dans le monde. Mais les employeurs cherchent aussi les compétences humaines : résolution de problèmes, travail d'équipe, communication, capacité à prendre l'initiative, leadership, manière de vivre les relations.
  • Le diplôme peut te conduire jusqu'à l'entretien d'embauche. Ce que tu as fait avec lui décide si tu es engagé, et les compétences humaines te font grandir ensuite. Nous avons besoin des deux. Les serviteurs aux cinq et aux deux sacs avaient les deux : ce qu'ils avaient reçu, et la capacité d'agir aussitôt.

4. Le témoignage du pasteur Monty

  • À 15 ans, il commence à servir à l'église en jouant de la guitare dans l'équipe de louange, puis il se met à chanter.
  • À 18 ans, il part vivre à Sapporo pendant un an et demi. Il n'a ni diplôme ni expérience professionnelle, mais il doit trouver du travail. Il enseigne l'anglais un peu partout et acquiert ainsi des compétences humaines. Au même âge, il commence à diriger l'équipe de louange de l'église.
  • À 20 ans, il revient à Tokyo et l'église l'embauche. Il continue d'apprendre, dirige des équipes plus grandes, puis des parts plus grandes de l'église. Aujourd'hui, il a le privilège de diriger le campus de Tokyo et l'église au Japon.
  • « Ce n'est pas une histoire pour dire : regardez comme je suis fort. » Dieu lui a donné un don, l'occasion de l'utiliser jeune, puis il a appris à le faire grandir, en faisant beaucoup de choses et beaucoup d'erreurs. Il est encore en chemin, avec, il l'espère, un peu moins d'erreurs aujourd'hui.
  • Ce qui l'a toujours animé : donner le meilleur de lui-même avec ce que Dieu lui a confié dans la saison présente. Là, il y a eu de la bénédiction, de la croissance et de la fécondité.
  • Il entend souvent des histoires de personnes qui ont trouvé un emploi grâce à des compétences acquises en servant : un ancien de l'équipe son devenu ingénieur du son, quelqu'un qui a appris à filmer à l'église devenu caméraman professionnel. D'où son invitation : rejoins une équipe. Les besoins sont réels, mais l'église veut aussi t'aider : en servant, tu développes les compétences qui te permettront d'aider ceux que Dieu mettra sur ta route.

5. « C'est bien, bon et fidèle serviteur »

  • Longtemps après, le maître revient et demande des comptes. Le premier serviteur apporte cinq sacs de plus. Le maître répond : « C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître » (Matthieu 25:19-21). Le pasteur imagine ce serviteur avec un sourire jusqu'aux oreilles : il a travaillé, il a fait la différence, et son maître est fier de lui.
  • Le serviteur aux deux sacs en rapporte deux autres. Il en avait moins, mais il reçoit exactement la même réponse (Matthieu 25:22-23). Il n'est pas un peu moins félicité parce qu'il avait moins.
  • Il faut aussi remarquer ce que le maître ne dit pas. Il ne dit pas : « Regarde tout cet argent », ni « Quel rendement », ni « Tu as un talent extraordinaire ». Il dit deux mots : bon et fidèle.
  • « Dieu regarde ton caractère plus que tes capacités. » Tu peux être un génie et être orgueilleux. Tu peux être compétent et peu fiable. Tu peux réussir sans être fidèle.
  • À l'église, le pasteur rencontre des personnes très douées qui arrivent en disant : « Je chante bien, je suis prêt, laissez-moi monter sur scène. » Il raconte la réaction de son père, qui les accueille avec un grand sourire : « Formidable ! Alors commence par nous aider à installer les chaises. » La semaine suivante, ils ne reviennent pas.
  • Ils ont peut-être le sac d'or entre les mains, mais leur cœur est tourné vers eux-mêmes : « moi, moi, moi », le désir des projecteurs. Entre quelqu'un de très compétent dont le cœur n'est pas au bon endroit et quelqu'un de moins doué au cœur droit, l'église choisit le second. Dieu veut que tu sois fidèle à ce qu'il t'a donné.

6. Le serviteur qui a enterré son don

  • Le troisième serviteur arrive avec son unique sac : « Je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n'as pas semé. J'ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre ; voici, prends ce qui est à toi » (Matthieu 25:24-25).
  • Le maître le traite de serviteur méchant et paresseux : il aurait au moins pu placer l'argent à la banque pour en retirer un intérêt. Le sac lui est retiré et donné à celui qui en a dix, et le serviteur inutile est jeté dehors, là où il y aura des pleurs et des grincements de dents (Matthieu 25:26-30). « Une fin assez lourde », reconnaît le pasteur.
  • Il le dit clairement : Dieu ne s'est pas mis en colère parce que cet homme n'avait reçu qu'un seul sac. Il s'est mis en colère parce que cet homme ne l'a pas utilisé, n'a rien tenté, n'a pas osé relever le défi.
  • Il n'a honoré ni le don, ni celui qui le lui avait confié. Il l'a gaspillé en l'enterrant, et ce n'était pas ce que voulait son maître. « Je ne sais pas pour vous, mais moi, je ne veux pas finir comme lui. »

7. Le plus grand don : Jésus

  • Dieu nous donne des dons pour montrer Jésus aux gens. Mais il nous a fait un don plus grand que tout ce que nous pouvons imaginer : Jésus lui-même.
  • Jésus est venu sur la terre, il a vécu une vie parfaite, il est mort sur la croix en portant nos péchés, il est ressuscité le troisième jour et il est vivant aujourd'hui. Il veut une relation avec toi.
  • Ce n'est pas parce que nous avons fait quelque chose, ni parce que nous le méritons : c'est la grâce ultime, le cadeau ultime. Par lui, tu peux connaître ton but et tes dons, et les utiliser pour lui.
  • Le pasteur dit ce qu'il attend au bout du chemin : le jour où il rencontrera Jésus, entendre ces mots : « C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle à ce que je t'ai donné ; célébrons ensemble. » C'est ce qui donne un but à toute sa vie, et il prie pour que cette même attente naisse en chacun.
  • Le message se termine par une prière de reconnaissance pour les dons reçus, sans se comparer aux autres, et par une invitation à recevoir Jésus, ce don qui pardonne les fautes du passé, transforme de l'intérieur et donne l'espérance.

Points à retenir

  • Chacun a reçu un don de Dieu, selon sa propre capacité. La question n'est pas « combien ai-je reçu par rapport aux autres ? », mais « qu'est-ce que Dieu a mis entre mes mains ? ».
  • Un don ne sert à rien s'il n'est pas travaillé. Dieu le donne à l'état brut, et c'est en l'utilisant fidèlement qu'on devient compétent.
  • Servir à l'église forme des compétences qui serviront aussi dans ta vie professionnelle et auprès des autres.
  • Le maître félicite de la même manière celui qui avait cinq sacs et celui qui en avait deux. Dieu regarde la fidélité et le caractère plus que les capacités.
  • Le plus grand don est Jésus. Le recevoir donne un but à la vie et l'espérance d'entendre un jour : « C'est bien, bon et fidèle serviteur. »

Application personnelle

  1. Si tu poses aujourd'hui la question « Seigneur, qu'est-ce que tu m'as donné ? », quelle réponse te vient ? Si rien ne vient, avec qui pourrais-tu chercher ?
  2. Dans quel domaine te compares-tu aux autres au point d'oublier ce que toi, tu as reçu ?
  3. Y a-t-il un don que tu as « enterré » par peur, par paresse ou par manque de formation ? Quel premier pas peux-tu faire cette semaine pour l'utiliser ?
  4. Serais-tu prêt à commencer par installer les chaises, ou attends-tu une place sous les projecteurs ?
  5. As-tu reçu le don de Jésus lui-même ? Comment la perspective d'entendre un jour « C'est bien, bon et fidèle serviteur » change-t-elle ta manière de vivre ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que représentent les talents dans la parabole de Matthieu 25 ?

À l'époque, le talent était une unité monétaire, un peu comme on parlerait aujourd'hui de billets de mille ou de dix mille yens. Certaines versions parlent de sacs d'argent. Le pasteur Monty invite à y entendre les dons et les capacités que Dieu confie à chacun selon sa capacité.

Pourquoi le maître se met-il en colère contre le troisième serviteur ?

Pas parce qu'il n'avait reçu qu'un seul talent. Le maître se met en colère parce que ce serviteur n'a rien fait de ce qu'il avait reçu : il ne l'a pas utilisé, il n'a rien tenté, et il n'a honoré ni le don ni celui qui le lui avait confié. Il l'a enterré.

Qu'est-ce que Dieu regarde le plus : nos compétences ou notre fidélité ?

Le maître ne dit pas « quel talent » ni « quel rendement ». Il dit « bon et fidèle serviteur ». Pour le pasteur Monty, Dieu regarde ton caractère plus que tes capacités : on peut être brillant et orgueilleux, compétent et peu fiable. Il attend que tu sois fidèle à ce qu'il t'a donné.

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