L'assurance de sa présence face à la solitude

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Tu vis peut-être aujourd'hui dans une saison où l'incertitude pèse. Le monde tremble, l'actualité inquiète, et parfois ta propre vie porte des blessures que personne ne voit. Dans son message « L'assurance de sa présence », Daniel Décary partage un texte qui l'a récemment encouragé : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28.20). Cette promesse de Jésus vient répondre aux deux émotions qui montent le plus souvent dans les temps troublés : la solitude et la crainte.

Cet article reprend le fil de sa prédication à la Chapelle. Tu y trouveras un plan pastoral, quelques questions pour t'appliquer le texte, les versets cités, et une FAQ pour aller plus loin.

Plan du message

1. Deux émotions qui émergent dans les temps périlleux

On vit dans des temps périlleux, bourrés d'incertitude et d'inconnu. Sur la scène mondiale comme dans nos vies personnelles, il se passe beaucoup de choses qui peuvent nous troubler. Dans ces périodes-là, Daniel Décary identifie deux émotions qui reviennent chez presque tout le monde. La première, c'est la solitude : on reste seul avec toutes ses pensées, tous ses scénarios, et un côté de l'humain se referme. La seconde, c'est la crainte, la peur devant tout ce qui est incertain.

Face à ces deux émotions, une seule réponse solide : la promesse de la présence de Jésus. « Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. » Jésus nous a promis qu'on ne serait jamais seul. Et c'est cette présence qui vient combler la solitude et rassurer devant l'inconnu.

2. La solitude : une douleur, pas juste un état

La solitude, ce n'est pas simplement « être seul ». C'est se sentir seul et en souffrir. Il y a une connotation de douleur, un sentiment profond qui pèse. Et il y a une grande différence entre choisir un moment de solitude (partir au chalet avec quatre chums pour souffler) et subir la solitude.

Subir la solitude, c'est vivre du rejet, l'abandon, le vide du deuil quand un être cher n'est plus là. C'est le nid vide après le départ des enfants. C'est une rupture, un divorce non voulu. C'est le nouvel arrivant qui a tout quitté (famille, pays, culture), pour recommencer une vie et se retrouve seul. C'est l'épreuve : on aime pas la souffrance, et le réflexe humain est de s'éloigner de celui qui souffre. Daniel rappelle un chiffre qui frappe : au début de la pandémie, 90 % des personnes âgées décédées dans les résidences n'avaient jamais de visite.

On peut même ressentir la solitude au milieu d'une foule. Victor Hugo a écrit que « l'enfer tout entier tient dans ce mot : solitude ». Henry David Thoreau parlait d'une ville comme d'« un endroit où des centaines de personnes sont seules ensemble ». C'est vrai dans notre société, et parfois même dans l'Église et dans nos propres familles, là où on devrait justement trouver notre sentiment d'appartenance.

3. Une émotion que Dieu t'a donnée pour te pousser vers lui

Dieu a dit dès la création : il n'est pas bon pour l'humain d'être seul. L'humain a été créé pour être en relation. La solitude est donc une capacité émotionnelle que Dieu t'a donnée, comme toutes tes émotions. Et savais-tu que Dieu est émotionnel ? Il y a environ 600 versets qui font référence à sa colère. Jésus, lui, a vécu ses émotions à plein régime : joie, tristesse, colère, compassion, larmes. « N'accepte pas un évangile qui te dit que tu n'as pas le droit à tes émotions, parce que ce n'est pas l'Évangile que Jésus nous a enseigné. »

Alors à quoi sert cette douleur d'être seul ? Elle t'alerte : il manque quelque chose. Elle te pousse à entrer en relation avec les autres, comme Dieu a créé Ève en constatant la solitude d'Adam. Mais surtout, elle te pousse à entrer en communion avec Dieu. Dans Jean 16.32, Jésus lui-même dit : « Vous serez dispersés chacun de votre côté, et vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi. »

Le psychiatre Viktor Frankl, rescapé des camps de concentration, disait que la seule solution à la dépression existentielle de l'être humain (venir au monde seul, mourir seul), c'est de réaliser que Dieu a voulu ta naissance et sera là pour t'accueillir à la mort. Tu n'es jamais seul.

4. De la relation à la communion avec Dieu

Daniel raconte sa propre histoire. À 16 ans, il avait juré à voix haute que plus personne n'aurait de pouvoir sur sa vie. Sept ans plus tard, écrasé par une solitude existentielle, il a plié le genou : « Dieu, si tu existes, fais quelque chose dans ma vie. » La douleur de la solitude l'a poussé vers Dieu.

Mais Dieu ne t'appelle pas seulement à une relation, il t'appelle à la communion avec lui. Le psalmiste écrit : « Comme une biche soupire après des courants d'eau, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu » (Psaume 42.1-2). Question directe : quand as-tu pris pour la dernière fois le temps d'accueillir cette soif ? On se distrait sans arrêt avec toutes sortes de bruits au lieu de s'arrêter pour connaître Dieu.

5. Sa présence calme tes craintes

Sa présence vient aussi affronter tes peurs, parce que « l'amour parfait bannit la crainte » (1 Jean 4.18). L'incertitude produit la peur, c'est humain. Et si tu es bon pour t'inquiéter, comprends que tu as un vrai don de la foi, le problème, c'est que ton focus est sur le négatif. Mets ta foi sur le positif.

On s'inquiète parce qu'on cherche l'illusion du contrôle. À 4 h du matin, tu ne contrôles rien, tu es dans l'imaginaire. Ton cerveau te fabrique des scénarios que Hollywood n'a jamais imaginés. Daniel partage sa petite prière : « Seigneur Jésus, il faut que je dorme. Toi, tu ne dors pas. Je te donne le dossier, travaille dessus, moi je dors, et demain matin on se met à jour. » Combien de fois s'est-il levé le lendemain reposé, étonné d'avoir tant angoissé pour si peu.

La peur n'est pas mauvaise en soi. Jésus lui-même a été saisi d'angoisse à Gethsémané. Tu veux que tes enfants aient peur de courir au milieu de la rue ou de parler à des étrangers : la peur protège. Mais la peur doit te conduire à Dieu, comme elle a conduit Jésus au Père.

6. Il te tient la main, il ne te lâchera pas

Le Psaume 23.4 te dit : « Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. » Ésaïe 41 ajoute : « Ne crains rien, car je suis avec toi ; ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu. Je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante » (Ésaïe 41.10).

Longtemps Daniel a pensé que c'était à lui de tenir la main de Dieu. Puis il a compris : quand tu marches avec un enfant de deux ans, ce n'est pas l'enfant qui tient ta main, c'est toi qui tiens la sienne. Dieu te tient. Il ne te lâchera pas, même quand tu te débats. Hébreux 13.5 : « Je ne te délaisserai point, je ne t'abandonnerai point. » Peut-être bien du monde t'a abandonné. Lui ne le fera pas.

Et Romains 8.15 te rappelle que tu n'as pas reçu un esprit de servitude pour être dans la crainte, mais un esprit d'adoption par lequel tu cries : « Abba, Père ! » Pour certains, c'est un processus, parce que la relation avec un père terrestre a été difficile. Mais Dieu est un Père qui aime, qui protège, qui te prend dans ses bras pour te dire : « Je suis avec toi. »

Points à retenir

  • La solitude et la peur sont deux émotions normales dans les temps périlleux ; elles ne sont pas des ennemies, elles sont des alertes.
  • La solitude t'alerte qu'il te manque quelque chose : la relation, et plus profondément la communion avec Dieu.
  • Jésus a promis sa présence chaque jour jusqu'à la fin du monde. Tu n'es jamais seul.
  • Devant l'inquiétude, remets le dossier à Dieu et va dormir : lui ne dort pas.
  • Dieu te tient par la main comme un père tient un enfant de deux ans : il ne te lâchera pas.

Application personnelle

  1. Quelle solitude portes-tu en ce moment : choisie ou subie ? Es-tu prêt à l'apporter à Jésus au lieu de la fuir ?
  2. Autour de toi, à l'église, dans ton quartier, qui est seul sans que tu t'en rendes compte ? Que peux-tu faire cette semaine, un texto, un bonjour, une visite ?
  3. Quand tu t'inquiètes à 4 h du matin, qu'est-ce que tu cherches vraiment à contrôler ? Peux-tu remettre ce dossier à Jésus ce soir ?
  4. Vis-tu une simple relation avec Dieu ou une réelle communion ? Quand as-tu pris pour la dernière fois un temps calme, sans distraction, pour l'écouter ?
  5. Y a-t-il une peur ou un rejet passé qui t'empêche d'oser encore entrer en relation ? Peux-tu demander à Dieu de t'aider à tenter à nouveau ?

Versets cités

  • Matthieu 28.20 · « Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. »
  • Jean 16.32 · « Je ne suis pas seul, car le Père est avec moi. »
  • Psaume 42.1-2 · La biche qui soupire après les courants d'eau.
  • 1 Jean 4.18 · « L'amour parfait bannit la crainte. »
  • Psaume 23.4 · « Tu es avec moi. »
  • Ésaïe 41.10 · « Ne crains rien, car je suis avec toi. »
  • Hébreux 13.5 · « Je ne te délaisserai point. »
  • Romains 8.15 · L'esprit d'adoption qui crie « Abba, Père ».
  • 2 Timothée 4.16 · Paul abandonné à sa première défense.
  • 1 Jean 1.9 · « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner. »

FAQ

La solitude est-elle un péché ou une faiblesse spirituelle ?

Non. La solitude est une émotion que Dieu t'a donnée. C'est même Dieu qui a dit dès la création qu'il n'est pas bon pour l'humain d'être seul. Le sentiment de solitude est une alerte : il te signale un vrai besoin de relation avec les autres et, plus profondément, de communion avec Dieu.

Comment faire quand on se sent seul dans l'Église ?

Daniel encourage plusieurs pas concrets. D'abord, oser encore : tente encore d'entrer en relation, avec des attentes réalistes et de la sagesse. Ensuite, joins-toi à un petit groupe où on peut vraiment se connaître. Fais le premier pas (un texto, un courriel, un appel), même si tu aimerais mieux qu'on te contacte. Et prie : « Seigneur, y a-t-il quelqu'un autour de moi qui est seul et vers qui je pourrais tendre la main ? »

Que faire de mes inquiétudes qui reviennent la nuit ?

Reconnais que l'inquiétude cherche à te donner l'illusion du contrôle sur des situations imaginaires. Confie le dossier à Jésus : « Toi, tu ne dors pas, travaille sur cette situation ; moi, je dors, on se met à jour demain. » Cette prière simple, répétée, ramène ta paix, parce qu'elle déplace la sécurité de tes scénarios vers la présence de Dieu.

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