Romains 2 : toi qui enseignes les autres, t'enseignes-tu ?

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Introduction

« Toi donc, qui enseignes les autres, tu ne t'enseignes pas toi-même ! » (Romains 2:21). Le Dr Peter Masters, au Metropolitan Tabernacle de Londres, poursuit sa série dans l'épître aux Romains avec la seconde partie du chapitre 2, et donne à son message ce titre en forme de question : nous enseignons-nous nous-mêmes ?

Le passage part du verset 12 : « Tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi, et tous ceux qui ont péché avec la loi seront jugés par la loi. » Les versets 13 à 15 forment une parenthèse, et le verset 16 reprend le fil : Dieu jugera les secrets des hommes par Jésus-Christ, « selon mon Évangile ».

Le prédicateur parcourt ces versets : la conscience que chacun porte en lui, les secrets qui seront dévoilés, ces deux mots de Paul, « mon Évangile ». Puis il arrive à ce qu'il appelle un coup de tonnerre : toi qui as tant de lumière, as-tu pensé à t'enseigner toi-même ? Il s'en excuse presque : « Pardonnez le ton négatif que je semble prendre, mais c'est une bonté, amis. »

Plan du message

1. Ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi qui sont justes

  • Au verset 12, Paul pense d'abord aux païens. Ils n'ont pas la loi de Moïse, les dix commandements, les cinq premiers livres de la Bible qui fixent ce que l'on doit faire et ne pas faire. Ils ont péché sans la loi et périront sans la loi.
  • Les Juifs, eux, sont privilégiés : ils ont la révélation, l'instruction, la loi de Dieu. Ils seront jugés par elle.
  • Le verset 13 est une affirmation hypothétique : ce sont ceux qui mettent la loi en pratique qui seraient justifiés. Mais en réalité, il n'y a pas une seule personne qui l'ait accomplie. Paul le montrera dans l'épître : nous sommes des pécheurs sans espoir, notre passif de culpabilité est trop lourd, et personne n'est justifié par ses œuvres. Nous avons besoin de la grâce.
  • Beaucoup de Juifs de l'époque, pas tous, prenaient la loi non comme une norme de justice, mais comme une garantie : puisque Dieu la leur avait donnée, ils étaient spéciaux, rachetés, pardonnés. Ils n'avaient besoin ni de Sauveur ni de salut. Des Juifs pieux, eux, savaient qu'ils avaient besoin du pardon de Dieu et se confiaient dans le Sauveur à venir.
  • Ce n'est pas le fait d'avoir la loi et de l'entendre semaine après semaine qui compte, c'est de la pratiquer.

2. La loi écrite dans la conscience

  • Les païens qui n'ont pas la loi font souvent naturellement ce qu'elle prescrit (verset 14). Ils sont bons envers leurs enfants, ils prennent soin des nécessiteux. Ils n'ont jamais lu Moïse ni entendu prêcher à la synagogue, mais la même loi est dans leur conscience, comme dans la nôtre.
  • Le Juif sera jugé selon la lumière plus grande de la Parole publiée, le païen selon le témoignage de sa conscience : il savait ce qu'il devait faire.
  • Au verset 15, la conscience rend témoignage « à côté » de la pensée. Tu sais distinguer le bien du mal, et une autre voix se tient à côté de toi pour te reprendre, « comme s'il y avait un magistrat, un policier en toi, un maître d'école qui regarde ton travail par-dessus ton épaule ». Tu savais que tu ne devais pas dire ce mensonge. La voix a dit : « C'est mal », et tu as désespérément cherché à te justifier.
  • Hélas, la conscience peut être mise hors service. Première méthode : l'ignorer, passer dessus comme un rouleau compresseur. La troisième fois, elle est affaiblie, la quatrième elle parle à peine, la cinquième tu ne ressens plus rien.
  • Deuxième méthode, sans doute la préférée : discuter avec elle. « C'est justifié, à cause de ceci et de cela. Si tu étais à ma place, tu ferais pareil. Je ne le fais pas aussi mal que les autres. »
  • Troisième méthode, pratiquée en gros dans la société : réécrire la conscience. « Ce n'est pas mal, ce n'est qu'une pudibonderie victorienne, une norme imposée par une génération passée. » On demande même au Parlement de changer les lois pour aider à la réécrire.
  • Mais elle est toujours là. John Bunyan l'a parfaitement décrit : le personnage de M. Recorder s'échappe de prison et se met à crier. Certains ont des morts terribles parce que leur conscience se libère à la dernière minute. Elle parlera contre toi devant Dieu. « Elle est là pour t'aider. Pourquoi en faire une ennemie ? »

3. Dieu jugera les secrets des hommes

  • Le verset 16 reprend le fil du verset 12 : Dieu jugera par Jésus-Christ, celui que Dieu a établi juge, comme de nombreux passages l'enseignent.
  • Quel est le grand secret ? Il peut tout englober. Peut-être y a-t-il dans l'assemblée un hypocrite : tu dis que tu crois, tu es peut-être même devenu membre de l'Église, mais tu ne pries pas, tu ne recherches pas la sainteté, tu n'aimes pas le Seigneur et tu ne le sers pas. Personne ne le sait. « Amis, faites attention. » Cela sortira au grand jour, et il sera peut-être trop tard.
  • Le secret peut aussi être un péché emballé comme un colis, caché dans ta vie de pensée, là où personne ne voit : des images regardées, des choses envisagées ou imaginées, où le diable t'entraîne par la tentation. Même la personne qui t'est la plus chère ne le sait pas. Cela sera dévoilé.

4. « Mon Évangile » : une parole qui sanctifie

  • Certains critiques s'appuient sur ces mots pour opposer l'enseignement de Paul à celui du Christ, comme si Paul avait créé autre chose. Peter Masters répond que c'est absurde : dans une Bible avec références, on voit combien chaque expression de Paul est enracinée dans l'Ancien Testament et dans l'enseignement du Christ lui-même. Une seule demi-heure de méditation sur les références d'un chapitre des Romains suffit pour s'en rendre compte.
  • Paul était en plein accord avec les apôtres qui avaient marché avec le Seigneur. « Mon Évangile » rappelle d'abord qu'il a reçu la vérité par révélation directe du Christ, lui le dernier des apôtres, l'avorton (1 Corinthiens 15:8).
  • Mais il y a plus : il avait fait sien l'Évangile, comme ce prophète de l'Ancien Testament à qui il fut demandé de manger le rouleau (Ézéchiel 3:1-3). Il le croyait de tout son être, il vivait pour lui. On dit « ma femme », « mon mari », « mes enfants » : il n'y a personne de plus proche sur terre. « Mon Évangile », c'est une partie de moi.
  • Partout où l'on avait entendu parler de Paul, sa venue signifiait la venue de l'Évangile. L'épître aux Romains passe pour un livre de doctrine, et pourtant, à peine arrivé au chapitre 2, on y a déjà trouvé deux ou trois messages d'Évangile : la nécessité du salut, de se confier en Christ pour le pardon du péché, de se repentir, de naître de nouveau par la puissance de l'Esprit.
  • Le secrétaire d'une Église en Écosse a raconté au prédicateur leur recherche d'un pasteur : de jeunes prédicateurs posaient leurs conditions (tant de vacances, tant de chambres, ceci, cela). On n'imagine pas Paul poser des conditions. Il vivait par la foi, souvent en travaillant pour gagner sa vie : « J'ai reçu une charge. Le Seigneur pourvoira. »
  • « C'est un mot formidable. Je vous le recommande. » Peux-tu dire « mon Évangile » ? Est-ce qu'il te gouverne, te motive ? Est-il tout pour toi, au point d'y consacrer tes biens et tes dons pour qu'il avance ?

5. Les privilèges dont on se glorifie

  • Versets 17 à 20 : tu portes le nom de Juif, tu te reposes sur la loi, tu te glorifies de Dieu, tu connais sa volonté, tu apprécies ce qui est excellent. Tu te crois le guide des aveugles, la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres (une expression de l'Ancien Testament pour les nations), le docteur des insensés, le maître des ignorants.
  • Peter Masters relève ces privilèges sans les développer : un peuple civilisé, instruit par Moïse, qui aime la vertu, qui a des écoles pour les petits enfants, qui maintient l'ordre et relève ceux qui restent en arrière. Confiant de pouvoir enseigner les nations, même s'il ne le fait jamais.

6. « Tu ne t'enseignes pas toi-même ! »

  • Puis vient la bombe, le coup de tonnerre du verset 21. Paul aurait pu demander simplement : « T'enseignes-tu toi-même ? » Il tourne la phrase autrement, avec une surprise presque moqueuse : « Vous êtes si bons, si capables. Sûrement, vous n'avez pas oublié de vous enseigner vous-mêmes ? »
  • « Ne parlons plus des Juifs. Parlons de nous. » Tu as la lumière du Calvaire, l'Évangile est clair pour toi, tu l'aimes et tu t'y confies. Tu peux être une lumière, un témoin, et beaucoup ont le privilège d'enseigner à l'école du dimanche. Tu enseignes les autres. T'es-tu enseigné toi-même ?
  • Un exemple : au début des années 1970, un pasteur du Michigan publie un petit livre pour des réunions de femmes, intitulé Beauty Care for the Tongue (des soins de beauté pour la langue). Repris par un grand éditeur pour un public adulte, il est souvent offert en Angleterre comme prix d'école du dimanche.
  • Peter Masters connaît le cas d'un homme qui avait presque déchiré sa famille. Il était chrétien, sincère, il aimait le Seigneur, mais il ne maîtrisait pas sa colère. Un stage de gestion de la colère ne l'avait pas aidé (le prédicateur ne dénigre pas ces stages). Sa famille n'en pouvait presque plus. On lui donne ce livre, qui n'avait pas été écrit pour lui. Par la prière, par la puissance du Saint-Esprit et par ses efforts, il est guéri de sa colère. La famille devient heureuse, et lui, simple laïc, devient à sa manière un merveilleux berger des âmes.
  • Le secret du livre : un parcours d'instruction, des étapes pour une parole juste, des Écritures, une manière de revoir sa conduite, de prier, de pratiquer. « C'est ce que dit l'apôtre. Ne t'enseignes-tu pas ? Ne t'entraînes-tu pas toi-même ? » Ne gardes-tu pas la trace de tes chutes et de tes péchés réguliers, pour prier, lutter et noter tes progrès ?
  • « Notre tâche la plus haute est de nous enseigner la sainteté. La deuxième est de nous enseigner le témoignage. » Dans ton métier, tu as été formé, tu as appris les bases, la théorie et l'application. Sans cela, tu ne pourrais pas travailler. Et la sainteté passe au second plan, sans aucune attention structurée.
  • Le prédicateur appelle à un examen de soi quotidien : « Où en suis-je avec ceci, et avec cela ? », et à une prière consciente pour être aidé à vaincre tel ou tel péché.

7. Voler, commettre l'adultère, piller le temple

  • « Toi qui prêches de ne pas dérober, tu dérobes ! » Le fais-tu, sous une forme ou une autre ? « Toi qui dis de ne pas commettre d'adultère, tu commets l'adultère ! » Ta vie de pensée est-elle pure ?
  • « Toi qui as en abomination les idoles, tu commets des sacrilèges ! » Le terme grec signifie piller un temple. Tu n'irais jamais près d'un temple païen, mais les croyants pillent le temple chaque fois qu'ils chantent un cantique sans y penser, juste pour l'élan d'un air qu'ils aiment : ils dérobent le culte de l'Église.
  • Peter Masters vise aussi les cultes transformés en spectacle, avec un groupe sur le devant, un rythme régulier qui fait balancer les corps, et des paroles chrétiennes plaquées dessus. Pour lui, c'est voler le temple en gros : lui retirer sa révérence, son centrage sur Dieu, son sens du divin, et en faire une salle de concert.
  • Verset 23 : en transgressant la loi, tu déshonores Dieu. Verset 25 : la circoncision est utile si tu mets la loi en pratique. Appliqué à nous : faire profession de foi en Jésus-Christ et être réellement converti apporte un gain, une bénédiction. Le salut est gratuit, mais une fois sauvé, tu as la lumière, tu peux amener d'autres au Seigneur, être un berger et un soutien.
  • Mais si le péché vient facilement et que nous ne nous enseignons pas, notre profession devient inutile. Et, verset 24, le nom de Dieu est blasphémé parmi les nations à cause de nous : le témoignage est discrédité.
  • Le prédicateur conclut sur le positif : « Faisons-en notre Évangile, et enseignons-nous la sainteté chaque jour, et Dieu nous bénira, nous enrichira et se servira de nous. »

Points à retenir

  • Personne n'est justifié pour avoir entendu la loi : c'est la pratique qui compte, et comme personne ne l'accomplit, nous avons tous besoin de la grâce.
  • La conscience est une voix que Dieu a placée en chacun. On peut l'ignorer, la contredire ou la réécrire, mais elle parlera un jour.
  • Dieu jugera par Jésus-Christ les secrets des hommes, l'hypocrisie cachée comme le péché de la pensée.
  • « Mon Évangile » : l'Évangile doit devenir une partie de toi, ce qui te gouverne et te motive.
  • Ta tâche la plus haute est de t'enseigner toi-même la sainteté, avec la même rigueur que tu as mise à apprendre ton métier.

Application personnelle

  1. Y a-t-il un domaine où tu as appris à faire taire ta conscience, en l'ignorant, en discutant avec elle ou en la réécrivant ?
  2. Quel secret, dans ta vie de pensée ou dans ta vie spirituelle, as-tu besoin d'apporter à Dieu avant le jour où il sera dévoilé ?
  3. Peux-tu dire « mon Évangile » ? Qu'est-ce qui, dans ton temps, tes biens et tes dons, le montre concrètement ?
  4. Quel péché revient régulièrement dans ta vie, et quel parcours simple (Écritures, prière, examen quotidien, suivi des progrès) pourrais-tu mettre en place pour t'enseigner sur ce point ?
  5. Lorsque tu chantes au culte, y es-tu vraiment attentif à Dieu, ou te laisses-tu porter par l'air ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que signifie « toi qui enseignes les autres, tu ne t'enseignes pas toi-même » en Romains 2:21 ?

Paul s'adresse à des Juifs fiers de connaître la loi et de pouvoir instruire les autres. Pour Peter Masters, la tournure marque une surprise presque moqueuse : « Sûrement, tu n'as pas oublié de t'enseigner toi-même ? » La question vaut pour tout chrétien qui connaît l'Évangile et l'enseigne, mais ne s'applique pas à lui-même la discipline de la sainteté.

Comment fait-on taire sa conscience, selon Romains 2:15 ?

Peter Masters décrit trois manières : l'ignorer jusqu'à ce qu'elle ne dise plus rien, discuter avec elle en accumulant les justifications, ou la réécrire en décidant que ce qui était mal ne l'est plus. Mais la conscience reste là, et elle parlera contre nous devant Dieu. Elle est là pour nous aider : pourquoi en faire une ennemie ?

Pourquoi Paul parle-t-il de « mon Évangile » en Romains 2:16 ?

Ce n'est pas un Évangile différent de celui des autres apôtres : Paul est en plein accord avec eux et son enseignement est enraciné dans l'Ancien Testament. « Mon Évangile » rappelle qu'il l'a reçu par révélation directe du Christ, et surtout qu'il l'a fait sien, comme on dit « ma femme » ou « mes enfants ». Il vivait pour lui.

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