Osée 8 : connais-tu Dieu ou seulement ses rites ?

13 min de lecture

Introduction

« Quels sont, d'après toi, les signes d'une société prospère ? » C'est avec cette question que Ricky, l'un des pasteurs de Holy Trinity Doncaster, à Melbourne, ouvre son message. L'Église poursuit sa série dans le livre d'Osée, et le passage du jour couvre les chapitres 8 à 10. Trois chapitres, plus de cinq colonnes de texte dans une Bible imprimée. « À moins que vous vouliez rester ici jusqu'à la nuit », sourit le pasteur, il se concentrera surtout sur le chapitre 8, en puisant de temps en temps dans les chapitres 9 et 10, qui partagent les mêmes thèmes.

Selon certaines théories, une société prospère repose sur quatre piliers : un pouvoir politique fort (un gouvernement solide et des lois), une puissance militaire, une économie qui fonctionne, et un pouvoir idéologique ou religieux. Dans beaucoup de sociétés traditionnelles, c'est la religion ; dans les sociétés modernes et sécularisées, c'est une forme d'idéologie. Ces quatre choses sont bonnes et importantes. Mais elles peuvent facilement devenir des idoles, dès que l'on se dit : « Si seulement nous avions cela, tout irait bien. »

C'est exactement ce que montre Osée 8 à 10. Israël était appelé à vivre avec Dieu dans une relation d'alliance, comme dans un mariage : lui faire confiance à lui seul, et refléter son caractère en suivant sa loi. Or Israël se confie dans ces quatre piliers, tout en affirmant connaître Dieu. La question qui traverse tout le message est simple et dérangeante : est-ce que tu connais Dieu, ou seulement des choses sur lui ?

Plan du message

1. La trompette d'alarme : l'alliance a été rompue

  • Le chapitre s'ouvre sur un avertissement : « Embouche la trompette ! » (Osée 8:1). Sonner de la trompette, explique Ricky, c'est prévenir qu'un danger arrive, qu'une attaque se prépare.
  • Un aigle, ou un vautour, plane au-dessus de la maison de l'Éternel, c'est-à-dire au-dessus du peuple de Dieu. Le vautour apparaît là où il y a bataille et mort. C'est une image du jugement qui vient.
  • La raison est donnée dans le même verset : le peuple a violé l'alliance et transgressé la loi. L'alliance, exprimée par la loi, est le fondement de la relation entre Dieu et son peuple. En se rebellant contre elle, Israël se rebelle contre Dieu lui-même.

2. « Nous te connaissons » : une connaissance sans relation

  • Face à l'accusation, Israël répond : « Mon Dieu, nous te connaissons, nous Israël ! » (Osée 8:2). Le peuple revendique encore la relation d'alliance. Il dit « notre Dieu », il affirme le connaître.
  • Sur quelle base ? Probablement sur une connaissance héritée, comme les pharisiens du temps de Jésus qui répétaient : « Nous sommes descendants d'Abraham. » « Mais ça ne marche pas comme ça, n'est-ce pas ? »
  • Dans la Bible, connaître Dieu ne se réduit pas à avoir les bonnes informations sur lui, ni ce qu'on a entendu de ses parents ou grands-parents. « Dieu ne veut pas que son peuple sache des choses sur lui. Il veut qu'il le connaisse », intimement, relationnellement, comme dans un mariage.
  • Quelle est la preuve qu'Israël connaît Dieu ? Il n'y en a aucune. Au verset 3, Israël a rejeté le bien. Ricky relève que le mot hébreu traduit par « rejeter » sonne comme le mot « prostitution », un jeu de mots qui renvoie au chapitre 1 : Israël a rejeté le Dieu bon parce qu'il a commis un adultère spirituel.
  • Israël a aussi rejeté la parole des prophètes. Au chapitre 9, le prophète est traité de fou et des pièges l'attendent (Osée 9:7-8). La loi, l'alliance et les prophètes sont rejetés : comment prétendre connaître Dieu ?
  • Le pasteur prend l'exemple de son couple : ce serait comme dire qu'il connaît sa femme intimement, tout en ne lisant pas ses messages, sans décrocher quand elle appelle, et en regardant son téléphone quand elle lui parle. « Je ne fais pas ça, au passage. »
  • La question revient vers nous : nous allons à l'église, nous affirmons connaître Dieu. Mais est-ce que nous écoutons sa parole ? Voyons-nous sa bonté, ou la rejetons-nous ?

3. Des rois sans Dieu et un veau en or fabriqué de leurs mains

  • Le rejet de Dieu ne se voit pas seulement dans le refus de la loi et des prophètes, mais aussi dans ce sur quoi Israël s'appuie (Osée 8:4-6).
  • D'abord, sa propre sagesse politique : « Ils ont établi des rois sans mon ordre. » Dans le royaume du Nord, à cette époque, les rois se succèdent très vite, rébellion après rébellion, assassinat après assassinat. Au lieu de faire confiance à Dieu pour désigner ses rois, le peuple compte sur son propre jugement et ses propres efforts, « surtout des efforts mauvais ».
  • Ensuite, une idole censée garantir la prospérité économique : le veau de Samarie. Un ouvrier l'a fabriqué, « ce n'est pas un Dieu ». Le peuple prend son argent et son or pour en faire une idole, afin de l'adorer dans l'espoir qu'elle lui apporte encore plus de prospérité.
  • « C'est presque comique, n'est-ce pas ? C'est absurde. » Mais cela montre la même chose : Israël compte sur lui-même. Il a fabriqué l'idole, il peut la contrôler et lui demander ce qu'il veut.
  • L'idolâtrie moderne fonctionne de la même façon. Nous ne fabriquons plus de veaux d'or, mais nous produisons beaucoup d'autres choses par nos propres efforts, et nous en faisons notre source de sécurité : l'argent, la carrière. On travaille, on gagne de l'argent, on épargne, on investit, on bâtit sa sécurité financière autour de cela.
  • Rien de cela n'est mauvais en soi. L'épargne retraite n'est pas mauvaise en soi, l'investissement non plus. « Mais si nous nous y fions plus qu'à Dieu, est-ce que nous connaissons vraiment Dieu, notre pourvoyeur ? »

4. Le danger de la prospérité

  • Au chapitre 9, on sent la frustration de Dieu : « J'ai trouvé Israël comme des raisins dans le désert » (Osée 9:10). « Imaginez trouver des raisins dans le désert ! » Dieu aime Israël, il le poursuit. Et Israël poursuit Baal, et la prospérité que Baal promet, une fausse promesse.
  • Au chapitre 10, plus Israël porte de fruits, plus il s'en sert pour l'idolâtrie (Osée 10:1). « C'est tragique, n'est-ce pas ? »
  • Le pasteur fait une remarque : il existe d'innombrables livres et ressources pour aider à faire face à la souffrance. « À quelle fréquence parlons-nous de faire face à la prospérité ? » La prospérité peut être spirituellement dangereuse. Plus Israël possède, moins il se confie en Dieu, jusqu'à l'écarter complètement du tableau.
  • C'est un avertissement sérieux pour les chrétiens. Il est possible de penser : « Je suis chrétien, j'ai été baptisé, je vais à l'église, je connais la Bible, je prends la cène. Bien sûr que je connais Dieu. » Mais faire tout cela signifie-t-il forcément qu'on le connaît, au sens intime et relationnel ?
  • Ricky reprend une discussion du forum théologique de la veille : s'il accomplissait chaque matin le rituel de préparer un café pour sa femme, cela voudrait-il forcément dire qu'il l'aime ? Il pourrait faire le même geste tous les jours sans l'aimer.
  • Jésus avertit dans le même sens : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux » (Matthieu 7:21-23). Ces personnes prétendent le connaître, pensent avoir foi en lui, et pourtant il leur dira : « Je ne vous ai jamais connus. » Il n'y a pas de relation personnelle, parce qu'il n'y a pas de confiance sincère en lui.
  • Le pasteur précise que les chrétiens peuvent avoir l'assurance du salut, « l'un des plus grands dons de Dieu ». Si nous nous confions en Jésus, nous n'avons pas à douter qu'il nous prendra comme son épouse quand il reviendra. Mais cette assurance est pour ceux qui sont son épouse, ceux qui vivent avec lui une relation de confiance, comme dans un mariage.

5. Semer le vent, récolter la tempête

  • À partir du verset 7, Dieu annonce ses jugements : « Puisqu'ils ont semé du vent, ils moissonneront la tempête » (Osée 8:7).
  • Ricky décrit un agriculteur qui, au lieu de semer des graines, sème du vent, du néant. Quelle récolte peut-il attendre ? Rien. Mais ici, il ne récolte pas seulement rien : il récolte quelque chose de destructeur, un tourbillon. « C'est ce que fait l'idolâtrie. »
  • Israël adore Baal parce que Baal est associé à la fertilité, à la prospérité, aux récoltes abondantes. En jugement, Dieu annonce que les récoltes échoueront et qu'il y aura la famine. L'idole ne déçoit pas seulement, elle détruit.
  • Le chapitre 9 développe l'image : l'aire et le pressoir ne nourriront plus le peuple, les fêtes ressembleront à des funérailles et le pain sera un pain de deuil (Osée 9:2-5).
  • Le pouvoir politique est détruit lui aussi (Osée 8:8-10). Israël, qui établissait des rois sans Dieu, s'est tourné vers l'Assyrie pour obtenir de l'aide « comme un âne sauvage » au lieu de se tourner vers Dieu. Il est désormais parmi les nations comme un objet dont personne ne veut, et Dieu le laisse être emmené dans l'oppression.

6. Quand la religion devient une idole, et les forteresses brûlent

  • Troisième pilier, la religion (Osée 8:11-13) : Éphraïm a multiplié les autels pour le péché, et ces autels sont devenus des occasions de pécher. Israël pense connaître Dieu parce qu'il continue les rites extérieurs, les offrandes et les sacrifices.
  • Le système sacrificiel était un bon don de Dieu, pour permettre à son peuple de vivre avec lui et de jouir de son pardon. Israël en a fait un rituel froid, détaché de toute relation avec Dieu, une transaction : « S'ils apportent des sacrifices, Dieu leur apportera le pardon. »
  • Alors Dieu retourne la situation. Le sacrifice servait à ce que Dieu ne se souvienne plus des péchés ; ici, il va se souvenir de leurs péchés. Et ils retourneront en Égypte : pas au sens littéral, précise le pasteur, l'Égypte étant le code de l'esclavage et de l'oppression. Israël passera sous l'Assyrie, puis Babylone, puis la Perse. La liberté que Dieu leur avait donnée par Moïse leur sera retirée.
  • « Je me demande si ce n'est pas aussi une tentation dangereuse pour des gens religieux comme nous. » Penser que si l'on suit les rites, aller à l'église chaque dimanche, prendre la sainte cène, donner de l'argent, on sera sauvé. Ce serait mettre sa foi non dans le Dieu qui sauve, mais dans ses propres efforts religieux.
  • « La religion est un don merveilleux quand elle nous aide à connaître Dieu de façon relationnelle. Mais la religion devient une idole terrible quand nous l'utilisons pour éviter de faire confiance à Dieu », pour contrôler nous-mêmes l'issue de notre salut.
  • Dernier pilier, la force militaire (Osée 8:14) : Israël a oublié celui qui l'a fait et a bâti des palais, Juda a multiplié les villes fortes. Dieu enverra le feu sur leurs villes. Il n'y a rien de mal à vouloir défendre son peuple, mais ils se fient à leur force en oubliant Dieu. Au chapitre 10, Dieu le dit : parce que tu t'es confié dans ta voie et dans la multitude de tes guerriers, toutes tes forteresses seront détruites (Osée 10:13-14).
  • Les quatre piliers, politique, économique, religieux et militaire, sont arrachés un à un. Aucun d'eux ne peut sauver sans Dieu. « C'est une vérité qui fait peur », et le pasteur estime que nous devrions avoir peur nous aussi, si notre connaissance de Dieu n'est que théorique ou rituelle.

7. Défriche un champ nouveau : la justice donnée en Jésus

  • Y a-t-il une solution ? Oui. Dans chaque passage de jugement, il y a toujours un peu de miséricorde et de grâce, « mais ce peu de miséricorde et de grâce l'emporte sur tout ».
  • Vers la fin du chapitre 10, Dieu dit : « Semez selon la justice, moissonnez selon la miséricorde, défrichez-vous un champ nouveau ! Il est temps de chercher l'Éternel, jusqu'à ce qu'il vienne, et répande pour vous la justice » (Osée 10:12).
  • Après l'image du vent semé, Dieu appelle à semer la justice : revenir à la loi de l'alliance, pour récolter son amour fidèle. Au lieu de compter sur leurs propres forces, ils doivent revenir à la relation d'alliance.
  • Défricher un champ nouveau, c'est travailler une terre restée en friche pendant des années et devenue dure. Le cœur d'Israël s'est endurci par l'idolâtrie. Il est temps de l'adoucir, de se souvenir du premier amour. Si nous nous sommes confiés en autre chose que Dieu, c'est ce que nous devons faire nous aussi : nous repentir et chercher Dieu avec un cœur attendri.
  • La justice de Dieu désigne sa façon d'agir avec droiture selon son alliance : il offrira son amour fidèle et son accueil à ceux qui se repentent. Et cette promesse trouve son plein accomplissement en Jésus-Christ. Dieu est venu à son peuple, littéralement, physiquement, en personne.
  • En Jésus, Dieu ne fait pas seulement ce qui est juste : il nous donne sa justice. Jésus est le seul parfaitement juste, et cette justice nous est donnée. « Et le tourbillon que nous méritons, parce que nous nous sommes confiés en autre chose que Dieu, ce tourbillon, Jésus l'a pris sur lui à la croix. C'est l'Évangile. »
  • Dieu n'a pas dit à son peuple d'être juste pour le laisser ensuite se débrouiller seul. Il a ouvert le chemin pour qu'on le connaisse de façon relationnelle et intime. Jésus le dit : si vous me connaissez, vous connaissez aussi mon Père (Jean 14:7).
  • La connaissance de Dieu, la justice, tout est donné en Jésus. On ne peut prétendre connaître Dieu que si l'on connaît Jésus, pas seulement en théorie, mais en lui faisant confiance et en obéissant à sa parole. « Alors, est-ce que tu connais Dieu ? Vraiment, intimement, exclusivement ? »

Points à retenir

  • Les quatre piliers d'une société prospère (pouvoir politique, économie, religion, force militaire) sont bons en eux-mêmes, mais deviennent des idoles dès qu'on se fie à eux plus qu'à Dieu.
  • Connaître Dieu, ce n'est pas savoir des choses sur lui : c'est le connaître intimement, comme dans un mariage, en écoutant sa parole et en lui faisant confiance.
  • La prospérité peut être spirituellement dangereuse : plus Israël possédait, moins il se confiait en Dieu.
  • Les rites sont un don quand ils nous rapprochent de Dieu, et une idole quand ils servent à contrôler notre salut sans lui faire confiance.
  • En Jésus, Dieu est venu en personne, il nous donne sa justice et il a pris sur lui la tempête que nous méritions.

Application personnelle

  1. Sur lequel de ces quatre appuis comptes-tu le plus en ce moment : ta situation financière, tes dirigeants, ta pratique religieuse, ta capacité à te défendre ?
  2. Ta connaissance de Dieu est-elle surtout héritée de ta famille ou de ton Église, ou vis-tu avec lui une relation personnelle ?
  3. Comment réagis-tu quand Dieu te parle par sa parole : tu écoutes, ou tu « regardes ton téléphone » ?
  4. Dans les périodes où tout va bien, ta confiance en Dieu grandit-elle ou diminue-t-elle ?
  5. Quelle partie de ton cœur s'est endurcie comme une terre en friche, et que voudrait dire pour toi, cette semaine, chercher l'Éternel avec un cœur attendri ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que signifie « ils ont semé du vent, ils moissonneront la tempête » dans Osée 8 ?

Ricky imagine un agriculteur qui, au lieu de semer des graines, sème du vent, c'est-à-dire du néant. Il ne peut espérer aucune récolte. Mais Israël ne récolte pas seulement rien : il récolte quelque chose de destructeur. L'idole en qui il se confiait pour la fertilité et la prospérité ne le décevra pas seulement, elle lui apportera la ruine.

Peut-on dire qu'on connaît Dieu parce qu'on va à l'église et qu'on prend la cène ?

Pas nécessairement. Le prédicateur rappelle qu'Israël disait « Mon Dieu, nous te connaissons » tout en rejetant sa loi, son alliance et ses prophètes. Les rites sont un beau cadeau quand ils aident à connaître Dieu de façon relationnelle, mais ils deviennent une idole quand on s'en sert pour éviter de lui faire confiance et pour contrôler soi-même l'issue de son salut.

Quelle espérance Osée 10:12 donne-t-il à ceux qui se sont détournés de Dieu ?

Dieu appelle son peuple à semer selon la justice, à défricher un champ nouveau et à le chercher jusqu'à ce qu'il vienne répandre la justice. Pour Ricky, cette promesse trouve son plein accomplissement en Jésus-Christ : Dieu est venu en personne, il nous donne sa justice, et la tempête que nous méritions, Jésus l'a prise sur lui à la croix.

Rejoins le canal WhatsApp

Le boost du jour, des prières et les nouveaux enseignements, directement sur WhatsApp.

Rejoindre le canal

Gratuit, sans inscription. Ton numéro reste invisible pour les autres membres du canal.

Toutes les prédications sur « Foi »

Ne rate aucune prédication de Holy Trinity Doncaster

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Ressources sur ce thème

Sur le même thème

Message publié par Holy Trinity Doncaster. Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

Osée 8 : connais-tu Dieu ou seulement ses rites ? | Efficient Church