Marc 10 : la faim de Dieu qui brise la routine

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Introduction

Quand on parle de réveil, on pense aux miracles, aux guérisons, à tout ce qui bouge et qui change. Ce message, prêché en italien en ouverture d'une nouvelle série intitulée « Overflow » (déborder), prend le problème par l'autre bout : avant de réveiller le monde, le Saint-Esprit veut réveiller son Église. Et ce réveil a une condition, que Jésus lui-même a nommée : avoir faim.

« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés » (Matthieu 5:6). Il y a une faim que l'Église doit avoir pour que Dieu puisse la rassasier. C'est une responsabilité, et c'est une décision. La question que le prédicateur veut porter avec son Église pendant toute l'année est simple : « Avons-nous vraiment faim de Dieu ? »

Pour y répondre, il ouvre Marc 10 et l'histoire de Bartimée, un mendiant aveugle assis au bord du chemin, qui a refusé de rester dans sa routine quand Jésus est passé.

Plan du message

1. Dieu veut te changer avant de changer tes circonstances

  • Le réveil change les circonstances : dans la société, dans les priorités, dans le quotidien. Mais avant cela, Dieu veut nous changer, nous. Si nous ne sommes pas prêts, nous ne saurons pas faire face à ce qui arrive et nous passerons à côté de ce que Dieu a prévu.
  • Souvent, nous prions pour que Dieu change ce qui nous entoure. Parfois, il ne le fait pas encore parce qu'il veut d'abord préparer notre cœur. Il ne veut pas nous donner un pain qui tombe et dont les miettes profitent à d'autres : « Le pain est pour nous. »
  • Être prêt vaut aussi pour les changements difficiles que la vie apporte.
  • Déborder, c'est laisser sortir ce qu'on a à l'intérieur : « Nous débordons de ce que nous avons dedans. Il n'y a pas d'autre dynamique. »

2. La faim n'est pas un désir, c'est un besoin

  • Le prédicateur parle de sa fille à la maison : quand elle a faim, on ne peut plus lui parler, elle est nerveuse, elle crie, elle casse tout. Pourquoi ? Parce qu'elle a faim. La faim change nos priorités.
  • Un désir, comme partir en vacances ou changer de voiture, peut se réaliser ou non : la vie continue. La faim et la soif sont des besoins primaires. Pour les combler, on va chercher du pain, pas un billet d'avion dans une agence de voyages.
  • La routine nous rend souvent insensibles à ce que Dieu veut faire autour de nous. Connaître Dieu peut devenir une simple tradition.
  • « Cette année, les traditions seront changées. J'en suis sûr », affirme le prédicateur, convaincu que la religiosité sera brisée. La tradition donne de la sécurité, mais quand viennent le vent, le feu et la pluie de Dieu, plus rien n'est comme avant. Pas une catastrophe : de belles choses, à condition d'être prêt à les accueillir.

3. Le danger de s'habituer à Dieu

  • On peut continuer à servir Dieu sans plus le désirer. C'est la religiosité, être pharisien au sens biblique : tout devient si naturel qu'on ne sait même plus pourquoi on le fait.
  • « La chose la plus dangereuse pour nous, croyants, c'est de nous habituer à Dieu. » On entre alors dans le mécanisme du devoir, et l'émerveillement disparaît.
  • Le mouvement de Dieu ne commence pas par des choses spectaculaires. Il commence par de petites transformations, par de petites habitudes qui disparaissent pour laisser de la place à Dieu. T'émerveilles-tu encore quand Dieu agit dans ta vie, dans celle des autres, ou quand tu te lèves et vois la création ?
  • On peut s'habituer à la Parole. Jean 3:16, on le sait par cœur, alors on passe vite au verset suivant. Pourtant la révélation est progressive : « Qu'est-ce que je n'ai pas encore compris de Jean 3:16 ? » La Parole de Dieu est vivante et efficace (Hébreux 4:12) : une parole déjà entendue peut encore transformer ta vie.
  • On peut s'habituer aux chants : on attend le suivant, plus beau, plus rythmé, au lieu de vivre ce qu'on chante. Même un chant repris chaque mois peut devenir le lieu où Dieu parle.
  • Le prédicateur prend l'image de ses propres enfants : le matin, il ne sautait pas de joie en les voyant, parce qu'il les voyait chaque jour. C'était beau, bien sûr, mais rien à voir avec l'émerveillement d'une naissance. La familiarité éteint l'émerveillement, jusqu'à dire : « Oh, je dois encore aller à l'église ce matin. »
  • « Servir sans avoir faim de Dieu produit la religiosité, la religiosité produit la loi, et la loi produit la mort. Il n'y a pas de juste milieu. » Dieu met devant nous la vie et la mort et dit : choisis la vie (Deutéronome 30:19). Choisir la vie, c'est dire encore aujourd'hui : « J'ai faim de toi. Je ne suis arrivé nulle part, je veux te connaître encore plus. »
  • Le « je sais déjà comment se passe un culte » et le « je connais déjà ce passage » nous font stagner dans notre superficialité.

4. Bartimée : une foule en mouvement, un homme assis

  • Jésus sort de Jéricho avec ses disciples et une grande foule (Marc 10:46). Des milliers de personnes parlent de lui, de ses miracles, certains le critiquent. Tout bouge.
  • Puis Marc arrête l'image sur quelque chose de statique, de routinier : Bartimée, fils de Timée, aveugle, mendiant, assis au bord du chemin.
  • La foule marchait avec Jésus, au bon endroit, avec les bonnes personnes. Mais elle avait cessé de crier sa faim de Jésus. Bartimée, lui, ne marchait pas avec Jésus, mais il commençait à avoir faim de lui.
  • Mille contre un : le prédicateur compare la scène à un stade où une poignée de supporters visiteurs essaient de chanter face à toute une tribune. Leurs voix sont couvertes.
  • Chaque jour, on amenait Bartimée au même endroit, il recevait quelques pièces pour tenir jusqu'au soir, on le ramenait chez lui, et le lendemain tout recommençait. Ce n'était pas vivre, c'était survivre : « Ma condition est ainsi, on ne peut rien y faire, alors je continue comme ça. »
  • Dieu ne nous appelle pas à survivre, mais à vivre, et à vivre dans l'abondance. Mendier auprès de Dieu par culpabilité (« ça fait trois jours que je n'ai pas lu la Bible, il faut que je la lise ») relève aussi de la survie. « Le devoir te fait survivre. Le désir te fait vivre. »
  • Quand on s'habitue à une condition, on cesse lentement de demander qu'elle change.

5. Ne pas voir, mais entendre

  • Bartimée ne voyait pas, mais il entendait : les uns s'émerveillaient des miracles de Jésus, d'autres le critiquaient. Il a dû se positionner : vaut-il la peine de crier vers ce Jésus, ou vaut-il mieux se taire ?
  • Il entend que c'est Jésus de Nazareth et se met à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » (Marc 10:47). Sa conception de Jésus était juste.
  • Souvent, nous ne voyons pas que Dieu agit, mais nous pouvons sentir qu'il fait quelque chose. « Voici, je vais faire une chose nouvelle, sur le point d'arriver : ne la connaîtrez-vous pas ? » (Ésaïe 43:19).
  • Élie attendait une grande pluie alors que le ciel était dégagé. Il a envoyé son serviteur regarder sept fois, jusqu'à ce qu'apparaisse un petit nuage au loin (1 Rois 18:43-44).
  • « Le fait que tu ne voies pas n'est pas un problème. Le problème, c'est si tu ne sens pas que quelque chose se passe dans ta vie. » Le prédicateur partage sa conviction : Dieu annonce toujours à l'avance ce qu'il va faire, pour que nous nous préparions.
  • Bartimée aurait pu se dire : « Jésus repassera bien une autre fois. » C'est la routine. Non : Jésus passe maintenant, c'est maintenant qu'il faut crier sa faim. Jésus repassera sûrement, mais l'occasion de grandir dans ce domaine-là aura été perdue.

6. Crier plus fort que la foule

  • « Plusieurs le reprenaient, pour le faire taire ; mais il criait beaucoup plus fort » (Marc 10:48). Un seul cri au milieu de mille personnes, et pourtant toute la foule l'a entendu.
  • La foule, ce sont nos pensées, les pensées des autres à notre sujet, les circonstances. Elle dit : « Tais-toi. Ta situation est ainsi. Tu as déjà crié tant de fois et rien n'a changé. »
  • Ce qui nous empêche de crier, ce n'est pas d'abord le péché (même s'il compte), c'est souvent la fatigue. Fatigue physique, ou fatigue de ne plus voir Dieu à l'œuvre, de ne plus voir de conversions ni de baptêmes. Alors on crie une fois, puis les pensées arrivent et on se tait.
  • Bartimée a crié une fois, puis encore plus fort. Et Jésus s'est arrêté (Marc 10:49). Il avait d'autres objectifs, Jérusalem et la croix devant lui, et pourtant il s'est arrêté.

7. Faire le vide pour être rempli

  • Nous avons tellement peur du silence et du vide que nous cherchons sans cesse à les remplir. Un couple de pasteurs venus d'une ville bruyante d'Italie a dormi chez le prédicateur : au matin, ils ont trouvé la nuit terrible, parce qu'il y avait trop de silence.
  • « C'est dans le silence que Dieu parle. » Pour être rempli, il faut d'abord être vide. Si tu veux prier davantage, il faut enlever quelque chose : des habitudes, des priorités, certaines circonstances, de la place dans ton agenda. Sinon le « je veux plus de toi » ne peut pas arriver.
  • Même en Église, on remplit chaque silence, parfois avec de la musique de louange. Ce n'est pas mauvais, mais il faut réapprendre le silence pour écouter la voix de Dieu.
  • « Le débordement commence par le vide. » Garder les priorités nécessaires, laisser ce qui est superficiel.
  • Plutôt que de prier seulement pour le réveil, prie : « Comment puis-je préparer mon cœur pour garder et vivre ce qui va arriver ? »
  • La foule qui voulait faire taire Bartimée lui dit maintenant : « Prends courage, lève-toi, il t'appelle » (Marc 10:49). Nos pensées peuvent changer et nous aider à prendre les bonnes décisions.
  • Bartimée, toujours aveugle, jette son manteau (Marc 10:50). Dans l'Ancien Testament, c'était le bien le plus important du pauvre : donné en gage à un créancier, il devait lui être rendu le soir pour qu'il puisse se couvrir (Exode 22:26-27). Ce manteau n'était pas superflu, il était nécessaire. Avant d'être guéri, Bartimée laisse par la foi ce qui le retenait dans sa routine.
  • D'abord l'appel, puis la guérison. « C'est cela, la foi » : obéir à Dieu sans voir. Le prédicateur annonce les trois dynamiques de la série : Dieu remplit, nous assimilons, et cela déborde vers l'extérieur, pour que le monde soit sauvé.

Points à retenir

  • Le réveil commence par la faim de Dieu. Avant de changer tes circonstances, Dieu veut changer ton cœur.
  • Le plus grand danger du croyant, c'est de s'habituer à Dieu : servir sans faim mène à la religiosité.
  • Le devoir fait survivre, le désir fait vivre. Dieu ne t'appelle pas à tenir jusqu'au soir, mais à vivre dans l'abondance.
  • Quand tes pensées, les circonstances ou la fatigue te disent de te taire, crie plus fort : Jésus s'arrête.
  • On ne déborde que de ce dont on a été rempli, et on n'est rempli qu'après avoir fait le vide.

Application personnelle

  1. As-tu vraiment faim de Dieu en ce moment, ou le connaître est-il devenu une tradition ?
  2. Quel passage, quel chant ou quel moment du culte est devenu si familier que tu n'en attends plus rien ?
  3. Dans quel domaine as-tu cessé de demander que ta situation change, parce que tu t'y es habitué ?
  4. Quelle « foule » te dit de te taire aujourd'hui : tes pensées, tes circonstances, ta fatigue ?
  5. Que peux-tu enlever de ton agenda ou de tes habitudes cette semaine pour faire de la place au silence et à la prière ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi le réveil commence-t-il par la faim ?

Le prédicateur s'appuie sur Matthieu 5:6 : heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Avant de changer les circonstances autour de nous, Dieu veut nous changer, nous. La faim n'est pas un simple désir : c'est un besoin vital qui change nos priorités. C'est cette faim que Dieu vient rassasier.

Qu'est-ce que la religiosité selon ce message ?

C'est continuer à servir Dieu sans plus le désirer au fond du cœur. Le danger le plus grand pour le croyant, dit le prédicateur, c'est de s'habituer à Dieu : on entre dans le mécanisme du devoir et on perd l'émerveillement. Servir sans faim produit la religiosité, la religiosité produit la loi, et la loi produit la mort.

Que représente le manteau de Bartimée ?

Dans l'Ancien Testament, le manteau était le bien le plus précieux du pauvre : donné en gage, il devait lui être rendu le soir pour qu'il puisse se couvrir. Bartimée jette ce manteau avant même d'être guéri. Il laisse par la foi ce qui le retenait dans sa routine pour aller vers Jésus.

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