Répondre à l'amour du Seigneur

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Prédication du pasteur Rutz, Culte du dimanche 11 janvier 2026, Église Agapè. Texte : Hébreux 12.1-17 ; 25-29.

Introduction

Comment répondre à l'amour du Seigneur quand cet amour prend la forme d'une discipline qui te dérange ? Le pasteur Rutz nous invite à relire Hébreux 12 comme une lettre d'un Père qui t'aime, et qui, précisément parce qu'il t'aime, te forme, te reprend et te presse d'aller jusqu'au bout de la course.

La lecture commence à Hébreux 12.1, juste après le chapitre 11 qui rassemble les héros de la foi : Abraham et tant d'autres, connus ou anonymes, qui ont combattu et vaincu. Ils sont désormais dans le Royaume, et (l'image est saisissante), ils sont assis dans les tribunes du stade. Ils te regardent courir. Ils crient ton nom. « Judith, tiens bon ! Ruth, encore un effort ! Attention ! » Cette nuée de témoins t'encourage à rejeter tout ce qui t'entrave et à courir avec persévérance la course qui t'est proposée, les yeux fixés sur Jésus.

Plan de l'article

1. Une course spirituelle qui exige de fixer les yeux sur Jésus

Notre vie chrétienne est une course, et cette course est un combat spirituel : combat contre notre chair, contre notre environnement, contre les héritages qui nous tirent en arrière. Le pasteur Rutz rappelle une vérité qu'on entend souvent dans son prédication : nous sommes tous, sans exception, descendants d'Adam et Ève, et la nature de péché est inscrite dans notre héritage. À cela s'ajoute l'héritage propre à ta famille, à ta lignée, à ton peuple. Si tes ancêtres n'ont pas connu Jésus, s'ils ont scellé des alliances avec des idoles ou leur ont offert des sacrifices, ces liens continuent d'agir tant qu'ils ne sont pas rompus au nom de Jésus.

C'est pour cela que la course est dure. Ce n'est pas seulement toi qui cours ; c'est toi avec tout ce qui s'accroche à tes pieds. Mais tu as une arme puissante : le nom de Jésus et son sang versé. Dans la prière, laisse le Saint-Esprit te montrer les racines de péché, celles de ta famille et les tiennes, repens-toi de tout cœur (comme si ces péchés étaient les tiens), , demande à Jésus de trancher ces liens, et vis vigilant, prêt à chasser au nom de Jésus tout ce qui reviendrait.

Dans ce combat, une seule règle : ne détourne pas les yeux de Jésus. C'est en le regardant que tu reçois la consolation, l'encouragement, la force, et que ton cœur se réjouit à nouveau. Jésus lui-même, en vue de la joie qui lui était réservée, a supporté la croix, méprisé la honte, et il siège maintenant à la droite du trône de Dieu (Hébreux 12.2).

2. La discipline du Père comme preuve d'amour

À partir du verset 5, l'auteur cite Proverbes 3.11-12 : « Mon fils, ne méprise pas la correction du Seigneur… Car le Seigneur reprend celui qu'il aime, comme un père l'enfant qu'il chérit. »

Le pasteur Rutz pose une question directe à l'assemblée : « Qui est Jésus pour toi ? Ressens-tu son amour ? Quel type d'amour ? » Les réponses fusent : un protecteur, un amour profond, un amour parfois difficile à comprendre mais réel, un Dieu qui donne la paix.

Puis elle partage son témoignage. Elle a grandi dans une famille chrétienne, elle a toujours aimé Jésus, mais quand on lui parlait de « l'amour de Jésus », elle ne ressentait pas au fond d'elle cette effusion : « Ah ! Jésus, l'amour ! » Sa mère avait été une mère stricte, exigeante, très fidèle à la Parole. Rutz ne se sentait pas blessée (c'était son quotidien), , mais elle a compris peu à peu qu'elle n'avait pratiquement aucun souvenir d'être serrée dans les bras de sa mère qui lui aurait dit : « Ma fille chérie, tu es adorable, tu es bien sage, je suis heureuse que tu sois ma fille. » Ses sœurs lui reprochaient parfois une certaine froideur.

Alors Dieu lui a dit : « Prends un chien. » Un chien est arrivé, presque par miracle. Et Rutz raconte, avec humour, qu'elle est totalement gaga de ce chien : « Ah, comme tu es mignon ! Comme tu es sage ! Tu es un génie ! », même quand elle ramasse ses besoins. Et là, elle a compris avec le cœur (pas avec la tête) ce que Dieu ressent pour nous : « Dieu me regarde ainsi, même quand je ne fais rien de spécial. Simplement parce que j'existe. »

Dieu utilise nos parents, mais aucun parent ne peut donner à lui seul toute la palette d'amour dont un enfant a besoin. Sa mère lui a transmis la rigueur de la Parole ; Sharon, une sœur en Christ à l'américaine, lui a transmis les câlins et les « I love you » sans raison depuis sept ans. Le chien lui a appris l'inconditionnel. Chaque personne que Dieu place sur ta route t'apprend une facette de son amour.

Voici la conclusion pastorale : chacun de nous porte une image de l'amour qu'il attend. Mais Dieu, très souvent, nous aime dans une forme que nous n'avions pas demandée. Et parce que ce n'est pas la forme attendue, nous croyons ne pas être aimés. C'est une erreur. La forme de l'amour dont tu as réellement besoin, et celle que tu ressens comme de l'amour, ne se recoupent pas toujours. Voilà pourquoi l'amour de Dieu est souvent « difficile à comprendre, mais profond ». Aucun amour humain ne surpasse celui-là.

3. La sainteté comme force, la force comme sainteté

Le verset 11 est franc : sur le moment, aucune correction n'est agréable. Mais après, elle produit un fruit de justice et de paix. Le verset 12 continue : « Relève-toi. Trace un chemin droit. » Rutz insiste : tracer un chemin là où il n'y en a pas, c'est enlever les pierres, couper les arbres, avancer lentement. Marcher sur une route toute pavée est facile, mais si cette route va en enfer, aussi lisse soit-elle, elle mène en enfer. Même étroit, même escarpé, choisis le chemin qui va vers Jésus, et trace-le avec le Saint-Esprit et avec des frères et sœurs de foi.

Le verset 14 est central : « Recherchez la paix avec tous et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. » C'est la clé pour comprendre pourquoi Dieu te discipline : il te veut à sa ressemblance, saint, capable de le voir, capable de marcher comme un ami avec lui.

« La sainteté est la force, et la force est la sainteté », répète le pasteur Rutz. La sagesse humaine a ses limites, la Bible dit même que « la folie de Dieu est plus sage que les hommes » (1 Corinthiens 1.25). Pour marcher droit dans le chemin du Seigneur, tu as besoin de sa sagesse et de sa force, et cela suppose de vivre saintement, de rencontrer Jésus continuellement, de parler avec lui, de communier avec lui.

Et remarque bien ceci : l'amour de Jésus n'est pas un amour qui te fait sauter par-dessus la difficulté. C'est un amour qui marche avec toi dans la difficulté. Il connaît le paysage qui t'attend après la traversée, et il te conduit jusque-là.

4. Ne laisse pas la racine d'amertume grandir

Le verset 15 met en garde : veille à ce qu'aucune racine d'amertume ne pousse et ne trouble ta vie communautaire. La foi est personnelle (personne ne va au ciel par la foi de ses parents), , mais elle ne se vit jamais seul. Pardonner, aimer, servir : on ne peut pas le faire tout seul. Dieu place autour de toi une famille, une Église, une société précises, avec des personnes précises. Certaines te sont données pour t'encourager, d'autres pour apprendre à pardonner, d'autres pour recevoir humblement de l'aide. Toutes sont nécessaires.

Dire « si cette personne n'était pas là, ma vie serait meilleure », c'est se rebeller contre Dieu qui a permis cette situation parce qu'elle t'est nécessaire. Sois donc reconnaissant pour la famille, le pays, l'environnement dans lesquels tu es né.

Quand une petite irritation surgit (« cette personne m'a un peu déçu », « ça m'agace »), , ramène vite ton cœur à la santé. « Peut-être qu'elle a ses raisons », « combien je suis mesquin de m'accrocher à si peu » : repens-toi, coupe la petite pousse tout de suite. Sinon, elle grandit, elle contamine, elle blesse la foi de plusieurs autour de toi.

5. N'imite pas Ésaü : n'aie pas d'indifférence envers Dieu

Le verset 16 avertit contre l'immoralité et contre l'attitude d'Ésaü, qui a vendu son droit d'aînesse pour un plat de lentilles (Genèse 25.29-34). Le point n'est pas que Jacob soit exemplaire, sa ruse ne l'est pas. Le point est spirituel : Ésaü a méprisé l'autorité et la bénédiction que Dieu lui avait données ; il était indifférent à Dieu. Jacob, malgré ses moyens contestables, désirait de tout son cœur la bénédiction du Père. Ne prenons pas modèle sur sa méthode, mais sur sa faim de Dieu : garde comme le plus précieux le plan de Dieu et sa bénédiction sur ta vie.

6. Le Royaume inébranlable et l'urgence de répondre

Le verset 25 reprend : « Écoute celui qui te parle. » Quand Israël a refusé d'écouter Moïse, le jugement fut décisif. Combien plus si tu refuses la voix qui vient des cieux. Aggée 2.6 annonce que Dieu ébranlera non seulement la terre mais aussi les cieux, pour qu'il ne reste que ce qui ne peut être ébranlé.

Le pasteur Rutz insiste : le retour du Seigneur est proche. Depuis cinquante ou cent ans, la vitesse du monde a bondi, et le temps de Dieu suit ce mouvement. Les occasions de te repentir, de servir, d'obéir quand Dieu te fait signe sont des occasions à saisir maintenant, comme s'il n'y en aurait pas d'autre.

Verset 27 le confirme : Dieu « va cribler » tout ce dont le fondement est faible, pour ne laisser que ceux que rien n'ébranle. Nous devons devenir de ceux-là.

Enfin, verset 28-29 encourage : « Puisque nous recevons un royaume inébranlable, servons Dieu avec reconnaissance et une crainte sainte, car notre Dieu est un feu dévorant. » Répondre à l'amour de Dieu, c'est choisir chaque jour un mode de vie qui lui plaise. Cet amour (profond, exigeant, inconditionnel, paternel), Dieu le déverse déjà sur toi. Après avoir écouté ce message, il n'est plus possible d'en douter.

Points à retenir

  • La course chrétienne est un combat spirituel. Les yeux fixés sur Jésus, elle se gagne avec persévérance.
  • La discipline du Père n'est pas une punition : c'est la preuve que tu es un vrai fils, une vraie fille.
  • L'amour de Dieu prend parfois une forme que tu n'attendais pas. Ne le juge pas par tes propres critères.
  • La sainteté est la force. Sans elle, personne ne verra le Seigneur.
  • Coupe tout de suite les petites racines d'amertume, elles blessent bien plus de personnes que toi.
  • N'imite pas l'indifférence d'Ésaü : garde comme le plus précieux la bénédiction du Père.

Application personnelle

  1. Quelle forme d'amour attendais-tu de Dieu ? Sous quelle forme, différente, te l'a-t-il déjà donné ?
  2. Y a-t-il, en toi ou dans ta lignée, une racine que le Saint-Esprit te presse de trancher au nom de Jésus ?
  3. Quelle discipline traverses-tu actuellement ? Peux-tu la relire comme une main paternelle et non comme un abandon ?
  4. Existe-t-il une petite amertume, envers un frère, une sœur, un proche, qu'il faut arracher aujourd'hui, pas demain ?
  5. Quelle occasion (de te repentir, de servir, d'obéir), Dieu te met-il devant les yeux cette semaine et à laquelle il t'appelle à répondre maintenant ?

Versets cités

FAQ

Pourquoi Dieu me discipline-t-il si je suis déjà pardonné en Christ ?

Parce qu'il te veut à sa ressemblance. Hébreux 12.10 dit qu'il te forme afin que tu participes à sa sainteté. La discipline n'est pas une condamnation : elle est la marque que tu es un vrai enfant du Père. Sans sainteté, personne ne verra le Seigneur (Hébreux 12.14).

J'ai du mal à « sentir » l'amour de Dieu. Est-ce grave ?

Non, et le pasteur Rutz en témoigne : elle-même, longtemps, ne le ressentait pas au fond d'elle. Dieu utilise des chemins parfois surprenants (une personne, un animal, une communauté), pour te faire comprendre son amour avec le cœur, pas seulement avec la tête. Demande-lui de te montrer, et regarde autour de toi qui il a placé sur ta route.

Comment couper une racine d'amertume avant qu'elle ne grandisse ?

Dès que tu remarques une petite irritation ou un ressentiment, ramène ton cœur à la santé sans attendre. Réponds intérieurement : « Peut-être qu'il a ses raisons », puis repens-toi de ta rumination. Ne la laisse pas passer la nuit. Hébreux 12.15 avertit : une racine négligée blesse beaucoup d'autres, pas seulement toi.

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