Introduction
Tu as un emploi. Tu es infirmière, ingénieur, futur médecin, avocat, informaticien, enseignant. C'est une grâce, et il faut en rendre grâce à Dieu. Dans certains pays, on étudie, on refaçonne son CV, on cherche pendant des mois sans qu'aucune offre ne se présente. Que tu aies un salaire à la fin de la quinzaine, ce n'est pas rien : c'est une bénédiction.
Mais si tu t'arrêtes au salaire, tu passes à côté de l'essentiel. Le Pasteur Célestin YAO l'a rappelé lors du culte des métiers à ICC Montréal : ton emploi n'est pas la destination, c'est un tremplin. Avant même que tes parents ne rêvent pour toi, Dieu avait préparé une autre œuvre, plus grande, à laquelle ton métier doit servir. Ne quitte pas ce monde en ayant réussi ta carrière et en récoltant zéro pour l'éternité.
Plan de la prédication
1. Le travail n'est pas une malédiction, c'est une bénédiction
Au commencement, Dieu a placé Adam dans le jardin d'Éden avant la chute, avec une mission claire : cultiver le jardin et le garder. Le travail était là dès le premier jour. Il n'est pas la conséquence du péché, il est le cadeau du Créateur à sa créature faite à son image.
Les Proverbes célèbrent cette réalité. « La main des personnes actives dominera, tandis que la main nonchalante sera astreinte à la corvée » (Proverbes 12.24). Autrement dit, celui qui ne travaille pas se retrouve à faire ce que les autres ne veulent pas faire. Le verset 27 va plus loin : « L'homme nonchalant ne rôtit pas son gibier, mais l'activité procure à l'homme des biens précieux. » Le Pasteur Célestin YAO donnait cette image du monde rural : quand tu n'es pas allé à la chasse, tu n'as pas de viande à mettre dans ta sauce. Tu mets beaucoup de piment pour donner le goût, mais la marmite reste vide. Le paresseux ne mange pas ce qu'il n'a pas travaillé.
Même après la chute, Dieu n'a pas retiré le travail : il a seulement ajouté la sueur. C'est dire que le travail reste bon. Et Moïse le rappelle en Deutéronome 28.12 : « Que l'Éternel bénisse le travail de tes mains. » Que cela soit ton partage.
2. La différence entre ton emploi et le travail le plus important
L'apôtre Paul écrit dans Éphésiens 2.10 : « Nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions. »
Le mot grec traduit par « ouvrage » est poièma : tu es une œuvre taillée sur mesure, unique. Le mot pour « bonnes œuvres » est ergon : un travail concret que Dieu a préparé avant même que tu ne naisses. Cela veut dire quelque chose de simple et de bouleversant à la fois : il existe pour toi un travail qui est plus grand que ton emploi.
Ton emploi peut changer. Tu peux donner dix, quinze, vingt ans à une entreprise et te retrouver, à la moindre difficulté, avec une lettre sans égard qui t'oblige à chercher ailleurs. Mais le travail pour lequel Dieu t'a suscité est comme une lettre de créance collée à ta vie. Efforce-toi de ne pas retourner au Créateur sans l'avoir accompli.
3. Le cachet du travail le plus important
Le chef de notre gouvernement, Jésus-Christ, a montré le cahier de charge de ceux qui appartiennent à son royaume. En Luc 4.18, il ouvre le rouleau d'Ésaïe et déclare : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres ; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés. » Puis il ajoute : « Aujourd'hui cette parole s'est accomplie. »
Voilà le cachet. Quel que soit ton titre, ton rang, ton diplôme, le travail le plus important, c'est cela : annoncer la bonne nouvelle, guérir les cœurs brisés, libérer, rendre la vue, renvoyer libres. Cela se passe aussi dans ton lieu de travail. Là où tu es à l'emploi, tu es un missionnaire. Crie à Dieu pour qu'il t'accorde la grâce d'accomplir ce travail au milieu de ton emploi.
Un collègue vient un jour t'ouvrir son cœur : il a un problème. Ne rate pas l'occasion, c'est Dieu qui t'envoie. Un autre est aveuglé dans les décisions qu'il prend, il te raconte sa vie qui tombe ici et là. Que Dieu t'accorde la grâce de lui ouvrir les yeux.
4. Ton emploi comme tremplin : les exemples bibliques
Pierre, André, Jacques et Jean (Luc 5.1-11). Ces quatre hommes étaient associés dans la pêche. Une nuit, ils ont tout tenté et n'ont rien pris. Fatigués, ils lavaient leurs filets, prêts à rentrer chez eux. Jésus s'approche, monte dans la barque de Simon Pierre, lui demande de s'éloigner un peu du bord et enseigne la foule de là. La barque de Pierre devient l'estrade de Jésus. Vue de Pierre, c'est la barque de la frustration : « J'ai travaillé toute la nuit pour rien, et maintenant on prend mon temps et mon outil pour enseigner d'autres. »
Mais Jésus n'immobilise jamais une vie sans la remplir. Après le discours, il dit à Pierre : « Avance en pleine eau et jetez vos filets. » La pêche est telle que les filets se rompent, que les associés doivent venir en renfort, que les deux barques enfoncent. Parce que Pierre a mis sa barque et son temps à la disposition de Jésus, Jésus a mis ses miracles à la disposition de Pierre et de ses collègues. Que ta barque à toi devienne aussi le lieu d'une pêche miraculeuse.
Lévi, aussi appelé Matthieu (Marc 2.13-15 ; Matthieu 9.9-13). Percepteur d'impôts, un métier méprisé par ses propres frères juifs. Jésus passe et lui dit : « Suis-moi. » Lévi se lève, le suit, et l'invite chez lui. Autour de la table, il y a beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie. Pourquoi ? Parce que Lévi avait de l'influence dans son corps de métier. Il a fait passer le mot : « Cet homme ne nous méprise pas, venez l'écouter. » Jésus n'aurait jamais approché ces gens un par un. Le métier de Lévi les a rassemblés.
Zachée à Jéricho (Luc 19). Chef des collecteurs d'impôts. Pourquoi voulait-il tellement voir Jésus, au point de monter dans un sycomore ? Parce que la nouvelle a circulé dans son réseau professionnel : « Chez Lévi, Jésus est venu manger. Il ne nous rejette pas. » Le témoignage passe par les corps de métier.
Luc, le médecin bien-aimé (Colossiens 4.14 ; Actes ; Évangile de Luc). Seul auteur non juif du Nouveau Testament, né à Antioche, compagnon de l'apôtre Paul. Paul ne lui a jamais dit d'abandonner la médecine. Au contraire, son regard de médecin donne à son Évangile une attention particulière aux malades, aux marginaux, aux femmes, aux gens rejetés. C'est même Luc qui inspire à Paul son conseil à Timothée : « Prends un peu de vin à cause de tes indispositions d'estomac » (1 Timothée 5.23). Ton métier façonne le regard que tu portes sur l'Évangile ; garde-le et mets-le au service du Royaume.
Aquilas et Priscille (Actes 18.1-3). Paul arrive à Corinthe. Il rencontre un couple juif chassé de Rome par l'édit de l'empereur Claude. « Il se lia avec eux, et comme il avait le même métier, il demeura chez eux et travailla : ils étaient fabricants de tentes. » Le même métier, le même langage, la même expérience. De cette amitié professionnelle est née une équipe missionnaire qui a servi à Corinthe, à Éphèse, et jusqu'à Rome.
5. Regroupez-vous par corps de métier pour toucher votre ethnos
Le mot grec traduit par « nations » dans « Allez, faites de toutes les nations des disciples » est ethnos : une communauté de personnes qui parlent le même langage. Les informaticiens parlent un langage que le Pasteur Célestin YAO reconnaît lui-même ne pas comprendre. Les médecins, les ingénieurs, les enseignants, les avocats, chacun a son langage, ses codes, ses lieux, ses conférences, son réseau.
Le cri du cœur de cette prédication, c'est celui-ci : arrête de te battre seul dans ton domaine alors qu'il y a d'autres chrétiens autour de toi. Organisez-vous. Que les infirmières se regroupent pour prier et se demander : « Comment gagne-t-on Montréal pour Christ dans notre corps de métier ? » Que les ingénieurs fassent de même. Que les enseignants aussi. Créez des événements adaptés à votre langage, invitez vos collègues, laissez la grâce de Dieu se voir sur vous. Deux qui s'unissent peuvent chasser dix mille (Deutéronome 32.30). À plusieurs, vous pouvez toucher des sphères entières.
Points à retenir
- Ton emploi est une grâce de Dieu et il faut en rendre grâce, mais il n'est pas la finalité de ta vie.
- Éphésiens 2.10 : Dieu a préparé pour toi des œuvres avant ta naissance. Ce travail-là ne changera pas, même si ton emploi change.
- Le cachet du travail le plus important est celui de Luc 4.18 : bonne nouvelle, guérison, libération, ouverture des yeux.
- Jésus n'appelle presque jamais des oisifs : il appelle des gens dans leur activité (pêcheurs, percepteur, médecin, fabricants de tentes).
- Se regrouper par corps de métier n'est pas une option, c'est la stratégie que Dieu a préparée pour toucher chaque ethnos de la ville.
Application personnelle
- Est-ce que je vois mon lieu de travail comme un simple gagne-pain, ou comme le lieu de mission que Dieu m'a confié ?
- Quel collègue m'a récemment ouvert son cœur sans que je saisisse l'occasion de le pointer vers Christ ?
- Est-ce que je prie régulièrement, nommément, pour les personnes de mon bureau, de mon service, de mon chantier ?
- Existe-t-il, dans mon église ou dans ma ville, un groupe de chrétiens de mon corps de métier ? Sinon, ai-je pensé à en susciter un ?
- Le défi lancé en fin de culte : cette semaine, à cinq personnes, dire « bon lundi » et leur demander leur métier. Qui vais-je aborder ?
Versets cités
- Genèse 2.15 · Dieu place Adam pour cultiver et garder le jardin.
- Proverbes 12.24 · La main des personnes actives dominera.
- Proverbes 12.27 · L'activité procure à l'homme des biens précieux.
- Deutéronome 28.12 · Que l'Éternel bénisse le travail de tes mains.
- Éphésiens 2.10 · Nous sommes son ouvrage, créés pour de bonnes œuvres préparées d'avance.
- Luc 4.18 · Annoncer la bonne nouvelle, guérir, libérer.
- Luc 5.1-11 · La pêche miraculeuse et l'appel des quatre pêcheurs.
- Marc 2.13-15 · Jésus appelle Lévi le percepteur.
- Matthieu 9.9-13 · Matthieu invite ses collègues chez lui.
- Luc 19.1-10 · Zachée le chef des collecteurs d'impôts à Jéricho.
- Actes 18.1-3 · Paul, Aquilas et Priscille, fabricants de tentes à Corinthe.
- Colossiens 4.14 · Luc, le médecin bien-aimé.
FAQ
Quelle est la différence entre mon emploi et le travail le plus important dont parle Éphésiens 2.10 ?
Ton emploi te procure un revenu, un statut social, une place dans la société. C'est une grâce de Dieu, et il faut en rendre grâce. Le travail le plus important, ce sont les bonnes œuvres qu'Éphésiens 2.10 appelle ergon : elles ont été préparées avant même ta naissance. Ton emploi peut changer, tu peux être remercié demain matin, mais ce travail-là est collé à ta vie. Ne quitte pas ce monde sans l'avoir accompli.
Comment mon travail peut-il devenir un tremplin pour la mission ?
En te voyant comme un missionnaire là où Dieu t'a placé. Ton métier te donne un langage que même ton pasteur ne parle pas, un réseau qu'il n'a pas, une crédibilité auprès de collègues qui ne mettront jamais les pieds dans une église. Prie pour eux, invite-les à l'occasion, et surtout regroupe-toi avec d'autres chrétiens de ton corps de métier pour toucher cet ethnos ensemble. La pêche miraculeuse a nécessité les associés de Pierre, elle nécessitera les tiens.
Le travail est-il une malédiction depuis la chute d'Adam ?
Non. Dieu a placé Adam dans le jardin pour cultiver et garder avant la chute (Genèse 2.15). Le travail était déjà là. Après la chute, ce qui a été ajouté, c'est la peine, la sueur, la difficulté (Genèse 3.17-19). Mais le travail lui-même reste une bénédiction, et les Proverbes ne cessent d'en célébrer la valeur. La malédiction n'a jamais annulé la bénédiction initiale.
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