Introduction
Notre vie ressemble un peu à un livre où nous écrivons, page après page, notre histoire. Et quand tu relis en arrière, tu vois beaucoup de ratures : des échecs, des mauvais choix, des relations brisées, des personnes qui t'ont fait du mal. Le problème n'est pas d'avoir des pages sombres, nous en avons tous. Le problème, c'est de rester bloqué sur une page rayée, sans plus arriver à la tourner. À partir de 2 Timothée 4.6-18, Jean-Marc Botteron te rappelle une vérité simple et libératrice : par la grâce de Dieu, aujourd'hui est un jour nouveau. Tu peux tourner la page et écrire une nouvelle histoire.
Plan du message
1. Ta vie n'est pas une ligne droite plate
- La vie chrétienne n'est pas un tapis rouge : c'est une course avec des montées, des descentes et des obstacles à franchir.
- Jean-Marc raconte sa propre course, le « cross de l'Équipe » : il s'était entraîné sur du plat, mais le parcours n'était que côtes, descentes et obstacles. Il n'est pas arrivé premier, mais il a terminé, parce qu'il a intégré que l'imprévu fait partie de la course.
- Beaucoup de chrétiens combattent des combats qui ne sont pas les bons combats et portent des fardeaux si lourds qu'ils n'arrivent même plus à avancer. Paul, lui, peut dire : « J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi » (2 Timothée 4.7).
- Le principe de base est en Philippiens 3.13 : « Oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but. » Et il commence par la foi : « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l'avez reçu, et vous le verrez s'accomplir » (Marc 11.24).
2. Quand des gens t'abandonnent, Dieu, lui, ne t'abandonne jamais
- Paul écrit : « Démas m'a abandonné par amour pour le siècle présent » (2 Timothée 4.10), puis plus loin : « Dans ma première défense, personne ne m'a assisté, mais tous m'ont abandonné » (v. 16). Même Jésus a crié sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »
- Mais Paul ajoute aussitôt : « C'est le Seigneur qui m'a assisté et qui m'a fortifié » (v. 17). Le Psaume 9.11 le confirme : « Ceux qui connaissent ton nom se confient en toi, car tu n'abandonnes pas ceux qui te cherchent, ô Éternel. »
- La tentation, quand on est abandonné, c'est de ruminer, de nourrir la rancune, de rejouer la scène en boucle. Paul choisit autre chose : « Que cela ne leur soit point imputé » (v. 16). Il tourne la page.
- Concrètement, cela passe par tes pensées : « Nous amenons toute pensée captive à l'obéissance de Christ » (2 Corinthiens 10.5). Si tu ne captures pas tes pensées pour les soumettre à Christ, ce sont tes pensées qui te captureront pour t'emmener dans les mauvais choix.
3. Face à la méchanceté : aimer, bénir, faire du bien, prier
- « Alexandre le forgeron m'a fait beaucoup de mal », dit Paul (2 Timothée 4.14). Toi aussi, tu as peut-être un « Alexandre » : quelqu'un qui t'a nui volontairement, qui s'est opposé à toi. Que faire ?
- Jésus donne quatre verbes en Matthieu 5.44 : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous maltraitent. » Quatre verbes positifs dans quatre situations négatives. Jean-Marc l'admet : « On aime mieux lire ce verset que de le vivre. »
- David en est un exemple : sur le champ de bataille, son propre frère aîné Éliab le méprise (« Pourquoi es-tu descendu ? »). David ne discute pas, il se détourne, va voir un autre soldat, et laisse Dieu s'occuper de la suite (1 Samuel 17).
- Tu n'es pas obligé de rendre à Alexandre ce qu'Alexandre t'a fait. Paul le confie à Dieu : « Le Seigneur lui rendra selon ses œuvres. » Ta priorité, comme enfant de Dieu, c'est de chercher à plaire à Dieu, pas de régler les comptes.
4. Face aux critiques : prier pour ceux qui te critiquent
- En Nombres 12, Marie et Aaron parlent contre leur propre frère Moïse à cause de sa femme éthiopienne. Même dans « l'équipe principale », il y a des critiques. Personne n'est à l'abri : ni un pasteur, ni un serviteur, ni toi.
- Marie est frappée de lèpre. Moïse aurait pu se réjouir. Il fait le contraire : « Oh Dieu, je te prie, guéris-la. » Il prie pour la personne qui l'a critiqué.
- La leçon est puissante : les personnes que tu critiques (ou qui te critiquent), peuvent devenir les instruments de ta propre guérison, si tu choisis de prier pour elles au lieu de leur en vouloir.
- Cela suppose une communion permanente avec Dieu, pour que la bonne attitude soit disponible au bon moment. Sans elle, tu réagiras à chaud, comme tout le monde.
5. Après l'échec : persévérer, comme Abraham Lincoln
- Jean-Marc rappelle le parcours d'Abraham Lincoln : faillite à 31 ans, battu à 32 ans, nouvelle faillite à 34, sa fiancée décède à 35, dépression nerveuse à 36, battu aux élections à 38, 43, 46, 48, 55, 58 ans, il manque la vice-présidence à 56 ans. À 60 ans, il devient président des États-Unis et abolit l'esclavage.
- Onze échecs majeurs, presque trente ans de défaites, et pourtant une victoire qui a changé l'histoire. Il n'a pas tourné une page une seule fois : il en a tourné beaucoup.
- Dans le Royaume, c'est le même principe. « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Corinthiens 5.17). Ne vis pas le passé au présent : le passé, tu ne peux pas le changer de toute façon.
6. Joyeux dans l'épreuve : l'opprobre de Christ
- En Actes 5, les apôtres sortent du Sanhédrin après avoir été battus de verges, et le texte dit qu'ils sont « joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus ». Joyeux. Hors contexte, ce serait absurde. C'est un miracle du Saint-Esprit.
- Moïse déjà « regarda l'opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l'Égypte » (Hébreux 11). Choisir Christ dans un monde qui se retourne contre toi, ce n'est pas facile, mais cela plaît à Dieu quand tu le loues au milieu de la difficulté.
- La restauration passe aussi par la louange. Écoute des cantiques chez toi, chante avec ton église, remercie Dieu pour sa fidélité même quand tout est difficile. C'est là que ton esprit se remet à respirer.
Points à retenir
- Ta vie chrétienne n'est pas plate : des montées, des descentes et des obstacles font partie de la course normale.
- Rester bloqué sur une page sombre te fait couler comme dans des sables mouvants ; par la foi, tu peux tourner la page.
- Quand des gens t'abandonnent, Dieu, lui, ne t'abandonne pas. « C'est le Seigneur qui m'a assisté » (2 Timothée 4.17).
- Capture tes pensées pour les soumettre à Christ, sinon elles te captureront et t'emmèneront ailleurs (2 Corinthiens 10.5).
- Aime, bénis, fais du bien et prie pour ceux qui te font du mal, c'est le chemin surnaturel de la libération.
- Chaque nouveau jour est une nouvelle page : « C'est ici la journée que l'Éternel a faite » (Psaume 118.24).
Application personnelle
- Quelle « page sombre » de ta vie es-tu encore en train de relire chaque jour au lieu de la remettre à Dieu ?
- Qui est ton « Démas », la personne dont l'abandon ou le départ t'a le plus blessé, et à qui tu peux dire aujourd'hui : « Que cela ne lui soit point imputé » ?
- Quelles pensées reviennent le plus souvent, et comment peux-tu les « amener captives » à Christ dès qu'elles se présentent ?
- Y a-t-il un « Alexandre » dans ton histoire, et es-tu prêt à confier ce dossier au Seigneur au lieu de vouloir régler les comptes toi-même ?
- Pour qui vas-tu prier cette semaine parmi les personnes qui t'ont critiqué, comme Moïse a prié pour Marie ?
Versets cités
- 2 Timothée 4.6-18 · J'ai combattu le bon combat
- Philippiens 3.13 · Oubliant ce qui est en arrière
- Marc 11.24 · Croyez que vous l'avez reçu
- Psaume 9.11 · Tu n'abandonnes pas ceux qui te cherchent
- 2 Corinthiens 10.5 · Amener toute pensée captive
- 2 Corinthiens 5.17 · Une nouvelle création
- Matthieu 5.44 · Aimez vos ennemis
- Nombres 12 · Marie, Aaron et Moïse
- Actes 5.41 · Joyeux d'avoir été jugés dignes
- Psaume 118.24 · La journée que l'Éternel a faite
Questions fréquentes
Comment tourner la page après un échec quand la blessure est encore vive ?
Tourner la page ne veut pas dire nier ce qui a eu lieu. Cela commence par un choix de foi appuyé sur Philippiens 3.13 · oublier ce qui est en arrière et se porter vers ce qui est en avant. Concrètement, tu remets ta blessure à Dieu, tu refuses de la relire chaque jour, et tu laisses le Saint-Esprit faire une restauration en toi, comme on restaure un système. C'est un processus, pas un claquement de doigts, mais chaque nouveau jour est une nouvelle page (Psaume 118.24).
Que faire quand des personnes m'ont abandonné ou trahi comme Paul avec Démas ?
Paul le vit, il l'écrit noir sur blanc, mais il ne s'y arrête pas : « C'est le Seigneur qui m'a assisté ». La réponse n'est pas de ruminer ni de rendre le mal, mais de constater que Dieu, lui, ne t'abandonne jamais (Psaume 9.11), de capturer tes pensées pour les soumettre à Christ (2 Corinthiens 10.5), et de continuer ta course. Une nouvelle création commence là où tu cesses de vivre le passé au présent (2 Corinthiens 5.17).
Est-ce vraiment possible d'aimer et de prier pour ceux qui m'ont fait du mal ?
Jésus donne quatre verbes en Matthieu 5.44 : aimer, bénir, faire du bien, prier, pour ceux qui te haïssent, te maudissent, te maltraitent et te persécutent. Ce n'est pas naturel, c'est surnaturel. Moïse en est l'exemple : critiqué par sa propre sœur Marie, il prie pour sa guérison (Nombres 12). Les personnes que tu critiques ou qui te critiquent peuvent devenir, par la prière, des instruments de ta propre guérison.
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