Introduction
Ce dimanche, l'Église Évangélique de Pentecôte de Nantes accueille un pasteur invité venu avec son épouse à l'invitation du pasteur Maréchal et de son épouse. Né en Inde, il a été pasteur huit ans dans l'Ouest des États-Unis, région dont sa femme est originaire (elle est née dans le Wyoming), puis dix-sept ans à Madagascar avec sa famille. Il sert en France depuis quatorze ans. Il prévient avec humour : il prêche souvent en anglais, et l'assemblée remarquera son accent.
Avant d'entrer dans son sujet, il pose une question. On parle beaucoup de la nouvelle génération et de choses nouvelles, et Jésus lui-même a dit qu'on ne met pas le vin nouveau dans de vieilles outres. Mais la meilleure question est ailleurs : « Quel type de christianisme laissons-nous derrière nous ? » Qu'est-ce que nous laissons à nos enfants et à nos petits-enfants ?
Puis il rappelle que la joie fait partie de la volonté de Dieu. Cette joie ne dépend pas des circonstances. Elle est « hermétique » : rien ne peut la faire sortir, rien ne peut entrer pour la détruire, quels que soient les problèmes ou les épreuves de la saison. À partir d'un seul verset, Romains 12:2, il montre ensuite comment discerner la volonté de Dieu par le renouvellement de l'intelligence.
Plan du message
1. Ne prends pas comme modèle le monde actuel
- Paul écrit à l'Église de Rome sans l'avoir encore visitée. Le prédicateur lit Romains 12:2 : « Ne prenez pas comme modèle le monde actuel, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence pour pouvoir discerner la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. »
- Autrement dit : ne prenez pas le modèle de Rome, ne prenez pas le modèle grec. Aucune force n'est plus puissante que l'Évangile pour nous transformer.
- Ni notre culture, ni notre arrière-plan, ni nos parents, ni notre environnement ne peuvent nous changer aussi fort que l'Évangile. Notre culture et notre langue comptent, « notre fromage » aussi, sourit-il, lui qui aime bien le fromage en France. Mais il y a quelque chose de plus fort qui nous transforme : l'Évangile.
- Paul pouvait dire que rien, ni la solitude, ni la mort, ni quoi que ce soit, ne peut le séparer de l'amour de Dieu (Romains 8:38-39). Dieu nous a laissé quelque chose de « bien scellé ».
2. Les trois dimensions de la volonté de Dieu
- La volonté souveraine. Quand Dieu fait quelque chose, personne ne peut rien dire. Quand il dit « que la lumière soit », on ne peut pas l'empêcher. « On dit merci Seigneur », et on se réjouit de sa volonté souveraine.
- La volonté décrétée. Dieu dit : « Tu ne tueras point. » C'est un décret. « Aimez-vous les uns les autres » : c'est un décret. Alors on suit.
- La volonté discernée. C'est celle dont parle Paul ici. Les deux premières dimensions ne nous impliquent pas de la même façon. La troisième, oui : il faut discerner la volonté de Dieu, par le renouvellement de notre intelligence, pour reconnaître ce qui est bon, ce qui lui plaît et ce qui est parfait.
3. Les schémas que tu construis chaque jour
- Chacun crée des schémas dans sa vie, physique, sociale, émotionnelle et spirituelle. L'exemple du prédicateur : à 7 heures du matin, il aime prendre une tasse de café avec des croissants. C'est un schéma.
- On ne peut pas attendre qu'« un bon matin, tu te réveilles et dis : c'est quoi la volonté de Dieu ? ». Le discernement arrive « organiquement », à partir du schéma que tu es en train de créer. Si ce schéma se forme à travers une intelligence renouvelée, tu peux comprendre et discerner la volonté de Dieu.
- Le modèle dont parle Paul, c'est le schéma. Chacun a le sien, mais le modèle du royaume de Dieu passe par une intelligence renouvelée. Un changement de vie profond exige de restructurer sa façon de penser, plutôt que de simplement redoubler d'efforts à l'extérieur.
- La vie nous enferme naturellement dans un moule : schémas culturels, attentes, mauvaises habitudes. Regarder son téléphone toutes les deux secondes pour voir s'il y a un message en est un exemple. « Ce n'est pas mal d'avoir un téléphone », mais on finit par se sentir piégé et par se demander comment on en est arrivé là.
- Au lieu de fuir ou de répéter les mêmes erreurs, on brise le cycle en renouvelant nos convictions fondamentales.
- Il compare cette transformation à la restauration d'un vieux meuble : on enlève les couches anciennes et usées pour révéler une finition neuve et impeccable. Dieu veut que nous enlevions les schémas construits sur d'autres modèles. Cela demande d'assumer notre part de responsabilité, de repenser nos décisions passées et de nous libérer des vieux schémas.
4. Une vie faite de petites décisions
- Premier principe : notre vie est faite d'une série de petites décisions prises chaque jour. Elles s'accumulent, et c'est ainsi que nous traçons notre chemin.
- Un exemple « très banal » : sur la rocade, la vitesse est limitée à 70, et l'on se dit qu'on peut monter à 100. Ce n'est qu'une petite décision, mais petit à petit, elle s'ajoute aux autres. « C'est à vous d'appliquer dans votre vie et c'est à moi d'appliquer dans ma vie. »
- Ces décisions ont un impact cumulé sur qui nous sommes et sur ce que nous faisons au quotidien. Paul appelle à renouveler ce que nous faisons chaque jour qui n'est pas conforme à la Parole de Dieu, au « gabarit » que Dieu a prévu pour nous.
- C'est dans la prise de décision que vient le discernement. S'il faut discerner, c'est que la réponse n'est pas évidente : il faut aller plus loin, plus profond, pour trouver ce qui est bon. Le discernement est la capacité, dans des circonstances complexes qui exigent une décision, de mettre en application les principes de la Parole de Dieu avec sagesse.
- Aux jeunes, il parle du choix d'un conjoint. Un prophète peut vous dire que vous devez épouser telle personne, mais ce n'est pas lui qui va vivre avec elle. Il aime la prophétie, mais pour une décision qui engage toute une vie, il faut discerner.
- Il raconte l'histoire de sa famille. Ses grands-parents étaient hindous et se sont convertis ; son grand-père est devenu évangéliste. Son fils, le père du prédicateur, avait terminé sa licence et avait un bon travail. Il y avait alors peu de chrétiens, et le grand-père priait : « Seigneur, donne à mon fils une femme chrétienne. » C'était la seule qualification demandée.
- Un jour, en ville, une jeune fille de 20 ans passe devant lui au moment où il éternue très fort. Elle a peur et presse le pas, il la suit, elle rentre chez elle et ferme la porte. Il revient le lendemain, rencontre ses parents et demande sa main pour son fils. C'est de ce mariage que le prédicateur est né. « Ça, c'est la volonté de Dieu, c'est un peu différent du prophète », dit-il en souriant.
5. Des décisions issues d'une intelligence renouvelée, sans compartimenter
- Deuxième principe : toutes nos décisions devraient être le résultat d'une intelligence renouvelée. Petite ou grande, chaque décision devrait venir d'une intelligence renouvelée par la Parole de Dieu.
- Troisième principe : trop souvent, on cloisonne chaque décision. On a pris une décision, on la laisse à la porte de l'église, et l'on entre pour louer le Seigneur. « C'est bien de louer le Seigneur, mais on ne peut pas compartimenter nos vies comme ça. »
- Chaque petite décision a un impact sur l'ensemble de notre vie, parce qu'elle devient un moule, un schéma. On ne peut pas se dire : « Ce n'est pas bon, mais quand même. » La volonté de Dieu nous conduit à voir toutes nos décisions comme un ensemble de choix.
- Une intelligence renouvelée voit l'ensemble et voit plus loin, dans six mois, dans un an. Il y a là une perspicacité qui vient de la sagesse de Dieu.
- Le mot qui résume tout, c'est l'intégrité : ce que tu es à l'extérieur est la même chose que ce que tu es à l'intérieur. Quand on coupe une pastèque, on ne trouve pas des bananes dedans, on trouve de la pastèque.
- Nous avons même un avantage sur la pastèque : Jésus vit en nous (Galates 2:20). « Si tu me coupes, Jésus est là. » Il nous justifie, il nous pardonne. Il est là à l'intérieur, et cette intégrité se projette à l'extérieur.
6. Un processus quotidien dans l'intimité avec Dieu
- Quatrième principe : Paul voit la volonté de Dieu non comme un événement, mais comme un processus quotidien, fondé sur une relation intime avec Dieu. « Sans la relation intime avec Dieu, on ne peut pas arriver à discerner la volonté de Dieu. »
- Dieu a une vue d'éternité. Le prédicateur encourage donc à peser l'impact de chaque décision sur la personne que Dieu veut que tu deviennes.
- Il cite le Psaume 37:23-24 : l'Éternel affermit les pas de l'homme et prend plaisir à sa voie ; « s'il tombe, il n'est pas terrassé », car le Seigneur lui soutient la main. « Il nous soutient. Il est avec nous. »
- Puis le Psaume 73:23-24 : « Cependant, je suis constamment avec toi. Tu me saisis la main droite. Tu me conduis par ton conseil, puis tu me prendras dans la gloire. » « Quel encouragement que Dieu nous donne ! »
7. La volonté de Dieu, un moyen de mieux connaître Christ
- Pour terminer, il donne un encouragement : la volonté de Dieu n'est pas une fin en soi, mais un moyen de mieux connaître Christ.
- La prière n'est pas un but en elle-même, le jeûne non plus. Tout ce que Dieu nous a donné, sa Parole, la fraternité, le discernement qu'il accorde par sa sagesse, est un véhicule pour vivre une relation intime avec lui et le connaître.
- Dans la prière finale, il invite chacun à dire : « Seigneur, merci parce que tu me tiens toujours par la main droite », et à reconnaître les décisions qui ne venaient pas d'une intelligence renouvelée. Il demande à Dieu d'aider l'assemblée à discerner dans un monde qui propose plusieurs chemins, à suivre non le modèle du monde actuel mais celui du royaume de Dieu.
- Il prie en particulier pour la jeunesse de l'Église, afin qu'elle soit une lumière, un témoin et une force face au monde qui vient, puis pour les malades et ceux qui traversent des difficultés de travail, de finances ou de relations.
Points à retenir
- L'Évangile est la force la plus puissante pour te transformer, plus que ta culture, ton passé ou ton environnement.
- La volonté de Dieu est souveraine, décrétée et discernée. Romains 12:2 parle de celle que tu discernes par une intelligence renouvelée.
- Ta vie est faite de petites décisions qui forment des schémas. Le discernement naît de ces schémas, pas d'une question posée un matin.
- On ne compartimente pas sa vie : l'intégrité, c'est être le même dehors et dedans, parce que Christ vit en toi.
- Discerner la volonté de Dieu est un processus quotidien dans l'intimité avec lui, et un moyen de mieux connaître Christ.
Application personnelle
- Quel type de christianisme suis-je en train de laisser derrière moi à mes enfants, ou à ceux qui me suivent ?
- Quels schémas ai-je construits (habitudes, téléphone, attentes) qui me moulent davantage sur le monde actuel que sur le royaume de Dieu ?
- Quelle « petite décision » répétée, en apparence anodine, façonne en ce moment la personne que je deviens ?
- Y a-t-il un domaine de ma vie que je laisse « à la porte de l'église » au lieu de le soumettre à Dieu ?
- Ma relation intime avec Dieu est-elle assez vivante pour que je puisse discerner sa volonté au quotidien ?
Versets cités
- Romains 12:2
- Matthieu 9:17
- Romains 8:38-39
- Genèse 1:3
- Exode 20:13
- Jean 13:34
- Galates 2:20
- Psaume 37:23-24
- Psaume 73:23-24
- Hébreux 13:8
Questions fréquentes
Quelles sont les trois dimensions de la volonté de Dieu dans ce message ?
Le prédicateur distingue la volonté souveraine de Dieu (quand Dieu dit « que la lumière soit », personne ne peut l'empêcher), la volonté décrétée (« tu ne tueras point », « aimez-vous les uns les autres ») et la volonté que l'on discerne. C'est cette troisième dimension que Paul décrit en Romains 12:2, et c'est elle qui nous implique personnellement.
Comment discerner la volonté de Dieu selon Romains 12:2 ?
Par le renouvellement de l'intelligence. On ne se réveille pas un matin en se demandant quelle est la volonté de Dieu : elle se discerne « organiquement », à travers les schémas que l'on construit jour après jour. Si ces schémas sont façonnés par une intelligence renouvelée par la Parole, on peut discerner ce qui est bon, ce qui plaît à Dieu et ce qui est parfait.
Qu'est-ce que le discernement ?
Pour le prédicateur, le discernement est la capacité, dans des circonstances complexes qui exigent une décision, de mettre en application les principes de la Parole de Dieu avec sagesse. S'il faut discerner, c'est que la réponse n'est pas évidente : il faut aller plus loin et plus profond pour trouver ce qui est bon.