Introduction
Il y a des saisons où tu pries, tu obéis, tu fais des sacrifices, tu dis non à certaines choses pour dire oui à Dieu, et pourtant, rien ne bouge. Tu es fidèle à ce que Dieu t'a demandé, mais tu as l'impression de frapper des murs. Peut-être que dans ta tête, ce matin, tu as le goût d'abandonner. Sur un mariage qui n'avance pas, sur l'attente d'un enfant, sur un appel, sur une conviction qui commence à s'effriter.
Dans son message « Ce n'est pas le temps d'abandonner », Jasmin-Pier Bienvenue s'appuie sur l'histoire de Josué et de la prise de Jéricho (Josué 6) pour parler à ceux qui sont exactement à ce point-là : le sixième tour. Le tour où les murs sont encore debout, où il n'y a aucun signe visible que quelque chose va changer, où la tentation est de tout lâcher juste avant que Dieu agisse.
Voici l'essentiel de ce que ce sermon te dit, et pourquoi ce n'est pas le moment d'abandonner.
Plan du message
1. Josué 6 : un plan qui semble absurde
Josué reprend le peuple là où Moïse l'a laissé. Il doit conduire Israël dans le pays promis à Abraham, Isaac et Jacob, une promesse qu'aucun d'eux n'avait vue s'accomplir de leur vivant. Et la toute première ville à conquérir, c'est Jéricho. Pas une ville secondaire : une forteresse, deux murs, un système défensif complet, une ville réputée imprenable. Dans la logique militaire de l'époque, si Jéricho tombe, toutes les autres villes tombent avec.
Josué n'est pas un poète ni un philosophe. C'est un homme militaire, le chef des armées d'Israël. Il connaît les stratégies pour prendre une ville comme celle-là. Et Dieu lui dit : voici mon plan. Vous allez faire le tour de la ville une fois par jour pendant six jours. Le septième jour, vous en ferez sept fois le tour, les prêtres sonneront du cor, le peuple poussera un grand cri, et les murailles s'écrouleront sur place.
Pas d'échelle, pas d'épée levée, pas de flèches. Juste marcher, avec des trompettes, autour d'une forteresse. Militairement, c'est absurde. Et humainement, c'est humiliant.
2. Le vrai problème, c'est le sixième tour
Un détail frappe dans le texte : Josué n'a jamais dit à son armée combien de temps ça allait durer. Les soldats ne savaient pas si c'était pour une semaine, un mois ou plus.
Et c'est exactement là que beaucoup d'entre nous se retrouvent. Tu as une promesse, Dieu t'a demandé quelque chose, tu marches, mais tu ne sais pas dans combien de temps ça va arriver.
Au premier tour, il y a l'adrénaline du début. Au deuxième, ça va encore, c'est un échauffement. Au troisième, tu commences à te demander si ça vaut la peine. Au quatrième, tu regardes au ciel. Au cinquième, le doute s'installe : « Peut-être que c'est moi qui n'ai pas bien fait quelque chose. Peut-être qu'il y a un péché dans mon cœur qui bloque la promesse. » Et au sixième tour, les murs sont encore debout. Tu as obéi, tu as marché, tu as été fidèle. Aucun signe. Aucun résultat. Rien.
La vraie bataille de Jéricho ne se joue pas contre Jéricho. Elle se joue dans ton cœur. Et c'est au sixième tour que les questions arrivent : « Est-ce que j'ai vraiment entendu Dieu ? Est-ce que ça sert à quelque chose ? Combien de temps encore ? »
3. Regarder au mur ou regarder à la promesse
Au verset 1 de Josué 6, la ville est fermée, barricadée, tous les murs sont là : tout est en place pour que ça ne fonctionne pas. Au verset 2, Dieu dit à Josué : « Je te livre Jéricho. » Pas « je vais te la livrer un jour », « je te l'ai livrée ». Aux yeux de Dieu, la ville est déjà à toi.
Deux versets, deux réalités complètement différentes. Et Josué doit choisir sur laquelle il pose son regard.
Hébreux 11.1 le dit : « La foi est une façon de posséder ce qu'on espère. C'est un moyen d'être sûr des réalités qu'on ne voit pas. » Peu importe la promesse que Dieu t'a donnée, tu vas devoir choisir. Est-ce que tu regardes à la réalité que tu vois au quotidien, ou est-ce que tu regardes avec les yeux de la foi à ce que Dieu a promis ? La foi continue de marcher même quand elle ne voit rien, non pas parce qu'elle ignore la réalité, mais parce qu'elle choisit de faire confiance aux yeux de Dieu, qui voient mieux.
4. Ta bouche va nourrir ta foi ou la détruire
Avant même le premier tour, Josué donne au peuple une consigne étrange : « Pas de cri, restez muets. Ne dites pas une parole jusqu'au jour où je vous ordonnerai de pousser des cris. » (Josué 6.10) Pourquoi ce silence ?
Parce que Josué se rappelle Nombres 13. Moïse envoie douze espions dans le pays promis. Ils voient tous la même chose : un pays solide, des géants, des villes fortifiées. Dix reviennent avec « on n'y arrivera jamais ». Seuls Josué et Caleb disent « oui, c'est dur, mais Dieu est avec nous, on peut avancer ». La parole des dix a influencé tout le peuple. Le peuple a choisi d'abandonner, et une génération entière n'est pas entrée dans le pays promis.
Josué ne veut pas revivre ça. Il sait quelque chose de profond : dans les saisons où tu ne vois rien encore, ta bouche va soit nourrir ta foi, soit la détruire. Les Proverbes disent qu'il y a une puissance de vie ou de mort dans notre bouche. Tu peux continuer à prier extérieurement tout en abandonnant intérieurement. Tu peux continuer à tourner autour des murs en te disant « de toute façon, ça sert plus à rien ». Il y a une différence entre décrire honnêtement ce que tu vis pour être aidé, et répéter continuellement des paroles qui te poussent à lâcher.
5. Jésus a complété le septième tour à ta place
L'histoire de Jéricho pointe vers plus grand. Dieu donne une promesse au peuple : le Sauveur, le Roi des rois. Et le processus est absurde. Jésus n'apparaît pas comme un roi glorieux mais comme un bébé dans une étable. Puis trente ans de silence à Nazareth, avec un marteau et des clous. Aucun signe qu'il est le Roi des rois.
Trois ans de ministère, puis Judas le trahit, Pierre le renie, le système religieux le condamne. Vendredi saint, on le cloue sur une croix. Il crie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Il vit l'abandon total. Samedi, silence complet. Aucun indicateur de progrès. Pour les disciples, c'était littéralement le sixième tour.
Mais dimanche matin, Pierre court au tombeau. La pierre est roulée. Le tombeau est vide. Les murs viennent de tomber. Jésus a complété le septième tour.
Ce que tu méritais (la rupture, la condamnation, le silence de Dieu), Jésus l'a pris à ta place. Et ce que Jésus méritait (l'amour du Père, la relation, la vie), t'est offert. C'est à partir de cet amour reçu que tu peux persévérer jusqu'à ton propre septième tour, dans ton mariage, dans un pardon à donner, dans un appel qui semble ne mener nulle part. La force ne vient pas de toi. Elle t'est donnée.
Points à retenir
- Dieu ne t'a pas donné de calendrier. Josué n'a jamais dit à son armée combien de tours il faudrait faire. Ton attente n'est pas un signe que Dieu s'est trompé.
- Le vrai combat se joue au sixième tour, pas à Jéricho. Ce n'est pas les murs qui sont le vrai problème, c'est ce qui se passe dans ton cœur pendant que tu tournes.
- Deux réalités s'offrent à toi. Le mur que tu vois, ou la promesse que Dieu prononce déjà comme accomplie. Tu vas devoir choisir où poser ton regard.
- Ta bouche construit ou détruit ta foi. Tu peux obéir extérieurement tout en abandonnant intérieurement par ce que tu répètes.
- Jésus a déjà complété le septième tour. La force pour persévérer ne vient pas de toi, elle t'est donnée par celui qui est ressuscité.
Application personnelle
- Dans quelle sphère de ta vie es-tu présentement au « sixième tour » ? Un mariage, une attente d'enfant, un appel, une relation à réparer, une conviction qui s'effrite ?
- Quelle promesse concrète Dieu t'a-t-il donnée dans cette sphère ? Reviens au moment où tu l'as reçue.
- Quand tu regardes ta situation, à quoi ressemble le « mur » pour toi ? Et à quoi ressemble la promesse ? Sur lequel des deux tes yeux se posent-ils le plus souvent ?
- Écoute ce qui sort de ta bouche cette semaine à propos de cette situation. Est-ce que tes paroles nourrissent ta foi, ou est-ce qu'elles la détruisent tranquillement ?
- À qui peux-tu demander de prier avec toi pour tenir jusqu'au septième tour ? Personne n'est appelé à marcher seul autour des murs.
Versets cités
- Josué 6 · La prise de Jéricho
- Josué 6.10 · La consigne de silence
- Hébreux 11.1 · La foi comme moyen d'être sûr
- Nombres 13 · Les douze espions
- Proverbes 18.21 · La puissance de vie et de mort de la langue
FAQ
Pourquoi Dieu attend-il jusqu'au septième tour pour agir ?
Parce que Dieu n'est pas seulement intéressé par le résultat, il est intéressé par ce qu'il veut créer en toi pendant le processus. Le tour absurde autour des murs met à nu la foi et empêche de s'attribuer la gloire de la victoire. Quand les murs tombent, il est clair que ça vient de lui.
Comment savoir si j'ai vraiment entendu Dieu, ou si je m'accroche à quelque chose qu'il ne m'a pas demandé ?
Le doute au sixième tour est normal, Jasmin-Pier lui-même raconte l'avoir traversé quand il ne savait pas où Dieu l'envoyait après avoir quitté Sherbrooke. La question à te poser n'est pas « combien de temps encore ? », mais « où est-ce que je pose mon regard ? ». Revient à la conviction initiale, à ce que Dieu t'a clairement dit, et fais confirmer par des frères et sœurs de confiance.
Que faire quand je suis trop épuisé pour continuer à croire ?
Ne reste pas seul. L'Esprit qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en toi si tu as mis ta foi en lui, la force pour persévérer t'est donnée, elle ne vient pas de tes propres capacités. Demande à ton église, à des frères et sœurs, de prier pour toi. Ce n'est pas un signe de faiblesse spirituelle, c'est le fonctionnement normal du corps de Christ.
Ne rate aucune prédication de la Chapelle (Montréal)
Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.
pour prendre des notes et poser une question.