Juges 2 : le cycle du péché et la compassion de Dieu

10 min de lecture

Introduction

Riverside Church, à Birmingham, ouvre une nouvelle série consacrée au livre des Juges, intitulée « Stuck : the unbreakable cycle » (coincés dans un cycle impossible à briser). Tim Chilvers, pasteur principal de Riverside Church, qui apporte le message, prévient d'emblée : le sujet de la série est un mot qu'on prononce souvent à voix basse dans les Églises. « Le voici. Le péché. Voilà, je l'ai dit. »

Il sait que ce mot fait réagir. Certains se sentent mal à l'aise, d'autres tristes, voire en colère. D'autres encore pensent déjà à la personne assise un peu plus loin qui aurait bien besoin d'entendre ça. Le prédicateur est pourtant convaincu que cette série peut être l'un des moments les plus porteurs de vie pour chacun et pour l'Église.

Son point de départ est Juges 2, un chapitre qui décrit un cycle que nous connaissons tous. Le résumé du livre tient en une phrase : livrés à nous-mêmes, ça ne va pas bien. Mais Dieu ne nous laisse pas à nous-mêmes.

Plan du message

1. Un sujet qu'on préfère éviter

  • Le prédicateur raconte un concert où il est allé il y a une dizaine d'années, avec très peu d'attentes, en compagnie de sa femme et de deux amis ; sa femme et son amie étaient fans du groupe Take That. Contre toute attente, la soirée a été excellente. Il espère que cette série sur le péché sera du même ordre : on n'en attend pas grand-chose, et elle fait du bien.
  • Il comprend la réticence. « Beaucoup de mal a été fait au nom de la lutte contre le péché. » Certains ont été blessés dans des Églises par une insistance excessive ou malsaine sur ce sujet.
  • Il faut pourtant en parler, d'abord parce que la Bible en parle au cœur de la foi chrétienne. À la naissance de Jésus, l'ange dit : « Tu lui donneras le nom de Jésus ; c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Matthieu 1:21). Et Paul écrit : « Le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ » (Romains 6:23).
  • « Jésus n'est pas seulement venu pour être gentil. Il est le Sauveur. » Son nom veut dire : Dieu sauve.

2. Une vision juste du péché rend plus doux

  • Le prédicateur évoque le film Jerry Maguire et sa réplique célèbre : « Tu me complètes. » Nous mettons souvent ce poids-là sur les autres, et pas seulement dans le couple.
  • Le jour où quelqu'un nous déçoit, ou le jour où nous décevons quelqu'un, nous ne savons pas quoi en faire. Nous repartons soit avec du dégoût de nous-mêmes, soit avec de la propre justice envers les autres.
  • Sans le regard de la Bible sur le péché, nous avons des attentes trop hautes ou trop basses envers les autres et envers nous-mêmes. « Une vision juste du péché nous aide à nous traiter, nous et les autres, avec plus de douceur. »
  • Dans un monde où les mauvaises nouvelles s'accumulent, comprendre ce que la Bible appelle péché aide aussi à lire les événements avec justesse. Loin d'être déprimant, c'est ce qui conduit à embrasser la vie dans toute sa plénitude.
  • Le livre des Juges n'est pas un livre pour enfants : meurtres, intrigues, séduction, pouvoir, abus, trahisons. C'est l'exploration la plus vive du péché dans la Bible. Le prédicateur espère qu'au fil des semaines, chacun en ressortira avec une vision plus saine et plus légère de soi-même, et une vision plus saine et plus grande de Dieu.

3. Qu'est-ce que le péché ?

  • On réduit vite le péché à une liste de bêtises, ou de choses horribles que certains groupes collent sur d'autres, qu'on soit conservateur ou progressiste. « Le péché, c'est eux, là-bas. »
  • La Bible parle du péché comme de quelque chose dont nous avons besoin d'être à la fois sauvés et guéris. Ce n'est pas une liste de petites fautes qui servirait à frapper les autres.
  • Le prédicateur cite la définition de l'auteur Francis Spufford, qu'il juge la meilleure : le péché, c'est la propension humaine à tout gâcher. L'original anglais utilise un mot grossier que le pasteur affiche à l'écran mais refuse de prononcer en église. Il le garde parce que ce mot dit quelque chose de la tristesse et des ravages que cause le péché : « Demandez à quelqu'un qui a été abusé, ou à quelqu'un qui découvre que son conjoint l'a trompé, si c'est juste un peu "désordonné". »
  • Le mot « propension » désigne l'orientation vers laquelle les humains tendent. Livrés à nous-mêmes, c'est notre disposition naturelle, « comme un virus dont on n'arrive pas à se débarrasser ».
  • D'où le résumé du livre des Juges : livrés à nous-mêmes, ça ne va pas bien. « Mais Dieu ne nous laisse pas à nous-mêmes, et il ne te laisse pas à toi-même. »

4. Une génération qui ne connaissait pas l'Éternel

  • Le livre des Juges reprend là où s'arrête Josué. Le peuple a hérité du pays promis, mais le travail n'est pas terminé : au chapitre 1, les autres nations et leurs dieux n'ont pas été entièrement chassés.
  • Le chapitre 2 contient des mots dévastateurs : « Toute cette génération fut recueillie auprès de ses pères, et il s'éleva après elle une autre génération qui ne connaissait point l'Éternel, ni ce qu'il avait fait en faveur d'Israël. Les enfants d'Israël firent alors ce qui déplaît à l'Éternel, et ils servirent les Baals » (Juges 2:10-11).
  • Le prédicateur souligne l'ordre. Une génération a vu la provision extraordinaire de Dieu mais a oublié de la transmettre. La suivante ne se souvient pas de ce que Dieu a fait et, surtout, ne le connaît pas. Sans relation avec lui, elle fait le mal.
  • Il reprend une parole partagée en début de culte par Judy, de l'équipe de responsables : l'œuvre de Dieu en nous ne commence pas par notre brisement, elle commence par le fait que nous sommes aimés. Si on ne le sait pas, on peut finir dans des endroits très malsains.
  • C'est pourquoi Riverside accorde une telle place aux ministères envers les générations suivantes. La transmission n'est pas une activité annexe : elle est au centre de ce que veut dire être Église.

5. Les quatre étapes du cycle

  • Le compromis. Le peuple abandonne la foi et les voies de Dieu, et fait ce qui est mal à ses yeux.
  • Les conséquences. L'Éternel les livre à leurs ennemis. Le prédicateur remarque que, souvent dans la Bible, le jugement de Dieu est davantage une permission qu'une action : « Tu veux t'éloigner de moi ? Très bien. Vois où cela te mène. »
  • Le cri. Le peuple gémit sous ceux qui l'oppriment. Beaucoup connaissent cette expérience : avoir mal agi et en subir les conséquences, dans ses relations ou au fond de soi.
  • La compassion. « Le réflexe de Dieu n'est pas le dégoût. Son réflexe est la compassion. » L'Éternel suscite des juges, qui ne ressemblent pas aux juges en perruque de nos tribunaux : ce sont des libérateurs, qui délivrent le peuple de ses ennemis et de lui-même.
  • La version contemporaine est familière : nous n'arrivons pas à rompre certains schémas malgré nos efforts, nous en subissons les conséquences, puis nous crions : « Dieu, aide-moi, brise ce cycle, brise ces chaînes. » Et Dieu se montre bon et compatissant, encore et encore.
  • Le prédicateur cite Ian Morgan Cron : malgré tous nos efforts, nous ne pouvons pas réparer le problème persistant de la condition humaine. Nous ne pouvons pas maîtriser le péché par la seule force de notre volonté, pas plus que nous ne pouvons guérir notre propre asthme. « Nous avons besoin d'aide. »
  • Dans le livre des Juges, le cycle descend en spirale : « Mais, à la mort du juge, ils se corrompaient plus que leurs pères » (Juges 2:19). Beaucoup le savent : quand on retombe dans un schéma qu'on croyait vaincu, on descend encore plus bas.

6. Nous avons besoin d'être secourus

  • « Il y a de l'aide. Il y a vraiment de l'espérance. » Le prédicateur cite Dane Ortlund, dans son livre Gentle and Lowly : nous sommes déclarés justes devant Dieu non pas quand nous commençons à nous reprendre en main, mais quand nous nous effondrons dans l'aveu honnête que nous n'y arriverons jamais.
  • Une partie de la force du livre des Juges, c'est que le peuple ne peut pas se sauver lui-même. Nous non plus. Aucun leader humain, aucun parti politique, aucune façon de penser ne nous sauvera.
  • Tim Chilvers raconte son propre parcours. Il a grandi dans un foyer chrétien et connaissait toutes les histoires. Il est arrivé à l'université persuadé que Dieu était contre lui et attendait de le prendre en faute. Puis il a découvert qu'il menait une double vie : il se disait tout entier pour Dieu, et dans son autre vie il était loin de lui. « Dieu m'a brisé, parce que j'ai pris conscience de la profondeur de mon péché, et de combien la grâce, l'amour et la compassion de Dieu sont plus profonds encore. »
  • Jésus n'est pas venu nous donner des conseils pour améliorer nos habitudes. Il est venu sauver son peuple de ses péchés. Quelle que soit la profondeur du gâchis, en toi ou autour de toi, il y a de l'espérance. Comme l'a dit un vieil auteur : « Il y a plus de miséricorde en Christ que de péché en nous. »
  • Le péché n'est pas une arme pour frapper les autres, ni pour te frapper toi-même. Le comprendre aide à voir combien tu es aimé, « aimé dans ton brisement ».
  • Il cite encore Dane Ortlund : là où tu te sens le plus vaincu, Jésus est présent, il y habite. Son cœur n'est pas de l'autre côté de ta détresse, il est avec toi dans l'obscurité, doux et humble. Ta détresse est sa demeure. Puis le pasteur exhorte : « Allez à lui, mes amis. Il est là, les bras grands ouverts. »
  • Le message se termine par une invitation. Dieu veut se faire connaître comme celui qui brise les chaînes. Ceux qui se savent pris dans des cycles dont ils veulent sortir peuvent recevoir la prière, sans même avoir à nommer ces chaînes. Le fondement de la libération, c'est de voir comment Jésus te voit. À celui qui n'a jamais répondu à l'appel de Jésus, il dit : « Reviens à la maison. »

Points à retenir

  • Le péché n'est pas une liste de fautes pour accabler les autres : c'est une propension humaine dont nous avons besoin d'être sauvés et guéris.
  • Une vision juste du péché nous libère à la fois du dégoût de nous-mêmes et de la propre justice envers les autres.
  • Quand une génération ne transmet pas ce que Dieu a fait, la suivante ne le connaît pas. Le mal suit l'absence de relation avec lui.
  • Le cycle du livre des Juges est le nôtre : compromis, conséquences, cri, délivrance. Et le premier réflexe de Dieu est la compassion.
  • Personne ne se sauve à la force de sa volonté. Il y a plus de miséricorde en Christ que de péché en nous.

Application personnelle

  1. Quand quelqu'un te déçoit, ou quand tu te déçois toi-même, vers quoi glisses-tu le plus facilement : le dégoût de toi-même ou la propre justice envers les autres ?
  2. Quel schéma de ta vie reconnais-tu dans le cycle de Juges 2 : compromis, conséquences, cri ?
  3. Qu'as-tu reçu de Dieu que tu pourrais transmettre à la génération qui vient, dans ta famille ou dans ton Église ?
  4. Crois-tu, au fond, que Dieu est contre toi et attend de te prendre en faute ? Qu'est-ce qui changerait si tu croyais que son premier réflexe envers toi est la compassion ?
  5. Y a-t-il une chaîne pour laquelle tu pourrais demander à quelqu'un de prier avec toi cette semaine ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que décrit le cycle du livre des Juges ?

Le livre des Juges répète un cycle en quatre étapes : le peuple abandonne les voies de Dieu et fait ce qui est mal à ses yeux, il en subit les conséquences, il crie à Dieu sous l'oppression, et Dieu, ému de compassion, suscite des juges qui le délivrent. Au verset 19 du chapitre 2, on voit que le cycle s'aggrave à chaque retour.

Pourquoi parler du péché dans l'Église aujourd'hui ?

Le prédicateur reconnaît que beaucoup de mal a été fait au nom de la lutte contre le péché. Mais la Bible en parle au cœur même de l'Évangile : Jésus est venu sauver son peuple de ses péchés. Ignorer le péché conduit à se juger soi-même trop durement ou à juger les autres. Une vision juste du péché aide à traiter les autres et soi-même avec plus de douceur.

Comment sortir d'un cycle dont on n'arrive pas à se libérer ?

Selon le message, la volonté seule ne suffit pas : personne ne peut se sauver lui-même. Le point de départ est de voir comment Jésus nous voit, sans dégoût, avec amour et compassion. Il y a plus de miséricorde en Christ que de péché en nous. Il reçoit à bras ouverts celui qui vient à lui et c'est lui qui brise les chaînes.

Rejoins le canal WhatsApp

Le boost du jour, des prières et les nouveaux enseignements, directement sur WhatsApp.

Rejoindre le canal

Gratuit, sans inscription. Ton numéro reste invisible pour les autres membres du canal.

Toutes les prédications sur « Vie intérieure »

Ne rate aucune prédication de Riverside Church

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Ressources sur ce thème

Sur le même thème

Message publié par Riverside Church. Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

Juges 2 : le cycle du péché et la compassion de Dieu | Efficient Church