Nous avons tout pleinement en Christ

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Introduction

Il y a une phrase de l'apôtre Paul qui, si tu la reçois vraiment, change ta manière de vivre chaque jour : « Vous avez tout pleinement en lui » (Colossiens 2:10). Dans cette prédication apportée à Impact Centre Chrétien le 28 avril 2024, le pasteur Célestin YAO reprend ce verset comme contribution à l'enseignement de l'apôtre Ivan Castanou sur « Christ le fondement qui te préserve des fausses doctrines ».

Le message est clair : tu n'as rien à ajouter à ce que Jésus-Christ a déjà accompli pour toi. Ni une tradition, ni un rite, ni une connaissance secrète, ni une souffrance auto-infligée. Tout est en lui, et cela pleinement. Encore faut-il comprendre pourquoi Paul insiste tant sur ce point, et contre quelles hérésies il combattait dans l'église de Colosse.

Plan du message

1. Le contexte de l'épître aux Colossiens

Colosse était une ville de Phrygie, dans la province romaine appelée « l'Asie », située dans une partie de l'actuelle Turquie. Elle avoisinait deux villes plus importantes : Laodicée et Hiérapolis. Sa population était surtout païenne, mais elle comptait aussi une forte communauté juive.

L'église de Colosse a été fondée par Épaphras, compagnon de service de Paul. Épaphras était originaire de Colosse. Lorsqu'il avait été touché par l'Évangile pendant les trois années où Paul enseignait à Éphèse, il est retourné chez lui pour partager la bonne nouvelle. C'est ainsi que l'église est née. Paul en parle en Colossiens 1:7-8 et 4:12 : « Il ne cesse de combattre pour vous dans ses prières. »

Cette église cependant faisait face à des menaces réelles. L'épître aux Colossiens est la plus préventive du Nouveau Testament : Paul y met les chrétiens en garde contre des hérésies qui montaient discrètement. Une hérésie, c'est une opinion ou un enseignement qui n'est pas conforme à la norme reçue de la Parole de Dieu.

2. La philosophie dominante du 1er siècle : le gnosticisme

La pensée qui régnait à Colosse s'appelait le gnosticisme (du grec gnôsis, connaissance). Le gnostique enseignait ceci : tout ce qui est divin est bon, mais tout ce qui est matière (y compris le corps), est mauvais. Pour atteindre Dieu, il fallait donc des intermédiaires, ce qui explique le culte des anges. Pour eux, Jésus n'était qu'une « bonne émanation », au même rang qu'un ange.

Si tu comprends cela, tu comprends l'origine de beaucoup de doctrines encore présentes autour de nous aujourd'hui. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Ce combat, les Pères de l'Église l'ont déjà livré. Paul écrit à Colosse pour les avertir : dans cette enveloppe gnostique, plusieurs hérésies précises menaçaient les croyants.

3. Première hérésie : nier l'humanité de Jésus

Puisque la matière est mauvaise, disaient-ils, Jésus (« bonne émanation »), ne pouvait pas être humain. Un sous-mouvement appelé le docétisme (du grec dokeô, sembler) allait plus loin : Jésus faisait semblant de souffrir, semblant d'avoir mal, semblant de mourir.

Or notre foi chrétienne, notre crédo, c'est que Jésus est 100 % Dieu et 100 % humain. Si Jésus n'est pas véritablement humain, il n'a pas pu prendre tes péchés, il n'a pas été tenté comme toi, et son sacrifice est vidé de sa portée. Paul répond en Colossiens 1:21-22 : « Il vous a maintenant réconciliés par sa mort, dans le corps de sa chair. » Jésus s'est bel et bien incarné.

4. Deuxième hérésie : nier la divinité de Jésus

Dans la même logique, ils refusaient que Dieu, qui est bon, vienne habiter la matière, qui est mauvaise. Pour eux, Jésus n'était pas Dieu. Juste « un bon type ».

La réponse de Paul est en Colossiens 2:9 : « Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. » La version Français courant dit : « Tout ce qui est en Dieu a pris corps dans le Christ. » C'est le mystère caché de tout temps mais révélé maintenant : Christ en nous, l'espérance de la gloire (Col. 1:27). Paul l'écrit aussi aux Philippiens : étant égal à Dieu, Jésus s'est dépouillé, a pris une forme de serviteur, est mort à la croix, et Dieu lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom (Ph. 2:6-11).

5. Troisième hérésie : l'œuvre de Christ ne suffit pas, il faut ajouter la « connaissance »

Pour les gnostiques, ce que Jésus a fait à la croix était bien, mais insuffisant. Il fallait y ajouter une connaissance spéciale, obtenue notamment par le culte des anges et des visions. L'homme veut toujours avoir sa part.

Paul répond exactement au cœur du sujet en Colossiens 2:10 : « Vous avez tout pleinement en lui. » Tout. Le salut, la guérison, la délivrance, la faveur financière, la joie de Dieu, la paix, le mariage, la vie éternelle. Et pleinement, pas à moitié. Quand Jésus dit à la croix « tout est accompli », il n'y a plus rien à ajouter.

6. Quatrième hérésie (judaïsante) : ajouter la circoncision

Les judaïsants circulaient dans toutes les églises fondées par Paul pour dire : « L'Évangile de la grâce qu'on vous prêche est trop simple. Il faut y ajouter la circoncision, comme signe de l'alliance donnée à notre père Abraham. »

Paul refuse fermement. Il écrit en Colossiens 2:11 : « En lui vous avez été circoncis d'une circoncision que la main n'a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair. » La vraie circoncision est celle du cœur, en Christ.

7. Cinquième hérésie : l'ascétisme, faire souffrir le corps pour mériter

Puisque la matière est mauvaise, certains, influencés par la secte juive des Esséniens, qui vivaient reculés dans les campagnes, souvent végétariens, prônaient l'ascétisme : se priver, se tailler le corps, multiplier les jeûnes pour mériter quelque chose de Dieu.

Attention : on ne l'entend pas toujours ainsi, mais des chrétiens tombent aussi là-dedans. On jeûne pour « acheter Dieu », pour compenser un péché, comme si notre souffrance corporelle pouvait ajouter au sacrifice de Jésus. Paul démasque en Colossiens 2:20-23 : ces prescriptions « ne mange pas, ne touche pas » paraissent empreintes de sagesse, mais « n'ont aucune valeur, sinon pour satisfaire des aspirations tout humaines ».

On jeûne et on prie par amour pour Dieu, pas pour mériter. On n'est pas délivré d'un péché par le jeûne, mais par la révélation de la Parole qu'on saisit.

8. Sixième hérésie : imposer le sabbat, les nouvelles lunes, la diète religieuse

Toujours du côté des judaïsants : il faudrait observer le sabbat, les nouvelles lunes, les fêtes juives et les règles alimentaires de Lévitique. La réponse de Paul est en Colossiens 2:16-17 : « Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou à propos d'une fête, d'une nouvelle lune ou du sabbat. Tout cela n'était que l'ombre des choses à venir : la réalité est en Christ. »

Jésus lui-même, de son vivant, s'est « amusé » à guérir et à délivrer le jour du sabbat, pour montrer que tout trouve son vrai sens en lui. C'est aussi pour cela qu'il est ressuscité le premier jour de la semaine (le dimanche), et que les chrétiens dès le 1er siècle se sont réunis ce jour-là.

Points à retenir

  • L'épître aux Colossiens est préventive. Paul y met en garde contre des hérésies venues du paganisme (gnosticisme) et du judaïsme.
  • Jésus est 100 % Dieu et 100 % homme. « En lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Col. 2:9).
  • Il n'y a rien à ajouter à l'œuvre de Christ. Ni connaissance secrète, ni circoncision, ni ascétisme, ni sabbat, ni diète religieuse.
  • Tout est en lui, pleinement. Salut, guérison, délivrance, faveur, paix, vie éternelle.
  • Rester enraciné en Christ pour ne pas être ballotté à tous vents de doctrine.

Application personnelle

  1. Est-ce que tu vis, dans les faits, comme si Jésus avait suffi, ou est-ce que tu ajoutes discrètement des rites, des œuvres ou des mérites pour être « acceptable » devant Dieu ?
  2. Quelles doctrines ou pratiques as-tu adoptées sans les avoir vérifiées à la Parole ? Reprends la Bible en main.
  3. Quand tu jeûnes, pries ou renonces : est-ce par amour pour Dieu, ou pour lui arracher une bénédiction, comme un contrat ?
  4. Reconnais-tu concrètement que ta guérison, ta délivrance, ta paix et ta faveur sont déjà en Christ, ou continues-tu à les chercher ailleurs ?
  5. Quelle décision précise vas-tu prendre cette semaine pour t'enraciner plus solidement en Christ ?

Versets cités

FAQ

Que signifie « nous avons tout pleinement en Christ » ?

Selon Colossiens 2:10, tout ce dont un chrétien a besoin (salut, guérison, délivrance, paix, faveur, vie éternelle), se trouve entièrement en Christ. On n'ajoute rien à son œuvre achevée à la croix.

Pourquoi Paul a-t-il écrit l'épître aux Colossiens ?

C'est la lettre la plus préventive du Nouveau Testament. Paul avertit l'église de Colosse contre des hérésies venues du paganisme (gnosticisme, docétisme) et du judaïsme (circoncision imposée, sabbat, diète religieuse) qui essayaient d'ajouter des exigences humaines à l'œuvre de Christ.

Faut-il ajouter des œuvres, des jeûnes ou des rites au salut en Christ ?

Non. Jésus a dit sur la croix « tout est accompli ». Chercher à mériter le salut par des privations, des observances ou des traditions revient à nier la suffisance de l'œuvre de Christ. Le jeûne et la prière restent précieux, non pour acheter Dieu, mais par amour pour lui.

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