Matthieu 26 : Jésus appelle son Église à veiller et prier

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Introduction

Ces derniers dimanches, Benjamin Lamotte-Augris constate « combien Dieu nous parle spécifiquement » pour l'Église Évangélique Paris Métropole, à Bastille : des messages de veille et d'alerte, dont celui du pasteur Mathieu la semaine précédente, un avertissement pour que la gloire de Dieu ne quitte pas l'Église. Le Seigneur l'a ramené à un texte qui l'avait fortement marqué à ses débuts dans la prédication, avec ce titre : Jésus appelle son Église à se préparer.

Il rappelle le témoignage de Times Square Church à New York. Plusieurs mois avant les attentats du 11 septembre 2001, Dieu avait averti Carter Conlon, pasteur de l'Église aux côtés de David Wilkerson, qu'il fallait préparer l'Église parce qu'une calamité allait frapper la ville. De la même manière, il croit que Dieu veut préparer son Église à Paris. Avec les élections présidentielles qui approchent, « une étincelle peut vraiment tout changer le cours des choses ». L'Église ne peut pas se prélasser en se disant : « Tout va bien pour moi, donc je m'occupe pas du reste. » Elle est appelée à briller au sein des ténèbres, et ce qu'elle met en œuvre doit être conduit par l'Esprit de Dieu, non par ses propres idées.

Le texte choisi permet de se préparer personnellement et collectivement aux épreuves à venir : Jésus dans le jardin de Gethsémané, à la veille de la croix, en Matthieu 26:36-58.

Plan du message

1. Jésus a préparé ses disciples, mais ils n'étaient pas prêts

  • Jésus connaît l'épreuve de la croix, ses disciples ne la connaissent pas. Il les a pourtant prévenus bien des fois : il faut que le Fils de l'homme souffre et soit livré aux mains des pécheurs.
  • Leur disposition de cœur et d'écoute n'était pas encore éclairée par la puissance du Saint-Esprit : la Pentecôte n'était pas venue. Depuis trois ans et demi, ils apprenaient à vivre avec « cet inconnu qui les emmenait dans l'inconnu ».
  • À chaque miracle, à chaque tempête calmée, ils se demandaient : « Mais qui est-il ? » Leur foi grandit, mais Jésus leur dira : « La chair est faible. »
  • Tout converge vers la croix, mais les disciples ne sont pas prêts à converger vers cette épreuve. Le texte s'ouvre juste après que Pierre a déclaré qu'il suivrait Jésus jusqu'au bout.
  • Jésus vit une angoisse que personne n'a jamais vécue et prie pour que la coupe s'éloigne. Le prédicateur remarque que si Dieu mettait sous nos yeux toutes les épreuves à venir, nous le supplierions d'en être épargnés. Il nous fait la grâce de ne pas tout nous dire, mais il peut préparer notre état de cœur.
  • Ce ne sont pas les disciples qui seront cloués sur la croix. Mais ils ont besoin d'être préparés pour savoir réagir selon l'Esprit de Dieu. Leur endormissement a mené au « bazar » : dès l'arrestation, tous ont laissé Jésus seul.

2. Trois cercles autour de Jésus : à quel endroit es-tu ?

  • Le texte montre trois niveaux : le groupe des disciples à qui Jésus dit « Asseyez-vous ici », puis Pierre, Jacques et Jean qu'il amène plus près de lui, et enfin Jésus lui-même, seul, à quelques mètres.
  • Le premier groupe reste assis, sans mission particulière, peut-être parce que leur cœur n'était pas autant attaché à Jésus. Les trois autres se retrouvent ailleurs dans les Évangiles, par exemple à la transfiguration, à des moments que les autres ne vivent pas.
  • Est-ce un choix de Dieu ou le niveau d'attachement du cœur ? « Je pense qu'il y a les deux. » Dieu se choisit des hommes pour des ministères particuliers : Pierre reçoit les clés en Matthieu 16 et son premier message amène 3 000 âmes. Mais il y a aussi ce que nous sommes prêts à donner à Dieu.
  • Ce groupe des trois n'est pas celui des parfaits. Pierre est celui qui s'est engagé le plus, qui a parlé le plus : « Je te suivrai jusqu'au bout. » Et c'est à lui que Jésus s'adresse en revenant : prépare-toi.
  • « Peut-être que ce matin vous avez été celui qui a chanté le plus fort. » Quand on chante « Je t'aimerai plus que la vie », ce ne sont pas des paroles en l'air : Dieu les entend et attend de voir si, au moment de l'épreuve, nous garderons notre foi jusqu'au bout.

3. Ne pas s'endormir : une heure avec Jésus

  • Les trois disciples « ne vont pas faire long feu ». Jésus revient une première, une deuxième, une troisième fois : ils dorment encore. « Vous n'avez donc pu veiller une heure avec moi ! »
  • Le prédicateur renvoie au message du pasteur Christian, en janvier, sur une heure avec Jésus : un appel à se positionner de manière pratique dans la prière. Une heure sur vingt-quatre, ce n'est pas grand-chose à l'échelle de l'éternité et du salut.
  • Dieu appelle son Église à ne pas faire partie du premier groupe, celui qui s'assied, attend et fuit dès les premiers instants. Il l'invite à se rapprocher de lui.
  • Chaque dimanche, l'Église s'approche ensemble de Jésus. Le groupe de maison, en semaine, est pour lui l'image de ceux qui vont plus près : « Nous voulons prendre le temps de t'écouter ensemble. »
  • La parabole des terrains ne concerne pas que l'évangélisation. Elle doit nous interpeller au quotidien : ai-je encore une bonne terre pour recevoir la Parole, ou les ronces et les soucis de ce monde ont-ils pris le dessus, retirant la joie du salut et la paix ? Le prédicateur appelle à revenir et à persévérer avec des frères et sœurs, pour ne pas rester seul.

4. L'esprit est bien disposé, mais la chair est faible

  • Nos intentions sont généralement bonnes : quand on lit les Actes des Apôtres ou les miracles de Jésus, on veut vivre ces choses-là. « Mais la chair, elle, elle se balade », attirée par plein de choses.
  • Lors d'un atelier avec la jeunesse, il a présenté deux manières de vivre sa jeunesse. Celle d'Ecclésiaste 11:9 : suivre les voies de son cœur et les regards de ses yeux, en sachant que Dieu appellera en jugement. Et celle de Paul à Timothée : « Fuis les passions de la jeunesse, et recherche la justice, la foi, la charité, la paix » (2 Timothée 2:22).
  • Le Psaume 119:9-11 pose la question : « Comment le jeune homme rendra-t-il pur son sentier ? » En se conformant à la Parole de Dieu, en la serrant dans son cœur afin de ne pas pécher.
  • Avec humour, il décrit la chair qui trouve des excuses : il pleut, il faut sortir le parapluie, prendre le métro, « non, je vais pas aller à la nuit de prière ». Dieu ne t'en veut pas, « mais tu restes ici », dans ce groupe-là. « Même en tant que pasteur, des fois on n'a pas envie de se lever. »
  • Plus tu t'approches de Jésus, plus tu sens le combat spirituel qu'il vit et qui est à l'œuvre dans le monde, et plus tu discernes où se trouve le bon combat de la foi. L'apôtre Paul parle des armes à revêtir pour tenir ferme dans le mauvais jour : le casque du salut, la cuirasse de la justice, la ceinture de la vérité, les chaussures de l'Évangile de paix et l'épée de l'Esprit (Éphésiens 6:13-17).
  • L'esprit bien disposé doit s'accrocher au Saint-Esprit pour s'approcher de Jésus et se préparer à traverser l'épreuve qui vient.

5. L'épreuve n'est pas l'aboutissement

  • Pour Jésus, l'aboutissement n'est pas la croix, mais la sortie de l'épreuve : trois jours plus tard, le cœur de Pierre et de Jean vibre à nouveau, il est ressuscité. La résurrection l'amène à retrouver sa gloire.
  • Jésus a traversé la croix en vue de la joie qui lui était réservée (Hébreux 12:2) : retrouver sa gloire et avoir tout accompli pour nous libérer.
  • « Mon frère, ma sœur, ne regarde pas l'épreuve comme un aboutissement en disant : il n'y a plus rien après dans ma vie. » Les épreuves que l'Église devra traverser ne sont pas une fin. Dieu veut nous préparer maintenant, avant l'épreuve, pour qu'après l'épreuve nous soyons dans le ministère de Christ.
  • Le prédicateur croit que si les disciples avaient prié avec Jésus, ils ne se seraient pas barricadés. Ils auraient été au pied de la tombe à attendre sa résurrection, et personne n'aurait pu prétendre qu'ils avaient enlevé le corps.

6. La panique de l'arrestation : l'épée charnelle

  • Judas arrive (Matthieu 26:47-56) : une autre catégorie de disciple, encore plus lointaine, qui a marché trois ans et demi avec Jésus sans que son cœur soit à lui.
  • Pierre tire l'épée et coupe l'oreille du serviteur du souverain sacrificateur. Il a réagi, il s'est positionné, mais avec la chair : « On va tous les trucider, tu vas être tranquille, Seigneur. C'est pas ça le plan. » Il n'a pas pris conscience de l'enjeu spirituel ni du plan de Dieu de faire passer son Fils par la croix.
  • « Remets ton épée à sa place » : c'est l'épée charnelle, et Dieu l'appelle à prendre l'épée spirituelle. Jésus aurait pu invoquer plus de douze légions d'anges, mais les Écritures devaient s'accomplir. Alors tous les disciples l'abandonnent et prennent la fuite.
  • Pierre suit de loin jusqu'à la cour (verset 58), alors que Jésus l'avait appelé à être plus proche. Mais il ne faut pas toujours le culpabiliser : tremblant, craignant, il garde une proximité, il veut voir ce qui arrive à son maître.
  • Même si tu n'es pas assez préparé, même si tu t'es endormi, tu t'es déjà approché de Jésus. « Il y a une dimension que le Seigneur ne t'enlèvera pas » : rester proche de lui, même si ça tangue.

7. Ne laisse pas le combat spirituel : Jésus a tout accompli

  • Le danger, c'est l'endormissement, que l'on retrouve dans la parabole des vierges (Matthieu 25:1-13) : l'huile de la persévérance, la réserve que l'on constitue dimanche après dimanche, dans l'étude quotidienne de la Parole et la prière.
  • Le danger, c'est de laisser de côté le combat spirituel que l'on discerne : « Là je peux pas combattre, je m'endors. » Or Jésus a gagné. Aujourd'hui, nous sommes tous positionnés après la croix, et le combat est d'une autre nature.
  • Dieu ne nous épargne pas l'épreuve, mais sa Parole est digne de confiance parce que Jésus a tout accompli. Notre combat consiste à rappeler dans la prière que Jésus a tout accompli et que l'ennemi n'a plus d'affaire avec nous. Trop souvent, « nous subissons l'épreuve au lieu de la traverser ».
  • En conclusion, il lit Romains 13:11-14 : « C'est l'heure de vous réveiller enfin du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru. La nuit est avancée, le jour approche. » Revêtons-nous du Seigneur Jésus-Christ, et soyons proches de lui pour pouvoir nous en revêtir.
  • Dans la prière finale, il appelle l'Église à se lever « comme une armée », à sortir de la torpeur spirituelle face aux épreuves qui vont venir, « l'heure de la tentation qui viendra sur le monde entier » (Apocalypse 3:10), à garder la Parole et à la repasser dans son cœur comme Marie (Luc 2:19), et à être prête pour Paris, comme en 2015, au moment des attentats du Bataclan, quand l'Église était en nuit de prière, à veiller et prier. Qu'elle puisse répondre présent « lorsque le monde frappera à la porte de l'église ».

Points à retenir

  • Jésus appelle son Église à se préparer maintenant, avant l'épreuve, et non au moment où elle frappe.
  • Autour de Jésus, il y a ceux qui restent assis et ceux qui s'approchent. Les paroles et les chants engagent : Dieu les entend.
  • L'esprit est bien disposé, mais la chair est faible : elle trouve toujours des excuses. L'esprit bien disposé doit s'accrocher au Saint-Esprit.
  • Sans préparation, on réagit avec l'épée charnelle, comme Pierre, ou l'on fuit. La prière prépare à réagir selon l'Esprit.
  • L'épreuve n'est pas une fin : Jésus l'a traversée en vue de la joie qui lui était réservée, et il a tout accompli.

Application personnelle

  1. Dans lequel des cercles de Gethsémané te trouves-tu aujourd'hui : assis à distance, proche mais endormi, ou en train de veiller avec Jésus ?
  2. Quelles excuses ta chair te donne-t-elle pour ne pas prier, ne pas venir à une nuit de prière ou ne pas rejoindre un groupe de maison ?
  3. Peux-tu donner à Jésus une heure par jour, une heure sur vingt-quatre, pour veiller et prier ?
  4. Ta terre est-elle encore bonne pour recevoir la Parole, ou les soucis de ce monde ont-ils étouffé ta joie et ta paix ?
  5. Dans l'épreuve que tu traverses, subis-tu ou traverses-tu, en te rappelant que Jésus a tout accompli ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire « l'esprit est bien disposé, mais la chair est faible » ?

Pour Benjamin Lamotte-Augris, nos intentions sont souvent bonnes : nous voulons vivre les promesses de la Parole de Dieu. Mais la chair se balade, attirée par plein de choses, et trouve toujours des excuses, même pour ne pas aller à une nuit de prière. L'esprit bien disposé doit s'accrocher au Saint-Esprit pour s'approcher de Jésus et se préparer.

Pourquoi Jésus prend-il Pierre, Jacques et Jean à part à Gethsémané ?

Le prédicateur y voit à la fois un choix de Dieu, lié à des ministères particuliers, et le niveau d'attachement du cœur de ces disciples. Ils ne sont pas parfaits : Pierre venait de promettre de suivre Jésus jusqu'au bout, et tous trois se sont endormis. Jésus les appelle à se rapprocher de lui pour veiller et prier.

Comment se préparer à l'épreuve selon Matthieu 26 ?

En veillant et en priant avant que l'épreuve n'arrive, en se rapprochant de Jésus, le dimanche comme en groupe de maison, et en ne laissant pas le combat spirituel de côté. Le prédicateur rappelle que l'épreuve n'est pas un aboutissement : Jésus a traversé la croix en vue de la joie qui lui était réservée : retrouver sa gloire et avoir tout accompli pour nous libérer.

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