Job 19 : des pierres tombales qui proclament l'espérance

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Introduction

À l'été 2021, Taras se promène en famille dans un parc de l'île de Khortytsia, au milieu du Dniepr, à Zaporijia, en Ukraine. Il y découvre un mémorial composé d'anciennes pierres tombales. Certaines datent de 1793, d'autres de 1806. Beaucoup sont abîmées, mais sur plusieurs on peut encore lire des versets bibliques, écrits en allemand.

L'un d'eux l'arrête : Job 19:25. « Pour ma part, je sais que celui qui me rachète est vivant et qu'il se lèvera le dernier sur la terre. » Ces mots le touchent profondément. Il veut savoir qui étaient ces personnes, comment leur vie s'est déroulée et pourquoi leurs pierres tombales se trouvent dans un parc.

C'est cette enquête que ce frère venu d'Ukraine partage avec l'Église Protestante Évangélique de Namur, lors du culte du 25 octobre 2026. Au bout du chemin, une conviction simple : des chrétiens ont été oubliés, mais la Parole qu'ils ont laissée parle encore, et leur Dieu est vivant.

Plan du message

1. Un verset de Job sur une pierre oubliée

  • L'île de Khortytsia mesure environ 12 kilomètres de long et 3 à 4 kilomètres de large. C'est la grande île du fleuve, au milieu de Zaporijia.
  • Dans un petit parc, un mémorial rassemble des pierres tombales anciennes. Les inscriptions sont en allemand.
  • Sur l'une d'elles, Taras lit Job 19:25 : « celui qui me rachète est vivant ». Il conclut sa lecture par ces mots : « Il est vivant. »
  • Une question naît alors : qui étaient ces gens, et pourquoi leurs tombes sont-elles là ?

2. Qui étaient les mennonites ?

  • Ces pierres appartiennent à des mennonites. Leurs groupes venaient de différents pays : des Allemands, des Néerlandais et bien sûr des Flamands.
  • Les mennonites constituaient l'un des courants de l'anabaptisme, apparu au XVIe siècle à l'époque de la Réforme, dans les territoires des Pays-Bas et du nord de l'Allemagne. Leur nom vient de Menno Simons, devenu l'une des figures importantes du mouvement.
  • Leur migration vers l'Ukraine s'est faite en trois vagues. La première, en 1789 : 228 familles originaires de la Frise et des Pays-Bas, qui vivaient alors en Prusse, dans la région de Dantzig (aujourd'hui Gdansk, en Pologne).
  • À l'invitation de Catherine II, elles s'installent dans le sud de l'Empire russe pour développer la région, y travailler et y habiter. Elles fondent la colonie de Khortytsia, près de la ville qui s'appelait alors Oleksandrivsk, sur la rive droite du Dniepr.
  • En 1803 et 1804, un autre groupe important s'installe plus au sud, près de la rivière Molotchna, vers la mer d'Azov. La région de Zaporijia, précise Taras, a à peu près la taille de toute la Belgique.
  • Une dernière vague arrive vers 1870 et fonde de nouveaux villages et des colonies secondaires dans le sud de l'Ukraine, jusque dans la région de Kherson.

3. Une foi qui façonnait toute la vie

  • Les mennonites pratiquaient l'agriculture, développaient l'artisanat et l'industrie. À Zaporijia, ils avaient quelques grandes fabriques.
  • Ils construisaient des écoles, des hôpitaux, des usines. Taras raconte qu'il a lui-même été hospitalisé dans un ancien bâtiment construit par des mennonites.
  • Ils ont largement contribué au développement de la région, et notamment à la diffusion de la tradition protestante dans le sud de l'Ukraine. Ils prêchaient l'Évangile.
  • « Leur foi déterminait en grande partie leur manière de vivre. Ils cherchaient à travailler, à servir Dieu et à vivre selon leur conviction chrétienne. »

4. Effacés de la mémoire, puis retrouvés

  • Jusqu'en 2019, peu de gens savaient qu'un grand nombre d'anciennes pierres tombales se cachaient sous un vieux bâtiment abandonné.
  • Un historien du quartier, qui travaillait au musée local, découvre sous ce bâtiment une pierre qui ressemble à une pierre tombale d'un ancien cimetière allemand. Plus tard, une partie du bâtiment s'effondre et d'autres pierres apparaissent.
  • L'historien réunit une équipe de bénévoles. Ensemble, ils retrouvent environ 200 pierres tombales.
  • L'explication est triste. Jusque dans les années 1930, un cimetière mennonite se trouvait non loin de là. Le gouvernement soviétique a décidé d'effacer toute la mémoire de ce groupe de chrétiens : le cimetière a été détruit et les pierres ont servi de matériau de construction.
  • Ce n'est pas arrivé seulement à cet endroit. Ailleurs aussi, des pierres tombales mennonites ont été utilisées dans des constructions, et certaines routes ont même été pavées avec elles.
  • Des hommes et des femmes avaient vécu sur cette terre, travaillé, fondé une famille, élevé des enfants et cru en Jésus-Christ, puis ils avaient été oubliés. Près de cent ans plus tard, leurs pierres ont refait surface. Après les fouilles et les restaurations, un mémorial a été aménagé. Taras avoue que pendant plusieurs années, il ne connaissait pas lui-même cette histoire.

5. Un message d'espérance gravé dans la pierre

  • Devant le verset de Job, Taras s'est demandé ce que Dieu voulait lui montrer. Avant tout, il y a vu un message d'espérance et de confiance en Dieu.
  • « Ces personnes sont nos frères et sœurs en Christ. » À en juger par leurs inscriptions, elles croyaient en Dieu, espéraient en ses promesses et attendaient la vie éternelle. « Elles croyaient que la mort n'était pas la fin et qu'un jour elles verraient leur rédempteur, leur sauveur, notre Dieu. »
  • Cela rappelle Romains 8:38-39 : « En effet, j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. »
  • « Ces paroles nous rappellent que l'amour de Dieu est plus fort que la mort et que rien ne peut nous séparer de son amour en Jésus-Christ. Parce que notre Dieu, il est vivant. »
  • Nous ne savons pas quelles épreuves ces personnes ont traversées, quelles difficultés elles ont vécues, ni quelles prières elles ont adressées à Dieu. Mais certaines paroles qu'elles ont laissées derrière elles sont parvenues jusqu'à nous.
  • Une autre pierre ressemble à un Évangile ouvert, couvert de passages : Genèse 3:15, Matthieu 7:7 (« cherchez, et vous trouverez »), Apocalypse 3:20 (« voici, je me tiens à la porte, et je frappe »), Jean 3:16 (« Car Dieu a tant aimé le monde »), 1 Jean 1:7 sur le sang de Jésus qui purifie de tout péché, et Philippiens 1:21 : « Christ est ma vie et mourir représente un gain. »
  • « Ces inscriptions sont bien plus que de simples témoignages historiques. Elles nous permettent de découvrir la foi des personnes qui ont vécu bien avant nous. »
  • « Leurs noms ont peut-être été oubliés, leurs tombes ont peut-être été détruites et leurs pierres ont peut-être été utilisées pour construire des bâtiments. Mais les paroles de Dieu qu'elles ont choisi de laisser derrière elles sont parvenues jusqu'à notre époque. »
  • Taras y voit un bon exemple de la parole de Jésus : « les pierres crieront » (Luc 19:40).

6. Des étrangers qui ont mis leur espérance en Christ

  • Taras ne veut imposer aucune conclusion : « Vous pouvez faire vos propres conclusions. Mais personnellement, j'ai déjà tiré les miennes. »
  • « Ces personnes étaient comme moi. Des étrangères. » Elles ont quitté leurs maisons et leur pays, pour vivre avec une autre langue et une autre culture.
  • Elles ont beaucoup travaillé et contribué au développement de la région où elles vivaient. Elles l'ont fait en mettant leur espérance en Jésus-Christ et en faisant pleinement confiance à Dieu, quelles que soient les circonstances de leur vie.
  • Sur l'une des photos qu'il montre, un symbole doré représente l'espoir et la foi. Taras souhaite avoir le même espoir et la même foi que ses frères et sœurs mennonites.
  • Le mouvement protestant et baptiste des régions de Zaporijia et de Kherson est apparu grâce aux mennonites : ils en ont été la source, avant le grand mouvement baptiste en Ukraine.
  • Pour lui, c'est l'exemple d'une vie et d'un héritage d'abord perdus, puis retrouvés. Il conclut : « Mon Dieu, il est vraiment vivant. » Et Jésus est vivant.

Points à retenir

  • Des chrétiens peuvent être oubliés des hommes, et leurs tombes détruites, mais la Parole de Dieu qu'ils ont laissée continue de parler.
  • Job 19:25 et Romains 8:38-39 portent la même assurance : notre rédempteur est vivant, et la mort ne peut pas nous séparer de l'amour de Dieu en Jésus-Christ.
  • La foi des mennonites déterminait leur manière de vivre : travailler, servir Dieu, bâtir des écoles et des hôpitaux, annoncer l'Évangile.
  • Des étrangers, loin de leur pays, ont mis leur espérance en Christ et sont devenus la source d'un mouvement protestant dans le sud de l'Ukraine.

Application personnelle

  1. Si un seul verset devait résumer ton espérance, lequel choisirais-tu, et pourquoi ?
  2. Ta foi détermine-t-elle ta manière de travailler, de servir et de vivre au quotidien ?
  3. Qu'est-ce qui, dans ta vie présente, te fait douter que rien ne peut te séparer de l'amour de Dieu ?
  4. Quel héritage de foi as-tu reçu de ceux qui t'ont précédé, et lequel veux-tu laisser derrière toi ?
  5. Si tu vis loin de ton pays, ou si tu côtoies des étrangers, comment l'exemple de ces mennonites change-t-il ton regard ?

Versets cités

Questions fréquentes

Qui étaient les mennonites dont parle cette prédication ?

Les mennonites sont l'un des courants de l'anabaptisme apparu au XVIe siècle, à l'époque de la Réforme, dans les territoires des Pays-Bas et du nord de l'Allemagne. Ils tirent leur nom de Menno Simons. À l'invitation de Catherine II, des familles mennonites se sont installées dans le sud de l'Empire russe, dans l'actuelle région de Zaporijia, en Ukraine.

Que signifie Job 19:25 gravé sur une pierre tombale ?

Pour Taras, c'est un message d'espérance et de confiance en Dieu. Ceux qui ont choisi ce verset croyaient que la mort n'était pas la fin et qu'un jour ils verraient leur rédempteur. Romains 8:38-39 le confirme : rien, pas même la mort, ne peut nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ.

Pourquoi ces pierres tombales avaient-elles disparu ?

Un cimetière mennonite existait près de l'endroit jusque dans les années 1930. Le gouvernement soviétique a voulu effacer la mémoire de ce groupe de chrétiens : le cimetière a été détruit et les pierres tombales ont servi de matériau de construction, parfois même pour paver des routes. Environ 200 pierres ont été retrouvées à partir de 2019 sous un bâtiment abandonné.

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