Introduction
« Cette parole est certaine : si quelqu'un aspire à la charge d'évêque, il désire une œuvre excellente » (1 Timothée 3:1). C'est sur ce seul verset que le Dr Peter Masters, au Metropolitan Tabernacle de Londres, construit un message au titre direct : « Où sont passés les prédicateurs ? »
Ce verset fait partie des cinq « paroles certaines » des épîtres pastorales. Les autres parlent directement de Christ et du salut. Celle-ci parle de la charge de surveillant, et elle semble presque déplacée dans la liste. Pour le prédicateur, c'est justement ce qui en souligne l'importance.
Il s'arrête surtout sur l'ancien qui prêche, le prédicateur de l'Évangile, et pose une question inquiète : pourquoi en manque-t-il autant aujourd'hui ?
Plan du message
1. Une parole certaine sur un désir noble
- Le mot grec traduit par « aspirer » signifie tendre la main. Celui qui aspire à cette charge tend la main vers elle, il la désire, il y aspire de tout son cœur.
- Cela peut sembler orgueilleux. Paul affirme pourtant, par une parole « tout à fait digne de confiance », que ce désir est bon et bien motivé : « C'est la meilleure chose à laquelle tu puisses aspirer. »
- Le mot traduit par « excellente » signifie littéralement belle. C'est une œuvre belle, vertueuse, noble.
- Elle coûte cher sur le plan terrestre. Le jeune homme qui y aspire sait qu'il n'aura pas de gros revenus, pas de belle maison, pas les plus belles voitures. Il vivra sans doute avec des moyens modestes, et cela lui est égal, parce qu'il désire prêcher l'Évangile.
- L'Église comme chacun devrait accorder une grande valeur à ce désir.
2. Le surveillant fait connaître Christ
- La version King James traduit « évêque » ; il ne faut pas s'en inquiéter. Le surveillant et l'ancien sont des termes interchangeables dans le Nouveau Testament. Ils « veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte » (Hébreux 13:17).
- Le prédicateur désire faire connaître Christ, le Fils éternel du Dieu vivant, devenu Dieu-homme pour souffrir et mourir, et porter la punition du péché de tous ceux qui seront sauvés.
- Parfait et sans péché, il a vécu au milieu du mal, de la tentation et de l'hostilité. Il s'est laissé arrêter, juger injustement et exécuter sur une croix romaine, la mort la plus cruelle. Plus difficile encore : Dieu a mis sur lui les péchés de tous ceux qui seraient sauvés.
- Peter Masters met en contraste les athées militants qui se font de petites fortunes de ville en ville et de plateau de télévision en plateau, avec des arguments réfutés « un million de fois », dont beaucoup sont pitoyables. « Ces apôtres des ténèbres » peuvent-ils rendre les gens heureux, soulager leurs fardeaux, les conduire au Dieu vivant ? Non, c'est l'inverse.
- Christ, lui, a offert sa vie parfaite, une vie de compassion sans relâche. Le prédicateur invite à penser à la vie intérieure du Fils de Dieu : « Pense à ta propre vie de pensées. » Combien de nos pensées, même quand elles ne sont pas impures, envieuses ou rancunières, sont vraiment pures, compatissantes, aimantes ? Celles de Christ l'étaient toutes.
3. Un enseignant de la Parole, pas un prêtre
- Le prédicateur de l'Évangile n'est pas un prêtre. Peter Masters rappelle que l'Église d'Angleterre n'a jamais été pleinement réformée : à la mort d'Édouard VI, Marie a ramené le catholicisme, puis Élisabeth Ire a soutenu la Réforme « jusqu'à un certain point ». La devise royale était : « Pas d'évêques, pas de reine » (« No bishops, no queen »).
- Après la Réforme, le contrôle des évêques étant faible, l'Église d'Angleterre a connu de grands prédicateurs évangéliques. John Newton, ancien marchand d'esclaves devenu recteur de St Mary Woolnoth, à Londres, pouvait agir à sa guise. Au XXe siècle, des évêques, dont beaucoup d'incroyants, en ont pris le contrôle, et il y a aujourd'hui, selon lui, plus d'incroyants que de croyants qui officient dans l'Église d'Angleterre.
- Garder le mot « prêtre », c'est rester à mi-chemin, car la prêtrise a été abolie en Christ. « Aucun pouvoir ne passe par les manchettes d'un ecclésiastique pour transmettre une bénédiction. » Tout nous vient directement de Christ, par la foi.
- Les anciens ne dominent pas sur l'héritage de Dieu (1 Pierre 5:3). Leur autorité n'est pas personnelle : ils dirigent en enseignant la Parole infaillible de Dieu, et c'est cette Parole qui interpelle nos âmes.
- Le Nouveau Testament ne connaît que deux charges : le surveillant (ou ancien) et le diacre (verset 8). Le corps des anciens se divise lui-même en anciens qui prêchent et anciens qui dirigent (voir 1 Timothée 5:17).
- Le mot pasteur, lui aussi interchangeable avec ancien, signifie berger : il veille sur le peuple et le conduit.
4. Les étoiles dans la main de Christ
- Combien de prédicateurs dans une Église ? Au moins un par Église, répond Peter Masters, en s'appuyant sur Apocalypse 1:16 et 1:20 : les sept étoiles dans la main de Christ sont les anges des sept Églises.
- Ce ne sont pas des anges gardiens : l'ange de chaque Église est compté avec elle, responsable avec elle, présent sur terre, et chargé de lui dire où elle doit être corrigée. Un ange gardien ne parle pas à une Église.
- Ce ne sont pas non plus des délégués envoyés à Patmos : Jean y était en exil, il n'était pas libre de recevoir des délégations, et le Nouveau Testament n'en parle nulle part. Ce ne sont pas davantage des « vérités » personnifiées.
- L'interprétation majoritaire au fil des siècles y voit les pasteurs, les prédicateurs qui enseignent chaque Église. Le livre de Daniel, dont l'Apocalypse s'inspire beaucoup, compare déjà aux étoiles ceux qui font connaître la miséricorde de Dieu (Daniel 12:3), et le mot ange signifie messager.
5. Où sont passés les prédicateurs ?
- « Si quelqu'un », dit le texte, et Peter Masters précise qu'il s'agit d'un homme, pas d'une femme, en notant que l'Église d'Angleterre, « dans son terrible état », a nommé une femme.
- Dans le pays, de nombreuses Églises attachées à la Bible ne trouvent pas de pasteur. « Il n'y a jamais eu une telle pénurie. » Et parmi ceux qui sont en place, dit-il « avec délicatesse », on se demande, pour beaucoup, s'ils devraient l'être : ils sont peut-être sincères et attachés à la vérité, mais ne semblent pas équipés pour prêcher.
- Première raison : peu d'Églises prêchent encore régulièrement des messages d'évangélisation persuasifs. On explique l'Écriture aux croyants avec une remarque évangélique de temps en temps. Or ce qui saisit le cœur des jeunes hommes, c'est la prédication de l'Évangile pour le salut des âmes.
- Deuxième raison : les écoles de théologie ont parfois d'excellents professeurs de langues bibliques et d'histoire de l'Église, mais très peu aident à prêcher l'Évangile. Elles ne croient même pas que ce soit important, et le disent ; elles n'ont pas de spécialiste pour cela.
- Troisième raison : depuis une trentaine d'années, le mouvement vers la pluralité des anciens a presque fait disparaître le pasteur prédicateur. Tous les anciens se partagent la chaire, et le niveau de la prédication a baissé.
- En vacances, il a visité une Église où un homme très sincère, sans don de prédicateur, prêchait selon un tour de rôle. Une femme de l'Église lui a confié : « Nous avons beaucoup de visiteurs, mais ils ne reviennent jamais. » Qui voudra donner sa vie à la prédication pour prêcher une fois toutes les cinq semaines ?
- Autrefois, le prédicateur était tenu pour responsable, un peu comme un entraîneur de football après cinq défaites de suite. Si l'Église déclinait, on disait qu'il n'avait pas été béni de Dieu. Aujourd'hui, il n'est qu'un membre de l'équipe, parfois même pas nommé sur le site de l'Église.
- Les apôtres eux-mêmes se disaient anciens : Pierre (1 Pierre 5:1), Jean (2 Jean 1 ; 3 Jean 1). Il y a une certaine égalité entre anciens, mais le prédicateur de l'Évangile a une place distincte : il travaille uniquement avec la Parole de Dieu, et il est d'abord un prédicateur de l'Évangile.
6. Ce que Dieu demande au surveillant
- Irréprochable : on ne peut l'accuser d'être menteur, tricheur ou adultère. Les exigences qui suivent développent ce mot.
- Mari d'une seule femme, que certains traduisent « homme d'une seule femme » : s'il est célibataire, il ne flirte pas ; il croit à la sainteté du mariage et aime sa femme.
- Vigilant, attentif aux besoins et aux âmes. « Sobre » traduit ici un mot grec qui signifie un esprit sain, équilibré, pas un extrémiste. Le texte ne parle pas d'abord d'alcool, même si le prédicateur ajoute qu'il vaut mieux qu'il soit sobre aussi, et abstinent si possible.
- Réglé dans sa conduite, digne. Hospitalier, personnellement et au niveau de l'Église : certaines Églises ont une belle communion entre elles mais tournent le dos au nouveau venu. « C'est tragique. »
- Propre à l'enseignement. Modéré, maître de lui, désintéressé. Peter Masters cite les revenus fantastiques de certains pasteurs américains : « C'est contraire à l'Écriture. » On disqualifie un homme pour adultère ; on devrait le disqualifier aussi pour cupidité.
- Patient, pas violent. Il dirige bien sa maison, avec amour, sans tyrannie, et tient ses enfants dans l'obéissance avec dignité, sans colère. « Car si quelqu'un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l'Église de Dieu ? » (verset 5)
- Pas un nouveau converti, de peur que l'orgueil le fasse tomber (verset 6), et un bon témoignage de ceux du dehors (verset 7).
7. Un appel aux jeunes hommes
- Peter Masters s'adresse à ceux qui, dans l'assemblée, ont reçu le don d'expliquer, de persuader, d'exhorter, et un cœur pour l'Évangile : « Aspire à cette noble œuvre. »
- Tu ne gagneras jamais beaucoup, tu seras appelé à un mode de vie modeste, mais tu donneras toutes tes heures et tous tes jours pour atteindre les gens avec l'Évangile, et les âmes compteront plus que tout pour toi.
- Ceux qui sont vraiment appelés disent tous la même chose : « Je suis arrivé à un point où je ne pouvais rien imaginer faire d'autre. Rien d'autre n'avait de sens pour moi. »
- Il conclut par une prière : que Dieu, par sa puissance, change les choses et suscite, en ces derniers jours d'incrédulité, des prédicateurs de l'Évangile consacrés, même parmi nous.
Points à retenir
- Désirer prêcher l'Évangile n'est pas de l'orgueil : Paul en fait une parole certaine, c'est une œuvre belle et noble.
- Le prédicateur n'est ni un prêtre ni un seigneur : son autorité vient uniquement de la Parole de Dieu qu'il enseigne.
- Chaque Église a besoin d'au moins un pasteur prédicateur, comme les étoiles dans la main de Christ.
- Là où l'Évangile n'est plus prêché pour sauver des âmes, les vocations de prédicateurs se font rares.
- Les qualités demandées au surveillant concernent d'abord son caractère, sa maison et son rapport à l'argent.
Application personnelle
- Quelle valeur accordes-tu, toi et ton Église, à ceux qui désirent prêcher l'Évangile ?
- Si tu sens un désir de prêcher, es-tu prêt à accepter une vie modeste pour cette œuvre ?
- Ton Église accueille-t-elle vraiment le nouveau venu, ou reste-t-elle entre soi ?
- Quelle place l'argent occupe-t-il dans tes choix de vie et de service ?
- Pries-tu pour que Dieu suscite des prédicateurs de l'Évangile, peut-être parmi les jeunes de ton Église ?
Versets cités
- 1 Timothée 3:1-8
- 1 Timothée 5:17
- Hébreux 13:17
- 1 Pierre 5:1-3
- Apocalypse 1:16-20
- Daniel 12:3
- 2 Jean 1
- 3 Jean 1
Questions fréquentes
Est-ce de l'orgueil de désirer devenir prédicateur ?
Non, selon Peter Masters. Paul en fait une « parole certaine » : celui qui aspire à la charge d'évêque désire une œuvre excellente. Le mot grec traduit par « aspirer » signifie tendre la main vers quelque chose, et « excellente » veut dire belle, noble, vertueuse. Ce désir coûte cher sur le plan terrestre, et celui qui l'accepte pour prêcher l'Évangile fait un choix noble.
Quelle différence entre un évêque, un ancien et un pasteur dans le Nouveau Testament ?
Pour Peter Masters, ces termes sont interchangeables : l'évêque (le surveillant), l'ancien et le pasteur (le berger) désignent la même charge. Il ne s'agit pas d'un prêtre ni d'un seigneur : son autorité n'est pas personnelle, elle vient uniquement de la Parole de Dieu qu'il enseigne. L'autre charge du Nouveau Testament est celle de diacre.
Pourquoi manque-t-il autant de prédicateurs aujourd'hui ?
Peter Masters avance plusieurs raisons : les Églises ne prêchent presque plus de messages d'évangélisation réguliers, les écoles de théologie ne forment pas à prêcher l'Évangile, et la pluralité des anciens qui se partagent la chaire a effacé la figure du pasteur prédicateur. Or c'est la prédication de l'Évangile pour le salut des âmes qui saisit le cœur des jeunes hommes.