Introduction
Quand un bébé naît, les parents se réjouissent de la ressemblance. Mais si, quelques mois plus tard, cet enfant reste au stade de bébé sans grandir, l'inquiétude prend le dessus. On court chez les spécialistes. Pourquoi ? Parce qu'un bébé est fait pour croître. Sa nature même le pousse à devenir un homme, un père de famille, un porteur de vie.
Dans son message prêché à Impact Centre Chrétien Montréal, le pasteur Célestin Yao applique cette image à ta vie spirituelle. Le jour où tu as reçu Jésus, tu es né de nouveau. Christ est né en toi. Mais ce serait une anomalie que tu restes au stade de bébé. Le Seigneur veut que tu grandisses, jusqu'à ce que Christ soit pleinement formé en toi.
L'apôtre Paul écrit aux Galates : « Mes enfants, pour qui j'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement, jusqu'à ce que Christ soit formé en vous » (Galates 4.19-20). Ce cri du berger reste valable aujourd'hui. Il existe des signaux qui ne trompent pas. Quand tu les reconnais dans ta vie, tu ne peux plus rester au stade où tu es. Tu dois soupirer pour que Christ prenne forme en toi.
Plan de l'article
1. Le contexte : le cri de Paul aux Galates
Paul avait annoncé aux Galates l'Évangile de la grâce : le salut par la foi, non par les œuvres. Mais après son départ, un groupe de Juifs, les judaïsants, sont venus perturber l'Église. Ils disaient : « Ce que Paul vous a annoncé est bien, mais ce n'est pas suffisant. Il faut joindre à ce salut l'obéissance à la loi. » Résultat : les chrétiens de Galatie se sont retrouvés ballottés, incertains, immatures.
Paul les reprend avec le langage d'un père. Il ne se réjouit pas seulement qu'ils soient nés de nouveau. Il souffre parce qu'ils ne grandissent pas. Il éprouve « de nouveau les douleurs de l'enfantement » jusqu'à ce que Christ soit formé en eux.
2. Un bébé est fait pour grandir
Le pasteur Célestin Yao prend l'image d'un enfant de six ans. Personne ne peut regarder un enfant de cet âge et dire : « Il ne sera jamais père. » Tout est déjà en lui. Sa voix mut à un certain âge, sa force se déploie, son corps porte déjà la semence d'une descendance. Ce n'est qu'une question de temps, à condition qu'il reçoive la bonne nourriture et l'éducation nécessaire.
La vie spirituelle fonctionne de la même manière. Tu es né de la lignée de Christ. Tout ce qu'il faut pour ressembler à Jésus est déjà déposé en toi par le Saint-Esprit. Mais tu es appelé à croître.
3. Les quatre signaux qui parlent
Voici les quatre signaux que le pasteur Célestin Yao met sur la table. Si tu te reconnais dans l'un d'eux, ne panique pas : reconnais-le, et laisse le Seigneur te faire passer un cap.
Signal 1 : Tu es encore ballotté par tout vent de doctrine
Tu écoutes tout ce qui passe. Un prédicateur dit une chose sur les réseaux, tu dis amen. Un autre dit exactement le contraire, tu dis amen aussi. Tu te laisses imposer les mains par tout le monde, sans savoir qui te parle. Puis tu te retrouves avec des cauchemars, une confusion, des situations compliquées que tu dois venir démêler dans l'Église où tu aurais dû rester dès le début.
Paul le dit clairement : « Ainsi, nous ne serons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction » (Éphésiens 4.13-14). L'objectif du Seigneur est que nous parvenions tous « à la mesure de la stature parfaite de Christ ».
Si tu es encore instable dans ta nourriture spirituelle, si tu ne cherches que les messages « bénédiction, guérison, faveur », mais que tu fuis les enseignements qui te confrontent, c'est un signal. Ton âme aime le sucré, mais ton esprit a besoin de nourriture solide. Tu as besoin d'être enraciné dans une maison spirituelle, sous un leadership, avec une parole qui te fait grandir.
Signal 2 : Il y a des disputes, des divisions, des parti pris autour de toi
Quand un département de l'Église est traversé par la jalousie, les querelles, les partis pris (« pourquoi c'est lui qu'on a appelé en avant et pas moi ? »), c'est un signal. Ce n'est pas un jugement, c'est un diagnostic pastoral : Christ doit être formé dans ce département.
Paul écrit exactement cela à l'Église de Corinthe. Cette Église possédait pourtant des dons spirituels extraordinaires. Mais elle était divisée. Certains disaient « moi je suis de Pierre », d'autres « moi je suis de Paul », d'autres « moi je suis d'Apollos ». Alors Paul leur dit : « Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter ; et vous ne le pouvez pas même à présent, parce que vous êtes encore charnels. En effet, puisqu'il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n'êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l'homme ? » (1 Corinthiens 3.2-3).
« Charnel » n'est pas une insulte. Cela veut dire : tu es né de nouveau, mais ta chair parle encore plus fort que l'Esprit. Tu fonctionnes selon tes penchants naturels. C'est le stade du bébé spirituel. Si tu détectes cela dans ton cœur ou dans ton département, ne le couvre pas. Dis à Dieu : « Seigneur, que Christ soit formé en moi. »
Signal 3 : Tu ne considères que tes propres intérêts
Quand tu es enfant, tu veux garder pour toi. « Ma chose », « ma part », tu te bats pour elle. C'est normal chez un petit. Mais si, à l'Église, tu es toujours dans cette posture (tout ce qui compte c'est ton bien-être, ta bénédiction, ton confort), sans jamais te demander comment ta vie peut bénir les autres, tu as besoin que Christ soit formé en toi.
Le pasteur Célestin Yao rappelle une observation simple : aucun arbre fruitier ne porte des fruits pour lui-même. Plus il porte du fruit, plus ses branches se rabaissent pour être utiles à plusieurs. La vie chrétienne mûre suit le même mouvement.
Regarde autour de toi. Les métiers que les gens admirent le plus sont ceux où l'on sert : les pompiers, les infirmiers, les ambulanciers, les médecins. Pourquoi ? Parce que même le monde sait reconnaître une vie qui se dépense pour les autres. Combien plus dans le Royaume.
Paul écrit : « Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres » (Philippiens 2.4). Pose-toi la question : en quoi ma vie bénit-elle les autres ? Est-ce que quelqu'un est encouragé, servi, aidé, à cause de mon obéissance ?
Signal 4 : Tu te bats toujours avec les mêmes péchés
Ta vie de prière se résume-t-elle à toujours demander pardon pour les mêmes chutes ? Au lieu d'être un temps d'adoration et de contemplation, elle devient une confession en boucle des mêmes défaites. C'est un signal.
L'apôtre Jean fait écho à Paul : « Je vous écris, petits enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés à cause de son nom » (1 Jean 2.12). Il s'adresse à ceux qui sont jeunes dans la foi, ceux qui luttent encore avec la chair.
Le pasteur Célestin Yao a un mot particulier pour les jeunes, en particulier sur les combats liés à la sexualité. Il ne juge pas. Il dit : ne te cache pas. Si, dans la prière solitaire, tu n'arrives pas à en sortir, viens confesser à voix haute, avec la parole et l'accompagnement d'un serviteur. La Parole de Dieu libère, et tu peux sortir totalement de cet esclavage. Mais ne reste pas des années dans le même combat sans jamais briser le cycle.
Points à retenir
- Être né de nouveau est un point de départ, pas un point d'arrivée. Le Seigneur attend que tu grandisses.
- Il existe des signaux concrets qui révèlent où tu en es : ta stabilité doctrinale, ta manière de vivre les relations, ton rapport aux autres, ton combat contre le péché.
- « Charnel » n'est pas une insulte, c'est un diagnostic. Un bébé spirituel est aimé, mais il est appelé à mûrir.
- Une vie mûre porte du fruit pour les autres. Aucun arbre ne mange ses propres fruits.
- Le cri du berger reste : « Jusqu'à ce que Christ soit formé en vous. »
Application personnelle
- Quel signal reconnais-tu le plus clairement dans ta vie aujourd'hui ?
- Quelle est ta nourriture spirituelle principale ? Est-elle du lait ou de la nourriture solide ?
- Dans ton département ou ta famille d'impact, y a-t-il des tensions, des jalousies, des parti pris que tu dois porter devant Dieu ?
- En quoi ta vie bénit-elle concrètement une autre personne cette semaine ?
- Y a-t-il un péché récurrent que tu dois enfin confesser à voix haute et briser avec l'aide d'un frère ou d'une sœur mature ?
Versets cités
- Galates 4.19-20 · « Mes enfants, pour qui j'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement, jusqu'à ce que Christ soit formé en vous. »
- Éphésiens 4.13-14 · Parvenir à la mesure de la stature parfaite de Christ.
- 1 Corinthiens 3.2-3 · Le lait, la nourriture solide, et le diagnostic de « charnel ».
- Philippiens 2.4 · Considérer aussi les intérêts des autres.
- 1 Jean 2.12 · Le mot de Jean aux petits enfants.
- Galates 2.20 · « Ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi. »
FAQ
Que signifie « Christ formé en nous » ?
C'est l'expression de Paul en Galates 4.19. Elle décrit le processus par lequel le caractère, les valeurs et la vie de Jésus prennent forme dans un croyant après la nouvelle naissance. Tu es né de Christ, mais il te faut grandir jusqu'à lui ressembler pleinement.
Être « charnel » dans la Bible, est-ce une insulte ?
Non. Paul l'utilise dans 1 Corinthiens 3 pour décrire un stade. Un chrétien charnel est né de nouveau, mais fonctionne encore selon sa chair, ses penchants naturels. C'est le stade du bébé spirituel. Il est aimé, mais il est appelé à passer à autre chose.
Comment sortir d'un péché récurrent qui dure depuis des années ?
Ne reste pas seul. Confesse à voix haute devant un serviteur ou un frère mature. Donne autorité à Dieu par une parole précise, reçois la prière et laisse-toi accompagner. La Parole de Dieu libère, mais elle a besoin d'être appliquée dans une relation vivante, pas dans le silence de la honte.
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