La foi qui ne lâche pas

10 min de lecture

Introduction : quand tout te donne envie d'abandonner

Il y a des saisons où tu regardes ta vie et où une seule idée revient : lâcher. Lâcher ta prière, lâcher tes études, lâcher ton mariage, lâcher ton église, parfois même lâcher le Seigneur. Tu n'es pas seul. La plupart des grands hommes de Dieu dans la Bible ont voulu lâcher. Jérémie a voulu lâcher parce que le message tardait à arriver. Abraham a voulu lâcher parce que la promesse tardait. Pierre a voulu lâcher parce qu'il a eu peur pour sa vie. Moïse a voulu lâcher parce que le peuple était trop rebelle. Charles Spurgeon a voulu lâcher parce qu'il était malade.

David Pothier, dans un message prêché à l'Église Nouvelle Vie sur Hébreux 12:1-3, reprend le mot d'ordre de Winston Churchill à ses étudiants de Harrow School en 1941 : « Never, never, never give up. » Il ne faut jamais, jamais, jamais lâcher, dans les petites choses comme dans les grandes. Et l'auteur de l'épître aux Hébreux dit exactement la même chose à des chrétiens fatigués, découragés, qui rêvaient parfois de retourner à leur vie d'avant : courons avec persévérance l'épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus.

Ce message est pour toi si tu es tenté d'abandonner. Il te donne trois clés concrètes pour tenir bon.

« Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d'une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi. », Hébreux 12:1-2 (LSG)

Plan du message

  1. Courir en paix : rejette tout fardeau
  2. Courir avec pureté : rejette le péché qui t'enveloppe
  3. Courir avec persévérance : les yeux fixés sur Jésus

1. Courir en paix : rejette tout fardeau

Un coureur ne court pas avec un sac à dos de 25 kilos sur les épaules. Il enlève tout ce qui n'est pas utile. L'auteur des Hébreux emploie un verbe fort : rejette. Rejette tout fardeau. Rejette l'amertume. Rejette l'opinion des autres qui t'empêche d'avancer. Rejette la victimisation. Tu as peut-être été victime de quelque chose, mais tu n'es pas appelé à te victimiser.

La question qui suit est simple : est-ce que le Seigneur prend nos fardeaux, ou est-ce qu'on doit donner nos fardeaux au Seigneur ? La Bible enseigne qu'on doit donner nos fardeaux au Seigneur. Il veut les prendre, mais il ne viendra pas violer ta volonté. Il faut que tu les lui donnes.

« Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. », 1 Pierre 5:7 (LSG)

David Pothier raconte un souvenir d'Haïti en 2006 : un vol devancé en pleine nuit, une course dans l'aéroport avec un sac d'ordinateur qui pesait une tonne, la ceinture dans une main, le pantalon qui tombe. Un petit fardeau sur une petite distance ne pèse rien. Un petit fardeau sur une grande distance devient impossible à porter. Une petite amertume, un petit regret, une petite déception que tu n'arrives pas à lâcher finit par t'empêcher de courir. Donne tes fardeaux au Seigneur.

2. Courir avec pureté : rejette le péché qui t'enveloppe

Le texte fait une distinction. Rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement. Un fardeau n'est pas un péché. Un péché n'est pas un fardeau, même s'il en produit. L'image, dans la Grèce antique où les coureurs couraient nus, est celle d'un vêtement qui se colle au corps et empêche de courir. Le péché, c'est ce qui se colle à ta peau et t'empêche d'avancer.

John Piper le dit sans détour : si tu ne tues pas ton péché par la puissance du Saint-Esprit, ton péché finira par te tuer. David Pothier partage son propre combat passé avec la pornographie et décrit ce paradoxe : avoir le désir de courir, l'appel à courir, mais ne pas y arriver, parce que le péché nous enveloppe si facilement.

Il rappelle une nuance importante : devant Dieu, tout péché est péché, et le péché le plus grave n'est pas le péché sexuel mais l'orgueil. Mais l'apôtre Paul précise que le péché sexuel a une gravité particulière parce qu'on pêche contre son propre corps (1 Corinthiens 6:18). Ce péché-là colle à la peau autrement. Ne le banalise pas. Il t'empêche de courir.

3. Courir avec persévérance : les yeux fixés sur Jésus

La vie chrétienne, c'est un marathon, pas un sprint. Le mot grec traduit par « épreuve » est agon, qui a donné notre mot « agonie » et qui désignait le stade où se déroulaient les courses. Si tu veux te rendre au bout, ça va prendre de la persévérance.

David Pothier lit un extrait du journal intime de John Wesley : cinq dimanches d'affilée, chassé d'église en église, jusqu'au dimanche 6 juin au soir où, prêchant dans un champ, 10 000 personnes viennent entendre l'Évangile. Beaucoup de croyants sont très persévérants dans le naturel (leur travail, leur discipline, leur entraînement), mais ils n'ont pas de persévérance spirituelle. C'est cette persévérance-là qu'il te faut avant toute autre.

« Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. », Matthieu 24:13 (LSG)

Deux exemples pour t'aider à persévérer. D'abord, la nuée de témoins d'Hébreux 11 : Abel, Hénoc, Abraham, Isaac, Jacob, Sarah, Joseph, Moïse, Rahab, Gédéon, Barak, Samson, Jephthé, David, Samuel, les prophètes. Ils sont dans les gradins comme une foule qui t'encourage : « On a été là, à ta place ; maintenant, c'est à toi de courir. » Mais l'auteur ne dit pas « les yeux fixés sur les héros de la foi ». Il dit « les yeux fixés sur Jésus », le héros de la foi. Aucun coureur ne remporte une course en regardant les tribunes. Il regarde le but. Et le but, c'est Christ.

Sur quoi fixes-tu tes yeux ? Sur les autres, dans la comparaison ? Sur tes regrets ? Sur les opportunités que tu as manquées ? Sur les injustices et les abus que tu as subis ? Sur ton découragement, ta dépression, ton anxiété ? Si tu fixes tes yeux là-dessus, tu vas arrêter de courir. Examine tes blessures, ne les fuis pas, mais ne fixe pas tes yeux dessus. Fixe tes yeux sur Celui qui peut guérir.

L'histoire de Julie Moss et l'illustration d'Étienne

En 1982, à l'Ironman d'Hawaï (3,8 km de natation, 180 km de vélo, 42 km de course), Julie Moss, 23 ans, est en tête chez les femmes. À environ 200 mètres de l'arrivée, elle s'effondre, déshydratée. Elle se relève, tombe, se relève, retombe. La règle est claire : si son coach l'aide, elle est disqualifiée. Elle fait signe de ne pas la toucher. Elle perd sa première place à quelques mètres du fil. Puis, dans la foule, une voix crie : « Come on, Julie ! » Une voix, puis deux, puis toute la foule. Julie se met à ramper, s'arrache les ongles, franchit la ligne d'arrivée en rampant. La foule explose de joie, pas parce qu'elle a fini première, mais parce qu'elle a fini.

Aujourd'hui, cette voix dans la foule, c'est celle du Seigneur. Souviens-toi d'Étienne dans Actes 7. Alors qu'on le lapide, il lève les yeux et voit Jésus debout à la droite de Dieu. C'est le seul endroit après l'Ascension où Jésus est décrit debout, partout ailleurs, il est assis, parce que son œuvre est accomplie. David Pothier propose une lecture : Jésus n'a pas pu rester assis en voyant son fils Étienne persévérer jusqu'au bout. Il s'est levé pour l'acclamer. Cette même voix crie ton nom aujourd'hui : Ne lâche pas.

Points à retenir

  • La foi ne promet pas une vie sans épreuves. Elle promet la victoire au milieu des épreuves.
  • Un petit fardeau sur une grande distance devient impossible à porter. Décharge-toi sur le Seigneur avant que le poids ne t'écrase.
  • Le péché n'est pas anodin. Il s'enveloppe autour de toi et t'empêche de courir, même quand tu en as le désir.
  • La persévérance spirituelle passe avant la persévérance naturelle. Sans persévérance, il n'y a pas de foi véritable.
  • Regarde les héros de la foi pour être inspiré. Fixe tes yeux sur Jésus pour tenir jusqu'au bout.

Application personnelle

  1. Quel fardeau portes-tu depuis trop longtemps et que tu n'as jamais formellement remis au Seigneur ?
  2. Quel péché « s'enveloppe » autour de toi et t'empêche de courir librement ? Que dois-tu concrètement changer cette semaine ?
  3. Sur quoi fixes-tu tes yeux en ce moment : les autres, tes regrets, tes blessures, ton anxiété, ou Jésus ?
  4. Dans quelle sphère de ta vie es-tu tenté de lâcher (couple, ministère, études, prière, pureté, foi) ? Qu'est-ce que « ne pas lâcher » signifierait concrètement demain matin ?
  5. Qui, autour de toi, a besoin d'entendre aujourd'hui la voix qui crie « ne lâche pas » ? Que peux-tu lui dire ou lui écrire ?

Versets cités

FAQ

Que faire quand j'ai vraiment envie de tout lâcher ?

Commence par nommer devant Dieu ce que tu portes. Décharge tes soucis sur lui (1 Pierre 5:7) au lieu de les remâcher seul. Puis identifie une seule chose que tu ne lâcheras pas aujourd'hui : ta prière du matin, ton texto à un ami croyant, ta présence à l'église dimanche. La persévérance se joue une journée à la fois.

Est-ce que la foi supprime les épreuves ?

Non. La Bible est très claire : Jésus lui-même annonce que « vous aurez des tribulations dans le monde » (Jean 16:33). Ce qu'elle promet, c'est la victoire dans l'épreuve, pas l'absence d'épreuve. Certains des chrétiens les plus solides sont aussi ceux qui traversent les combats les plus lourds.

Pourquoi fixer les yeux sur Jésus plutôt que sur les héros de la foi ?

Les héros de la foi (Hébreux 11) sont dans les gradins pour t'encourager, comme une foule autour du stade. Mais aucun coureur ne franchit la ligne d'arrivée en regardant les spectateurs. Le but, c'est Christ. C'est lui l'auteur et le consommateur de ta foi (Hébreux 12:2), pas les figures qui t'ont précédé.

Toutes les prédications sur « Foi »

Ne rate aucune prédication de la Chapelle (Montréal)

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Sur le même thème

Message publié par la Chapelle (Montréal). Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

La foi qui ne lâche pas | Efficient Church