Introduction
Ce message ouvre une nouvelle série de plusieurs mois à l'Église comme à la maison, intitulée « Développement personnel chrétien ? Comment la foi en Dieu peut nous aider à progresser ». Le prédicateur sait que l'expression ne parle pas à tout le monde. Pour certains, le développement personnel est une philosophie bas de gamme. Pour d'autres, c'est quelque chose d'intéressant, déjà pratiqué, parfois au travers d'un coaching.
Une chose est sûre : il est partout. Dans les films, la publicité, les livres, et même au travail, où il paraît que 20 % des formations professionnelles s'y rapportent. Une définition parmi d'autres le décrit comme une approche éducative de la personnalité qui permet d'acquérir des compétences auto-réflexives, communicatives et relationnelles, transférables à la vie en société. Derrière, on trouve une recherche de bien-être, une meilleure connaissance de soi, la valorisation du potentiel de chacun, l'amélioration de la qualité de vie et la réalisation de ses aspirations profondes. Un mélange de psychologie, de philosophie, de sociologie, avec un peu de neurosciences.
Le prédicateur a lui-même participé à plusieurs groupes de développement personnel et trouve intéressant ce mouvement qui remet en question nos croyances et réfléchit à comment mieux vivre. Il ne veut pas faire un débat pour juger si c'est un bon mouvement ou pas. L'idée est plutôt de prendre ce qui est bon, et de voir, pendant trois ou quatre mois, comment Dieu éclaire les grands thèmes du développement personnel. Et toi, as-tu ce désir de progresser ? Lui, il aimerait être un meilleur père, un meilleur mari, un bon ami, un bon collègue. La question du jour : comment la spiritualité chrétienne peut-elle nous aider à devenir une meilleure version de nous-mêmes ?
Plan du message
1. Ce que le développement personnel promet, et ses limites
- Quelques grands principes du mouvement : tout change par la pensée ; il faut rechercher la pensée positive et rejeter le négatif ; la solution se trouve en nous-mêmes, car il y a un vrai potentiel dans l'être humain ; nos rêves peuvent devenir réalité si on y travaille sérieusement.
- On retrouve ces messages dans les slogans : « Just do it » de Nike (tu as la capacité, ça ne tient qu'à toi d'agir), « Impossible is nothing » d'Adidas (tout dépend de ta volonté), « Parce que je le vaux bien » de L'Oréal (l'être humain mérite confiance et attention), « Think different » d'Apple (un nouveau monde est possible quand on change sa manière de penser). Même les dessins animés : dans Zootopie, un lapin peut devenir policier, métier réservé aux grands prédateurs, parce que tout dépend de notre volonté.
- Il y a du bon là-dedans, notamment la dignité de l'être humain. Mais le prédicateur relève des limites : un homme idéalisé, capable de l'impossible, ce qui va peut-être un peu loin ; un culte de la performance qui devient dangereux le jour où l'on perd ses capacités ou tombe malade ; une énorme emphase sur la responsabilité individuelle, très centrée sur soi ; et des dérives sectaires, comme dans tout mouvement.
- Ces limites n'empêchent pas de reconnaître de bonnes réflexions sur la manière de progresser.
2. La loi de Dieu comme une radio : elle révèle le problème
- Avant d'ouvrir le passage du jour, un détour par l'Ancien Testament. Avec Moïse, Dieu donne les dix commandements : des règles et des pratiques pour que l'être humain progresse et devienne une meilleure personne. Quelque part, Dieu donne déjà des conseils de développement personnel.
- Mais la Bible ne s'arrête pas aux dix commandements. Ils sont au début de l'histoire, et toute la suite montre que ce n'est pas la loi qui nous sauve. La loi est comme une radio : quand tu t'es cassé le bras, tu as mal mais tu ne vois pas où est le problème ; la radio montre ce qui est cassé à l'intérieur. La loi nous montre qu'il y a un problème dans le cœur.
- Jésus résumait la loi en deux commandements : aimer Dieu de tout son cœur, et aimer son prochain comme soi-même. Confronté à ces commandements, on se rend compte qu'on a du mal à les vivre.
- Paul le dit en Romains 7 : « Si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne. En réalité ce n'est plus moi qui agis ainsi, mais le péché qui habite en moi. En fait, je sais que le bien n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma nature propre : j'ai la volonté de faire le bien, mais je ne parviens pas à l'accomplir. En effet, je ne fais pas le bien que je veux, mais je fais au contraire le mal que je ne veux pas. »
- Le développement personnel propose des règles et des méthodes. Ce que le christianisme apporte de particulier, c'est l'idée qu'il y a un problème à traiter en profondeur. Les règles ne changent pas l'intérieur. Le cœur est entaché d'une rébellion face au bien, face à Dieu. Tout l'Ancien Testament constate cette impasse, et le peuple attend un Messie qui traitera cette question du péché qui nous sépare de Dieu.
3. Jésus invite à le suivre (Jean 1:43-51)
- Jean, un des disciples, raconte que Jésus est Dieu qui s'incarne et vient vers nous : le Logos, la connaissance ultime, le Dieu créateur fait homme. Le passage montre plusieurs personnages qui découvrent qui est Jésus.
- Première chose : Jésus dit à Philippe « Suis-moi ». Il se présente comme un maître enseignant, à une époque où il n'y avait pas d'école comme aujourd'hui, mais des sages et des rabbins que l'on pouvait écouter.
- Dieu ne veut pas seulement qu'on adhère à des croyances. Il veut qu'on marche derrière lui, avec lui, et qu'on lui fasse confiance. C'est engageant : si un inconnu te dit « viens, suis-moi, quitte tout », il faut être fou ou aimer le risque pour le faire.
- Le prédicateur aime cette liberté : Jésus propose, il n'impose pas. Il ne colle pas d'étiquettes (toi tu es chrétien, toi tu ne l'es pas). Il invite simplement tous à le découvrir et à le suivre.
4. Philippe invite à se rapprocher et voir avant de juger
- Philippe commence à comprendre qui est Jésus et il est à fond : le Messie attendu depuis des années, celui dont Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, celui qui va régler le problème de la loi qu'on n'arrive pas à suivre. Il témoigne de ce qu'il a expérimenté à Nathanaël.
- Réponse de Nathanaël : « Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? » Il a des préjugés. Nazareth, en Galilée, n'était pas fréquentable à ses yeux. Un peu comme Lyon et Saint-Étienne pour les footeux : quand quelque chose vient d'un endroit qu'on n'aime pas, on le rejette tout de suite. Nathanaël juge sans connaître.
- Aujourd'hui, la réaction est souvent la même : il y a sûrement plein de solutions pour mieux vivre, mais surtout pas Jésus. Peut-être que dans ton entourage, des gens pensent qu'il ne peut rien arriver de bon de Jésus. Mais le connaissent-ils vraiment ?
- L'image du guarana, cette boisson qu'on goûte au Brésil : si quelqu'un te dit qu'elle est excellente et que tu réponds « je crois que je n'aime pas » sans y avoir goûté, ce n'est pas très cohérent. Mieux vaut goûter pour savoir. C'est pareil avec Jésus : est-ce que tu juges Dieu sur des on-dit, ou es-tu allé lire de tes propres yeux qui il était, peut-être même le prier ?
- Philippe ne débat pas : « Viens et vois ». Il propose à Nathanaël de sortir de son confort et d'aller vers l'inconnu. Oses-tu quitter ta zone de confort pour aller voir ce que Jésus propose ? C'est valable pour les chrétiens comme pour les non-chrétiens. Un encouragement concret : « Je ne sais pas comment m'en sortir dans cette situation, mais je vais déjà commencer par voir si Jésus peut m'aider. »
- Jésus vaut le détour. Le prédicateur cite Luc Ferry, philosophe athée, qui affirme que sans la valorisation typiquement chrétienne de la personne humaine, la philosophie des droits de l'homme n'aurait jamais vu le jour. Il y a dans les paroles de Jésus quelque chose qui a transformé notre monde et son regard sur la dignité de l'homme et de la femme.
5. Dieu te connaît et te considère personnellement
- Jésus dit à Nathanaël : « Voici vraiment un Israélite dans lequel il n'y a point de fraude. » Nathanaël s'étonne : « D'où me connais-tu ? » Et Jésus répond : « Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu. »
- C'est un détail, mais c'est révolutionnaire. Si Jésus est Dieu, il nous voit individuellement, il nous considère individuellement comme quelqu'un d'important. On a parfois l'impression que Dieu est loin, qu'il s'adresse à la foule et que nous ne comptons pas beaucoup. Ici, Jésus dit : quand tu étais tout seul sous le figuier, moi je te voyais.
- On ne sait pas ce qui s'est passé sous ce figuier. Mais cela veut dire que quand tu traverses des épreuves, quand tu te sens perdu ou seul, quand tu vis des choses très difficiles, Jésus te dit : je te vois, je vois ce que tu vis, je suis proche de toi. Dieu lit dans notre cœur, il voit notre histoire et ce que nous avons enduré, et il s'intéresse à nous. C'est un vrai atout du christianisme pour progresser et grandir.
- Nathanaël s'enflamme aussitôt : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. » Et Jésus le calme un peu : « Parce que je t'ai dit que je t'ai vu sous le figuier, tu crois ? Tu verras de plus grandes choses que celles-ci. » Il aurait pu dire « tu as compris », mais il le ralentit. Il vaut mieux croire en Jésus non parce qu'il fait des miracles ou qu'il impressionne, mais parce qu'on le connaît, parce qu'il est Dieu, le chemin, la vérité et la vie.
- Jésus ne veut pas qu'on enlève notre cerveau et qu'on fasse confiance sans comprendre. Il veut qu'on développe une confiance en sa personne. La foi chrétienne ne se fonde pas sur un système de logique, mais sur une personne, sur une relation avec Jésus.
6. La foi donne accès au royaume de Dieu
- « En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme. » Le Fils de l'homme, c'est Jésus. En somme : si tu me fais confiance, tu verras quelque chose qui dépasse ce que tu imagines.
- On ne connaît pas exactement les intentions de Nathanaël, mais comme la plupart des Juifs de l'époque, il voulait sans doute que les Romains partent, plus de liberté, plus de confort, plus de bien-être. Jésus lui répond : ce que j'apporte est bien plus grand que ton confort, c'est l'accès vers Dieu. Cette image du ciel ouvert appartient à l'Ancien Testament : la foi ouvre une dimension qui dépasse notre vision des choses.
- L'image du bac à sable : on s'imagine le monde avec ce qu'on voit autour de nous, notre petit royaume, et on trouve ça génial. Jésus dit : j'ai quelque chose d'incroyable à te montrer, une immense plage et un monde entier tout autour. Le royaume de Dieu, c'est là où Dieu règne.
- Très souvent, on demande à Jésus de nous aider dans notre petit bac à sable, de venir dans notre royaume, là où l'on maîtrise tout. Jésus nous invite plutôt à aller dans son royaume, bien plus grand et bien plus beau.
- C'est peut-être là une limite du développement personnel : un focus tellement fort sur nous-mêmes qu'on oublie que Dieu a quelque chose de bien plus grand à nous montrer. Il y a les règles, mais ce que Dieu veut surtout montrer, c'est une rencontre et un autre royaume.
7. Conclusion : répondre à l'appel
- Pour progresser, Jésus apporte une rencontre personnelle avec Dieu et nous invite à le suivre pour avoir une meilleure perspective.
- Oses-tu sortir de ton confort pour venir vers lui, voir, écouter ce qu'il dit, et même faire ce qu'il dit ? On aime bien écouter, mais suivre Jésus est une action : faire ce qu'il dit, faire comme lui.
- Laisses-tu Dieu te montrer sa perspective ? Dans le quotidien, on est parfois tellement la tête dans le guidon qu'on oublie de prendre un temps de prière pour demander : c'est quoi ton grand plan ?
- Le puzzle : on croit souvent que notre vie est un puzzle dans lequel Dieu est une petite pièce manquante. Il faudrait inverser l'image. C'est Dieu qui a un grand puzzle, et on peut lui demander comment notre petite pièce peut entrer dans son plan : « Seigneur, montre-moi ton plan, qu'est-ce que tu veux faire de ma vie, de ma famille ? »
- Le message s'est prolongé en petits groupes de trois autour de trois questions pratiques (reprises ci-dessous), puis par une prière demandant à Dieu le courage de venir vers lui chaque jour, de lire sa Parole, de le prier, et d'obéir concrètement quand il dit d'aimer et de pardonner.
Points à retenir
- Le développement personnel contient de bonnes réflexions, mais aussi des limites : homme idéalisé, culte de la performance, responsabilité individuelle écrasante, focus sur soi.
- La loi de Dieu agit comme une radio : elle révèle que quelque chose est cassé à l'intérieur, mais les règles ne changent pas le cœur.
- Jésus n'attend pas seulement que tu adhères à des croyances : il t'invite à le suivre, librement, sans étiquette.
- Avant de juger Jésus sur des on-dit, « viens et vois » : sors de ta zone de confort et va voir par toi-même qui il est.
- Dieu te connaît personnellement, il t'a vu sous ton figuier, et il t'ouvre un royaume bien plus grand que ton bac à sable.
Application personnelle
- T'es-tu déjà rendu compte des limites de ta capacité à progresser, à faire le bien que tu veux ? Dans quel domaine est-ce le plus difficile ?
- Qu'est-ce qui t'a empêché, ou t'empêche encore, de venir et voir ce que Jésus apporte ?
- Si tu es chrétien, qu'est-ce que Jésus t'appelle à faire dans ton quotidien pour le suivre maintenant ? Qu'est-ce que cela a produit, ou que penses-tu que cela va produire ?
- Demandes-tu à Jésus de venir dans ton bac à sable, ou acceptes-tu d'entrer dans son royaume ?
- Quand as-tu pris pour la dernière fois un temps de prière pour demander à Dieu comment ta pièce de puzzle s'insère dans son grand plan ?
Versets cités
- Jean 1:43-51
- Romains 7:16-19
- Exode 20:1-17 (les dix commandements)
- Matthieu 22:37-40 (le résumé de la loi)
- Jean 14:6
Questions fréquentes
Le développement personnel est-il compatible avec la foi chrétienne ?
Le prédicateur ne cherche pas à juger si c'est un bon ou un mauvais mouvement. Il reconnaît qu'il y a de bonnes réflexions sur la manière de mieux vivre et de progresser, et il propose de prendre ce qui est bon. Il pointe aussi des limites : un homme idéalisé, le culte de la performance, une responsabilité individuelle très lourde, un focus sur soi qui fait oublier la perspective de Dieu, et parfois des dérives sectaires.
Pourquoi les règles ne suffisent-elles pas pour progresser ?
Parce que la Bible ne s'arrête pas aux dix commandements. La loi fonctionne comme une radio : elle révèle qu'il y a quelque chose de cassé à l'intérieur, mais elle ne le répare pas. Paul le dit en Romains 7 : « J'ai la volonté de faire le bien, mais je ne parviens pas à l'accomplir. » Le problème est dans le cœur, et ce que Jésus apporte, c'est une rencontre qui traite ce problème en profondeur.
Que signifie « viens et vois » dans Jean 1 ?
Quand Nathanaël rejette Jésus à cause de ses préjugés sur Nazareth, Philippe ne débat pas : il lui dit « Viens et vois ». C'est une invitation à se rapprocher et à vérifier par soi-même avant de juger. Le prédicateur l'applique à chacun, croyant ou non : sortir de sa zone de confort, lire qui était Jésus de ses propres yeux, peut-être même le prier, plutôt que de le juger sur des on-dit.
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