La Bible — Louis Segond 1910
Romains 7
En bref
Romains 7 explique le rapport du croyant à la loi. Paul prend l'image du mariage pour dire que le chrétien est mort à la loi pour appartenir à Christ ressuscité et porter du fruit. Il défend ensuite la loi : elle est sainte, juste et bonne, mais elle révèle le péché sans donner la force de le vaincre. Le chapitre se termine par le cri d'un homme divisé entre ce qu'il veut et ce qu'il fait, et par une action de grâces : Jésus-Christ délivre.
Le chapitre en 4 parties
1Ignorez-vous, frères, -car je parle à des gens qui connaissent la loi, -que la loi exerce son pouvoir sur l'homme aussi longtemps qu'il vit?
2Ainsi, une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu'il est vivant; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari.
3Si donc, du vivant de son mari, elle devient la femme d'un autre homme, elle sera appelée adultère; mais si le mari meurt, elle est affranchie de la loi, de sorte qu'elle n'est point adultère en devenant la femme d'un autre.
4De même, mes frères, vous aussi vous avez été, par le corps de Christ, mis à mort en ce qui concerne la loi, pour que vous apparteniez à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu.
5Car, lorsque nous étions dans la chair, les passions des péchés provoquées par la loi agissaient dans nos membres, de sorte que nous portions des fruits pour la mort.
6Mais maintenant, nous avons été dégagés de la loi, étant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau, et non selon la lettre qui a vieilli.
7Que dirons-nous donc? La loi est-elle péché? Loin de là! Mais je n'ai connu le péché que par la loi. Car je n'aurais pas connu la convoitise, si la loi n'eût dit: Tu ne convoiteras point.
8Et le péché, saisissant l'occasion, produisit en moi par le commandement toutes sortes de convoitises; car sans loi le péché est mort.
9Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus.
10Ainsi, le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort.
11Car le péché saisissant l'occasion, me séduisit par le commandement, et par lui me fit mourir.
12La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon.
13Ce qui est bon a-t-il donc été pour moi une cause de mort? Loin de là! Mais c'est le péché, afin qu'il se manifestât comme péché en me donnant la mort par ce qui est bon, et que, par le commandement, il devînt condamnable au plus haut point.
14Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle; mais moi, je suis charnel, vendu au péché.
15Car je ne sais pas ce que je fais: je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais.
16Or, si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne.
17Et maintenant ce n'est plus moi qui le fais, mais c'est le péché qui habite en moi.
18Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair: j'ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien.
19Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas.
20Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui le fais, c'est le péché qui habite en moi.
21Je trouve donc en moi cette loi: quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi.
22Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l'homme intérieur;
23mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres.
24Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort?...
25Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur!... Ainsi donc, moi-même, je suis par l'entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché.
Versets clés
De même, mes frères, vous aussi vous avez été, par le corps de Christ, mis à mort en ce qui concerne la loi, pour que vous apparteniez à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu.
Par le corps de Christ, le croyant est mort à la loi pour appartenir à Celui qui est ressuscité. L'objectif n'est pas la liberté de pécher, mais de porter des fruits pour Dieu.
La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon.
Paul écarte toute idée que la loi serait mauvaise : elle est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. Le problème vient du péché qui s'en sert, pas de la loi.
Car je ne sais pas ce que je fais: je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais.
Le verset exprime une expérience que beaucoup reconnaissent : ne pas faire ce que l'on veut et faire ce que l'on hait. Paul décrit la distance entre la volonté et la capacité.
Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort?... Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur!... Ainsi donc, moi-même, je suis par l'entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché.
Le cri « Misérable que je suis ! » est suivi d'une réponse immédiate : Dieu délivre par Jésus-Christ. Le chapitre ne s'arrête pas sur la défaite, il ouvre sur la délivrance détaillée en Romains 8.
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Questions fréquentes sur Romains 7
Que signifie Romains 7:15, « je ne fais point ce que je veux » ?
Paul décrit l'écart entre ce qu'il approuve et ce qu'il accomplit. Il en tire que la loi est bonne, puisqu'il reconnaît qu'il fait mal, et que le péché habite en lui. Ce verset exprime l'impuissance de la volonté seule, qui conduit au cri du verset 24 puis à la délivrance par Christ.
Qui est le « je » de Romains 7 : un non-croyant ou un chrétien ?
Les chrétiens ne sont pas d'accord. Certains y voient Paul avant sa conversion, d'autres Paul croyant, qui lutte encore contre le péché, d'autres une description de l'homme sous la loi. Chacun s'accorde sur l'essentiel : la loi ne sauve pas, et la délivrance vient de Jésus-Christ, comme le montre Romains 8.
Pourquoi Paul dit-il que nous sommes morts à la loi ?
Paul utilise l'exemple du mariage : la mort met fin au lien. De même, le croyant est mort à la loi par le corps de Christ, afin d'appartenir à celui qui est ressuscité. Il ne s'agit pas de mépriser la loi, mais de ne plus dépendre d'elle pour être juste devant Dieu : on sert dans un esprit nouveau.
Articles citant Romains 7
Traduction Louis Segond 1910 — domaine public.