Marc 3 : la miséricorde de Jésus face aux cœurs endurcis

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Introduction

David, avant de devenir roi, a mangé avec ses hommes les pains que seuls les sacrificateurs avaient le droit de toucher. Selon les règles de l'époque, c'était une infraction. Pourtant Dieu l'a permis, et plus tard Jésus a parlé de ce geste de façon positive. Le prédicateur de l'Église évangélique de Chitose, au Japon, ouvre ainsi son message du 4 octobre 2026 : « Une règle, aussi ancienne soit-elle, aussi fidèlement observée soit-elle, ne passe pas avant la vie d'une personne. »

Car Dieu a donné ses commandements, à commencer par les dix commandements, pour la paix et le bonheur de l'humanité. Les pharisiens, qui connaissaient mieux que personne l'histoire de David, s'étaient pourtant indignés quand les disciples de Jésus avaient arraché des épis un jour de sabbat. Jésus leur avait répondu qu'il est le Maître du sabbat. Ils n'avaient pas lâché l'affaire. La question revient dans Marc 3.1-12.

Ce récit met face à face deux attitudes le même jour, au même endroit : la miséricorde de Jésus, qui rend la vie à un homme, et le cœur endurci de ceux qui veulent se servir de cet homme pour faire tomber Jésus.

Plan du message

1. Le sabbat a été fait pour l'homme

  • Le quatrième des dix commandements interdisait strictement le travail le jour du sabbat. Le peuple d'Israël y tenait de génération en génération.
  • Pour les pharisiens, arracher des épis revenait à moissonner, et les frotter dans la main pour séparer le grain de la balle revenait à battre le blé. Deux travaux, donc deux infractions au sabbat.
  • « De notre point de vue, on aurait envie de dire que chercher ainsi la petite bête n'a aucune importance », reconnaît le prédicateur. Mais pour les pharisiens, c'était un point sur lequel ils ne voulaient rien céder.
  • Jésus a répondu clairement : il est le Maître du sabbat, et « le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat ». Les pharisiens ont compris que leur critique ne tenait pas, sans pour autant être convaincus.

2. Un homme placé là pour piéger Jésus

  • Un autre jour de sabbat, Jésus entre dans la synagogue pour adorer avec ses disciples et les gens du lieu. Un homme à la main sèche y est déjà.
  • Le mot traduit par « sèche » signifie se flétrir, se dessécher. L'évangile de Luc précise qu'il s'agissait de la main droite. Le prédicateur y voit peut-être la main dont cet homme se servait le plus : il ne pouvait plus travailler et avait perdu son gagne-pain.
  • On ne sait pas s'il était malade ou blessé, depuis quand, ni à quel point. On sait en revanche qu'il se tenait à un endroit où tous ceux qui entraient le voyaient tout de suite.
  • Le prédicateur estime qu'on peut penser que les pharisiens avaient préparé la scène à l'avance, dans le but d'accuser Jésus. Tous regardaient : allait-il guérir cet homme comme d'habitude, ou ne rien faire parce que c'était le sabbat ?

3. Pourquoi nous rassemblons-nous chaque semaine ?

  • Si ces hommes allaient à la synagogue pour accuser Jésus, que penser de leur manière de vivre le sabbat ?
  • Le sabbat n'a pas été institué seulement pour arrêter de travailler et rester là sans rien faire. Il a été donné pour poser les outils, se reposer et adorer le Dieu créateur qui nous a faits.
  • « Il me semble que le désir d'adorer leur manquait cruellement », dit le prédicateur. Par leur attitude, l'esprit du sabbat était gâché.
  • Il retourne la question vers son assemblée : nous nous rassemblons chaque dimanche, dans quel but ? Nous venons pour adorer ensemble Dieu, celui qui nous a créés. « Je veux toujours garder cela en mémoire. »
  • Ce qui intéressait les gens présents ce jour-là, ce n'était ni l'adoration du Seigneur, ni cet homme qui souffrait de sa main droite, mais seulement la possibilité d'accuser Jésus.

4. Un silence calculé, une main rétablie

  • Jésus connaissait leurs pensées. Il s'adresse d'abord à l'homme : « Lève-toi, là au milieu. » Il le place là où tout le monde peut le voir.
  • Puis il regarde l'assemblée et pose la question : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver une personne ou de la tuer ? »
  • Posée ainsi, presque tout le monde choisit la bonne réponse. Personne ne répondrait qu'il faut tuer le jour du sabbat, parce que ce n'est pas une question de tradition ni de commandement écrit, mais de conscience humaine.
  • Personne pourtant ne répond. Les pharisiens avaient fait de l'observance stricte du sabbat leur étendard, presque un slogan. Répondre « faire le bien » revenait à approuver la guérison. Leur fierté et leur réputation risquaient de s'effondrer.
  • Alors ils choisissent de se taire. « C'est une manière de réagir très rusée, dit le prédicateur, parce qu'ils n'usent de leur droit au silence que lorsque la question les met en difficulté. »
  • Jésus promène sur eux un regard indigné, affligé de l'endurcissement de leur cœur, et dit à l'homme : « Étends ta main. »
  • L'homme obéit, et sa main redevient comme au temps où il était en bonne santé.
  • Le texte ne le dit pas, mais le prédicateur imagine une joie immense : « Il a peut-être sauté de joie. »
  • Jésus a donné à cet homme qui avait perdu son gagne-pain une espérance pour vivre. Il a allumé une lumière dans sa vie.

5. L'eau et l'huile unies contre Jésus

  • Leur plan a échoué. Les pharisiens sortent, déçus, irrités, en colère. Marc précise qu'ils vont aussitôt trouver les hérodiens pour se consulter sur les moyens de faire périr Jésus.
  • Les hérodiens formaient un groupe très séculier, aux objectifs politiques. Entre eux et les pharisiens, explique le prédicateur, c'était comme l'eau et l'huile : on a beau les mélanger, elles se séparent toujours.
  • Les pharisiens, stricts sur le plan religieux, méprisaient profondément les hérodiens, religieusement relâchés. Qu'ils agissent ensemble était impensable. Pourtant, ce jour-là, ils se rapprochent et tiennent conseil.
  • La raison : ils avaient le même ennemi, Jésus. « Pour atteindre son but, l'être humain ne recule devant aucun moyen. On voit ici la profondeur du péché. »

6. Le péché se sert des autres, la miséricorde fait vivre

  • Le même jour, au même endroit, deux œuvres se croisent : la vie apportée par Jésus et la mort dans le projet des pharisiens.
  • Pour les pharisiens, cet homme n'était qu'un moyen. Sa guérison ne les intéressait pas du tout. Seule comptait la question de savoir si Jésus allait le guérir le jour du sabbat.
  • « Le péché de l'homme cherche à se servir des autres. La miséricorde de Dieu, elle, cherche à faire vivre les gens. »
  • Sauvés par la miséricorde de Dieu, nous voulons ne pas oublier cette grâce et montrer à notre tour de la miséricorde aux autres.

7. Les foules accourent vers le Seigneur plein de miséricorde

  • Jésus se retire ensuite vers la mer de Galilée avec ses disciples, sans doute pour se reposer. Mais partout où il va, des gens qui ont entendu parler de lui l'attendent déjà.
  • Ils viennent de Galilée, de Judée, de Jérusalem, d'Idumée, d'au-delà du Jourdain, des environs de Tyr et de Sidon : de l'ouest, de l'est et du nord.
  • Beaucoup portent des difficultés de vie ou de graves maladies. Les malades pensent qu'en touchant Jésus, ils seront peut-être guéris, et se pressent autour de lui. Jésus demande qu'une barque soit prête pour ne pas être écrasé par la foule.
  • Les esprits impurs se prosternent devant lui en criant : « Tu es le Fils de Dieu. » Jésus leur ordonne sévèrement de ne pas le faire connaître.
  • Jésus reçoit ces foules avec attention et leur montre la même miséricorde qu'à l'homme guéri dans la synagogue. « Notre Sauveur est riche en miséricorde. Il nous montre le chemin qui mène à la vie. »
  • Le prédicateur conclut avec Jacques 5.11 : « Voici, nous disons bienheureux ceux qui ont souffert patiemment. Vous avez entendu parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin que le Seigneur lui accorda, car le Seigneur est plein de miséricorde et de compassion. »
  • Il insiste sur la dernière phrase : le Seigneur est plein de miséricorde et de compassion.
  • Son souhait pour son Église : vivre aujourd'hui et toute la semaine en goûtant la miséricorde du Seigneur, une miséricorde qui, dit-il dans sa prière, ne s'épuise jamais.

Points à retenir

  • Une règle, même ancienne et respectée, ne passe pas avant la vie d'une personne : le sabbat a été fait pour l'homme.
  • Le jour du Seigneur sert à adorer ensemble le Dieu créateur, pas à surveiller les autres pour les prendre en faute.
  • Se taire pour protéger sa fierté et sa réputation, c'est le signe d'un cœur endurci que Jésus regarde avec tristesse.
  • Le péché se sert des autres pour arriver à ses fins. La miséricorde de Dieu cherche à faire vivre.
  • Le Seigneur est plein de miséricorde et de compassion. Ceux qu'il a sauvés sont appelés à montrer cette miséricorde à leur tour.

Application personnelle

  1. Quand tu viens au culte le dimanche, qu'est-ce qui occupe ton cœur : l'adoration de Dieu, ou autre chose ?
  2. Y a-t-il une règle, une habitude ou une réputation à laquelle tu tiens au point d'oublier la personne qui souffre devant toi ?
  3. T'arrive-t-il de garder le silence non par sagesse, mais parce que la vérité te mettrait en porte-à-faux ?
  4. Dans tes relations, cherches-tu à te servir des autres, ou à les aider à vivre ?
  5. Comment peux-tu, cette semaine, montrer à quelqu'un la miséricorde que Dieu t'a montrée ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi les pharisiens observaient-ils Jésus dans la synagogue ?

Marc précise que c'était « afin de pouvoir l'accuser ». S'il guérissait l'homme à la main sèche le jour du sabbat, ils pourraient l'accuser publiquement d'avoir accompli un acte de soin, donc un travail. Le prédicateur note que l'homme se trouvait à un endroit visible de tous, comme si la scène avait été préparée d'avance.

Pourquoi les pharisiens ont-ils gardé le silence devant la question de Jésus ?

Personne ne répondrait qu'il faut tuer le jour du sabbat : c'est une question de conscience. Mais répondre « faire le bien » revenait à approuver la guérison que Jésus allait accomplir. Leur fierté et leur réputation de stricts observateurs du sabbat étaient en jeu, alors ils se sont tus. Le prédicateur y voit une attitude très rusée : se taire seulement quand la question met en difficulté.

Qui étaient les hérodiens et pourquoi se sont-ils alliés aux pharisiens ?

Les hérodiens formaient un groupe très séculier aux objectifs politiques. Avec les pharisiens, stricts sur le plan religieux, ils étaient comme l'eau et l'huile, qui ne se mélangent jamais. Ils se sont pourtant consultés ensemble parce qu'ils avaient le même ennemi : Jésus. Le prédicateur y voit la profondeur du péché humain, qui ne recule devant aucun moyen pour arriver à ses fins.

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