Introduction
Ce message a été prêché lors d'un culte de baptême, juste après que quatre personnes se soient engagées publiquement à suivre Jésus. Le pasteur Benjamin part d'un tube populaire, « Chacun sa route » de Tonton David, générique du film Un Indien dans la ville, pour interroger le message central de notre époque : « chacun sa vérité, chacun son chemin, fais ce qui te rend heureux ». Puis il ouvre Jean 14.6 : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi. » Trois affirmations en une, comme un shampoing, mais surtout trois affirmations qui expliquent pourquoi se faire baptiser n'est pas un rite de plus : c'est un choix de chemin, un choix de vérité, un choix de vie.
Plan du message
1. « Chacun sa route » : le message de notre société : et son épuisement
- La chanson de Tonton David (1994), disque d'or dès sa sortie, résume la pensée centrale de notre société : chacun doit vivre comme il l'entend, suivre son propre chemin pour être heureux. Trente ans après, ce message est encore plus fort.
- Dans un sens, c'est vrai : chacun prend une direction. Certains vivent pour la réussite, d'autres pour la famille, le plaisir, une cause, une passion, une religion.
- Mais la question demeure : quel est le chemin de ta vie ? Celui que tu as choisi ? Pour quelle raison vis-tu ?
- Une étude sociologique récente montre que le fait de choisir est devenu une valeur fondamentale : on doit pouvoir choisir ce qu'on mange, où on vit, avec qui on vit, quelle identité on revendique. On associe le choix à la liberté.
- Sauf que plus il y a de choix, plus beaucoup finissent épuisés, stressés, paralysés par la peur de se tromper. Les jeunes ne savent pas quoi faire après leur diplôme.
- Et cette liberté-là est une illusion : on choisit entre des options déjà décidées par la société, la mode, les réseaux. On croit tracer sa propre route, mais on marche dans des chemins déjà dessinés par une société de consommation.
2. Jésus dit « je suis LE chemin » : une affirmation à contre-courant
- Jésus ne dit pas « je connais un chemin ». Il ne dit pas « un des chemins ». Il dit « LE chemin ».
- Dans un monde où chacun veut tracer sa propre route, c'est une affirmation exclusive, radicale. Sur un plateau télé ou une chaîne YouTube aujourd'hui, on lui reprocherait d'être un extrémiste.
- Pourtant Jésus ose le dire. Et il l'ose parce que son chemin repose sur la vérité.
3. Jésus dit « je suis LA vérité » : la boussole dans la nuit
- Imagine : tu es capitaine d'un bateau, en plein océan, dans le noir complet. Tu as deux options, te fier à tes impressions, ou faire confiance à la boussole. Les impressions changent comme le vent et les vagues. La boussole, elle, montre toujours le nord.
- Nos désirs, nos émotions, nos cultures, l'environnement dans lequel on grandit changent selon les personnes. Ce matin même, celles qui viennent d'être baptisées ont des origines très différentes, camerounaise, haïtienne, bretonne (Dieu arrive même à convaincre les Bretons), congolaise, angolaise. Mais la vérité, elle, reste fixe.
- Si Benjamin écoutait ses envies, tous les midis il mangerait des chips, des frites, des kebabs et des pizzas. Mais la vérité, c'est que si on mange gras tout le temps, on est en mauvaise santé. Et sa femme ne serait pas contente.
- La question à te poser ce matin, ce n'est pas ta consommation de nourriture. C'est : qu'est-ce qui détermine ton chemin de vie ? Tes désirs ? La société ? Ta culture familiale ? Tes blessures ? Ou la vérité ?
- Dans un micro-trottoir vu sur YouTube, un homme demandait aux passants : « Comment êtes-vous venus à la conclusion que ce que vous recherchez dans la vie est la vérité ? » Les gens étaient déstabilisés. Beaucoup répondaient : « ma famille a toujours fait comme ça », « dans ma culture, on fait ainsi », « la société me pousse à avoir plus pour être plus heureux ». Rarement : parce que c'est vrai.
4. Jésus dit « je suis LA vie » : pas une idée spirituelle en plus
- Jésus ne dit pas « voici le chemin, voici la vérité, voici la vie ». Il dit « JE SUIS ». Ce n'est pas banal.
- « Personne ne va au Père sans passer par moi » : le Père, c'est celui que Jésus appelle Dieu. Avec cette affirmation, on comprend que Jésus n'est pas seulement un philosophe, un sage, un gourou, un prophète, un guide moral ou spirituel. Ça, c'est ce que les hommes lui ont prêté ensuite. Soit Jésus est ce qu'il affirme être. Soit c'est un fou. Il n'y a pas d'entre-deux.
- Comme dans Matrix : Morphéus tend deux pilules à Néo, la rouge, tu continues à vivre confortablement dans l'illusion ; la bleue, tu découvres la vérité, mais ça change tout dans ta vie. Jésus fait un peu la même chose. Il ne te propose pas une idée spirituelle en plus. Il te confronte à la vérité, et la vérité engage toute ta vie.
5. Pourquoi cette vérité change tout : la croix et la résurrection
- Dès le premier livre de la Bible, Dieu a créé l'être humain pour vivre en relation avec lui, pas comme un pion dans un système, pas pour survivre au jour le jour, mais pour vivre pleinement dans la paix, la confiance et l'amour.
- Mais très tôt, l'humanité a dit : « nous, on veut décider nous-mêmes ce qui est bon et ce qui est mauvais ». C'est ce que la Bible appelle le péché, pas juste des fautes morales (un bonbon volé à la boulangerie), mais cette séparation d'avec Dieu.
- Depuis, les hommes cherchent à retrouver ce lien perdu. Certains dans l'argent (Benjamin a été banquier, il est bien placé pour le savoir). D'autres dans la religion, la morale, la réussite, le plaisir, la connaissance. Pascal, le philosophe français le plus lucide de notre histoire, a lui-même reconnu ce vide en l'homme que rien ne comble.
- C'est là que Jésus entre dans l'histoire. Il est le seul à avoir ouvert le chemin qui nous ramène à Dieu. Pas une méthode, pas une religion nouvelle, mais sa propre vie donnée. Il est mort sur la croix pour le pardon de nos fautes, pour porter sur lui tout ce qui nous sépare de Dieu, pour que la route soit à nouveau ouverte.
- Et Jésus n'a pas seulement dit ça, il l'a prouvé en ressuscitant. Historiquement : l'existence de Jésus est mieux attestée que La Guerre des Gaules. Les historiens juifs et romains du 1er et du 2ᵉ siècle confirment sa mort sous Ponce Pilate. La résurrection, elle, a été proclamée par des centaines de témoins qui sont partis dans le monde entier et sont morts pour ce qu'ils avaient vu.
- Différence essentielle avec les autres martyrs : les martyrs politiques ou religieux meurent pour une conviction qu'on leur a enseignée. Les disciples de Jésus, eux, ne sont pas morts pour ce qu'on leur a transmis, mais pour un événement dont ils avaient été témoins. On peut se tromper sur une croyance transmise ; on ne meurt pas volontairement pour ce qu'on sait être un mensonge.
Les baptêmes du jour : quatre engagements sur le chemin
Ce matin, quatre personnes se sont fait baptiser publiquement. Elles ne sont pas des « fous » qui auraient perdu la tête, une analyste biologique en cosmétique, une avocate, une étudiante en droit, une professeure de SVT. Des femmes qui vivent, travaillent, réfléchissent dans le monde d'aujourd'hui. Elles ont expérimenté que ce que Jésus a fait dans leur vie est réel, et il peut le faire aussi dans la tienne.
Le baptême, c'est ça : un engagement à marcher sur le chemin de Jésus. Ce n'est pas une invention. C'est Jésus lui-même qui l'a demandé, au 1ᵉʳ siècle, à ceux qui choisissaient de le suivre. Se faire baptiser, c'est dire : « je ne veux plus tracer ma propre route. Je fais confiance à la vérité, à ce que Jésus m'a montré. » Après quinze ans de ministère, Benjamin le dit clairement : il a vu des gens déçus par l'argent, blessés par leur famille, blessés par leurs enfants, blessés par leur parcours professionnel. Blessés par des chrétiens, aussi, et par l'Église. Mais blessés par les paroles de Jésus lui-même, jamais. Pas une seule fois.
Points à retenir
- Le slogan « chacun sa route, chacun sa vérité » ressemble à de la liberté, mais il mène souvent à l'épuisement et à la solitude. Nous choisissons dans des options déjà tracées, sans repère commun.
- Jésus ne dit pas « un chemin parmi d'autres » : il dit « LE chemin, LA vérité, LA vie ». Trois affirmations exclusives qui se tiennent ensemble.
- La vérité est comme une boussole : elle reste fixe quand nos émotions, nos cultures et nos désirs changent. Elle seule permet d'arriver au bon port.
- Jésus n'est pas juste un sage ou un guide spirituel. Il dit « JE SUIS », soit il est ce qu'il affirme, soit c'est un fou. Il n'y a pas d'entre-deux confortable.
- La croix ouvre le chemin ; la résurrection prouve que ce chemin va quelque part. Des centaines de témoins sont morts pour un événement qu'ils avaient vu, pas pour une croyance qu'on leur avait transmise.
- Le baptême est un choix public : « je ne trace plus ma propre route, je m'engage sur le chemin qui s'appelle Jésus. »
Application personnelle
- Quel est aujourd'hui le vrai chemin de ta vie ? Pour quelle raison, très concrètement, vis-tu chaque matin ?
- Qu'est-ce qui détermine tes décisions importantes : tes désirs, tes émotions, la société qui t'entoure, ta culture familiale, tes blessures, ou la vérité ?
- Comment es-tu arrivé à la conclusion que ce que tu recherches dans la vie est vrai ? Si tu ne t'es jamais posé la question, ce serait peut-être le bon moment.
- Es-tu prêt à considérer Jésus non pas comme une option spirituelle en plus, mais comme celui qui te confronte à une vérité qui engage toute ta vie ?
- Si tu te dis chrétien depuis longtemps : ta vie en dehors du dimanche montre-t-elle que Jésus est vraiment un chemin que tu suis, ou juste une croyance intellectuelle et une tradition ?
- As-tu déjà envisagé le baptême comme un engagement public à marcher sur ce chemin ? Si non, qu'est-ce qui te retient réellement ?
Versets cités
- Jean 14.6 · « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi. »
- Jean 10.10 · « Moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance. »
- Genèse 1 · Dieu a créé l'être humain pour vivre en relation avec lui.
- Matthieu 28.19 · Jésus demande à ses disciples d'être baptisés.
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Questions fréquentes
Pourquoi Jésus dit-il « LE » chemin et non « un » chemin ?
Parce qu'il ne se présente pas comme un guide spirituel parmi d'autres, mais comme le seul à avoir rouvert le passage vers Dieu. Cette affirmation est à contre-courant d'une société qui répète « chacun sa vérité », mais elle est cohérente avec le reste de son message : il ne propose pas une idée spirituelle supplémentaire, il dit « JE SUIS », soit il est ce qu'il affirme être, soit c'est un fou. Il n'y a pas d'entre-deux confortable qui ferait de lui juste un sage sympathique.
À quoi sert vraiment le baptême ?
Le baptême n'est pas un rite magique ni un simple héritage familial : c'est un engagement public à marcher sur le chemin de Jésus. C'est lui-même qui l'a demandé, au 1ᵉʳ siècle, à ceux qui choisissaient de le suivre. Se faire baptiser, c'est dire devant témoins : « je ne trace plus ma propre route ; je fais confiance à ce que Jésus m'a montré et je m'engage à le suivre. » Ce n'est ni une performance, ni un examen, c'est un « oui » public à un chemin déjà ouvert par Jésus.
Comment être sûr que la résurrection de Jésus est un fait et non une légende ?
Historiquement, l'existence de Jésus est mieux attestée que La Guerre des Gaules. Les historiens juifs et romains du 1ᵉʳ et du 2ᵉ siècle confirment sa mort sous Ponce Pilate. Pour la résurrection, la donnée décisive est celle-ci : des centaines de témoins sont partis annoncer dans le monde entier ce qu'ils avaient vu, jusqu'à en mourir. Or, on peut mourir sincèrement pour une croyance qu'on nous a transmise et qui serait fausse. On ne meurt pas volontairement pour un événement qu'on sait être un mensonge. Cette différence-là (croyance transmise vs. événement vécu), change tout.
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