Le prix à payer pour suivre Jésus

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Introduction

Tu veux suivre Jésus ? Attention, ce n'est pas anodin. Dans Luc 9.57-62, trois hommes viennent à sa rencontre avec le désir de marcher à ses côtés. Et à chaque fois, la réponse de Jésus dérange. Il ne dit pas « oui, viens » à la légère. Il pose des conditions. Il révèle des attachements. Il pointe des priorités.

Dans ce message, le pasteur Malu BIALUTA (ICC Montréal) revient sur cette scène évangélique pour rappeler une vérité que nous avons parfois oubliée : suivre Jésus a un prix. Pas un prix qui s'achète, mais un prix intérieur, celui du renoncement, de la promptitude, et du refus de regarder en arrière. Dans une saison où l'Église est appelée à réentrer dans une véritable dynamique de discipulat, ce texte parle directement à ton cœur.

Plan du message

1. Suivre Jésus n'est pas une réaction instinctive

Dans le contexte religieux juif du premier siècle, la vie était structurée par trois piliers : la Torah et ses observances, le rôle central de la famille, et les obligations sociales qui pesaient fortement sur chacun. Les trois hommes de Luc 9 réagissent selon ces normes. Leurs demandes sont, humainement parlant, presque normales.

Mais Jésus répond de manière bouleversante. Pourquoi ? Parce qu'il veut nous montrer que le royaume de Dieu est au-dessus même des lois sacrées de ce monde. Il n'abolit pas la famille, il n'abolit pas les devoirs, il les remet à leur place, sous son autorité. Le disciple n'est pas celui qui suit Jésus par instinct ou par émotion. Le disciple est celui qui accepte que Jésus règne d'abord.

2. Le deuxième homme : le cœur partagé

« Seigneur, permets-moi d'aller d'abord ensevelir mon père » (Luc 9.59). Ce petit mot, « d'abord », dit tout. Il révèle que quelque chose passe avant Dieu. La question à te poser aujourd'hui : qu'est-ce que je dis à Dieu avec « d'abord » dans ma vie ?

En creusant le texte, on découvre que le père de cet homme n'était probablement pas mourant. L'expression signifie plutôt : « laisse-moi attendre que mon père meure un jour, et alors je te suivrai ». C'est un report indéfini. Un « plus tard » déguisé en « bientôt ».

Jésus pointe ici un danger réel : mettre autre chose en face de lui. Il ne méprise pas la famille, la Bible dit clairement que celui qui ne prend pas soin de sa famille est pire qu'un infidèle (1 Timothée 5.8). Mais tu ne peux pas prendre soin de ta famille au détriment de la vie de Dieu en toi. Regarde ton conjoint et dis-lui : Dieu avant toi. Ce n'est pas de la froideur, c'est de l'ordre.

Le royaume demande une priorité absolue, même sur les obligations les plus légitimes.

3. La superficialité qui nous détourne

Nous sommes entrés dans une saison où la superficialité règne. Filtres, maquillage, apparences, culte de la personnalité, réseaux sociaux, messages profonds boudés au profit de contenus vides. Ce n'est pas mauvais en soi de prendre soin de son corps ou d'être bien habillé. Mais le meilleur maquillage, c'est celui du cœur. La véritable circoncision, c'est celle du cœur.

Un cœur superficiel ne peut pas suivre Jésus promptement. Et pour suivre Jésus, il faut de la promptitude. Regarde Pierre, André, Jacques, Jean : quand ils sont appelés, ils se lèvent, laissent leurs filets, et suivent. Sans négociation.

4. Le troisième homme : le regard en arrière

« Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d'aller d'abord prendre congé de ceux qui sont dans ma maison » (Luc 9.61). Jésus répond : « Quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas propre au royaume de Dieu » (Luc 9.62).

Jésus utilise ici l'image du laboureur. Dans l'agriculture, si tu tiens la charrue et que tu regardes en arrière, tes sillons se tordent. Tu compliques les semailles, tu compliques la moisson. Le disciple doit avancer avec une décision ferme.

Regarder en arrière prend plusieurs formes :

  • La nostalgie du passé : comme les Hébreux dans le désert qui regrettaient les concombres, l'ail et les oignons d'Égypte (Nombres 11.5). Dieu t'a sorti de la boue, il t'a lavé, il t'a placé dans son royaume, et toi, tu regrettes ?
  • L'attachement qui refuse de mourir : la femme de Lot s'est retournée vers Sodome et est devenue une statue de sel (Genèse 19.26). Le sel, symbole de stérilité : là où il y a trop de sel, rien ne pousse. Une vie chrétienne qui regarde en arrière s'éteint avec le temps.
  • Les hésitations spirituelles : Dieu comprend au début que tu hésites. Mais à un certain moment, il ne comprend plus. Souviens-toi de Moïse qui frappe le rocher au lieu de lui parler (Nombres 20.7-12). Quand Dieu te donne une instruction, tu dois obéir, même si tu n'en saisis pas encore la portée spirituelle.

5. Abraham, la figure de la promptitude

Quand Dieu dit à Abraham : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t'en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste » (Genèse 22.2), la Bible précise qu'Abraham se leva de bon matin (Genèse 22.3). Un homme sans Saint-Esprit, issu d'une famille d'idolâtres, obéit promptement. Et lors du sacrifice, l'ange doit l'appeler deux fois pour qu'il arrête, tellement il était résolu à faire la volonté de Dieu.

Notre génération, elle, discute, doute, remet à plus tard. Pose-toi cette question : si Dieu te demandait de démissionner de ce travail qu'il t'a lui-même donné, obéirais-tu promptement ?

6. Sortir de la familiarité avec Dieu

Beaucoup de chrétiens vivent dans la familiarité avec Dieu. Ils l'appellent Seigneur, mais lui prêtent leur vie avec l'idée de la reprendre. Ils lui donnent deux heures par semaine et se croient donnés. Ils ont du mal avec la dîme parce que « c'est mon argent ». Ils ne saisissent pas que toute leur vie appartient au Suzerain.

Faire crédit à Dieu, dans le sens ancien, c'est croire en la parole reçue. C'est donner du poids à sa parole. C'est risquer tout parce qu'en lui est la vérité.

Points à retenir

  • Suivre Jésus a un prix : renoncer à ce qui passe avant lui, même si c'est légitime.
  • Le mot « d'abord » est révélateur : ce qui vient avant Dieu dans ta phrase est une idole potentielle.
  • Dieu demande la promptitude : le monde spirituel fonctionne par la disposition immédiate à obéir.
  • Regarder en arrière tord les sillons : la nostalgie, les attachements, les hésitations éteignent le disciple.
  • Dieu repose dans la certitude du résultat : là où l'entrepreneuriat est un risque, le discipulat est une garantie d'édification.

Application personnelle

Prends un temps de silence. Écris tes réponses à côté de tes notes :

  1. Quel est le « d'abord » que je place devant Dieu en ce moment (une relation, un projet, un confort, une attente) ?
  2. Qu'est-ce qui retarde mon engagement total ? Je le connais, est-ce que je suis prêt à le nommer devant Dieu ?
  3. Est-ce que je regarde encore en arrière ? Y a-t-il une « Sodome » que je regrette secrètement ?
  4. Quand Dieu m'a donné une instruction récemment, ai-je obéi promptement, ou ai-je frappé le rocher au lieu de lui parler ?
  5. Suis-je dans la familiarité avec Dieu (je lui prête ma vie) ou dans la souveraineté (je lui appartiens totalement) ?

Versets cités

FAQ

Est-ce que Jésus demande vraiment de négliger sa famille pour le suivre ?

Non. Jésus n'abolit pas la famille, il enseigne l'ordre des priorités. La Bible affirme que celui qui ne prend pas soin des siens est pire qu'un infidèle (1 Timothée 5.8). Mais tu ne peux pas prendre soin de ta famille au détriment de la vie de Dieu en toi. La famille se porte mieux quand Dieu est à sa place.

Que signifie concrètement « payer le prix » pour suivre Jésus ?

C'est renoncer à tout ce qui prend la place de Dieu, un confort, un attachement au passé, une obligation légitime devenue idole, une hésitation, une familiarité qui refuse la seigneurie totale. C'est décider d'obéir promptement, sans regarder en arrière, en donnant du poids à sa parole.

Pourquoi la femme de Lot est-elle devenue une statue de sel et non d'autre chose ?

Le sel, dans la Bible, symbolise entre autres la stérilité, là où il y a trop de sel, rien ne pousse. La statue de sel exprime la stérilité spirituelle de celui qui regarde en arrière. Une vie chrétienne partagée entre le passé et le royaume finit par s'éteindre, incapable de porter du fruit.

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