Introduction
« À qui fais-tu confiance quand la vie ne se déroule pas comme prévu ? » Peter Brazel, membre de Village Church Annandale, à Sydney, ouvre ainsi ce message sur Luc 9:37-50, au début d'une série de trois semaines sur la fin du chapitre 9 et le début du chapitre 10 de l'Évangile de Luc.
Quand la vie devient trop lourde, quand tu cherches la sagesse, quand tu te demandes ce qui compte vraiment, vers qui te tournes-tu ? Le passage répond : nous devons faire humblement confiance à Dieu, parce qu'il est puissant, sage et plein de grâce. Mais le prédicateur relève aussitôt que les disciples, eux, ne font pas confiance à Dieu. « Ce n'est pas seulement leur problème. C'est aussi le mien, et j'imagine que c'est aussi le problème de certains d'entre vous. »
Il demande à l'assemblée de garder la Bible ouverte : « Si je dis quelque chose qui n'est pas écrit ici, ne m'écoutez pas, regardez plutôt le texte. »
Plan du message
1. Ce qui précède le passage
- Au début du chapitre 9, Jésus donne aux Douze puissance et autorité sur tous les démons et le pouvoir de guérir les maladies. Il les envoie prêcher le royaume de Dieu sans bâton, sans sac, sans pain, sans argent, sans deux tuniques. Ils n'ont donc pas d'autre choix que de compter sur la provision de Dieu.
- Plus loin, Pierre reconnaît en Jésus le Christ. Jésus explique alors ce que cela signifie pour lui : il sera rejeté et mis à mort. Et pour ceux qui le suivent : renoncer à eux-mêmes et se charger de leur croix.
- Juste avant le passage, sur la montagne, l'aspect de Jésus change et sa gloire se révèle à Pierre, Jacques et Jean. Dieu lui-même déclare : « Celui-ci est mon Fils élu : écoutez-le ! »
2. Dieu est puissant
- Le lendemain, un père supplie Jésus de regarder son fils unique, saisi par un esprit qui le jette dans des convulsions. Les disciples n'ont pas pu le chasser. Jésus menace l'esprit impur, guérit l'enfant et le rend à son père. Tous sont frappés de la grandeur de Dieu.
- Quand Jésus guérit, il donne un avant-goût du royaume qu'il est venu apporter : un royaume sans douleur, sans souffrance, sans maladie.
- L'échec des disciples ne compromet pas la puissance de Jésus. Elle ne dépend pas d'eux. Mais pourquoi échouent-ils ? Jésus parle d'une « race incrédule et perverse ». Même après avoir été envoyés sans rien, ils ont encore du mal à croire en la puissance de Dieu.
- Jésus nous appelle nous aussi à annoncer la bonne nouvelle. Peter Brazel confie qu'en début de semaine, il est sorti « assez écrasé » d'une conversation sur Jésus avec une personne, sachant qu'il ne l'avait pas convaincue et que ce serait sans doute sa seule occasion de lui parler.
- « Mais Dieu est aux commandes. » Lui seul peut révéler qui est Jésus. Nous avons la joie d'y prendre part, mais c'est Dieu qui donne la révélation et la compréhension. La peur de mal dire, de ne pas en savoir assez, de vexer ou de ne pas savoir répondre est normale. Jésus a le pouvoir de changer les cœurs, même quand nous partageons l'Évangile imparfaitement.
- Jésus rend le fils à son père : « N'est-ce pas une belle image de restauration ? » À la croix, Jésus nous rend notre Père céleste. Comme le fils, nous avons besoin d'être libérés de l'esclavage du péché, qui repousse Dieu. Comme le père, nous venons à Jésus sans ressources. Et Jésus, par le sacrifice de lui-même, nous libère et restaure notre relation avec Dieu.
3. Dieu est sage : laisse sa parole pénétrer en toi
- Pendant que tous s'émerveillent, Jésus dit à ses disciples : « Pour vous, écoutez bien ceci : Le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes. » Dieu avait dit : « Écoutez-le ». Ici, Jésus insiste pour que ses paroles s'enracinent.
- Le prédicateur reconnaît y avoir entendu, à la réflexion, un reproche : « Je laisse souvent la parole de Dieu ne pas s'enraciner. » Prends-tu le temps de méditer ce qu'il dit, ou expédies-tu ta prière et ta lecture biblique pour retourner au travail ou à ta vidéo YouTube ? « Je ne vous accuse pas, mais je suppose que vous luttez aussi avec cela. »
- Le texte dit que cette parole « était voilée pour eux ». Peter Brazel ne pense pas que Dieu leur cachait activement le sens : Jésus parle clairement, et ce n'est ni la première ni la dernière fois. Ce sont leurs propres attentes qui les empêchent de voir la sagesse de Dieu. Sinon, pourquoi Pierre couperait-il l'oreille du serviteur du souverain sacrificateur lors de l'arrestation ?
- Le titre « Fils de l'homme » renvoie au livre de Daniel : celui à qui sont donnés une domination éternelle et un règne qui ne sera jamais détruit. Les disciples ont vu les miracles. Ils n'arrivent pas à concevoir un Messie qui meurt.
- Paul l'écrit aux Corinthiens : Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages, et les choses faibles pour confondre les fortes, afin que nul ne se glorifie devant lui. Un roi qui souffre et qui meurt contredit toutes nos idées de puissance. Dieu se révèle par sa parole : si nous ne l'écoutons pas, nous ne le comprendrons pas.
- Pourquoi les disciples ont-ils peur de l'interroger ? Jésus n'est pas un enseignant lassé des mêmes questions. Jacques dit comment réagir quand nous ne comprenons pas : si quelqu'un manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, mais qu'il la demande avec foi, sans douter.
4. Faire confiance à ce que Dieu dit
- Peter Brazel a longtemps entendu parler de la mort de Jésus sans comprendre ce qu'elle signifiait. Il pensait que les commandements de Dieu étaient arbitraires, de simples tests d'obéissance.
- Il ne voyait pas que Dieu, son Créateur, lui donnait des instructions parce qu'elles étaient ce qu'il y avait de meilleur pour lui. Quand il a commencé à chercher qui était vraiment Jésus, Dieu lui a montré, à travers des décisions de sa propre vie qui ont causé de la peine à d'autres, que ce que Dieu dit est bien meilleur.
- Si tu ne comprends pas Dieu, cherche-le humblement : il te tend une offre de grâce. Quand tu fais confiance à ce qu'il dit, ta vie change.
- Si tu as du mal à accepter les changements qu'il demande, laisse-le façonner ta compréhension. Il est difficile d'écouter Dieu quand il parle de pornographie, de sexualité ou de générosité, et ce qu'il dit du mariage et du genre se heurte à ce que dit la société. « Devons-nous écouter des gens qui ne comprennent pas Dieu ? »
- Ne te mets pas la tête dans le sable, ne suppose pas que Dieu s'est trompé, n'écoute pas ce que les gens disent qu'il dit, mais ce qu'il dit dans sa parole. Le prédicateur propose, par exemple, de donner une heure chaque samedi matin pour méditer sur ce qui te pose problème, et de prier que Dieu t'enseigne, même si c'est inconfortable.
5. Dieu est plein de grâce : accueillir le petit enfant
- Les disciples se disputent pour savoir qui est le plus grand. Jésus, connaissant leurs pensées, place un petit enfant près de lui : « Quiconque reçoit en mon nom ce petit enfant me reçoit moi-même ; et quiconque me reçoit reçoit celui qui m'a envoyé. Car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c'est celui-là qui est grand. »
- Dans la société romaine, les enfants étaient au bas de l'échelle. On n'offrait l'hospitalité qu'à ses égaux ou à ses supérieurs, parce que cela rapportait quelque chose. Un enfant ne peut rien offrir en retour.
- Jésus appelle ses disciples à donner gratuitement à ceux qui ne l'ont pas mérité et ne peuvent pas le mériter. Les disciples sont d'ailleurs dans la même position que l'enfant : ils n'ont rien à offrir à Jésus. C'est lui qui leur a donné la puissance et qui les a envoyés.
- « Jésus n'est pas généreux en fonction de ce que nous pouvons faire pour lui. Il fait grâce parce qu'il nous donne même quand nous ne pouvons rien faire pour lui. »
- Les disciples, fixés sur un Messie au règne éternel, se battent pour la première place, comme la société le leur enseignait : élève-toi. Jésus révèle que la vraie grandeur dans son royaume se montre dans l'humilité. Cette humilité manifeste la grâce : nous reconnaissons que nous n'avons pas mérité ce que nous recevons.
- Il est tentant de tirer de l'orgueil de notre service, surtout quand il paraît beau aux yeux des autres. N'oublie pas qui tu sers.
- Application concrète pour l'Église : le ministère auprès des enfants et l'enseignement biblique dans les écoles. Il est parfois difficile de voir si l'on fait une différence, car les enfants grandissent lentement dans leur compréhension. Mais Jésus dit qu'ils valent notre temps. « Ce n'est pas un petit sacrifice, mais cela en vaut la peine. Jésus nous a accueillis alors que nous n'avions rien à offrir. »
6. Ce n'est pas à propos de toi
- Jean dit à Jésus : « Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom ; et nous l'en avons empêché, parce qu'il ne nous suit pas. » Jésus répond : « Ne l'en empêchez pas ; car qui n'est pas contre vous est pour vous. »
- Cet homme a manifestement foi en Jésus. Là où l'échec de la foi a empêché les disciples de chasser le démon, lui le fait au nom de Jésus. Il accomplit exactement ce que Jésus avait demandé aux disciples.
- Mais les disciples veulent être le centre du ministère : « Il ne nous suit pas. » Jésus les reprend et les ramène au but de leur ministère. Autrement dit, selon le prédicateur, Jésus leur signifie : « Ce n'est pas à propos de vous, c'est ce que je vous ai envoyés faire. » La bonne nouvelle du royaume ne porte pas sur nous et ce que nous pouvons faire, mais sur Dieu et ce qu'il a fait. « Oublie-toi. Pense au royaume. »
- Nous pouvons être insatisfaits de la manière dont Dieu nous utilise et regarder avec jalousie le succès des autres, comme cette Église un peu plus loin qui grandit et où beaucoup viennent à Jésus : « Pourquoi ne fait-il pas cela ici ? » La jalousie n'a pas sa place. Réjouis-toi pour tes frères et sœurs : nous sommes unis dans un même but, au service du royaume et non de nous-mêmes.
7. Dieu n'abandonne pas ses disciples
- « Cela ne me surprendrait pas que vous vous sentiez un peu mal à l'aise avec ce que Dieu nous a dit ce soir. C'est une bonne chose. » Il est juste de nous sentir repris dans notre conscience quand nous ne faisons pas confiance à Dieu.
- Mais il y a de quoi être encouragé : dans ce passage, les disciples échouent plusieurs fois, et Jésus ne les abandonne pas. Il ne t'abandonnera pas non plus.
- Dieu est puissant, sage et plein de grâce. En regardant Jésus et ce que Dieu a accompli par lui, nous pouvons humblement lui faire confiance pour accomplir ses bons projets pour nous.
- Cette confiance change la vie : vivre dans la prière et la dépendance, méditer la parole de Dieu, le servir avec humilité. « C'est à cela que ressemble le fait de suivre Jésus. »
Points à retenir
- La puissance de Jésus ne dépend pas de nos réussites : il guérit, libère et restaure, même quand ses disciples échouent.
- Quand tu annonces l'Évangile, c'est Dieu seul qui révèle qui est Jésus. Tu peux partager imparfaitement et lui faire confiance.
- Nos attentes peuvent nous rendre aveugles à la sagesse de Dieu. Laisse sa parole s'enraciner en toi, et demande-lui la sagesse quand tu ne comprends pas.
- La vraie grandeur dans le royaume se montre dans l'humilité : accueillir ceux qui ne peuvent rien rendre, comme Jésus nous a accueillis.
- Le ministère n'est pas à propos de toi. La jalousie n'a pas sa place entre ceux qui servent le même royaume.
Application personnelle
- Quand ta vie ne se déroule pas comme prévu, ton premier réflexe est-il de faire un plan ou de faire confiance à Dieu ?
- Qu'est-ce qui te retient de parler de Jésus autour de toi : la peur de mal dire, de ne pas savoir répondre, de vexer quelqu'un ?
- Laisses-tu la parole de Dieu s'enraciner en toi, ou expédies-tu ta prière et ta lecture biblique ? Quel temps précis pourrais-tu lui réserver cette semaine ?
- Y a-t-il un sujet sur lequel tu préfères écouter la société plutôt que ce que Dieu dit dans sa parole ?
- Qui peux-tu accueillir ou servir sans rien attendre en retour, par exemple auprès des enfants de ton Église ?
Versets cités
- Luc 9:37-50
- Luc 9:1-3
- Luc 9:20-23
- Luc 9:28-35
- Daniel 7:13-14
- Jean 18:10
- 1 Corinthiens 1:27-29
- Jacques 1:5-6
Questions fréquentes
Pourquoi les disciples n'ont-ils pas pu chasser le démon dans Luc 9 ?
Jésus leur avait donné puissance et autorité sur tous les démons, et il les avait envoyés sans rien emporter, pour qu'ils dépendent de Dieu. Pourtant, ils ont échoué. Jésus parle d'une génération incrédule et perverse : selon Peter Brazel, les disciples ont peiné à croire en la puissance de Dieu. Leur échec ne diminue en rien la puissance de Jésus, qui guérit l'enfant.
Pourquoi les disciples ne comprennent-ils pas l'annonce de la mort de Jésus ?
Pour Peter Brazel, ce n'est pas Dieu qui leur cache activement le sens. Ce sont leurs propres attentes qui les aveuglent : ils attendent un Messie, le Fils de l'homme de Daniel, dont le règne ne sera jamais détruit. Ils n'arrivent pas à concevoir un Messie qui meurt. Or Dieu a choisi ce qui paraît folie et faiblesse aux yeux du monde.
Que signifie accueillir un petit enfant au nom de Jésus ?
Dans la société romaine, les enfants étaient au bas de l'échelle et on n'accueillait que ses égaux ou ses supérieurs. Un enfant ne peut rien offrir en retour. Jésus appelle ses disciples à donner gratuitement à ceux qui n'ont rien mérité, comme lui le fait pour nous. La vraie grandeur dans son royaume se montre dans l'humilité.