Introduction
« Tu ne prendras point le nom de l'Éternel, ton Dieu, en vain. » Beaucoup ont appris ce commandement à l'école, sans trop savoir ce qu'il voulait dire. David, responsable de Woodlands Church à Bristol, poursuit lors du culte du dimanche soir une série sur les dix commandements, qu'il décrit comme « très fondateurs pour toute notre culture, notre civilisation ».
Enfant, il comprenait ce troisième commandement d'une manière simple : ne pas jurer, ne pas utiliser le nom de Dieu ou de Jésus à la légère. Il garde cette sensibilité, surtout pour le nom de Jésus. Mais il veut aller plus loin et montrer ce que signifie vraiment ne pas prendre le nom du Seigneur en vain.
Sa conviction tient en une idée : le nom de Dieu, on ne fait pas que le prononcer, on le porte. Et « quand nous prenons son nom sur nous, sa réputation est en quelque sorte entre nos mains ».
Plan du message
1. Le troisième commandement, plus qu'une affaire de jurons
- Le pasteur lit les dix commandements tels qu'ils sont donnés en Exode 20. Ils figurent deux fois dans l'Ancien Testament, en Exode 20 et en Deutéronome 5, de manière presque identique.
- Il souligne la première phrase : « Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude. » Tout commence par Dieu lui-même, avant toute règle.
- Au Royaume-Uni, le nom de Jésus a gardé quelque chose de sacré. C'était un prénom courant au temps de Jésus, il l'est encore dans certains pays, mais dans notre culture on le réserve à celui que l'on adore.
2. Les noms comptent : identité et réputation
- « Les noms comptent, n'est-ce pas ? » Père de cinq enfants, David raconte avec humour combien le choix d'un prénom devient plus difficile à chaque naissance, et combien il compte.
- Certains portent un nom dans le dos, comme les supporters de football avec le maillot d'un joueur. Les marques aussi disent quelque chose de notre identité et de nos choix.
- Dans la pensée hébraïque, le nom, shem, est étroitement lié à l'identité et à la réputation. On le dit encore aujourd'hui : vouloir « laver son nom », c'est défendre sa réputation. Le nom de Dieu et sa réputation sont au cœur de ce commandement.
- Dans les Écritures hébraïques, le nom de Dieu s'écrit avec quatre lettres, yod, hé, vav, hé. On n'en connaît pas les voyelles. Il était presque trop sacré pour être écrit ou prononcé, probablement quelque chose comme « Yahvé ». Il est lié à la révélation de Dieu : « Je suis celui qui suis. »
- Israël prenait ce nom si au sérieux qu'on l'employait avec prudence. L'Évangile de Matthieu, le plus juif des quatre, parle du « royaume des cieux » là où les autres disent « royaume de Dieu », pour ne pas être désinvolte avec le nom de Dieu.
3. Porter le nom de Dieu, pas seulement le prononcer
- Le verbe hébreu du commandement, nasa, signifie lever ou porter. On pourrait traduire : « Tu ne porteras pas le nom de l'Éternel, ton Dieu, en vain. »
- En Exode 28, le souverain sacrificateur entrait dans le lieu saint en portant sur lui les noms des tribus d'Israël, pour les présenter devant Dieu. De la même manière, le peuple de Dieu porte son nom.
- « Nos paroles et nos choix, notre manière d'adorer, ce que nous faisons, le style de vie que nous menons disent quelque chose du Dieu que nous prétendons servir. »
- Si tes collègues savent que tu es chrétien, tu portes son nom au travail. Si tes colocataires le savent, tu le portes à l'université. Étudiant, David était le seul chrétien d'une maison de quarante personnes : il sentait que la réputation de Dieu reposait un peu sur sa manière d'être.
- Il se demande combien de personnes ont été éloignées de Dieu par la conduite de chrétiens, et évoque une conversation récente sur certains scandales de l'Église catholique en Amérique : « Si c'est ça, les chrétiens... »
- Le mot traduit par « en vain », shav, veut dire vide, futile, faux, ce qui manque son but. Porter le nom de Dieu en vain, c'est s'en réclamer sans refléter son caractère, lui faire dire ce qu'il n'a jamais dit, ou s'en servir comme d'un outil pour ses propres intérêts.
- Il pose la question à chacun : as-tu déjà donné à ton comportement un mandat divin ? As-tu déjà voulu manipuler quelqu'un en lui disant ce que Dieu voulait pour lui ? « Ça arrive tout le temps dans les milieux chrétiens. »
4. Ne pas attacher l'autorité de Dieu à ce qu'il n'a pas dit
- Première manière d'honorer le nom de Dieu : dans nos paroles, nous refusons d'attacher son autorité à quelque chose qu'il n'a pas dit.
- C'est un défi pour une Église comme Woodlands, qui veut être prophétique, écouter Dieu et transmettre ce qu'il révèle. Comment distinguer notre imagination, nos voix intérieures, de la voix de Dieu ?
- Sa pratique : tenir ces paroles avec légèreté. « Je pense que le Seigneur dit peut-être ceci, mais je veux que tu l'examines, que tu le pèses. » Il ne l'impose pas à l'autre.
- Certains imposent pourtant des choses aux autres, jusqu'à dire « le Seigneur m'a dit que j'allais t'épouser ». Nos désirs sont bruyants et peuvent sembler aussi pressants que s'ils venaient de Dieu.
- Un de ses mentors disait : « Une parole de Dieu, une parole de connaissance, c'est parfois comme un murmure à l'oreille suivi d'un doute. » C'est aussi subtil que cela.
- Il y a pourtant des paroles qu'il peut dire sans hésiter, parce qu'elles sont conformes au caractère de Dieu et à l'Écriture : « Tu es le bien-aimé de Dieu. » Il s'adresse à celui qui se sent un échec, diminué, indigne : « Il t'aime. Il est pour toi. Sa miséricorde est plus réelle que tu ne le sais encore. »
5. Que ton oui soit oui
- Dans le Sermon sur la montagne, Jésus dit : « Ne jurez aucunement. [...] Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu'on y ajoute vient du malin » (Matthieu 5).
- Si je dois jurer sur mon honneur ou au nom de Dieu, explique David, cela laisse entendre que d'habitude on ne peut pas me faire entièrement confiance. Le serment révèle une faille dans ma parole ordinaire. Jésus appelle le diable menteur et père du mensonge.
- Deuxième manière d'honorer le nom de Dieu : être vrai et tenir ses promesses. Il reconnaît être lui-même coupable de trop promettre et de ne pas tenir : « Il vaut toujours mieux promettre peu et donner plus que l'inverse. » Ses élans sont sincères, un café proposé par exemple, mais sa capacité à suivre ne l'est pas toujours, et des gens sont déçus.
- À une époque où la vérité devient négociable et attaquée, où des personnes en vue disent sans honte des choses fausses, une véracité profonde distingue les chrétiens. « Nous devons nous battre pour la vérité et dire la vérité », dans nos paroles, nos écrits et ce que nous disons des autres.
6. Ne pas utiliser le langage sacré pour contrôler ou impressionner
- Troisième manière : refuser d'utiliser le langage sacré pour contrôler, impressionner ou condamner les autres.
- Cela peut consister à se donner l'air plus spirituel qu'on ne l'est, en décrivant sa relation avec Dieu de manière irréelle. Ou à manipuler quelqu'un en lui disant : « Je pense que la volonté de Dieu pour toi, c'est que tu fasses ceci. »
- Plus on a de pouvoir sur la vie des autres, plus ce langage religieux peut écraser. David le dit sans détour : ce sont souvent des responsables d'Église comme lui qui en sont coupables.
- Il cite avec humour un petit dictionnaire satirique du jargon d'Église : « mon ministère », ce que je veux faire ; « ton ministère », ce que je veux que tu fasses. N'utilisons pas le langage spirituel pour amener les gens à faire ce que nous voulons.
7. Une conduite qui s'accorde avec ta confession
- Quatrième manière : « Je veux vivre une vie où ma conduite s'accorde avec ma confession. » Il prend l'exemple, avec humour, d'un supporter de Manchester United qui porterait le maillot d'Arsenal : il porterait un nom sans aucune loyauté.
- Dire que l'on aime Jésus tout en dénigrant un collègue, en vivant avec l'autre sexe des relations utilitaires et désinvoltes ou en restant centré sur soi, c'est porter son nom de manière vide. Pour David, c'est grave : il pense que cela pourrait même toucher la destinée éternelle d'autres personnes.
- Le commandement s'inscrit dans un honneur : nous avons reçu la permission de porter le nom du Seigneur. Le mot « chrétien » veut dire disciple du Christ, et il ne veut pas le prendre à la légère non plus. Dieu veut que nous nous identifiions à lui et que nous portions son Esprit partout où nous allons.
- « C'est comme si j'avais sur moi mon passeport spirituel. » Partout, nous sommes des ambassadeurs du royaume, dans les conversations ordinaires et les petits gestes de bonté.
- Il porte au cou une croix reçue pour ses 21 ans. Parfois il a été à la hauteur de cette croix, parfois non. Mais il veut porter ce nom avec une vraie intégrité, et croit que si l'Église le fait avec l'aide du Saint-Esprit, la société sera transformée.
- Vécus à la lumière de Dieu, les dix commandements deviennent non seulement des lois mais des promesses, et apportent un renouveau dans la société. Si nous négligeons ces choses premières, nous en subirons les conséquences.
- Il conclut : « Avant de parler, demandons-nous : est-ce vraiment de Dieu ? Avant d'agir, demandons-nous : qu'est-ce que cela montrera de lui aux autres ? » Puis il prie pour ceux qui traversent une fatigue spirituelle, à partir d'un verset d'Ésaïe 40 qu'un membre de l'équipe a reçu pour la soirée : « Les adolescents se fatiguent et se lassent. »
Points à retenir
- Le troisième commandement ne parle pas seulement de nos jurons : le verbe hébreu signifie porter. Nous portons le nom de Dieu partout où nous allons.
- Porter ce nom en vain, c'est s'en réclamer sans refléter son caractère, lui faire dire ce qu'il n'a pas dit ou s'en servir pour ses propres intérêts.
- Une parole prophétique se partage avec humilité, en laissant l'autre l'examiner, sans jamais l'imposer.
- Que ton oui soit oui et ton non soit non : la véracité et la fidélité aux promesses distinguent les disciples de Jésus.
- Porter le nom du Christ est un honneur : ta conduite est appelée à s'accorder avec ta confession.
Application personnelle
- Où portes-tu le nom de Dieu cette semaine : au travail, à l'université, en famille, auprès de tes voisins ? Que disent tes choix du Dieu que tu sers ?
- T'est-il déjà arrivé de dire « Dieu m'a dit » pour appuyer un désir personnel ou convaincre quelqu'un ?
- Y a-t-il une promesse que tu as faite et pas tenue ? Que pourrais-tu faire pour que ton oui redevienne un oui ?
- Dans quel domaine ta conduite ne s'accorde-t-elle pas encore avec ta confession ?
- Avant ta prochaine parole importante, pourrais-tu te poser la question de David : « Est-ce vraiment de Dieu ? »
Versets cités
Questions fréquentes
Que veut dire « prendre le nom de l'Éternel en vain » ?
Le verbe hébreu employé signifie lever ou porter. Le commandement peut donc se comprendre ainsi : tu ne porteras pas le nom de l'Éternel en vain. Le mot traduit par « en vain » évoque ce qui est vide, faux, ce qui manque son but. Porter ce nom en vain, c'est s'en réclamer sans refléter le caractère de Dieu, lui faire dire ce qu'il n'a pas dit ou s'en servir pour ses propres intérêts.
Le troisième commandement interdit-il seulement de jurer ?
Non. Enfant, David comprenait ce commandement comme une interdiction de jurer ou d'employer le nom de Dieu à la légère, et il garde cette sensibilité. Mais il montre que le commandement va plus loin : nous portons le nom de Dieu au travail, à l'université, dans nos relations, et notre manière de vivre dit quelque chose du Dieu que nous prétendons servir.
Comment partager une parole prophétique sans abuser du nom de Dieu ?
David conseille de tenir ces paroles avec légèreté : dire « je pense que le Seigneur dit peut-être ceci », puis inviter l'autre à examiner et à peser ce qui est dit, sans le lui imposer. Il rappelle qu'il est facile de confondre ses propres désirs avec la voix du Saint-Esprit, et qu'une parole de Dieu ressemble parfois à un murmure suivi d'un doute.