Introduction
Michael Volland, évêque de Birmingham dans l'Église d'Angleterre, prêche ce dimanche soir 4 octobre 2026 à Gas Street Church. Il monte en chaire avec une grosse Bible pleine d'onglets, celle qu'il a reçue lors de sa consécration comme évêque. Son objectif est clair : que chacun reparte « plus inspiré à lire la Parole de Dieu », plus enthousiaste, plus engagé, plus concentré, avec cette pensée en tête : « Je vais lire ma Bible plus souvent. »
Le moment est choisi. Le 6 octobre, l'Église se souvient de William Tyndale, et l'année 2026 marque les 500 ans de la publication de son Nouveau Testament en anglais. À partir de cette histoire et de 2 Timothée 3, l'évêque montre pourquoi la Bible n'est pas un livre comme les autres, comment s'y mettre concrètement, et pourquoi il ne faut jamais tenir pour acquis le fait de pouvoir la lire dans sa propre langue.
Plan du message
1. Un livreur qui avait faim de la Bible
- Michael Volland vit et travaille dans la maison de l'évêque, appelée Bishop's Croft. Un jour où il s'y trouve, un livreur d'une vingtaine d'années sonne à la porte. L'évêque porte son col romain.
- Le jeune homme le regarde de haut en bas et lui demande : « Vous êtes chrétien ? » Puis, son colis encore à la main : « Vous pourriez m'aider à lire la Bible ? »
- Il explique qu'il a essayé plusieurs fois, en lisant la Bible comme n'importe quel livre, à partir de la Genèse. Il trouve les histoires étonnantes, puis il bute sur les longues listes de lois, se sent coupable, pose le livre, et recommence plus tard à la page un.
- L'évêque retourne la question à l'assemblée : si quelqu'un te disait à ta porte « je suis bloqué dans ma lecture de la Bible », quel conseil lui donnerais-tu ?
- Ce qui le frappe, c'est la faim de ce jeune homme : en pleine journée de travail, sans aucune gêne, il saisit l'occasion. « À quel point as-tu faim de la Bible ? À quel point en ai-je faim ? »
2. Trois conseils pour lire la Bible
- Prie d'abord. Pas besoin de formule spéciale : « Seigneur, je veux t'entendre, parle-moi, ouvre mon cœur, aide-moi à comprendre ce que tu as à me dire. » Cette prière te met dans la bonne disposition : tu t'assois en t'attendant à ce que Dieu te parle.
- Garde cette posture de prière pendant toute la lecture. « Ce n'est pas Orgueil et Préjugés. » La Bible n'est pas là pour te divertir, même si certains récits sont palpitants. C'est la Parole vivante de Dieu, inspirée par l'Esprit de Dieu. Demande-lui de t'aider à l'entendre, même quand elle te reprend et te montre que ta vie n'est pas alignée sur elle.
- Commence par un Évangile. La Genèse est passionnante, mais il vaut mieux y revenir plus tard ou la lire avec quelqu'un qui peut en expliquer le contexte. Matthieu, Marc et Luc partagent beaucoup de récits, Jean a une forme différente.
- L'évêque conseille Marc : le plus ancien, le plus court, très rythmé. « Si Netflix devait tirer une série d'un des Évangiles, ce serait Marc. » C'est dans les Évangiles que tu rencontres la vie, l'enseignement et les œuvres de Jésus-Christ, « celui que tu as besoin de rencontrer ».
- Demande de l'aide. Quand, et non pas si, tu tombes sur un passage que tu ne comprends pas, va voir un chrétien qui lit la Bible depuis plus longtemps. Les textes ont été écrits il y a deux mille ans dans une culture très différente. L'évêque recommande d'aller vers une personne plutôt que de se contenter de Google ou d'une intelligence artificielle. Si deux personnes ne savent pas, va en voir une troisième, et ne lâche pas.
- Il a aussi invité ce jeune homme à venir à l'église, pour rencontrer d'autres chrétiens qui aiment le Seigneur et l'aideront à grandir dans la foi.
3. William Tyndale, le prix d'une Bible dans ta langue
- Dans de nombreux pays, brandir une Bible et encourager les gens à la lire expose à l'arrestation. Ce livre est puissant, et il est perçu comme une menace. « Ne tenons pas cela pour acquis. »
- Il y a cinq cents ans, en Angleterre, le Nouveau Testament n'était accessible qu'en grec et en latin. Seule une petite élite pouvait le lire. Le peuple entendait lire l'Écriture à l'église dans une langue qu'il ne comprenait pas. « Imagine que je te lise l'Écriture en latin, sans que tu comprennes un mot. »
- William Tyndale naît dans le Gloucestershire en 1494 et met sa foi en Jésus dès l'enfance. Il étudie à Oxford, puis à Cambridge. Il devient parfaitement à l'aise en latin, en grec, en hébreu, en français, en allemand, en italien et en espagnol.
- Après avoir été précepteur, puis prédicateur à Londres, il part en Allemagne. C'est là qu'en 1526 il achève la traduction du Nouveau Testament du grec vers l'anglais, imprimé grâce à l'imprimerie de Gutenberg, une technologie encore récente.
- Mais ce livre est illégal. Tyndale est considéré comme hérétique et pourchassé. Il vit en exil, loin de sa famille et de ses amis, sans pouvoir faire confiance à personne. Il est finalement trahi par un ami, emprisonné, puis exécuté le 6 octobre 1536, étranglé puis brûlé sur le bûcher, pour avoir traduit l'Écriture en anglais.
- Sa vision : que les gens ordinaires, fermiers, forgerons, brasseurs, aubergistes, entendent l'Écriture dans leur langue, même s'ils ne savaient pas lire. Qu'ils découvrent les miracles de Jésus, sa compassion, sa mort, sa résurrection, son ascension et son retour, et qu'en croyant ils soient pardonnés et reçoivent la vie éternelle.
- Sa traduction a influencé toutes les traductions anglaises qui ont suivi. « Ce n'est pas par hasard que tu as une Bible dans ta langue », que ce soit l'anglais, le farsi ou une autre.
4. Ce que Paul écrit à Timothée
- Paul écrit sa seconde lettre à Timothée vers l'an 67, depuis sa prison à Rome, à l'approche de la fin de sa vie. Timothée est un jeune pasteur, probablement dans la vingtaine, qui sert à Éphèse, dans l'actuelle Turquie.
- Paul l'avertit de se tenir loin des faux enseignements, car c'est à lui de nourrir le troupeau de l'enseignement de Dieu. Il l'encourage à persévérer dans la foi et à rester ferme dans son ministère malgré les difficultés.
- Il l'appelle aussi à assumer son rôle de responsable malgré sa jeunesse. L'évêque s'adresse aux jeunes qui sentent un appel au leadership : ne recule pas, avance. Et n'aie pas honte de l'Évangile (2 Timothée 1:8).
- Le ministère est un long chemin exigeant, « jamais un sprint ». Le Dieu fidèle donne la grâce et la force pour la route.
- Paul décrit les hommes des derniers jours : égoïstes, amis de l'argent, hautains, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, intempérants, cruels (2 Timothée 3:2-3). L'évêque reconnaît voir cela autour de lui, et même un peu en lui. Comment réagir ? En lisant ce que Paul répond : demeure dans ce que tu as appris (2 Timothée 3:14). Les Écritures sont la source de la sagesse et de la direction.
5. Qui a façonné ta foi ?
- Paul rappelle que la foi de Timothée a été façonnée par sa mère et sa grand-mère (2 Timothée 1:5). L'évêque pose la question à chacun : qui a façonné ta foi ?
- Pour lui, ce sont d'abord ses parents. Dès qu'ils ont su qu'il était conçu, ils ont prié pour lui chaque jour. À sa naissance, son père l'a pris dans ses bras et l'a consacré à Dieu. Il a fait de même pour ses trois enfants.
- Ensuite, ses responsables de jeunesse, qui l'ont supporté alors qu'il était « un cauchemar » dans le groupe de jeunes, et tous ceux qui ont eu le courage de lui dire des choses qu'il ne voulait pas entendre quand il déviait.
- Si quelqu'un doit te dire que tu dévies, aie l'humilité de l'entendre. Si c'est toi qui dois le dire, demande à Dieu la sagesse, le courage, l'amour et le tact pour savoir quoi dire, quand parler et quand te taire.
- « Personne n'est chrétien tout seul. » Nous sommes baptisés dans une communauté de foi et nous nous façonnons les uns les autres. Les autres voient comment tu vis, comment tu parles, comment tu réagis, et cela les influence, souvent sans que tu en voies le fruit avant l'éternité.
6. Les saintes lettres qui rendent sage à salut
- Au verset 15, Paul écrit : « dès ton enfance, tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus-Christ ». Le Nouveau Testament n'existait pas encore : Paul parle de ce que nous appelons l'Ancien Testament, la loi, les Psaumes, les livres de sagesse et les prophètes.
- Ces écrits racontent la création, l'appel d'Israël, l'alliance, l'esclavage en Égypte, la délivrance par la mer Rouge, et la fidélité de Dieu malgré les infidélités répétées de son peuple. Ils annoncent le Messie, celui qui accomplirait parfaitement la loi, donnerait sa vie pour les péchés de tous, vaincrait la mort et établirait le royaume de Dieu.
- C'est pourquoi Paul pousse Timothée à rester attaché aux Écritures : c'est par elles qu'il sait comment être sauvé. « Et si Paul le dit à Timothée, alors écoutons-le, nous aussi. »
- L'évêque raconte être devenu chrétien vers l'âge de trois ans. À sa manière d'enfant, il a compris qu'un Dieu l'aimait et a demandé à Jésus d'entrer dans sa vie. Dieu considère cela comme précieux, et il souffle sur cette petite flamme pour la faire grandir.
- Aux parents, grands-parents et à ceux qui s'occupent d'enfants : nourrir la foi des petits qui te sont confiés est la chose la plus importante que tu feras. Tu te tromperas parfois, la vie est fatigante, mais tu peux au moins prier pour eux et demander à Dieu d'agir puissamment dans leur vie.
- Tyndale lui aussi a connu l'Écriture enfant, environ quatorze siècles après Timothée. Mais il savait que le peuple anglais n'avait pas accès à ces saintes lettres qui rendent sage à salut, et Dieu lui a donné les dons et la détermination pour y remédier.
7. Pose ton téléphone, ouvre ta Bible
- « Comment pouvons-nous laisser notre Bible fermée sur la table de nuit pendant que nous faisons défiler notre téléphone trois, quatre ou cinq heures par jour ? » Même une heure, c'est beaucoup. L'évêque avoue lui-même se surprendre à faire défiler Facebook sans raison.
- Son conseil : quand tu lis ta Bible, ne la lis pas sur ton téléphone. Éteins-le et pose-le ailleurs. Sinon, les notifications arrivent, tu vérifies la météo de demain, puis les actualités, et ta lecture s'arrête là.
- « Ton téléphone n'est pas ton ami. » Il ne t'aidera pas à comprendre les choses profondes du salut. Tu ne rateras rien. Prends ta Bible papier et lis-la sans interruption. Si c'est difficile, persévère et demande à Dieu sa grâce.
- Une suggestion concrète : le soir, au lit, pose ton téléphone et lis un psaume ou un passage d'un Évangile, pour que la dernière chose que tu voies dans la journée soit la Parole de Dieu. « Je te promets que tu dormiras mieux. »
- Il cite le Psaume 23 : « L'Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien. » À force de le relire, ce psaume est descendu dans son cœur et façonne toute sa vie intérieure. Quand il se demande pourquoi Dieu permet ce qu'il traverse, il peut s'y appuyer.
- L'évêque insiste : il ne dit pas cela pour culpabiliser. Si tu échoues, ne te sens pas coupable, reprends simplement la bonne direction et demande l'aide de Dieu. Il conclut par une prière de remerciement pour le courage de Tyndale, et demande la grâce de s'engager à nouveau à lire la Bible régulièrement pour grandir dans la foi, l'espérance et l'amour.
Points à retenir
- La Bible n'est pas un roman : c'est la Parole vivante de Dieu. Lis-la en prière, en t'attendant à ce qu'il te parle.
- Pour commencer, prie, ouvre un Évangile, et demande de l'aide à un chrétien plus expérimenté quand tu ne comprends pas.
- Avoir la Bible dans ta langue n'est pas un hasard : des hommes comme William Tyndale ont donné leur vie pour cela.
- Les Écritures peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus-Christ, et la foi se transmet dès l'enfance, de génération en génération.
- Ton téléphone n'est pas ton ami pour lire la Bible : éteins-le, pose-le ailleurs et laisse la Parole avoir le dernier mot de ta journée.
Application personnelle
- À quel point as-tu faim de la Bible en ce moment ? Qu'est-ce qui a émoussé cet appétit ?
- Si quelqu'un te disait aujourd'hui « je n'arrive pas à lire la Bible », quels conseils lui donnerais-tu ?
- Qui a façonné ta foi ? Prends un moment pour remercier Dieu pour ces personnes, et demande-lui de t'utiliser pour façonner la foi de quelqu'un d'autre.
- Combien de temps passes-tu chaque jour sur ton téléphone, et combien avec la Parole de Dieu ?
- Es-tu prêt, cette semaine, à poser ton téléphone le soir et à lire un psaume ou un passage d'un Évangile avant de dormir ?
Versets cités
Questions fréquentes
Par où commencer pour lire la Bible ?
Michael Volland donne trois conseils simples. D'abord, prier avant de lire et garder cette posture de prière tout au long de la lecture. Ensuite, commencer par un Évangile, par exemple celui de Marc, le plus court et le plus rythmé, car c'est là que l'on rencontre Jésus. Enfin, quand un passage est difficile, demander l'aide d'un chrétien qui lit la Bible depuis plus longtemps.
Qui était William Tyndale ?
William Tyndale est un traducteur anglais né vers 1494. Il a traduit le Nouveau Testament du grec vers l'anglais, publié en 1526, à une époque où, en Angleterre, la Bible n'était accessible qu'en latin. Considéré comme hérétique, il a vécu en exil, a été trahi par un ami, emprisonné, puis exécuté le 6 octobre 1536. Son travail a marqué toutes les traductions anglaises qui ont suivi.
Que veut dire Paul quand il parle des saintes lettres qui peuvent rendre sage à salut ?
En 2 Timothée 3:15, Paul parle des Écritures que Timothée connaît depuis son enfance, c'est-à-dire ce que nous appelons l'Ancien Testament. Elles racontent l'alliance de Dieu avec Israël et annoncent la venue du Messie. Pour Michael Volland, Paul encourage Timothée à rester attaché aux Écritures, car c'est par elles qu'il sait comment être sauvé par la foi en Jésus-Christ.