Introduction
Ce message clôt la série « Oseras-tu la différence ? », un parcours du livre de Daniel commencé en janvier. Rappel des épisodes précédents : nous sommes au sixième siècle avant Jésus-Christ. Daniel est un adolescent quand il est déporté à Babylone avec ses proches, à 800 km de sa terre natale, à pied, enchaîné. Un vrai système d'esclavage. Mis au service du roi, il gagne par sa sagesse et son intégrité la confiance du roi de Babylone, au point de devenir fonctionnaire de la cour et interprète officiel des rêves et des songes du roi. Les rois se succèdent, et lui reste en place, parce qu'il a une bonne réputation.
Déraciné, Daniel est pourtant parvenu à fixer son identité sur ce que Dieu disait de lui. Dieu était son maître, de tout son être. Il a assumé sa foi avec courage, même quand c'était contraire aux lois et aux coutumes de Babylone. Les derniers chapitres du livre sont différents : Daniel reçoit des visions, un ange vient lui donner des révélations et des prophéties, des paroles qui viennent de Dieu lui-même et qui parlent de guerre, d'espérance et de la fin des temps. Le prédicateur ne les lit pas ce soir et t'invite à les découvrir chez toi.
Pour conclure le parcours, il choisit d'observer encore une fois l'attitude de cet homme unique, et d'en tirer une conclusion qui nous concerne directement : Daniel n'a jamais nourri d'amertume. Et c'est là que le pardon devient une manière de faire la différence.
Plan du message
1. Daniel avait toutes les raisons d'être aigri
- Une pureté sans faille sous une pression de dingue. On a vu toutes les qualités de Daniel : courageux, une grande maîtrise de soi, une confiance constante en Dieu, respectueux, toujours au service. Son attitude est déroutante quand on mesure la pression qu'il a supportée : esclave dans un pays ennemi.
- Il aurait pu détester. À sa place, on aurait toutes les bonnes raisons d'être aigri, de pester contre Dieu, d'en vouloir à la terre entière, de souhaiter du mal au peuple de Babylone. Ça n'a jamais été le cas. Au contraire, on a vu des épisodes où il a pris soin de ses ennemis.
- Il avait de l'influence et ne l'a pas utilisée contre eux. Devenu quelqu'un d'important, il aurait pu soulever une révolte, un coup d'État, manipuler les rois et le gouvernement pour arriver à ses fins. Non : il a toujours souhaité le bien de ses ennemis, il s'est soumis à la culture et à la langue.
- Un seul décret refusé, sans rébellion. Il y a eu un seul décret local auquel il n'a pas pu obéir, parce que c'était vraiment contraire à sa foi. Ce décret avait été sorti par des hommes du gouvernement jaloux de lui, pour pouvoir le tuer : un montage complètement corrompu. Là encore, Daniel n'a pas fui, il a communiqué, il a fait preuve de respect. Même en refusant d'obéir, il n'a pas été injurieux ni rebelle.
2. Le point impressionnant : un manque complet d'amertume
- La conclusion du livre de Daniel. Esclave chez un peuple ennemi qui a détruit son pays et Jérusalem, Daniel montre une humilité qui va jusque dans la pratique du pardon. Le prédicateur le dit franchement : à notre niveau, on peut déjà être pas mal aigri pour bien moins que ça.
- Il avait des bases solides. Le mois dernier, Estelle avait partagé une longue liste de ses qualités : un esprit extraordinaire, de la clairvoyance, la confiance en Dieu. Comment a-t-il fait pour vivre un tel degré de foi ? Parce qu'il avait des bases solides. On le voit aux fruits de sa vie : une vraie intimité avec Dieu, des choses miraculeuses, des réussites malgré un très mauvais départ, une vie établie et en paix.
- Aurait-il vécu tout cela avec de la rancune dans le cœur ? S'il avait gardé en lui de l'aigreur, de la haine, aurait-il reçu ces visions, ces révélations où Dieu lui parle ? S'il n'avait pas passé autant de temps à genoux, à prier, à chercher Dieu ?
- On ne peut pas ressembler à Daniel sans traiter cette question. La question de l'amertume, de la vengeance, de la rancune. L'une des réalités sous-jacentes du livre de Daniel, c'est un pardon parfait. Pardonner, c'est aussi faire la différence : par un manque total d'amertume, par la non-vengeance.
3. Le pardon de Dieu, notre point de départ
- Le message principal de l'Église. L'histoire de Daniel donne un aperçu de ce que Dieu peut faire avec nous. Chacun de nous est séparé de Dieu. La Bible dit que si nous prétendons ne pas avoir de faute, nous nous trompons nous-mêmes et la vérité n'est pas en nous (1 Jean 1.8).
- Une justice était nécessaire. Il devait y avoir une condamnation. C'est dur, c'est une mauvaise nouvelle, mais Dieu n'est pas injuste. Nous étions condamnés à mourir pour l'éternité.
- La bonne nouvelle. Dieu a envoyé son Fils, Jésus-Christ, pour prendre la punition à notre place. C'est un cadeau, un sacrifice qui nous est offert, et nous en bénéficions si nous reconnaissons que nous sommes fautifs, pécheurs. Le verset suivant le dit : si nous reconnaissons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous les pardonner et nous purifier de tout mal (1 Jean 1.9).
- Dieu pardonne et ne garde pas rancune. Quand tu reconnais Jésus comme celui qui a pris la punition à ta place, Dieu pardonne tes péchés et ne t'en tient plus rigueur. De la même manière, l'une des clés pour nous aujourd'hui, c'est le pardon. Daniel avait beaucoup d'émotions difficiles à gérer, mais il y est parvenu, et la Bible nous invite à suivre ce chemin.
4. Ce que le pardon est vraiment
- Sans pardon, on devient prisonnier. Sans faire de psychologie de comptoir : la personne qui n'a pas pardonné se retrouve prisonnière. L'amertume et les autres sentiments qu'on garde envers celui qui nous a blessé pourrissent en nous et portent des fruits pourris : dans des paroles dures, dans l'attitude, sur le visage, dans les réactions.
- Le pardon semble impossible, et même injuste. On se dit : « Non, je ne pardonne pas, ce n'est pas juste. » Mais le prédicateur répète cette phrase : si tu décides de pardonner, il n'y a pas mieux pour reconnaître que tu as été blessé, qu'il y a une blessure. On peut croire que pardonner revient à dire qu'il n'y a pas eu d'offense. C'est complètement l'inverse : le pardon n'ignore pas l'offense.
- Tout nous pousse au contraire. Aujourd'hui, tout nous pousse à privilégier notre orgueil, à faire payer la personne au maximum pour l'offense subie. Peut-être aussi que tu as été blessé méchamment, gratuitement, alors que tu cherchais la paix, l'harmonie, une entente cordiale. Tu as aimé, et on t'a offensé en retour.
5. Ce que la Bible dit du manque de pardon
- Il salit mon âme et mon esprit. « N'attristez pas le Saint-Esprit que Dieu vous a accordé. Chassez loin de vous tout sentiment amer, toute irritation, toute colère, ainsi que les cris et les insultes. Abstenez-vous de toute forme de méchanceté. Pardonnez-vous réciproquement comme Dieu vous a pardonné par le Christ » (Éphésiens 4.30-32).
- Il coupe ma communion avec Dieu. « Ce sont vos fautes qui vous séparent de Dieu, c'est à cause de vos péchés qu'il s'est détourné loin de vous pour ne plus vous entendre » (Ésaïe 59.2).
- Le pardon est une clé du bonheur et de la paix. « Oh ! si tu étais attentif à mes commandements, ton bien-être serait comme un fleuve et ton bonheur comme les flots de la mer » (Ésaïe 48.18). Parmi les commandements de Dieu, il y a le fait de pardonner. Le prédicateur le dit simplement : un bien-être comme un fleuve, ça donne envie. Lui, il a envie de vivre ça.
- Le pardon reçu et le pardon donné sont liés. « Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi » (Matthieu 6.14).
6. Le pardon est un processus libérateur
- Il s'agit de toi. Certaines personnes ne t'ont jamais demandé pardon. Elles ne savent peut-être même pas qu'elles t'ont offensé, et si elles le savent, elles ne le demanderont peut-être jamais. Ce dont il est question ici, c'est toi, pas uniquement la personne qui t'a blessé.
- L'amertume ajoute à la souffrance. Être blessé est déjà difficile. Ce qui est injuste, c'est que l'amertume et la rancœur que ça procure s'ajoutent aux souffrances subies. Pardonner à la personne est une étape importante d'un processus libérateur.
- Pourquoi « processus ». Pour les petits trucs, ça prend trente secondes et c'est réglé. Quand la blessure est plus grande, c'est beaucoup plus long. Même des semaines ou des mois après avoir choisi de pardonner, les pensées reviennent à la charge : « il t'a blessé, il t'a fait mal ». Il faut du temps et il faut se le répéter : « Non, j'ai pardonné. Je pardonne encore. » Faire le choix de pardonner est un vrai chemin de guérison.
- Faire la différence par le pardon. Combien de personnes autour de nous refusent de pardonner et vivent avec une aigreur permanente ? Le pardon est une vraie liberté à saisir. Ce soir, le prédicateur propose simplement une première étape.
7. Un temps de méditation : demander pardon au nom des autres
- Une rencontre qui a tout déclenché. Il y a quelques années, le prédicateur parle de sa foi à une personne qu'il ne connaît pas. La réponse est virulente : Dieu ne peut pas nous aimer, Dieu n'est pas bon. En réalité, cette personne a été blessée par des chrétiens, odieux et blessants avec elle. Ce qu'elle raconte est factuel, incontestable. Et lui, en face, fait partie de ce groupe, qu'il le veuille ou non. Il arrête de témoigner. Symboliquement, il lui demande pardon au nom de tous les chrétiens qui l'ont blessée. Elle exprime qu'elle veut passer à autre chose, que la rancune ne l'aidera pas. Elle a pu vivre une occasion de pardonner et d'apaiser son cœur. Il ne l'a jamais revue.
- Endosser le rôle de ceux qui t'ont blessé. Le prédicateur propose de faire la même chose pour l'assemblée : demander pardon au nom des personnes qui t'ont offensé, pour te donner l'occasion de retrouver la paix. Il ne peut pas incarner tout le monde, mais tu peux penser à la personne en question. Cela se fait personnellement, entre toi et toi-même, dans ton cœur. Tête baissée, yeux fermés si ça aide.
- Les pardons demandés. En tant que chrétien : pardon d'avoir été hypocrite, blessant, d'avoir découragé, jugé, condamné, tenu de grands discours avec une attitude contraire à la foi défendue, de ne pas avoir été l'exemple attendu. En tant qu'homme : pardon pour la colère, les paroles grossières et insultantes, le mépris, l'irrespect envers toi et ton corps, de t'avoir considérée comme un objet, la violence. En tant que mari, conjoint, ex-conjoint : pardon d'avoir vu le couple comme un moyen de m'épanouir moi seul, de t'avoir négligée, oubliée, d'avoir manqué de tendresse et d'attention, de t'avoir accusée de tous les problèmes. En tant que prédicateur : pardon de ne pas mettre en pratique ce que nous enseignons, de t'avoir fait porter un poids que je n'avais pas le courage de porter moi-même. En tant qu'autorité : pardon d'avoir abusé de ma position, d'avoir usé de force de persuasion pour arriver à mes fins. En tant que personne qui n'a jamais subi le racisme : pardon pour le racisme que tu as subi, les mots, les actes, les maladresses, le rejet, d'avoir cru savoir ce qui n'était pas raciste, de ne pas avoir été sensible. En tant qu'ami : pardon pour l'amitié gâchée, la méchanceté, le manque de considération, les paroles dures. En tant que frère ou sœur : pardon de t'avoir méprisé, de ne pas t'avoir écouté, d'avoir coupé les ponts stupidement, d'avoir refusé de changer. En tant que père : le prédicateur aurait aimé qu'un papa le dise, mais il le dit quand même, et témoigne avoir personnellement pardonné à son père d'avoir été distant, de n'avoir pas su communiquer ni parler, de ne jamais lui avoir dit qu'il l'aimait. En tant que collègue : pardon d'avoir été méchant, méprisant, d'avoir écrasé ou profité d'une opportunité qui était pour toi, de t'avoir rejeté. Pardonne-moi.
- La prière finale. Seigneur Jésus, accompagne les personnes qui ont entamé ce processus de pardon et de liberté. Merci, Père, parce que tu nous as montré l'exemple et fait le plus beau des cadeaux en nous sauvant de notre misère, en pardonnant nos fautes, en nous rachetant à un prix inestimable alors que nous étions vraiment condamnés. Accompagne chacun ces prochains jours, ces prochaines semaines, pour que nous continuions à proclamer dans nos pensées et notre cœur que nous avons pardonné. Ta parole parle d'un bien-être comme un fleuve, et c'est vrai. Que chaque personne le vive.
Points à retenir
- Daniel avait toutes les raisons d'être aigri : déporté, esclave, victime d'un complot corrompu. Il n'a jamais nourri d'amertume et a toujours souhaité le bien de ses ennemis.
- Ses qualités reposaient sur des bases solides : du temps à genoux, une vraie intimité avec Dieu, et un cœur libéré de la rancune. Sans cela, aurait-il reçu ses révélations ?
- Le point de départ du pardon, c'est le pardon reçu : Jésus a pris la punition à notre place, et Dieu ne nous tient plus rigueur de nos fautes.
- Pardonner n'efface pas l'offense, c'est au contraire la meilleure façon de reconnaître qu'il y a eu une blessure.
- Le manque de pardon salit l'âme, coupe la communion avec Dieu et vole la paix. Le pardon est une clé du bien-être promis par Dieu.
- Le pardon est un processus : pour les grandes blessures, il faut se répéter dans le temps « j'ai pardonné, je pardonne encore ».
Application personnelle
- Quand tu regardes ta vie, y a-t-il une aigreur permanente qui colore tes paroles, ton visage, tes réactions ? D'où vient-elle ?
- Quelle personne te vient à l'esprit quand on parle de pardon ? Est-ce que tu attends encore qu'elle te demande pardon pour avancer ?
- Le pardon te paraît-il injuste ? Relis la phrase du message : pardonner, c'est reconnaître qu'il y a eu une blessure. Qu'est-ce que cela change pour toi ?
- Prends un moment, tête baissée, et entame le processus : nomme la personne, nomme l'offense, et dis dans ton cœur « je te pardonne ». Puis note la date pour te le rappeler quand les pensées reviendront.
- Lis les derniers chapitres du livre de Daniel cette semaine, comme le prédicateur t'y invite, en observant l'intimité de cet homme avec Dieu.
Versets cités
- 1 Jean 1.8-9 · si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes ; si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour les pardonner.
- Éphésiens 4.30-32 · n'attristez pas le Saint-Esprit ; pardonnez-vous réciproquement comme Dieu vous a pardonné en Christ.
- Ésaïe 59.2 · ce sont vos fautes qui vous séparent de Dieu.
- Ésaïe 48.18 · ton bien-être serait comme un fleuve et ton bonheur comme les flots de la mer.
- Matthieu 6.14 · si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
- Daniel 6 · le décret corrompu que Daniel refuse d'obéir, sans rébellion.
- Daniel 7-12 · les visions et prophéties des derniers chapitres, à lire chez toi.
FAQ
Pardonner, est-ce faire comme si l'offense n'avait pas existé ?
Non, c'est l'inverse. Le prédicateur insiste : si tu décides de pardonner, il n'y a pas mieux pour reconnaître que tu as été blessé, qu'il y a une blessure. Le pardon n'ignore pas l'offense, il la nomme. C'est justement parce qu'il y a eu une offense réelle qu'il y a quelque chose à pardonner.
Faut-il attendre que la personne demande pardon pour lui pardonner ?
Non. Certaines personnes ne t'ont jamais demandé pardon, ne savent peut-être même pas qu'elles t'ont offensé, et ne le demanderont sans doute jamais. Ce dont il est question dans le pardon, c'est toi, pas uniquement la personne qui t'a blessé. L'amertume et la rancœur ajoutent aux souffrances déjà subies ; pardonner est une étape d'un processus qui te libère, toi.
Pourquoi le pardon est-il décrit comme un processus ?
Parce que pour les petites choses, pardonner prend trente secondes, mais quand la blessure est grande, c'est beaucoup plus long. Des semaines ou des mois après avoir fait le choix de pardonner, les pensées reviennent : « il t'a blessé, il t'a fait mal ». Il faut alors se le répéter : « Non, j'ai pardonné, je pardonne encore. » Faire le choix de pardonner est un vrai chemin de guérison.
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