Introduction
« As-tu déjà vu le Dieu de puissance à l'œuvre dans ta vie ? » C'est la question que pose Susie, à Trent Vineyard (Nottingham), pour la deuxième semaine d'une nouvelle série sur la deuxième épître aux Corinthiens. Le titre du message tient en trois mots : le Dieu de puissance.
Le message a été prêché un dimanche soir et diffusé en vidéo lors du culte suivant. Il s'appuie sur un seul verset : « Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous » (2 Corinthiens 4:7).
Susie le déplie avec trois questions simples : quel est le trésor ? Que sont les vases de terre ? Et à quoi ressemble cette puissance qui surpasse tout ? Sa réponse : Dieu montre sa puissance dans les percées spectaculaires, mais aussi dans l'ordinaire et au cœur de la douleur.
Plan du message
1. Le Dieu de puissance, sur le sommet et dans la vallée
- Cet été, au festival national de jeunesse Dreaming the Impossible, des milliers de jeunes ont rencontré Jésus. Une jeune fille atteinte de paralysie cérébrale n'avait jamais pu tendre complètement la jambe ni se tenir droite. Pendant que ses amis priaient, ils ont vu sa jambe pivoter et elle s'est tenue droite pour la première fois.
- Susie l'avoue : « Est-ce que c'est vraiment arrivé ? » Elle contacte les responsables, puis reçoit un courriel des parents. Chez le kinésithérapeute, des tests poussés ont montré que ses deux hanches avaient retrouvé un mouvement correct, que sa force avait augmenté et que l'angle de son pied était passé de moins 5 à zéro. Elle n'a plus besoin de séances.
- Mais la puissance de Dieu se voit aussi dans les moments ordinaires et dans les vallées où la percée ne vient pas. Des amis lui ont répondu : sa puissance « me remplit de paix », « me permet de continuer », « me rappelle qu'il est constant ».
- Un ami lui a écrit un long message. Quatre semaines plus tôt, avec sa femme, il se tenait dans une chambre d'hôpital devant leur bébé d'un mois, inconscient, qui avait cessé de respirer, entouré d'une équipe de réanimation. C'était une septicémie, et une opération d'urgence allait lui sauver la vie. Une question les submergeait : « Où est la puissance de Dieu dans ces moments ? »
- Il témoigne pourtant : « Dans ce moment de ténèbres, d'angoisse, d'attente et d'anxiété, nous avons fait l'expérience de la puissance de Dieu d'une manière aussi belle que n'importe quel miracle que nous ayons vu. » Il cite la prière de Paul pour que l'Église soit fortifiée avec puissance par son Esprit dans l'homme intérieur (Éphésiens 3:16). Leur fils est rentré à la maison, mais le chemin continue : plusieurs opérations l'attendent. Sa conclusion : « La puissance de Dieu est présente dans la vallée autant que sur le sommet. »
2. Paul, contesté, parle de qui est Dieu
- Paul écrit à une Église qu'il a fondée quelques années plus tôt. Il y a des tensions : des enseignants qui sapent son enseignement et contestent son autorité.
- Plutôt que de se défendre seulement, Paul exprime son amour aux Corinthiens et revient sans cesse à qui est Dieu. La semaine précédente, la série avait parlé du Dieu de consolation. Cette fois, c'est le Dieu de puissance.
- Le passage lu est 2 Corinthiens 4:5-12 : « Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l'extrémité ; dans la détresse, mais non dans le désespoir ; persécutés, mais non abandonnés ; abattus, mais non perdus. »
- Susie y voit beaucoup de poésie, et surtout un texte « rempli de vérité, d'espérance et de vie ».
3. Le trésor, c'est l'Évangile
- Le verset 5 le dit : « C'est Jésus-Christ le Seigneur que nous prêchons. » Jésus est Seigneur, il est mort, il est ressuscité : la bonne nouvelle, c'est le trésor. On y trouve l'espérance, une relation éternelle avec Jésus et la promesse que toutes choses seront restaurées. « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature » (2 Corinthiens 5:17).
- Ce trésor est aussi ce qui attirait des ennuis à Paul. Un graffiti de Rome, vers l'an 200, se moque d'un chrétien qui adore un crucifié à tête d'âne. Un Seigneur crucifié semblait un paradoxe, un Seigneur sans puissance. « Nous prêchons Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour les païens » (1 Corinthiens 1:23).
- Pour les disciples de Jésus, tout est à l'envers : Christ crucifié est le plus grand trésor. Un frère de l'Église, venu d'Iran, a commencé à lire la Bible après avoir rejoint le groupe de football. De retour dans son pays, des membres de sa famille l'ont frappé avec une barre de fer et l'ont dépouillé. Dans l'ambulance, blessé et renié, il a donné sa vie à Jésus. Il dit : « Ça en valait la peine. »
- Il y a une vingtaine d'années, Susie travaillait dans une agence de voyages, au bureau de change. Un jour, elle a dû porter avec une collègue 10 000 livres en liquide jusqu'à la banque. « Je me sentais étrangement puissante. » Parce qu'elle connaissait la valeur de ce qu'elle portait, elle gardait le sac contre elle et ne le quittait pas des yeux.
- Lors d'un temps de louange de l'équipe de direction, le responsable de louange chantait : « Beau Sauveur, tu me coupes le souffle. » Puis il a ajouté : « Vraiment ? » La question a fait rire, puis elle a convaincu Susie. Elle est revenue à Dieu dans la repentance : « Je ne veux jamais devenir trop familière avec l'Évangile, parce qu'il n'est pas ordinaire. »
- « Tu ne portes pas 10 000 livres. Tu portes l'Évangile. » Si tu suis Jésus depuis longtemps mais qu'il ne te coupe plus le souffle, c'est le moment de te recalibrer. Et si tu te demandes si ce trésor est vrai, cela vaut la peine de chercher, par exemple en suivant le parcours Alpha.
4. Les vases de terre, c'est nous
- Susie a essayé une fois la poterie. Pas de patience, de l'argile partout, puis un pot sorti du four tout fêlé : « Il ne sera jamais dans ma maison. » Les pots de l'Antiquité ressemblaient à cela : sans éclat, fêlés, faciles à remplacer. Mais ils pouvaient contenir des choses d'une valeur immense.
- Paul ne diminue pas notre valeur : Jésus est mort pour nous. Mais comparés au trésor de l'Évangile, nous sommes ordinaires, fêlés et faibles.
- Toute la Bible le montre. Moïse ne sait pas parler. David, un petit garçon avec une fronde, abat Goliath. Jésus nourrit 5 000 personnes avec quelques pains. « Ce n'est ni par la puissance ni par la force, mais c'est par mon esprit, dit l'Éternel des armées » (Zacharie 4:6).
- Face à des rivaux formés à l'art oratoire, écouter Paul, c'était « comme écouter deux copains parler au pub » plutôt qu'une conférence brillante. Il travaillait de ses mains, voyageait à pied et dépendait de dons. Il le reconnaît : « J'étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte, et de grand tremblement », pour que la foi repose « sur la puissance de Dieu » (1 Corinthiens 2:3-5).
- Ce n'est pas une excuse pour dire « je suis juste un pot, je fais ce que je veux ». L'Écriture nous appelle à nous débarrasser du péché et à devenir toujours plus semblables à Jésus. Mais nous n'avons pas à rassembler nos forces pour performer ou impressionner. Le royaume ne suit pas les critères de réussite du monde : ni les notes, ni l'apparence, ni les possessions.
- Au festival, une jeune fille est arrivée chargée de honte, convaincue de n'avoir aucune valeur et de ne jamais pouvoir être utilisée par Dieu à cause de son passé. Le deuxième jour, Dieu l'a remplie du Saint-Esprit et l'a utilisée pour la guérison du pied d'un pasteur de jeunesse. Le troisième jour, pour le genou d'une membre de son groupe, malade depuis toujours. « Il peut utiliser n'importe qui, malgré son passé. »
5. Une puissance explosive, une puissance qui soutient
- C'est délibéré : Dieu place le trésor dans des pots imparfaits pour que, quand quelqu'un est guéri, quand un miracle arrive ou quand tu tiens bon dans l'épreuve, personne ne puisse nier que la puissance vient de lui. C'est pourquoi il peut tous nous utiliser.
- En 1 Corinthiens 2:4, Paul parle d'une « démonstration d'Esprit et de puissance ». Le mot grec est dunamis, d'où vient notre mot « dynamite » : une puissance explosive. Susie dit en avoir soif : « Ne désires-tu pas voir davantage cela ? » Il faut continuer à prier pour cela.
- En préparant le message, le déclic s'est fait : en 2 Corinthiens 4:7, c'est le même mot, dunamis. Mais ici, Paul ne raconte pas une vie facile. Il est pressé, dans la détresse, persécuté, abattu. Il parle même de la mort à l'œuvre dans son corps.
- C'est là que l'image du vase est capitale. Un pot fragile qu'on frappe devrait voler en éclats. Si Paul peut dire « je ne suis pas écrasé, pas détruit », c'est que la puissance de Dieu agit en lui. La vie de Jésus se révèle chaque jour à travers les fêlures de sa faiblesse.
- Cette puissance n'est pas à une seule dimension. Parfois Dieu nous retire de l'épreuve. D'autres fois, il nous fortifie au travers de l'épreuve. L'Évangile ne promet pas qu'avec Jésus tout ira bien, mais nous n'avons pas à être écrasés ni abandonnés.
6. Quand la percée ne vient pas
- Depuis deux ans, Susie traverse des circonstances personnelles très difficiles, hors de son contrôle. Elle a d'abord pensé que tout passerait, qu'une prière suffirait. La percée qu'elle désirait tant n'est pas venue.
- Elle le dit franchement : il y a eu beaucoup de moments où elle s'est sentie submergée, craintive, anxieuse, où tout semblait sans espoir.
- Mais, de plus en plus ces derniers mois, elle a connu une paix inexplicable, une espérance surnaturelle et la résilience de continuer. Rien de spectaculaire : en louant dans sa voiture, en marchant, devant un film, ou en préparant des spaghettis bolognaise quand l'anxiété montait. Elle a simplement murmuré : « Dieu, j'ai besoin de ta puissance. J'ai besoin de ton aide maintenant. »
- Cette force est aussi venue des Écritures (« Ne crains rien, car je suis avec toi », « Je ne te délaisserai point, et je ne t'abandonnerai point ») et de la communion de l'Église, le dimanche et en petit groupe.
- Sundar Singh, né en 1889 dans une famille sikh aisée du nord de l'Inde, avait perdu sa mère adolescent. En colère contre Dieu, il a brûlé publiquement un évangile. Puis il a crié : « Dieu, révèle-toi. » Jésus s'est révélé à lui dans une vision. Baptisé, il a été renié par sa famille, qui a tenté de l'empoisonner.
- Il a refusé un christianisme riche et colonial, voyagé pieds nus en Inde et au Tibet : « Comme mon Seigneur, je ne veux ni maison ni biens. » Battu, emprisonné, laissé pour mort parmi des cadavres, il a parlé de Jésus à des dizaines de milliers de personnes. Mort à 40 ans, on l'appelait « l'apôtre aux pieds qui saignent ». Dans sa faiblesse, la puissance de Dieu a prévalu.
7. C'est pourquoi nous ne perdons pas courage
- Le chapitre se termine ainsi : « C'est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et lors même que notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour » (2 Corinthiens 4:16).
- « Nos légères afflictions du moment présent » ? Susie sourit : on aurait envie de dire à Paul que nos épreuves ne sont pas légères. Mais Paul ne minimise pas la douleur. À la lumière du trésor de l'Évangile et de l'espérance éternelle, ce qui est de cette terre est passager.
- Une citation d'A. W. Tozer, rappelée la semaine précédente : « Le Dieu que nous voyons devrait façonner la vie que nous menons. » Alors nous fixons nos regards « non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles » (2 Corinthiens 4:18).
- Tu te sens peut-être faible, sans éclat, incapable de continuer, malmené par la vie. Cela n'empêche pas Dieu d'agir en toi et par toi. Jésus et l'Évangile sont le trésor, nous sommes les vases de terre, et la puissance vient de Dieu : il apporte la percée, il nous rejoint dans l'ordinaire et il nous soutient dans la douleur.
Points à retenir
- Le trésor, c'est l'Évangile : Jésus mort, ressuscité et qui revient. Il n'est jamais ordinaire, ne t'y habitue pas.
- Tu es un vase de terre : ordinaire, fêlé, mais choisi pour porter un trésor d'une valeur infinie.
- Dieu met délibérément sa puissance dans des vies fragiles, pour que personne ne puisse l'attribuer au vase.
- La même puissance, dunamis, agit dans les guérisons spectaculaires et dans la force de tenir quand la percée ne vient pas.
- Nous ne perdons pas courage : notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour, et nos regards sont fixés sur ce qui est éternel.
Application personnelle
- Quand l'Évangile t'a-t-il « coupé le souffle » pour la dernière fois ? Est-il devenu trop familier pour toi ?
- Comment garderais-tu ce trésor si tu en mesurais vraiment la valeur, comme on serre contre soi un sac de 10 000 livres ?
- Te sens-tu trop impressionnant ou trop insignifiant pour être utilisé par Dieu ? Qu'est-ce que l'image du vase de terre change à ce regard ?
- Dans quelle situation attends-tu une percée qui ne vient pas ? Peux-tu murmurer aujourd'hui : « Dieu, j'ai besoin de ta puissance » ?
- Quelles « choses invisibles » peux-tu choisir de regarder cette semaine pour ne pas perdre courage ?
Versets cités
- 2 Corinthiens 4:5-18
- 2 Corinthiens 5:17
- Éphésiens 3:16
- 1 Corinthiens 1:22-23
- 1 Corinthiens 2:3-5
- Zacharie 4:6
- Ésaïe 41:10
- Hébreux 13:5
Questions fréquentes
Que signifie « ce trésor dans des vases de terre » en 2 Corinthiens 4:7 ?
Pour Susie, le trésor, c'est l'Évangile : Jésus-Christ est Seigneur, il est mort, il est ressuscité et il reviendra restaurer toutes choses. Les vases de terre, ce sont nous : des pots ordinaires, fêlés, faciles à remplacer. Dieu place ce trésor dans des vies fragiles pour que la puissance qui en sort soit clairement la sienne.
Pourquoi Dieu choisit-il des personnes faibles pour manifester sa puissance ?
C'est délibéré : quand quelqu'un est guéri ou quand un croyant tient bon dans la pire épreuve, personne ne peut attribuer ce résultat au vase. Moïse, David ou les pains partagés devant 5 000 personnes le montrent : « Ce n'est ni par la puissance ni par la force, mais c'est par mon esprit, dit l'Éternel des armées » (Zacharie 4:6). Ce n'est pas une excuse pour rester dans son péché, mais une libération de la pression de performer.
Où est la puissance de Dieu quand la guérison ou la percée ne vient pas ?
Le mot grec dunamis désigne à la fois la puissance des percées et celle qui soutient dans l'épreuve. Paul est pressé de toute manière mais non réduit à l'extrémité. Parfois Dieu nous retire de l'épreuve, parfois il nous fortifie au travers. Sa présence et sa puissance sont aussi réelles dans la vallée que sur le sommet.