La Bible — Louis Segond 1910
Ésaïe 41
En bref
Ésaïe 41 se situe dans la partie du livre qui console Israël en exil. Dieu y plaide contre les nations et leurs idoles, fabriquées de main d'homme, et montre qu'il est le seul à diriger l'histoire. Il s'adresse ensuite à son serviteur Jacob, choisi et aimé, avec une parole de réconfort devenue célèbre : ne crains rien, je suis avec toi. Il promet son secours aux faibles, de l'eau dans le désert, et termine en défiant les idoles de prouver qu'elles existent.
Le chapitre en 4 parties
1Iles, faites silence pour m'écouter! Que les peuples raniment leur force, Qu'ils avancent, et qu'ils parlent! Approchons pour plaider ensemble.
2Qui a suscité de l'orient Celui que le salut appelle à sa suite? Qui lui a livré les nations et assujetti des rois? Qui a réduit leur glaive en poussière, Et leur arc en un chaume qui s'envole?
3Il s'est mis à leur poursuite, il a parcouru avec bonheur Un chemin que son pied n'avait jamais foulé.
4Qui a fait et exécuté ces choses? C'est celui qui a appelé les générations dès le commencement, Moi, l'Eternel, le premier Et le même jusqu'aux derniers âges.
5Les îles le voient, et sont dans la crainte, Les extrémités de la terre tremblent: Ils s'approchent, ils viennent.
6Ils s'aident l'un l'autre, Et chacun dit à son frère: Courage!
7Le sculpteur encourage le fondeur; Celui qui polit au marteau encourage celui qui frappe sur l'enclume; Il dit de la soudure: Elle est bonne! Et il fixe l'idole avec des clous, pour qu'elle ne branle pas.
8Mais toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j'ai choisi, Race d'Abraham que j'ai aimé!
9Toi, que j'ai pris aux extrémités de la terre, Et que j'ai appelé d'une contrée lointaine, A qui j'ai dit: Tu es mon serviteur, Je te choisis, et ne te rejette point!
10Ne crains rien, car je suis avec toi; Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu; Je te fortifie, je viens à ton secours, Je te soutiens de ma droite triomphante.
11Voici, ils seront confondus, ils seront couverts de honte, Tous ceux qui sont irrités contre toi; Ils seront réduits à rien, ils périront, Ceux qui disputent contre toi.
12Tu les chercheras, et ne les trouveras plus, Ceux qui te suscitaient querelle; Ils seront réduits à rien, réduits au néant, Ceux qui te faisaient la guerre.
13Car je suis l'Eternel, ton Dieu, Qui fortifie ta droite, Qui te dis: Ne crains rien, Je viens à ton secours.
14Ne crains rien, vermisseau de Jacob, Faible reste d'Israël; Je viens à ton secours, dit l'Eternel, Et le Saint d'Israël est ton sauveur.
15Voici, je fais de toi un traîneau aigu, tout neuf, Garni de pointes; Tu écraseras, tu broieras les montagnes, Et tu rendras les collines semblables à de la balle.
16Tu les vanneras, et le vent les emportera, Et un tourbillon les dispersera. Mais toi, tu te réjouiras en l'Eternel, Tu mettras ta gloire dans le Saint d'Israël.
17Les malheureux et les indigents cherchent de l'eau, et il n'y en a point; Leur langue est desséchée par la soif. Moi, l'Eternel, je les exaucerai; Moi, le Dieu d'Israël, je ne les abandonnerai pas.
18Je ferai jaillir des fleuves sur les collines, Et des sources au milieu des vallées; Je changerai le désert en étang, Et la terre aride en courants d'eau;
19Je mettrai dans le désert le cèdre, l'acacia, Le myrte et l'olivier; Je mettrai dans les lieux stériles Le cyprès, l'orme et le buis, tous ensemble;
20Afin qu'ils voient, qu'ils sachent, Qu'ils observent et considèrent Que la main de l'Eternel a fait ces choses, Que le Saint d'Israël en est l'auteur.
21Plaidez votre cause, Dit l'Eternel; Produisez vos moyens de défense, Dit le roi de Jacob.
22Qu'ils les produisent, et qu'ils nous déclarent Ce qui doit arriver. Quelles sont les prédictions que jadis vous avez faites? Dites-le, pour que nous y prenions garde, Et que nous en reconnaissions l'accomplissement; Ou bien, annoncez-nous l'avenir.
23Dites ce qui arrivera plus tard, Pour que nous sachions si vous êtes des dieux; Faites seulement quelque chose de bien ou de mal, Pour que nous le voyions et le regardions ensemble.
24Voici, vous n'êtes rien, Et votre oeuvre est le néant; C'est une abomination que de se complaire en vous.
25Je l'ai suscité du septentrion, et il est venu; De l'orient, il invoque mon nom; Il foule les puissants comme de la boue, Comme de l'argile que foule un potier.
26Qui l'a annoncé dès le commencement, pour que nous le sachions, Et longtemps d'avance, pour que nous disions: C'est vrai? Nul ne l'a annoncé, nul ne l'a prédit, Et personne n'a entendu vos paroles.
27C'est moi le premier qui ai dit à Sion: Les voici, les voici! Et à Jérusalem: J'envoie un messager de bonnes nouvelles!
28Je regarde, et il n'y a personne, Personne parmi eux qui prophétise, Et qui puisse répondre, si je l'interroge.
29Voici, ils ne sont tous que vanité, Leurs oeuvres ne sont que néant, Leurs idoles ne sont qu'un vain souffle.
Versets clés
Qui a fait et exécuté ces choses? C'est celui qui a appelé les générations dès le commencement, Moi, l'Eternel, le premier Et le même jusqu'aux derniers âges.
Dieu se présente comme le premier et le même jusqu'aux derniers âges. Il appelle les générations : l'histoire n'échappe pas à son action.
Ne crains rien, car je suis avec toi; Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu; Je te fortifie, je viens à ton secours, Je te soutiens de ma droite triomphante.
Dieu donne la raison de ne pas craindre : sa présence. Suivent quatre engagements, il fortifie, il secourt, il soutient. La promesse a d'abord été adressée à Israël en exil.
Car je suis l'Eternel, ton Dieu, Qui fortifie ta droite, Qui te dis: Ne crains rien, Je viens à ton secours.
Dieu dit qu'il tient la main droite de son peuple et qu'il vient à son secours. L'image est celle d'un père qui tient son enfant par la main.
Les malheureux et les indigents cherchent de l'eau, et il n'y en a point; Leur langue est desséchée par la soif. Moi, l'Eternel, je les exaucerai; Moi, le Dieu d'Israël, je ne les abandonnerai pas. Je ferai jaillir des fleuves sur les collines, Et des sources au milieu des vallées; Je changerai le désert en étang, Et la terre aride en courants d'eau;
Dieu répond à la soif des pauvres : il fera jaillir des fleuves et changera le désert en étang. Le verset parle d'une réponse de Dieu à ceux qui n'ont plus de ressources.
Voici, ils ne sont tous que vanité, Leurs oeuvres ne sont que néant, Leurs idoles ne sont qu'un vain souffle.
La conclusion est sévère pour les idoles : vanité, néant, souffle. Elles ne peuvent ni prédire ni répondre, contrairement au Dieu vivant.
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Ce qu'en disent les prédications
Questions fréquentes sur Ésaïe 41
Que signifie Ésaïe 41:10 ?
Dieu dit à son peuple de ne pas craindre parce qu'il est avec lui, et il s'engage à le fortifier, à le secourir et à le soutenir de sa droite. Le verset s'adresse d'abord à Israël en exil, tenté de croire que Dieu l'avait oublié. Les chrétiens y trouvent un encouragement pour toute situation de peur, en gardant à l'esprit que la promesse porte sur la présence de Dieu plus que sur l'absence de difficultés.
Quel est le message d'Ésaïe 41 ?
Le chapitre oppose le Dieu vivant, qui dirige l'histoire et secourt les siens, aux idoles faites de main d'homme. Il console Israël (versets 8 à 20) avec la promesse d'une aide concrète, puis défie les faux dieux de prouver qu'ils peuvent annoncer l'avenir. Le message est : tu peux te fier à Dieu seul.
Qui est le serviteur dont parle Ésaïe 41:8 ?
Ici, le serviteur est Israël, le peuple descendant de Jacob et d'Abraham, choisi et aimé par Dieu. Dans la suite du livre d'Ésaïe, la figure du serviteur prend aussi une dimension plus personnelle, que les chrétiens relient à Jésus. Dans ce chapitre, le contexte est clairement celui du peuple en exil.
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Traduction Louis Segond 1910 — domaine public.