Introduction
Angelo Gargano poursuit à l'Église évangélique des Assemblées de Dieu de Turin (Via Spalato) une série de méditations dans le livre d'Esdras. Après avoir parlé de la possibilité, pour le peuple de Dieu, de recommencer, il aborde un nouveau thème : le défi. « Quand on recommence, il y a toujours des défis à affronter », et ce fut le cas pour Israël.
Le texte est Esdras 1. Cyrus, roi de Perse, autorise les exilés à monter à Jérusalem pour rebâtir la maison de l'Éternel. Pour le prédicateur, ce défi n'est pas seulement celui du peuple d'Israël de ce temps-là : « c'est un défi pour le peuple de Dieu de tous les temps ».
Il constate que beaucoup vivent aujourd'hui « un christianisme dilué, anémique, superficiel », dans un temps de religiosité voyante, d'évangélisation souvent théâtrale, « d'un christianisme d'applaudissements ». Il appelle à revenir à la source, car seule l'adoration biblique honore Dieu et restaure le cœur.
Plan du message
1. Le contexte : soixante-dix ans d'exil
- Le chapitre commence avec Israël en captivité à Babylone. Six livres de la Bible traitent de cette période : trois livres historiques, Esdras, Néhémie et Esther, et trois livres prophétiques, Aggée, Zacharie et Malachie.
- Ces livres couvrent une période de soixante-dix ans, celle de la captivité et du retour des Juifs dans la terre promise. Esdras souligne l'œuvre continue de Dieu pour préserver, protéger et faire avancer l'œuvre de la rédemption.
- On pourrait penser que ces événements ne nous concernent pas, nous qui sommes un peuple moderne. Le prédicateur croit au contraire que nous avons besoin plus que jamais de ce livre inspiré, pour que notre esprit et notre cœur soient conduits vers le Dieu saint, qui demande une adoration vraie, respectueuse, loyale, sans compromis, avec une obéissance totale.
- « Il n'est absolument pas acceptable pour Dieu que l'on confonde le sacré et le profane. »
2. Le défi lancé par Cyrus
- « Qui d'entre vous est de son peuple ? Que son Dieu soit avec lui, et qu'il monte à Jérusalem en Juda et bâtisse la maison de l'Éternel, le Dieu d'Israël ! » (Esdras 1:3). C'est un roi païen qui lance ce défi, un roi à qui Dieu avait parlé et dont il avait adouci le cœur.
- Ceux qui accepteraient devaient s'attendre à des sacrifices et à des difficultés. L'œuvre de Dieu demande souvent un grand engagement, et parfois des renoncements que beaucoup de chrétiens ne sont plus disposés à faire.
- Ce n'était pas un départ en vacances ni « un circuit biblique en Terre sainte », mais un voyage dangereux d'environ 1 500 km vers une terre dévastée et un temple rasé.
- Le défi nous est adressé aussi : revenir à Jérusalem, c'est-à-dire revenir dans la présence réelle de Dieu, dans l'accomplissement de sa volonté parfaite, et faire ce que Dieu attend d'un peuple qui porte son nom.
- « Accepter le défi, même avec des sacrifices et des difficultés, en vaut vraiment la peine. » Le défi est lancé, et il nous revient de l'accepter ou de le rejeter.
3. La gloire de Dieu s'était retirée
- Cyrus ouvre son édit par ces mots : « L'Éternel, le Dieu des cieux » (Esdras 1:2). Pendant la captivité, Dieu était connu ainsi. Juda s'était éloigné du Seigneur, Jérusalem avait été brûlée et le temple détruit.
- Le prophète Ézéchiel a vu la gloire de Dieu quitter la terre : « La gloire de l'Éternel s'éleva de dessus les chérubins, et se dirigea vers le seuil de la maison ; la maison fut remplie de la nuée » (Ézéchiel 10:4), puis elle « se posa sur la montagne qui est à l'orient de la ville » (Ézéchiel 11:23).
- Le lieu très saint du temple était considéré comme le lieu qui contenait la présence de Dieu sur la terre. La nuée s'est déplacée jusqu'au seuil, puis vers le mont des Oliviers, et enfin elle est montée au ciel. Selon le prédicateur, jusqu'à la venue de Christ, Dieu a été connu comme le Dieu du ciel.
- Le premier défi d'Israël était donc de retrouver la présence bénie de la gloire du Seigneur. « Il est terrible de ne pas être enveloppé par la gloire du Seigneur. »
- Le croyant est le temple du Saint-Esprit. Il faut donc examiner sa vie et vérifier que la gloire de Dieu ne s'est pas retirée. Si elle s'en est allée, il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour qu'elle revienne.
4. La passion pour Dieu s'était éteinte
- La passion, l'ardeur et le zèle pour Dieu avaient presque disparu. Quelques-uns brûlaient encore pour le Seigneur, mais la grande majorité s'était éteinte et vivait une religiosité de façade, faite de quelques devoirs accomplis avec peine.
- « Une chose terrible pour le peuple de Dieu, c'est la médiocrité », alors que le Seigneur nous appelle à une ardeur vraie et engagée.
- Le pire n'était pas la distance entre Babylone et Jérusalem, mais celle qui s'était creusée entre le peuple et son Dieu : « une distance énorme, bien plus que 1 500 km ». S'éloigner du Seigneur, c'est s'éloigner de sa bénédiction et de sa protection, et la première victime est la famille. Sans les murs de la protection de Dieu, l'ennemi peut faire ce qu'il veut dans la maison.
- Jérusalem et Babylone représentent deux niveaux de vie spirituelle. Jérusalem parle de maturité, de consécration, d'adoration et de soumission à Dieu. Babylone parle de péché, d'esclavage, de vie charnelle, d'idolâtrie et d'égarement.
- Paul y fait allusion en écrivant aux Corinthiens : « Ce n'est pas comme à des hommes spirituels que j'ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels » (1 Corinthiens 3:1). L'Église de Corinthe était marquée par les conflits, les divisions et l'immaturité.
- « Vis-tu un niveau spirituel de Jérusalem ou un niveau spirituel de Babylone ? » Le prédicateur invite à laisser le Saint-Esprit faire « ce bilan » de notre vie spirituelle.
- Les symptômes d'une passion qui diminue : on s'éloigne de l'adoration et de la louange ; l'amour pour Dieu et pour son service s'affaiblit ; on s'éloigne de la Parole, on ne la lit plus, on ne veut plus l'écouter, ou on ne garde que ce qui nous plaît en rejetant ce qui demande un effort.
- « Il est facile de se laisser entraîner à Babylone », vers une religiosité superficielle, sans motivation, sans adoration, sans décision, sans sacrifice et sans engagement.
5. L'heure de Dieu est arrivée
- La gloire avait disparu, la passion avait diminué, « mais Dieu n'avait jamais changé ». Son amour n'avait jamais faibli et son intérêt pour son peuple restait réel et concret.
- L'esclavage à Babylone faisait partie de la discipline de Dieu, mais le Seigneur ne détourne jamais le regard de son peuple. « Dieu ne t'a pas sauvé pour te détruire, Dieu t'a sauvé pour prendre soin de toi. »
- Dans les moments durs, plutôt que de demander « pourquoi, Seigneur ? », le prédicateur invite à examiner sa vie. Ce n'est pas toujours le cas, mais il peut arriver que nous nous soyons éloignés de la présence de Dieu et que nous soyons devenus une proie facile pour l'ennemi.
- « Sa colère dure un instant, mais sa grâce toute la vie ; le soir arrivent les pleurs, et le matin l'allégresse » (Psaume 30:6). Quand le Seigneur permet l'épreuve, il en fixe toujours les limites.
- Dieu a d'abord réveillé l'esprit de Cyrus (Esdras 1:1), qui avait autorité sur le peuple captif. « Dieu se sert parfois des incroyants pour faire du bien à ses enfants. »
- Puis « l'Éternel réveilla l'esprit de Zorobabel », le gouverneur, celui de Josué, le souverain sacrificateur, « et l'esprit de tout le reste du peuple » (Aggée 1:14). « Quand l'heure de Dieu arrive, il sait comment parler au cœur. »
- Tout cela, pour que les plans de Dieu s'accomplissent : le peuple devait revenir dans la terre promise afin de préparer la venue du Messie promis depuis la Genèse, qui apporterait le salut au monde entier.
6. Le réveil : Dieu envoie le vent, tu orientes la voile
- Quand Dieu envoie un réveil, les cœurs sont secoués, l'esprit se réveille et l'on prend une conscience nouvelle de la présence et de la volonté de Dieu.
- Le réveil ne vient pas de l'extérieur, il vient de Dieu, qui agit au-dedans de ses enfants : « Le réveil est une question de cœur », quelque chose qui commence au-dedans de nous.
- Le réveil comprend la souveraineté de Dieu, qui secoue et stimule les cœurs, mais aussi une part humaine : un acte de ta volonté pour accepter le défi. Il s'agit de quitter Babylone, un christianisme anémique et médiocre, pour monter à Jérusalem, au lieu de l'adoration, de la louange, de la présence de Dieu, de sa Parole et de l'obéissance.
- « Nous ne pouvons pas créer le vent. Le vent vient de Dieu. Mais nous pouvons orienter nos voiles », pour que ce vent souffle et nous porte dans la direction voulue par le Seigneur.
7. Accepte le défi de Dieu
- La conclusion est un appel : accepte le défi de Dieu, décide de quitter un christianisme charnel et superficiel pour une vie chrétienne enthousiaste, d'adoration, de soumission à la Parole et de service.
- Le prédicateur imagine au ciel une « salle des héros de la foi », comme la liste du chapitre 11 de l'épître aux Hébreux. Il croit qu'on y trouve aussi les noms de près de 50 000 Juifs qui, ce jour-là, ont accepté le défi et quitté Babylone.
- Le voyage durait quatre mois, sur près de 1 500 km que l'on parcourt aujourd'hui en deux heures et demie d'avion. Il demandait de la foi, du courage et des sacrifices.
- Qui allait pourvoir à leurs besoins, au matériel, à la main-d'œuvre ? « Si tu décides de faire la volonté de Dieu, tes besoins seront satisfaits par Dieu. » « Il ne nous dit pas seulement quoi faire, il nous donne les moyens de le faire. » L'œuvre de Dieu faite selon sa volonté ne manquera jamais du nécessaire.
- Aujourd'hui, le temple à bâtir, c'est ta vie de foi. Si tu te trouves à Babylone, dans un état charnel et superficiel, le Seigneur t'appelle à sortir et à monter à Jérusalem. Celui qui prend cette décision pourra compter sur son aide et sur sa bénédiction.
Points à retenir
- Le défi d'Esdras 1 est aussi le nôtre : revenir dans la présence de Dieu et accomplir sa volonté, même au prix de sacrifices.
- La pire distance n'est pas géographique : c'est celle qui sépare le peuple de son Dieu, et elle touche d'abord la famille.
- Une passion qui s'éteint se reconnaît : moins d'adoration, moins d'amour pour le service, moins de place pour la Parole.
- Dieu ne change pas. Quand son heure arrive, il réveille les cœurs, mais il attend de toi un acte de volonté.
- Dieu envoie le vent, à toi d'orienter la voile. Celui qui obéit peut compter sur sa provision.
Application personnelle
- Si tu es honnête, vis-tu aujourd'hui un niveau spirituel de Jérusalem ou de Babylone ?
- Quel symptôme reconnais-tu dans ta vie : moins de louange, moins d'amour pour le service, une lecture sélective de la Parole ?
- Dans un moment difficile, as-tu pris le temps d'examiner ta vie devant Dieu plutôt que de demander seulement « pourquoi » ?
- Quel sacrifice ou quel renoncement le Seigneur te demande-t-il pour accepter son défi ?
- Concrètement, comment peux-tu « orienter ta voile » cette semaine pour te laisser porter par le souffle de Dieu ?
Versets cités
Questions fréquentes
Quel est le défi lancé dans Esdras 1 ?
Cyrus, roi de Perse, proclame : « Qui d'entre vous est de son peuple ? Que son Dieu soit avec lui, et qu'il monte à Jérusalem en Juda et bâtisse la maison de l'Éternel » (Esdras 1:3). Pour Angelo Gargano, ce défi s'adresse aussi à nous : revenir dans la présence de Dieu, accomplir sa volonté et faire ce qu'il attend d'un peuple qui porte son nom, même au prix de sacrifices.
Que représentent Babylone et Jérusalem dans ce message ?
Ce sont deux niveaux de vie spirituelle. Jérusalem, la ville de Dieu, parle de maturité, de consécration, d'adoration et de soumission à Dieu. Babylone parle de péché, d'esclavage, de vie charnelle, d'idolâtrie et d'égarement. Le prédicateur demande à chacun : vis-tu un niveau spirituel de Jérusalem ou de Babylone ?
Comment savoir si ma passion pour Dieu a diminué ?
Angelo Gargano relève plusieurs symptômes : on s'éloigne de l'adoration et de la louange, l'amour pour Dieu et pour son service s'affaiblit, on s'éloigne de la Parole au point de ne plus la lire, de ne plus vouloir l'écouter ou de n'obéir qu'à ce qui nous convient. Il invite à laisser le Saint-Esprit faire ce bilan de notre vie spirituelle.