Quitte ta barque : quatre appels de Jésus (Jean 21)

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Quitte ta barque : les 4 appels de Jésus en Jean 21

Peut-être que ta vie chrétienne ressemble à ces disciples qui ont pêché toute la nuit sans rien prendre. Tu as tout essayé, tu as fait de ton mieux, et ton quotidien te paraît vide. Ou peut-être que tu ressembles à Pierre, avec un passé qui pèse et une honte qui t'empêche d'avancer. Dans le tout dernier chapitre de son Évangile, Jean raconte comment Jésus a préparé ses disciples à la mission qu'il allait leur confier. Il fait exactement quatre choses avec eux. Et ces quatre appels, il te les adresse aujourd'hui.

Ce sermon prêché à Momentum, dans la série « De la table à la mission », s'appuie sur Jean 21. Rappelle-toi le contexte : Jésus est ressuscité, il apparaît par petits moments à ses disciples, mais rien n'a encore été réglé. Pierre l'a renié trois fois. Les autres l'ont abandonné. Comment cette poignée d'hommes brisés va-t-elle devenir l'Église qui embrasera le monde ? Il faut que Jésus fasse un travail. Il le fait au bord du lac de Tibériade, autour d'un feu de braise et d'un repas préparé pour eux. Voici les quatre appels qu'il lance, et la question à te poser à chaque fois.

Plan de l'article

  1. Quitte ta barque : accepte que Jésus percute ton quotidien
  2. Laisse-toi restaurer : Jésus n'a pas peur de ton passé
  3. Quitte la plage : la vie chrétienne ne se résume pas au confort
  4. Arrête la comparaison : « toi, suis-moi »
  5. Points à retenir
  6. Application personnelle
  7. Versets cités
  8. FAQ

1. Quitte ta barque : accepte que Jésus percute ton quotidien

Les disciples sont revenus en Galilée sur ordre de Jésus. Il leur avait dit de l'attendre là-bas. Le temps est long, et Pierre reprend son métier. « Je vais pêcher », dit-il, et les autres le suivent. Ce sont des pêcheurs professionnels, et pourtant, cette nuit-là, ils ne prennent rien. Au matin, une voix leur crie depuis le rivage de jeter le filet à droite du bateau. Ils obéissent, et le filet se remplit de manière miraculeuse. Jean reconnaît Jésus le premier, parce que Jésus vient de refaire exactement le miracle par lequel il l'avait appelé, lui et Pierre, au tout début (voir Luc 5.1-11).

Regarde Pierre : il n'a absolument rien à faire des poissons. Ils viennent de faire une pêche extraordinaire, ils pourraient la vendre, la redistribuer, monter un business. Pierre saute à l'eau parce que le bateau ne va pas assez vite vers Jésus. Il attache sa tunique à sa ceinture et il nage.

C'est la condition de tout réveil : quand ton amour pour la personne de Jésus dépasse de loin ton amour pour ce qu'il peut te donner. Quand ce qui t'intéresse dans la vie chrétienne, ce n'est plus que le culte te fasse du bien, mais que tu honores Jésus pour le sacrifice parfait qu'il a fait à la croix. Quand tu es prêt à laisser tout tomber juste pour être avec lui.

Alors la question est simple : es-tu prêt, comme Pierre, à quitter ta barque ? Es-tu prêt à laisser Jésus percuter ton quotidien de plein fouet ? Peut-être que tu es fatigué. Fatigué d'avoir tout essayé. Fatigué d'avoir « pêché toute la nuit » sans rien prendre. Ton quotidien est vide, il a perdu son sens. Il y a une voix qui peut tout changer, et il y a un Dieu qui t'appelle à venir vers le feu qu'il a préparé, vers le repas qu'il a dressé, pour communier avec lui.

Si tout cela est nouveau pour toi, prends un pas aujourd'hui. Ne repars pas de ce que tu lis en te disant que ce sera pour plus tard. Plie le genou. Dis oui. Viens voir un ancien de ton église pour apprendre qui est Jésus. Ne le regarde plus de loin à travers les autres chrétiens : expérimente-le pour toi-même.

2. Laisse-toi restaurer : Jésus n'a pas peur de ton passé

Le repas est pris. L'ambiance est bonne. Et là, Jésus casse l'ambiance. Il se tourne vers Pierre et lui pose trois fois la même question : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » (Jean 21.15-17). Pierre lui répond trois fois qu'il l'aime. Et trois fois, Jésus lui répond : « Prends soin de mes agneaux. Sois le berger de mes moutons. Prends soin de mes moutons. »

Il faut comprendre ce qui se passe. Pierre n'est plus légitime. Il a renié Jésus trois fois, publiquement, devant témoins. Il pense qu'il est foutu. Mais Jésus est dans une mission importante : Pierre doit devenir un pilier de l'Église, et il ne pourra pas aller moissonner s'il n'est pas d'abord restauré à la hauteur de sa faute.

La méthode de Jésus est extraordinaire, et elle vaut aussi pour toi. Regarde bien.

Il restaure à la hauteur de l'offense. L'offense de Pierre a été publique, donc la restauration sera publique. Jésus ne prend pas Pierre à part. Il le fait au milieu des autres, sous leurs yeux, pour que ceux qui l'ont vu tomber le voient relevé.

Il écrase l'orgueil pour couvrir d'amour. Pierre avait fait de grandes promesses : « Même si tous les autres t'abandonnent, moi je resterai. » Il ne l'a pas fait. La première question de Jésus vise ce point exact : « M'aimes-tu plus que ceci ? » L'orgueil est brisé pour que l'amour de Christ puisse enfin y prendre toute la place. Plus tard, Pierre écrira comme un ancien parmi d'autres, sans se draper de son statut d'apôtre (1 Pierre 5.1-4). Il a compris.

Il ne remet jamais en cause l'amour de Pierre pour lui. Jésus ne lui dit pas : « Si tu m'aimais vraiment, pourquoi m'as-tu trahi ? » Il le renvoie en mission à chaque fois : « Tu m'aimes ? Alors repars. Tu m'aimes ? Alors repars. Tu m'aimes ? Alors repars. » C'est une manière de dire : « Pierre, oui, on est amis. Oui, je t'aime. Et même, je te confie à nouveau mon troupeau. »

Comprends bien ceci : le temps ne guérit pas le bagage que tu traînes. Le pardon, oui. Le temps, non. Et il y a un paradoxe difficile à accepter : quand on est blessé, on n'a rien fait pour l'être, et pourtant on doit faire le choix de guérir. On n'a pas choisi qu'on nous fasse mal, et pourtant on a un pas à faire pour être restauré.

Le danger, c'est que la blessure, avec le temps, devient ton identité. Tu ne sais plus fonctionner sans elle. Et si tu es chrétien, tu rentres carrément dans le péché, parce que ton identité ne doit être fondée que sur une seule chose : Christ, et Christ crucifié.

Il faut que tu entendes cela : tu n'es pas trop cassé pour Jésus-Christ. Il n'y a personne qui soit dans un état de vie ou de péché trop avancé pour que la grâce ne puisse pas l'atteindre. C'est même l'inverse. Jésus est le professionnel de la restauration. Il prend ce qui se croit trop cassé, et il le remet debout.

Cela va te coûter du courage. Il va falloir demander à être accompagné. Il va falloir peut-être demander pardon à ceux que tu as offensés, et pardonner à ceux qui t'ont offensé. Ce sont les deux plus gros boulets attachés à nos pieds : le manque de pardon donné et le manque de pardon reçu. Et Dieu ne tolère pas le manque de pardon, parce qu'il t'écarte de la mission qu'il veut te confier. Ne cherche pas des astuces. Ne cherche pas à éviter les situations difficiles. Laisse le Saint-Esprit te transformer. Tu n'es pas seulement appelé à quitter la barque, tu es aussi appelé à quitter ton passé, tes blessures, ta peine.

3. Quitte la plage : la vie chrétienne ne se résume pas au confort

Restaurer Pierre ne suffit pas. Jésus le renvoie en mission, et c'est là le troisième appel : « Suis-moi » (Jean 21.19). Tu ne peux pas être pleinement restauré si Jésus ne te renvoie pas en mission. Les deux vont ensemble. Il ne te restaure pas pour toi seul. Il te restaure pour lui et pour son Royaume.

Le but du christianisme, ce n'est pas le développement personnel. Ce n'est pas d'aller mieux. C'est d'accomplir la volonté de Dieu. Et ce qui est extraordinaire, c'est que Dieu veut même se servir de là où tu es cassé, non seulement pour te réparer, mais pour qu'à travers de ta réparation, d'autres soient réparés.

Au verset 18, Jésus dit à Pierre une phrase difficile : « Quand tu étais plus jeune, tu passais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais. Mais quand tu seras vieux, tu étendras les mains et un autre te passera ta ceinture pour te mener où tu ne voudras pas. » Jean précise : il dit cela pour signifier par quelle mort Pierre glorifierait Dieu. Autrement dit, Jésus lui annonce qu'il mourra crucifié, les bras étendus, mené sur le lieu du supplice.

Deux idées énormes dans cette parole. La première : « Pierre, tu as été un lâche, oui. Tu m'as renié. Mais tu subiras la même mort que moi, et donc tu ne me renieras plus jamais. Ce passé est vraiment derrière toi. » La seconde : servir Christ, c'est aussi accepter une part de souffrance. La vie chrétienne ne se résume pas à la souffrance, ne te méprends pas. Mais notre monde cherche à tout prix à éviter la difficulté et la sueur, et on en oublie que ce qui est beau et qui a de la valeur exige de l'engagement. Prendre d'assaut les ténèbres pour amener la lumière de Jésus là où elles règnent, oui, c'est un combat, et un combat ne se mène pas sans blessures.

Alors regarde ta vie chrétienne. Si elle se résume à venir au culte, à consommer les activités de l'église, à passer de bons moments dans ta chambre en louant Dieu, ce n'est pas la vie chrétienne en entier. Un chrétien qui n'utilise pas ce que Dieu a mis en lui pour le corps de Christ vole Jésus-Christ. Ce sont des mots forts, mais c'est vrai : Jésus a mis en toi des talents, des dons, des appels, des rêves, pour que tu les mettes au service de son Église.

Il y a un piège dans lequel toutes les églises finissent par tomber : 80 % du travail retombe sur 20 % des membres. Si tu es dans les 20 %, ce paragraphe n'est pas pour toi. Mais si tu es dans les 80 %, écoute : ce n'est pas la vie chrétienne normale. Nous sommes tous appelés, avec des dons différents, à venir servir. Et cela va peut-être te demander de supprimer une activité qui te fait plaisir. De refuser une promotion qui te ferait perdre du temps pour ton Christ et ta famille. De prendre un pas de foi que tu repousses depuis trop longtemps.

C'est fatigant, oui. Mais on n'a jamais été aussi heureux qu'en donnant à Dieu ce qu'on a, même quand ce n'est pas beaucoup, parce qu'alors il se passe quelque chose d'incroyable. Quitte la plage.

4. Arrête la comparaison : « toi, suis-moi »

Le dernier appel arrive tout de suite après. Pierre suit Jésus, se retourne, aperçoit Jean derrière eux, et pose la question la plus humaine du monde : « Seigneur, et lui, qu'en sera-t-il ? » Jésus répond quelque chose que l'on peut résumer sans détour : « Que t'importe ? Toi, suis-moi » (Jean 21.20-22).

Arrête la comparaison. Arrête de regarder celui qui a un don plus grand que le tien, celui que Dieu utilise autrement, celui qui a une place plus visible. Un groupe de louange se détruit quand les chantres commencent à se comparer. Une église se détruit quand ceux qui servent, au lieu de bénir la diversité des dons et de s'encourager les uns les autres, se mettent à se mesurer entre eux.

Ce dont tu as besoin, ce n'est pas de connaître ce que Dieu fait chez ton frère. C'est d'obéir davantage à ce qu'il te dit à toi. C'est de suivre Jésus par la foi là où il te met, comme il te met, et de le laisser ensuite te porter.

Dans la comparaison, tu perdras toujours. Il y aura toujours quelqu'un de plus fort, de plus doué, de plus visible que toi. La seule comparaison qui vaille bibliquement, c'est celle que Paul décrit dans Galates 6.4 : compare-toi à toi-même. Es-tu, aujourd'hui, plus proche de Jésus qu'hier ? Le suis-tu mieux ? Voilà la seule comparaison qui compte.

Et regarde comment Jean, ensuite, prend la parole. Il tient à corriger la rumeur qui court : Jésus n'a pas dit qu'il ne mourrait pas. Jean n'a aucun intérêt à ce que les gens le prennent pour un disciple hors du commun. C'est sans doute pour la même raison qu'il ne se nomme jamais dans son propre Évangile : il utilise toujours des formules comme « le disciple que Jésus aimait ». Jean ne veut pas être le personnage principal de son livre. Il veut disparaître dans l'œuvre de Christ.

C'est ce qu'on dit aux baptisés avant leur baptême : ta vie, en soi, n'est pas ce qui compte. Nos vies sont comme un canevas sur lequel Dieu vient peindre une histoire. Ce qui intéresse celui qui regarde, ce n'est pas la toile, ni le cadre, ni le fond blanc. C'est l'œuvre de l'artiste. Ton ambition, c'est que ta vie devienne ce canevas qui montre Jésus, et pas toi. Que la seule chose écrite sur ta tombe puisse être : « A été fidèle à Jésus-Christ jusqu'au bout. »

Et si tu sers déjà, examine comment tu sers. Suis-je dans la comparaison ? Suis-je dans l'autoglorification ? Est-ce que c'est le service qui me donne ma valeur ? Il y a un test très simple : si ta question principale, quand tu penses à ton église, est « quelle est ma place ici ? », c'est que tu crois que ton service crée ton identité. Tu as ta place parce que Jésus-Christ t'y appelle, un point c'est tout. C'est lui seul qui te légitime.

Points à retenir

  • Le premier appel de Jésus, c'est de laisser tomber ta barque : venir à lui pour lui, pas pour ce qu'il peut te donner.
  • Tu n'es jamais trop cassé pour Christ. Jésus restaure à la hauteur de l'offense, il écrase l'orgueil pour couvrir d'amour, et il renvoie en mission.
  • Le manque de pardon donné et le manque de pardon reçu sont les deux plus gros boulets qui t'empêchent d'avancer. Dieu ne les tolère pas.
  • La vie chrétienne ne se résume pas à consommer les activités de l'église : ne vole pas à Christ les dons qu'il a mis en toi.
  • La seule comparaison qui compte est avec toi-même : es-tu, aujourd'hui, plus proche de Jésus qu'hier ?

Application personnelle

  • Quelle « barque » Jésus te demande-t-il de quitter aujourd'hui pour venir à lui simplement pour lui ?
  • Y a-t-il un péché commis ou subi, dans ton passé, dont tu as fait une part de ton identité ? À qui, dans ton église, peux-tu en parler cette semaine pour entamer un chemin de restauration ?
  • Y a-t-il quelqu'un à qui tu dois demander pardon, ou quelqu'un que tu dois choisir de pardonner ? Quelle est la prochaine étape concrète ?
  • Es-tu dans les 20 % qui portent ton église, ou dans les 80 % qui consomment ? Quel don Jésus a-t-il mis en toi que tu ne mets pas encore au service du corps ?
  • Prends deux minutes : à qui te compares-tu régulièrement dans l'église ? Nomme cette personne devant Dieu et demande la grâce de te réjouir de son don au lieu de le mesurer au tien.

Versets cités

  • Jean 21 · la manifestation au bord du lac de Tibériade et la restauration de Pierre
  • Jean 21.15-17 · « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? »
  • Jean 21.18-19 · la mort par laquelle Pierre glorifierait Dieu
  • Jean 21.20-22 · « Toi, suis-moi »
  • Luc 5.1-11 · la première pêche miraculeuse et l'appel de Pierre
  • 1 Pierre 5.1-4 · Pierre écrit comme un ancien parmi d'autres
  • Galates 6.4 · que chacun examine ses propres œuvres

FAQ

Pourquoi Jésus demande-t-il trois fois à Pierre s'il l'aime ?

Parce que Pierre l'avait renié trois fois. À chaque reniement correspond une confession et une remise en mission. Jésus ne cherche pas à humilier Pierre, il cherche à lui faire ressentir le poids de sa faute pour ensuite le couvrir d'amour et lui redire, à chaque fois : « Prends soin de mes brebis. » La restauration passe par la vérité, et la vérité, ici, devait être reconnue trois fois pour être vraiment déliée.

Pourquoi Jésus restaure-t-il Pierre publiquement plutôt qu'en privé ?

Parce que la faute de Pierre a été publique. Un autre disciple était présent la nuit du reniement, et il l'a raconté. Pierre a été humilié devant les autres, donc Jésus le restaure devant les autres. La restauration de Dieu est toujours à la hauteur de l'offense. Ce que tu as porté publiquement, il peut te le relever publiquement.

« Quitter la plage », est-ce que cela veut dire quitter le confort d'être chrétien ?

Cela veut dire ne pas transformer le christianisme en consommation. Passer de bons moments de louange, venir au culte, se sentir bien à l'église, tout cela est beau, mais ce n'est pas le christianisme en entier. Jésus a mis en toi des talents, des dons et des rêves pour que tu les mettes au service de son Église et du monde. Si ta foi ne se traduit jamais en engagement concret, il te manque une partie de ce que Jésus veut faire à travers toi.

pour prendre des notes et poser une question.

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