Introduction
« Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. » William Philip, à The Tron Church de Glasgow, ouvre ce message de sa série sur la deuxième épître de Pierre avec ces mots de Paul à Timothée. Des temps difficiles pour le monde, et plus difficiles encore pour les chrétiens qui vivent dans ce monde.
Le prédicateur part de l'actualité : les messages qui, d'une saison à l'autre, cherchent à entretenir la peur dans la population. La vraie question, dit-il, est celle-ci : quelles voix allons-nous croire ?
Dans 2 Pierre 3:3-7, l'apôtre donne à l'Église « un cours de reconnaissance vocale ». Il décrit trois marques du moqueur pour que tu puisses le démasquer et ne pas être ébranlé : sa motivation, son message et son erreur.
Plan du message
1. Des temps difficiles : quelles voix croire ?
- Paul prépare Timothée à l'âge qui suivra les apôtres : les hommes méchants avanceront toujours plus dans le mal, « égarant les autres et égarés eux-mêmes » (2 Timothée 3:13). Pierre a le même souci dans sa deuxième lettre.
- Le prédicateur invite à se demander ce que les puissances de ce monde diffusent pour semer la peur, et quelles voix nous choisissons d'écouter.
- La question est importante pour tout le monde, mais surtout pour le croyant qui connaît la vérité en Jésus et qui chérit la parole de vérité dans l'Écriture.
- Dieu nous a donné « tout ce qui contribue à la vie et à la piété » (2 Pierre 1:3) dans ses précieuses et très grandes promesses : les paroles des prophètes, pour l'Ancien Testament, et le commandement du Seigneur transmis par les apôtres, pour le Nouveau (2 Pierre 3:2). « Pas de la propagande, pas du mensonge, mais la vérité divine, et nous l'avons entre les mains. »
- Ainsi, au milieu d'un monde de tromperie, nous pouvons vivre la vérité parce que nous connaissons la vérité, et croître dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur (2 Pierre 3:18).
2. Les moqueurs viendront, même de l'intérieur
- Le positif ne suffit pas. La Bible ne cache jamais la réalité : « Ceux qui pensent que l'Évangile est une béquille pour croyants fragiles se trompent eux-mêmes. La Bible fait tomber toutes les béquilles. »
- « Sachez avant tout » : Pierre veut qu'on saisisse d'abord ce négatif nécessaire. Tout ne sera pas rose en attendant le retour du Seigneur.
- Les moqueurs viendront « avec leurs railleries ». Rien de passif : ils viennent répandre activement le mensonge.
- Ils ne viendront pas seulement de l'extérieur. Après avoir dit que les hommes ont parlé de la part de Dieu, poussés par le Saint-Esprit (2 Pierre 1:21), Pierre ajoute : « il y aura de même parmi vous de faux docteurs » (2 Pierre 2:1).
- Nous aimerions croire à des Églises pures, jamais touchées. Mais selon Pierre, il en sera ainsi jusqu'au retour de Jésus. On ne peut pas le nier, il faut y faire face.
3. Leur motivation : leurs propres convoitises
- Les moqueurs marchent « selon leurs propres convoitises » (verset 3). C'est l'inverse du vrai prophète, qui ne parle pas de sa propre volonté mais poussé par l'Esprit de Dieu (2 Pierre 1:21).
- Le vrai enseignant n'est conduit ni par la popularité, ni par le succès, ni par la croissance, ni par le désir d'une vie tranquille. Il apporte la foi « transmise aux saints une fois pour toutes » (Jude 3), même quand personne ne veut l'entendre. Paul le dit à Timothée : prêche « en toute occasion, favorable ou non », car on voudra des maîtres qui flattent les oreilles (2 Timothée 4:2-4).
- « Il n'y a aucune souffrance à dire aux gens ce qu'ils veulent entendre. » Il y en a à leur dire ce qu'ils ne veulent pas entendre, mais dont Dieu dit qu'ils ont besoin.
- Soyons honnêtes : nous aimons tous entendre ce qui nous arrange et nous justifie. Le moqueur façonne son enseignement en conséquence. Il passe sous silence ce que Jésus dit de l'adultère et de l'immoralité sexuelle, et nos convoitises finissent « baptisées dans l'Église ». Beaucoup d'amour inconditionnel, très peu du commandement inconditionnel de se repentir : « c'est l'Évangile moins ».
- Cela marche aussi dans l'autre sens. Jésus dit : « qu'il se charge chaque jour de sa croix » (Luc 9:23). Paul dit : « Chaque jour je suis exposé à la mort » (1 Corinthiens 15:31). Le moqueur répond : « Ne prends pas ta croix, prends ta couronne. Tu peux tout avoir si tu as assez de foi. » Des choses que Jésus n'a jamais promises, ou qu'il a promises pour son retour. « C'est l'Évangile plus. »
- On peut agir avec de bonnes intentions, pour ne blesser personne, et minimiser l'unicité de Jésus-Christ ou le péché. Mais Jésus, avec la femme surprise en adultère, n'a montré aucun moralisme hautain : il a montré une grâce pleine de vérité. « Va, et ne pèche plus » (Jean 8:11). Il savait que ne pas confronter le péché aurait été un péché plus grand.
- Le moqueur, lui, ressemble au politicien qui a toujours l'œil sur les urnes, ou au marchand qui a l'œil sur ses bénéfices. Au bout du compte, il donne aux gens ce qu'ils veulent, qu'il en soit conscient ou non.
4. Leur message cynique : « Où est la promesse ? »
- « Où est la promesse de son avènement ? Car, depuis que les pères sont morts, tout demeure comme dès le commencement de la création » (verset 4). Autrement dit : où est ton Dieu ? S'il existait, il le rendrait plus évident.
- Ce cynisme remonte au serpent de Genèse 3. Les nations disent : « Où est leur Dieu ? » (Psaume 79:10). Le psalmiste entend ses adversaires lui répéter : « Où est ton Dieu ? » (Psaume 42:4, 11). Joël rapporte la même raillerie (Joël 2:17).
- Jérémie a affronté la même attitude au sein même du peuple de Dieu : « Où est la parole de l'Éternel ? Qu'elle s'accomplisse donc ! » (Jérémie 17:15). Le jugement ? « Qu'il vienne, on verra bien. » Pour sa peine, Jérémie a été jeté dans une citerne, enfoncé dans la boue (Jérémie 38:6).
- Du temps de Jérémie au premier siècle et jusqu'au vingt-et-unième, le message est le même. Tu l'entends au travail, à l'école, à l'université : « Si Dieu existe, pourquoi tant de souffrance ? Pourquoi les gens tombent-ils encore malades et meurent-ils, si Jésus est le Seigneur de la vie ? Le monde est le même qu'avant. Le jugement, quelle bêtise. »
- Le prédicateur évoque un article de Richard Dawkins, vingt ans après son livre Pour en finir avec Dieu, et la campagne d'affiches sur les bus de Londres : « Dieu n'existe probablement pas. Alors arrête de t'inquiéter et profite de ta vie. » « Cela fait beaucoup de foi placée dans le mot "probablement". »
- Ironie relevée par William Philip : vingt ans plus tard, Richard Dawkins déplore l'érosion de la culture chrétienne qu'il apprécie. « On ne garde pas ce qu'on aime si l'on détruit ce qui l'a produit. »
5. Leur erreur colossale : oublier la parole de Dieu
- « Ils veulent ignorer » (verset 5) : les moqueurs suppriment volontairement un fait. La parole de Dieu n'est pas seulement un témoignage digne de confiance. C'est la puissance qui a créé le monde, qui a jugé dans l'histoire et qui maintient le monde jusqu'au jugement.
- Si tu prends au sérieux Jésus-Christ, la figure qui domine l'histoire humaine, tu dois savoir qu'il prenait la parole de Dieu très au sérieux, comme chacun des apôtres. Ils étaient clairs sur trois faits.
- Premier fait : le monde n'est pas là par hasard, il a été créé par la parole de Dieu. Le prédicateur cite David Attenborough, homme de grande culture, qui parlait avec mépris d'un ancien directeur d'école chrétien : « Comment un homme si instruit peut-il croire de telles absurdités ? » William Philip retourne la question : comment un homme qui observe la complexité de la vie sur terre peut-il ne pas voir la main de Dieu, quand « les cieux racontent la gloire de Dieu » (Psaume 19:2) ? Et si tout vient du hasard, pourquoi écouter qui que ce soit ?
- Deuxième fait : Dieu a jugé dans l'histoire. Au verset 6, c'est le déluge ; au chapitre 2, Sodome (2 Pierre 2:5-6). Le texte ne dit pas que la planète a été détruite, mais que « le monde d'alors », le monde des hommes, a péri. Jésus lui-même parle de ces jugements (Luc 13:1-5) et annonce celui qui frappera Jérusalem en l'an 70.
- Troisième fait : par la même parole, les cieux et la terre d'à présent sont « réservés pour le feu, pour le jour du jugement et de la ruine des hommes impies » (verset 7). La seule chose qui retient ce jour, c'est la parole de Dieu.
- « Oserais-tu risquer ton éternité sur un souhait aussi fragile ? » Ce serait, dit Pierre, une erreur colossale.
6. « Mauvais sens, faites demi-tour »
- C'est un langage très direct. Si Pierre publiait cela aujourd'hui sur les réseaux sociaux, il serait aussitôt traité d'extrémiste. Mais face à un vrai danger, un avertissement clair est nécessaire. Se taire devient coupable, même si certains sont offensés.
- En Australie, le prédicateur a vu sur une bretelle d'autoroute un panneau sans subtilité : « Wrong way, go back », « Mauvais sens, faites demi-tour ». Peut-être qu'avec de tels panneaux sur la M8, moins de conducteurs s'engageraient à contresens. Parfois, Dieu doit nous crier : « Mauvais sens. Fais demi-tour. Repens-toi. »
- Peu importe que le message des moqueurs soit tout miel, plein d'amour, d'affirmation et d'inclusion, ou qu'ils semblent sincères. Ils oublient le fait nécessaire : la création est gardée par la parole de Dieu pour le jugement.
- Imagine que tu sais qu'après un virage sans visibilité, le pont a été emporté. Qu'est-ce qui est le plus offensant : agiter les bras en criant « Arrêtez, faites demi-tour ! », ou sourire et dire « Bon voyage » ?
- Le choix n'est pas entre politesse et grossièreté : nous sommes appelés à parler avec respect, dignité et amour, et il n'y a aucune place dans l'Église pour les diatribes et l'intimidation. Le choix est entre le scepticisme moqueur et la sincérité scripturaire.
- Pierre reconnaît que certains passages des lettres de Paul sont difficiles à comprendre (2 Pierre 3:16). Mais souvent, ils ne sont pas difficiles à comprendre, ils sont difficiles à accepter. « Ce ne sont pas les passages que je trouve difficiles à comprendre qui me posent le plus de problèmes, ce sont ceux qui sont clairs comme le jour, et que je ne veux ni comprendre ni faire. »
- Les moqueurs tordent les Écritures « pour leur propre ruine ». D'où l'appel final : « Mettez-vous sur vos gardes, de peur qu'entraînés par l'égarement des impies, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté. Mais croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ » (2 Pierre 3:17-18).
Points à retenir
- Les moqueurs viendront dans les derniers jours, et pas seulement de l'extérieur de l'Église. Il faut apprendre à reconnaître leur voix.
- Leur enseignement est façonné par leurs propres convoitises : l'« Évangile moins » retire la repentance, l'« Évangile plus » promet la couronne sans la croix.
- Leur message est cynique et ancien : « Où est ton Dieu ? Où est la promesse de son avènement ? »
- Leur erreur est colossale : ils ignorent volontairement que la parole de Dieu a créé le monde, l'a jugé par le déluge et le garde pour le jour du jugement.
- Avertir clairement n'est pas un manque d'amour. Le vrai choix est entre le scepticisme moqueur et la sincérité scripturaire.
Application personnelle
- Quelles voix écoutes-tu le plus cette semaine, et lesquelles façonnent réellement ce que tu crois ?
- Y a-t-il un enseignement que tu apprécies surtout parce qu'il t'arrange ? Ressemble-t-il à un « Évangile moins » ou à un « Évangile plus » ?
- Quels passages de la Bible ne sont pas difficiles à comprendre pour toi, mais difficiles à accepter et à mettre en pratique ?
- Comment répondrais-tu, avec respect et vérité, à quelqu'un qui te demande : « Où est ton Dieu ? »
- Dans quel domaine Dieu te dit-il peut-être aujourd'hui : « Mauvais sens, fais demi-tour » ?
Versets cités
- 2 Pierre 3:1-18
- 2 Pierre 1:1-4
- 2 Pierre 1:21 à 2:1
- 2 Pierre 2:5-6
- 2 Timothée 3:1-13
- 2 Timothée 4:2-4
- Jude 3
- Luc 9:23
- 1 Corinthiens 15:31
- Jean 8:1-11
- Genèse 3
- Psaume 79:10
- Psaume 42
- Joël 2:17
- Jérémie 17:15
- Jérémie 38:6
- Psaume 19:2
- Luc 13:1-5
Questions fréquentes
Qui sont les moqueurs dont parle 2 Pierre 3:3 ?
Pour William Philip, ce sont des voix qui viennent activement répandre l'erreur, y compris de l'intérieur de l'Église, comme les faux docteurs de 2 Pierre 2:1. Pierre donne trois marques pour les reconnaître : leur motivation (leurs propres convoitises), leur message cynique (« Où est la promesse de son avènement ? ») et leur erreur colossale (ignorer volontairement la Parole de Dieu).
Qu'est-ce que l'« Évangile moins » et l'« Évangile plus » ?
L'« Évangile moins », c'est l'Évangile dont on a retiré ce qu'on n'aime pas : beaucoup d'amour inconditionnel, très peu d'appel à la repentance. L'« Évangile plus », c'est l'Évangile auquel on ajoute ce qu'on veut maintenant : santé, richesse, la couronne sans la croix. Dans les deux cas, le message est façonné par les désirs de l'homme et non par la Parole de Dieu.
Quelle est l'erreur des moqueurs selon 2 Pierre 3:5-7 ?
Ils ignorent volontairement que la même parole de Dieu a créé le monde, a jugé le monde d'autrefois par le déluge et garde les cieux et la terre d'à présent pour le jour du jugement. William Philip appelle cela une erreur colossale : risquer son éternité sur un simple « probablement ».