Matthieu 6 : pas besoin d'impressionner Dieu pour prier

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Introduction

As-tu déjà eu besoin d'aide sans vouloir l'admettre ? Sam Oldland, l'un des pasteurs de St Jude's à Carlton, en Australie, commence par une scène bien connue : un travail qu'on n'arrive pas à finir alors que l'échéance approche, ou ce trajet de la veille où il pensait avoir mémorisé l'itinéraire. Plutôt que de demander de l'aide, il a fini avec sa femme au fond d'un parking industriel où ils n'avaient rien à faire.

Il se demande si nous ne faisons pas la même chose dans la prière. Avoir l'air de savoir ce qu'on fait, employer les bons mots, paraître assez biblique, peut-être même un peu profond. Penser que si l'on prie assez longtemps ou avec assez de passion, Dieu nous prendra au sérieux.

Ce message conclut une série de trois semaines intitulée « Grâce et prière ». À partir de Matthieu 6:5-17 et 7:7-12, Sam Oldland montre que la prière n'est pas une performance. Elle ne sert ni à impressionner les autres, ni à impressionner Dieu. Parce que Dieu est notre Père, nous venons à lui dans une humble dépendance, et c'est là que nous trouvons la liberté.

Plan du message

1. Ne pas prier pour impressionner les autres

  • Au verset 5, Jésus parle des hypocrites qui aiment prier debout dans les synagogues et aux coins des rues pour être vus. Dans une société très religieuse, la piété façonnait le statut social.
  • Leur prière n'est pas vraiment pour Dieu. Elle dit : « Regardez comme je suis proche de Dieu. Avez-vous remarqué comme mes prières sont belles et poétiques ? »
  • Prier au coin d'une rue ne donne plus le même prestige aujourd'hui, mais la tentation se retrouve dans la vie d'Église. Au groupe de maison, quand le tour de prière arrive, une peur monte : « Et si les gens pensent que je suis bête ? Que je ne sais pas prier ? Que je ne suis pas proche de Dieu ? »
  • D'autres, plus à l'aise, sentent le même désir sous un autre angle : faire partie de ceux dont les prières impressionnent.
  • Jésus répond : ils ont reçu leur récompense. Si la prière vise les gens, les gens seront impressionnés, et ce sera tout. « Beaucoup de gens peuvent entendre tes prières et en être impressionnés, mais un seul peut y répondre. »
  • « La prière n'est pas un discours que l'on fait sur Dieu, c'est simplement exprimer nos besoins au Dieu qui nous entend. »

2. Prier devant le Père qui voit dans le secret

  • Au verset 6, Jésus invite à entrer dans sa chambre, à fermer la porte et à prier le Père qui est là dans le lieu secret.
  • Cela ne veut pas dire qu'il ne faut prier que seul : le Nouveau Testament donne d'innombrables instructions pour prier ensemble. Jésus vise un cœur orienté vers Dieu et non vers ceux qui nous entourent.
  • Le pasteur cite C. S. Lewis : il y a une prière qui précède toute prière, « Que ce soit le vrai moi qui parle, et que ce soit le vrai toi à qui je parle. »
  • Ta prière peut être simple, hésitante, faite de longs silences ou de répétitions. « C'est beau. Dieu aime l'entendre. »

3. Ne pas prier pour impressionner Dieu

  • Il y a un autre public que l'on peut chercher à impressionner : Dieu lui-même. « La prière ne consiste pas à impressionner Dieu, elle consiste à dépendre de Dieu. »
  • Au verset 7, Jésus met en garde contre les vaines redites des païens, qui pensent être exaucés à force de paroles. Dans l'Antiquité, invocations élaborées, formules prescrites et rituels devaient garantir l'attention des dieux. Les Grecs et les Romains commençaient leurs prières en flattant leur dieu, les Égyptiens avaient des incantations pour ouvrir les oreilles des dieux.
  • En 1 Rois 18, les prophètes de Baal crient son nom pendant des heures, dansent, hurlent et finissent par se faire des incisions pour qu'il les écoute.
  • Ce réflexe peut nous habiter. Celui qui manque d'assurance se dit que Dieu supporte ses prières maladroites mais s'illumine en écoutant celles des autres. Celui qui est sûr de lui glisse vers une forme de suffisance : des prières si belles que Dieu doit forcément y être sensible.

4. Ton Père sait ce dont tu as besoin

  • Au verset 8, deux vérités ressortent : Dieu est Père, et il sait ce dont tu as besoin avant que tu le lui demandes. Jésus l'appelle « Père » six fois dans ce passage.
  • « Il ne s'attend pas à ce que nous fassions une performance. » On n'a pas besoin de lui envoyer une invitation d'agenda pour obtenir un moment avec lui.
  • En Matthieu 7:7-12, Jésus le redit : quel père donne une pierre à son fils qui demande du pain ? Si nous, pères imparfaits et égoïstes, aimons donner de bonnes choses à nos enfants, combien plus notre Père céleste.
  • Le pasteur confie un « chagrin de parent » que personne ne lui avait annoncé : le jour où son enfant prononce enfin un mot correctement. Sa fille aînée réclamait des « coopers » au lieu de concombres, sa deuxième fille adorait les « lundacorns » avant de dire « licornes », et son fils de deux ans appelle Thomas la locomotive « Toot ». « Dieu notre Père est comme cela. Il aime nos prières maladroites d'enfants. »
  • Il cite cette phrase : la prière ne consiste pas à vaincre la réticence de Dieu, mais à saisir sa bonne volonté.
  • Un parent ne comprend pas toujours les cris et les gestes d'un tout-petit. Dieu, lui, ne manque jamais de savoir ce dont nous avons besoin. Selon Romains 8:26-27, l'Esprit nous aide dans notre faiblesse et intercède pour nous par des soupirs inexprimables.
  • Même quand ta prière se réduit à « S'il te plaît, Dieu », à des larmes et à des souffles, tu as un Dieu qui écoute et comprend.

5. Quand la prière semble rester sans réponse

  • Pour certains, c'est difficile à entendre : « Si Dieu est vraiment mon bon Père, pourquoi ne me répond-il pas ? » Le pasteur reconnaît que la question est profonde, parfois déchirante, et qu'il ne prétend pas y répondre en quelques minutes.
  • La Bible ne cache pas cette souffrance. David s'écrie dans le Psaume 13 : « Jusques à quand, Éternel ! m'oublieras-tu sans cesse ? » David, Job, Abraham, Sara, Anne et Paul ont connu de longues périodes de prière sans la réponse espérée.
  • Jésus lui-même prie dans l'angoisse à Gethsémané : « Éloigne de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. »
  • Jésus ne promet pas que Dieu donnera tout ce qu'on demande au moment où on le demande. Mais la croix montre que l'amour de Dieu ne se mesure pas à la réponse que nous voulons. À Gethsémané, on découvre que Dieu lui-même connaît la prière désespérée, parce qu'il l'a vécue.

6. La liberté de dépendre

  • La dépendance peut sembler humiliante, mais dépendre de Dieu est une liberté, parce qu'il est solide et digne de confiance.
  • Imagine que tu dois traverser une large rivière et qu'il y a un pont. Tu peux choisir l'indépendance et nager, ou compter sur le pont. Cela ne marche que si le pont est fiable. De même, pour une opération chirurgicale, mieux vaut dépendre d'un chirurgien digne de confiance que de s'opérer soi-même.
  • La dépendance est la posture du salut : nous dépendons entièrement de Dieu pour être sauvés. Pourquoi la posture de la vie chrétienne serait-elle différente ?
  • « N'aie pas peur d'apporter tes besoins à Dieu. » Ne pense pas qu'ils ne méritent pas son attention.
  • Vivre en dépendant de soi-même, c'est mettre un plafond à sa vie et passer à côté de la puissance de Dieu. Une vie de dépendance n'est pas une vie où l'on ne fait rien : on agit fidèlement en sachant qu'on a besoin de Dieu pour tout.

7. Le Notre Père, une prière humble et dépendante

  • Dans sa bonté, Jésus nous donne une prière qui enseigne le cœur de Dieu pour la prière : ni pour impressionner les gens, ni pour impressionner Dieu, mais humble et dépendante.
  • Elle commence par appeler Dieu simplement « Père » : pas de vaines redites pour attirer son attention, mais une intimité confiante et humble.
  • « Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite » : nous alignons notre cœur et nos projets sur les siens.
  • « Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien » : nous lui apportons notre vie dans une dépendance simple. Puis nous prions pour ses desseins dans nos vies : le pardon, la tentation, la délivrance du malin.
  • L'Église de St Jude's prie le Notre Père chaque dimanche, pour qu'en le gardant en mémoire il façonne la vie de prière de chacun et celle de l'assemblée.

Points à retenir

  • La prière n'est pas une performance : elle ne sert ni à impressionner les autres, ni à impressionner Dieu.
  • Beaucoup peuvent admirer une prière, mais un seul peut l'exaucer. Prie pour le Père qui voit dans le secret.
  • Ton Père sait ce dont tu as besoin avant que tu le demandes. Il aime tes prières simples et hésitantes, et l'Esprit intercède quand les mots manquent.
  • L'amour de Dieu ne se mesure pas à la réponse que tu attends : la croix et Gethsémané le montrent.
  • Dépendre de Dieu est une liberté, parce qu'il est entièrement digne de confiance.

Application personnelle

  1. Quand tu pries avec d'autres, pries-tu vraiment, ou prépares-tu une prière qui sera à la hauteur de celles des autres ?
  2. Penses-tu parfois que Dieu écoute moins tes prières que celles de croyants plus expérimentés ?
  3. Quelle prière laisses-tu de côté parce que ton besoin te semble indigne de l'attention de Dieu ?
  4. Dans quel domaine de ta vie comptes-tu sur toi-même plutôt que sur Dieu ?
  5. Cette semaine, oseras-tu venir à ton Père tel que tu es, avec tes mots à toi, et lui faire confiance ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que reproche Jésus aux hypocrites qui prient au coin des rues ?

Leur prière n'est pas vraiment tournée vers Dieu mais vers ceux qui les regardent. Jésus dit qu'ils ont déjà reçu leur récompense : les gens sont impressionnés, et c'est tout. Sam Oldland rappelle que beaucoup de personnes peuvent admirer une prière, mais qu'un seul peut l'exaucer.

Faut-il de longues prières ou les bons mots pour que Dieu écoute ?

Non. Jésus met en garde contre les vaines redites des païens, qui pensent être exaucés à force de paroles. Ton Père sait ce dont tu as besoin avant que tu le lui demandes (Matthieu 6:8). Même quand tu ne sais pas quoi dire, l'Esprit intercède pour toi par des soupirs inexprimables (Romains 8:26).

Pourquoi dépendre de Dieu dans la prière rend-il libre ?

Pour Sam Oldland, la dépendance n'a rien d'humiliant quand celui dont on dépend est fiable, comme un pont solide pour traverser une large rivière. Dieu est entièrement digne de confiance. Nous dépendons de lui pour notre salut, et la prière exprime ce même choix au quotidien : compter sur lui plutôt que sur nous-mêmes.

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