Introduction
« Et il donna au second le nom d'Éphraïm, car, dit-il, Dieu m'a rendu fécond dans le pays de mon affliction. » Ce verset de Genèse 41:52 ouvre le culte du 11 octobre 2026 à Tokyo Grace Evangelical Church. Il donne le fil de tout le message : Dieu nous parle dans le pays de l'affliction, et il le fait pour nous rendre féconds.
Le texte principal est Actes 21:1-6. Paul et ses compagnons naviguent de Cos à Rhodes, puis à Patara, passent au large de Chypre et débarquent à Tyr. Ils y trouvent des disciples, restent sept jours avec eux, puis tous, femmes et enfants compris, les accompagnent hors de la ville et prient à genoux sur le rivage.
Le pasteur Ishizaka intitule sa prédication par une question : dans ce lieu, qu'as-tu trouvé ? Pour lui, le problème n'est pas l'environnement. C'est toi. Là où tu es placé, même si c'est dur, tu peux grandir et porter du fruit.
Plan du message
1. Tyr, une ville où il est difficile de vivre sa foi
- Tyr se trouvait en pays de Canaan. Dieu avait dit à Abraham d'aller dans ce pays et de le posséder, un pays « où coulent le lait et le miel », une sorte de terre idéale.
- Après la sortie d'Égypte et quarante ans de marche, Israël y entre et découvre des ennemis : de nombreux peuples belliqueux, l'idolâtrie et même des sacrifices humains. Le pasteur rapporte qu'un archéologue y a retrouvé de nombreux ossements de petits enfants offerts en sacrifice.
- Le peuple est désemparé : pourquoi Dieu nous a-t-il conduits dans une terre pareille ? La raison, c'est le thème du jour : rendre Israël fécond. Non pas vivre une vie facile, mais porter beaucoup de fruit. Dieu a choisi exprès un lieu plein d'ennemis et de tentations.
- Plus tard, Tyr s'est mêlée aux Grecs. L'immoralité et l'idolâtrie y régnaient. Pour ceux qui croyaient en Jésus, c'était un lieu de tentation et de résistance.
2. Paul cherche les disciples, pas un lieu facile
- Arrivé à Tyr, la première chose que fait Paul est de chercher les disciples. Un disciple n'a pas une foi de foule : il ne cède devant aucune difficulté et avance chaque jour, fidèlement, dans une ville où la vie est dure.
- Ces disciples avaient beaucoup grandi, « parce qu'ils avaient beaucoup d'ennemis ». Ils se tournaient sans cesse vers Jésus pour qu'il les garde. Celui qui est entouré de mauvais compagnons finit souvent par regarder vers eux et oublier Jésus.
- Tyr était un port où les marins, après de longues traversées en Méditerranée, venaient s'amuser. Personne n'aurait imaginé y trouver des disciples. Pourtant, ils ne considéraient pas leurs ennemis comme des ennemis : ils les aimaient, les bénissaient et vivaient une communion pleine d'amour.
- Le pasteur pose la question : dans ce lieu où l'on prend facilement de mauvaises habitudes, dans ce lieu déchu, qu'est-ce que tu trouves ? Il répond : « Dans ce lieu, tu peux grandir. »
- On croit souvent qu'il suffit de fuir. Il rappelle Jésus qui s'approche des lépreux, tenus à l'écart, alors qu'on lui dit de ne pas y aller. Il pose la main sur eux et les guérit. La maladie ne passe pas du malade à Jésus : c'est la vie de Jésus qui passe en lui.
- « Ce n'est pas toi qui es empoisonné par leur poison. C'est toi qui, par la puissance du Saint-Esprit, les purifies. » Depuis Actes 2, l'Esprit pousse les croyants à entrer dans la ville pour la gagner à Jésus.
3. Grandir d'abord dans l'Église
- Le pasteur met en garde les jeunes : « Ne fais pas plus que tes forces. » Il ne s'agit pas d'annuler le barbecue de demain pour aller faire le tour des cabarets de Kabukichō. « Grandis d'abord un peu, entraîne-toi ici. »
- Il évoque le réveil de l'Esprit à Azusa Street, à Los Angeles : selon son récit, de jeunes croyants ont défilé avec une banderole « Jesus is our Savior » et sont entrés dans les bars pour parler de Jésus. Loin de disparaître, le mouvement a grandi.
- Il y rattache le Jesus Movement : selon lui, beaucoup de hippies, de jeunes abîmés par le LSD, sont venus suivre Jésus, et c'est de là qu'est née Calvary Chapel, qui a ensuite implanté de nombreuses Églises dans le monde.
- « Plus la ville est mauvaise, plus les chrétiens grandissent. » Mais il ajoute aussitôt : ne déménage pas exprès. Lui-même a grandi en jouant à Kabukichō dès la maternelle. Ce n'est pas le cas de tout le monde.
- Certains trouvent les responsables trop sévères. « Parfois, c'est sans doute trop sévère. » Celui qui a été blessé peut se reposer un temps. Mais si tu es blessé dans l'Église, comment tiendras-tu à Kabukichō ? Seul celui qui peut dire « quoi qu'on me dise, je suivrai Jésus » peut aller quelque part.
- Au Japon, dit-on, sur dix baptisés, cinq disparaissent dans l'année. Le pasteur a été baptisé en même temps que cinq personnes : seules deux sont encore là.
- Dieu veut faire de toi quelqu'un qui a une famille remplie d'amour, une vie pure, et qui peut consoler beaucoup de gens. Pour cela, quel lieu choisit-il ? Tyr. L'endroit où tu es placé, si dur soit-il, c'est Dieu qui t'y a mis pour y montrer le fruit puissant de Jésus.
4. Nazareth : ne pas juger sur la réputation
- Jésus est né à Bethléem et a grandi à Nazareth, où il a vécu jusqu'à trente ans avant d'annoncer l'Évangile. Or Nazareth avait mauvaise réputation, au point qu'on écartait d'avance l'idée qu'un Messie puisse en venir.
- Quand Philippe parle de Jésus à son ami Nathanaël, celui-ci répond par la formule toute faite : « Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? » Philippe lui répond sagement : « Viens, et vois. »
- Nathanaël va vérifier. Jésus connaît tout de lui, son secret, ce qu'il ne pouvait pas savoir. Nathanaël reconnaît en Jésus son Sauveur.
- Beaucoup trébuchent au même endroit : « Que peut-il sortir de bon de l'Église ? » Le pasteur leur demande s'ils ont vérifié. À ceux qui viennent le voir, il conseille la grande bibliothèque juste en face : à sa connaissance, personne n'y est allé. « Ils décident tout sur la rumeur. » Peu de gens prennent la décision après avoir rencontré Jésus eux-mêmes.
- Porter du fruit, ce n'est pas écouter ce que disent tes amis. Quoi que dise le monde, tu peux lire la Bible, ouvrir les documents, regarder les preuves et être convaincu.
- Il raconte sa propre histoire : jusqu'en terminale, il était un mauvais garçon. Quand son pasteur lui proposait de croire en Jésus, il répondait en ricanant : « Si on trouve l'arche de Noé, je veux bien croire. » Quelques années plus tard, raconte-t-il, on annonçait l'avoir trouvée ; des fragments ont été analysés et exposés dans des musées, et il en a vu un. Cela l'a ébranlé, et il a commencé à regarder les choses sérieusement.
5. David, la Samaritaine et la famille : Dieu regarde au cœur
- Samuel, déçu par Saül, va chez Isaï pour oindre un nouveau roi. Il voit d'abord Éliab, le plus beau, et pense : c'est lui. Mais Dieu lui dit : « L'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Éternel regarde au cœur. »
- Tous les fils passent et sont écartés. Il en reste un, le plus jeune, celui sur qui personne ne comptait, laissé à garder les moutons. Son père l'avait déjà sorti de son champ de vision. C'est lui, David, que Samuel oint comme roi.
- « Sans la sagesse et l'amour de Dieu, nous choisissons souvent la mauvaise personne. » Sans la foi de l'Évangile, on ne voit pas, dans une société marquée par le péché, ceux qui sont prêts à venir à Jésus.
- Jésus est aussi allé exprès en Samarie, une ville où les Israélites n'allaient jamais, et y a rencontré une femme dont la vie conjugale était complètement désordonnée. Il l'a conduite au Seigneur.
- « Le problème, ce n'est pas l'environnement. C'est toi. » Il y a des lieux qu'on peut fuir, d'autres non : la famille. « Un enfant ne peut pas demander le divorce. » C'est là qu'on apprend à aimer Jésus et son prochain, à pardonner et à servir. « Au début, c'était difficile pour moi aussi », confie le pasteur, avant de l'apprendre peu à peu.
6. Joseph : fécond dans le pays de son affliction
- Le verset d'ouverture vient de Joseph. Trahi par ses frères, vendu comme esclave en Égypte, trompé encore et encore, il n'a jamais accusé le Seigneur. En prison comme ailleurs, il regardait à Dieu et obéissait à sa parole.
- Sa fidélité a été remarquée. Quand Pharaon est tourmenté par des rêves, l'homme que Joseph avait aidé en prison se souvient de lui. Joseph annonce sept années d'abondance suivies de sept années de famine et conseille de faire des réserves de grain.
- Pharaon lui fait confiance et l'élève au second rang du royaume. Pour Joseph, l'Égypte était le pire endroit, le lieu de la trahison. Pourtant, il n'a pas gardé rancune aux hommes : il a servi Dieu.
- Et il a pu dire : dans ce pays où j'ai tant souffert, Dieu m'a rendu fécond.
7. La femme cananéenne : « Oui, Seigneur »
- Une mère supplie Jésus de chasser le démon qui tourmente son enfant. Elle le suit en criant. « Il ne lui répondit pas un mot. » Le pasteur trouve ce détail très vrai : on aurait aimé lire que Jésus a guéri l'enfant tout de suite. Cette femme venait justement de la région de Tyr.
- Les disciples s'agacent : renvoie-la. Jésus lui dit en substance que le moment n'est pas venu, qu'il doit d'abord conduire Israël. Elle ne se fâche pas : « Oui, Seigneur. Mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table. »
- Elle aurait pu dire : tu prêches l'amour, tu guéris tout le monde, et tu refuses de guérir mon enfant ? « Lancer une dernière réplique et partir, c'est ce qu'on fait d'habitude. » Elle a continué à demander, par amour pour son enfant.
- Jésus voit cette humilité et cette sagesse, et lui dit de rentrer chez elle : son enfant est guéri. « Nous nous mettons souvent en colère trop vite, et nous gâchons de belles occasions. » Se défouler soulage peut-être, mais on ne reçoit pas ce que l'on demandait.
- Elle connaissait Jésus. « Ceux qui ne le connaissent pas se plaignent. » Sa conviction que le Seigneur est bon n'a pas vacillé. Celui qui croit sage de pointer les erreurs de l'autre obtient rarement ce qu'il veut. C'est la sagesse née de l'humilité qui a touché Jésus.
- Le chemin est simple : « Le Seigneur est bon. » Avant de dire ceci ou cela, dis : « Oui, Seigneur, tu es bon », même quand il semble ne pas répondre à ta prière. Loue-le dans le pays de l'affliction, comme Paul qui a loué Dieu en prison, encore et encore.
- Le pasteur conclut avec Philippiens 4:11-13, écrit en prison : « J'ai appris à être content de l'état où je me trouve. [...] Je puis tout par celui qui me fortifie. » Il précise : ce n'est pas toi qui es fort, c'est la grâce du Seigneur qui te fortifie. Alors ne dis pas de mal du Seigneur, et deviens fécond dans la ville où tu vis.
Points à retenir
- Dieu choisit parfois un lieu difficile, comme Canaan ou Tyr, non pour te rendre la vie facile, mais pour te rendre fécond.
- Tu n'es pas appelé à fuir ni à être contaminé : par l'Esprit, c'est la vie de Jésus qui passe de toi aux autres. Mais commence par te former dans l'Église.
- Ne juge ni les gens ni l'Évangile sur la réputation : « Viens, et vois. » Dieu regarde au cœur.
- Comme Joseph, tu peux servir fidèlement sans accuser Dieu là où tu as été blessé.
- L'humilité de la femme cananéenne ouvre la voie : « Oui, Seigneur, tu es bon. » Je puis tout par celui qui me fortifie.
Application personnelle
- Quel est ton « Tyr » aujourd'hui : ton travail, ton quartier, ta famille ? Qu'est-ce que Dieu veut que tu y trouves ?
- Dans ce lieu, regardes-tu vers Jésus ou vers ceux qui t'en éloignent ?
- T'arrive-t-il de te décourager ou de partir dès qu'une parole te blesse dans l'Église ? Qu'est-ce qui t'aiderait à tenir ?
- Y a-t-il une personne ou un sujet que tu as rejeté sur la seule réputation, sans aller voir par toi-même ?
- Quand Dieu semble silencieux, quelle est ta première réaction : la colère, ou « Oui, Seigneur, tu es bon » ?
Versets cités
- Actes 21:1-6
- Genèse 41:52
- Exode 3:8
- Matthieu 8:1-3
- Actes 2
- Jean 1:43-51
- 1 Samuel 16:1-13
- Jean 4:1-42
- Genèse 41:1-46
- Matthieu 15:21-28
- Actes 16:25
- Philippiens 4:10-13
Questions fréquentes
Pourquoi Paul cherche-t-il les disciples à Tyr dans Actes 21 ?
Tyr était une ville portuaire pleine de tentations, d'idolâtrie et d'hostilité envers les croyants. Pour le pasteur Ishizaka, Paul voulait rencontrer ces disciples justement parce qu'ils avaient gardé leur foi dans un lieu aussi difficile. Il y a trouvé une Église remplie d'amour.
Que signifie « Dieu m'a rendu fécond dans le pays de mon affliction » ?
C'est la parole de Joseph en Genèse 41:52, à la naissance de son fils Éphraïm. Trahi par ses frères, vendu, emprisonné, Joseph n'a jamais accusé Dieu. Il a servi fidèlement, et Dieu l'a élevé en Égypte. Le prédicateur y voit une promesse : là où tu souffres, Dieu peut te rendre fécond.
Que nous apprend la femme cananéenne sur la prière ?
Face au silence apparent de Jésus, elle ne s'est pas mise en colère. Elle a répondu : « Oui, Seigneur », et a demandé les miettes. Le pasteur Ishizaka y voit une sagesse qui vient de l'humilité et une confiance ferme que le Seigneur est bon. C'est cette attitude qui a touché Jésus.