Introduction
« Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s'élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l'obéissance de Christ. » C'est à partir de 2 Corinthiens 10:5 que Peter Masters, au Metropolitan Tabernacle de Londres, aborde un sujet qu'il juge immense : la maîtrise de la vie de la pensée.
Il veut traiter ce sujet en une seule étude, pour qu'il s'attache vraiment à nos esprits. Il annonce aussi un piège à éviter : se perdre dans une « psychologie maison ». Il choisit donc de s'en tenir à une douzaine de textes bibliques, certains directs, d'autres plus indirects, afin de ne retenir que ce qui porte le sceau de l'autorité divine, et non les idées de l'esprit humain.
De Deutéronome à 2 Timothée, un même principe se dégage : la bataille du chrétien se livre d'abord dans sa pensée, et c'est là que tu dois choisir, chaque jour, ce que tu laisses entrer.
Plan du message
1. Une guerre dans la pensée (2 Corinthiens 10:5)
- Le contexte remonte au chapitre 6 de l'épître : le problème des faux docteurs, des opinions et des comportements pécheurs qui s'infiltrent dans l'Église. Paul parle de son œuvre et de celle de ses compagnons de prédication.
- Les « raisonnements » sont des idées, des pensées, des opinions contraires à la Parole de Dieu. Les « hauteurs » sont tout ce qui s'élève et dispute à la vérité de Dieu notre attention, notre temps et notre énergie.
- Cela peut être n'importe quoi : tentations, suggestions, désir d'une maison ou de belles choses, ambitions égoïstes dans la carrière, loisirs et passe-temps qui accaparent le temps et l'argent, plaintes, murmures et ressentiments contre quelqu'un qui t'a désavantagé, jusqu'à l'amertume. Chez certains Corinthiens, c'était la passion de l'éloquence plutôt que de la vérité.
- Le langage est militaire. En grec, il y a de la violence : il s'agit d'une forteresse ennemie à démolir entièrement. « Amener captif » relève aussi du vocabulaire d'une campagne militaire.
- « Tu n'écrases pas ton imagination », précise le prédicateur. Mais si elle te présente des distractions pour ta vie spirituelle, tu la places sous contrôle. « C'est une campagne. C'est une guerre. Ce n'est pas un exercice paisible. »
- On peut laisser passer des heures, des semaines, des années avec un contrôle presque nul de sa pensée. Le principe du verset est de traiter ces choses dans la pensée avant qu'elles deviennent des actes.
2. Choisir la vie, chaque jour (Deutéronome 30:19-20)
- « J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie. » Le commandement est de choisir, et choisir est une activité de la pensée.
- La faculté de raisonner distingue l'homme de tout le règne animal. L'esprit est le lieu du choix et le « palais de la foi ».
- La vie et la bénédiction désignent la vie spirituelle et la vie éternelle, la mort et la malédiction désignent la mort spirituelle et la condamnation finale. Le choix décisif a eu lieu à la conversion, quand l'Esprit de Dieu l'a convaincu de son besoin de Christ, témoigne le prédicateur.
- Mais le choix continue toute la vie : « Chaque heure est une heure de choix. » Dès le matin, tentations, suggestions, plaintes, désirs et divertissements doivent être évalués. Certaines choses à rejeter ne sont pas péché en elles-mêmes, mais elles ne mènent pas à la vie : elles sont simplement égoïstes, mondaines ou vides de sens, et te détournent de vivre pour le Seigneur.
- Tu es observé. Satan et les puissances des ténèbres guettent chaque faux pas pour te pousser plus loin. Le Saint-Esprit t'avertit et aiguillonne ta conscience. Christ, ton Sauveur, te regarde, toujours prêt à aider.
- Le verset 20 forme un sermon en trois points sur la sanctification : aimer l'Éternel, obéir à sa voix, s'attacher à lui. C'est la base des choix de chaque jour.
3. Arrête-toi et sache que je suis Dieu (Psaume 46)
- « Arrêtez, et sachez que je suis Dieu : je domine sur les nations, je domine sur la terre. » Ce psaume ne parle pas seulement de la victoire finale de Dieu : c'est un psaume pour chaque jour.
- « Arrêtez » veut dire : arrête-toi et réfléchis. Pense à ceci : il est Dieu, tout-puissant et omniscient, il est pour toi, il est ton Père, il veille sur toi et il te gardera jusqu'au bout.
- Si, dans les épreuves et le tumulte de la vie, tu sais t'arrêter, rester calme et penser au Seigneur, tu remportes déjà une victoire sur tout ce qui voudrait t'entraîner vers le bas.
- Dieu est alors élevé par des vies qui se distinguent, « comme des joyaux », dans la maison, au champ, au travail, au milieu d'un monde désobéissant. C'est une démonstration devant les anges.
- Comme au début du livre de Job, Satan prétend que le croyant ne sert Dieu que pour ce qu'il en retire. Quand la vie continue et que tu restes attaché au Seigneur dans la confiance et l'amour, Satan est démenti et Dieu est élevé.
- Le « fleuve dont les courants réjouissent la cité de Dieu » (verset 5), c'est la Parole, la vérité, pour ceux qui saisissent les promesses et apportent tout au Seigneur.
4. Garde ton cœur, car tu deviens ce que tu penses (Proverbes 4 et 23)
- « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie » (Proverbes 4:23). Le cœur, ici, c'est le centre, la pensée. « Garder », c'est protéger, défendre.
- De la pensée découlent toute la motivation et l'énergie spirituelle : un cœur chaleureux, le désir de la grâce de Dieu, une confiance vivante. Si tu ne gardes pas ta pensée, tu gâtes cette source.
- Tout ce qui entre doit être examiné. Face à une épreuve, le prédicateur invite à se dire : « Je dois rationner mes pensées sur mes malheurs », et prendre le temps de les confier au Seigneur. Laisser tourner en boucle des pensées amères et accusatrices finit par changer la personne.
- Proverbes 23:6-7 : « Ne mange pas le pain de celui dont le regard est malveillant […] car il est comme les pensées de son âme. » Dans la Bible, le « mauvais œil » n'est jamais une malédiction : il désigne un regard avide, convoiteux.
- Celui qui pense sans cesse à saisir, à acquérir, devient cet homme-là. Il n'est même plus capable d'amitié : « Mange et bois, te dira-t-il ; mais son cœur n'est point avec toi. » Le diable essaiera cette tentation sur chaque croyant. « Les pensées te façonnent. »
5. La paix, le combat et ce qui vient du dedans (Ésaïe 26, Marc 7, Romains 7)
- « À celui qui est ferme dans ses sentiments tu assures la paix, la paix, parce qu'il se confie en toi » (Ésaïe 26:3). L'hébreu dit « paix, paix », que l'on traduit avec raison par une paix parfaite. La pensée s'appuie sur le Seigneur, et Dieu récompense la confiance en donnant la paix face à ce qui agite et inquiète.
- Jésus enseigne que ce qui souille l'homme vient de l'intérieur : du cœur sortent les mauvaises pensées, les adultères, les vols, la cupidité, l'orgueil, la folie (Marc 7:20-23). Le cœur désigne ici la personne centrale : la pensée, les affections et la volonté. « Pense à l'orgueil et à la convoitise : de tels ennemis. »
- En Romains 7, Paul prend plaisir à la loi de Dieu selon l'homme intérieur, mais il voit une autre loi qui lutte contre la loi de son entendement. La chair désigne la nature déchue, mais le combat se mène dans la pensée.
- « Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! » Romains 8 apporte la bonne nouvelle : il n'y a aucune condamnation, et avec l'aide de Dieu tu peux faire mourir les suggestions, désirs, imaginations et plaintes pécheresses.
6. Choisir ce qui occupe ta pensée (Éphésiens 4, Philippiens 4, Colossiens 3)
- « Que toute amertume, toute animosité, toute colère […] disparaissent du milieu de vous » (Éphésiens 4:31-32). C'est un choix : rejeter l'amertume avant qu'elle prenne possession de la pensée jour après jour.
- Certains trébuchent ici : ils étaient chrétiens et sont devenus profondément amers, « insupportables ». Il faut demander l'aide de Dieu, remettre les choses en proportion, considérer l'autre côté et « rationner très sévèrement » les pensées malheureuses.
- La colère visée est une passion qui prend tout l'être. On peut être en colère sans pécher, mais pas lorsqu'on la laisse envahir toute l'affectivité. À la place, choisis d'être bon, compatissant, et de pardonner comme Dieu t'a pardonné en Christ.
- Philippiens 4:8 te permet d'écrire ton propre programme de pensées. Tu rêves éveillé en marchant ou pendant tes loisirs, et l'ennemi fait subtilement de toi la vedette de tes rêveries ? C'est le moment de choix sérieux : oriente ta pensée vers ce qui est vrai, honorable, juste, pur et aimable.
- « Affectionnez-vous aux choses d'en haut, et non à celles qui sont sur la terre » (Colossiens 3:2) : « un verset à garder sous les yeux » quand on se surprend à trop aimer ou trop désirer quelque chose.
- Ta vie est « cachée avec Christ en Dieu » : la gloire à venir est voilée aux yeux des hommes, qui peuvent mépriser le croyant. Mais elle est là, protégée et certaine. Ne te laisse jamais entraîner vers le monde.
7. Un esprit sain, toujours en éveil (2 Timothée 1:7)
- « Ce n'est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de sagesse. » Qu'il s'agisse du Saint-Esprit ou d'une disposition, le sens reste le même.
- La version anglaise du roi Jacques parle d'un esprit « sain ». Ici, précise le prédicateur, le mot ne veut pas dire « en bonne santé » : le grec évoque un esprit sûr. Aspires-tu à une pensée sûre ?
- Le prédicateur évoque ses « amis charismatiques » : certains voudraient mettre la raison et le contrôle de côté, se laisser aller, tomber à terre, parler en langues ou entrer dans un état de transe. « Oh non », répond-il : Dieu donne un esprit de sagesse, qui fonctionne toujours.
- « La pensée du chrétien est toujours en éveil. » Il la garde, il en prend soin et il s'en sert dans une suite de choix quotidiens pour le Seigneur, et Dieu l'aide et le bénit puissamment.
Points à retenir
- Amener toute pensée captive à Christ est une guerre, pas un exercice paisible : il faut renverser ce qui s'élève contre la connaissance de Dieu.
- Chaque heure est une heure de choix. Certaines choses à rejeter ne sont pas péché en elles-mêmes, mais elles ne mènent pas à la vie.
- Les pensées te façonnent : la convoitise et l'amertume ressassées changent la personne.
- Dieu donne la paix à celui dont la pensée s'appuie sur lui.
- Le chrétien reçoit un esprit sain : sa pensée reste en éveil et sert ses choix quotidiens pour le Seigneur.
Application personnelle
- Quelle « hauteur » occupe aujourd'hui ta pensée plus que le Seigneur : une ambition, un loisir, un désir, une plainte ?
- Quels choix as-tu laissés passer sans les évaluer cette semaine, parce qu'ils ne semblaient pas être des péchés ?
- Y a-t-il une blessure ou un ressentiment que tu laisses tourner en boucle ? Comment peux-tu « rationner » ces pensées et les confier à Dieu ?
- Dans tes rêveries, qui est au centre : toi ou le Seigneur ?
- Quel verset de ce message peux-tu garder sous les yeux pour t'aider à choisir la vie chaque jour ?
Versets cités
- 2 Corinthiens 10:5
- Deutéronome 30:19-20
- Psaume 46
- Job 1:9-11
- Proverbes 4:23
- Proverbes 23:6-7
- Ésaïe 26:3-4
- Marc 7:20-23
- Romains 7:20-25
- Éphésiens 4:31-32
- Philippiens 4:8
- Colossiens 3:2-4
- 2 Timothée 1:7
Questions fréquentes
Que veut dire « amener toute pensée captive à l'obéissance de Christ » ?
Pour Peter Masters, 2 Corinthiens 10:5 emploie un langage militaire. Il faut renverser comme une forteresse ennemie tout ce qui s'élève contre la connaissance de Dieu : idées fausses, convoitises, plaintes, ambitions égoïstes. Il ne s'agit pas d'écraser l'imagination, mais de la mettre sous contrôle. C'est une campagne, une guerre, et non un exercice paisible.
Pourquoi nos pensées ont-elles autant d'importance pour le chrétien ?
Parce que de la pensée découlent les sources de la vie (Proverbes 4:23) et que l'homme est comme les pensées de son âme (Proverbes 23:7). Le prédicateur montre que les pensées façonnent la personne : celui qui pense avec convoitise devient un homme avide, celui qui ressasse l'amertume devient amer. Il faut traiter ces choses dans la pensée avant qu'elles deviennent des actes.
Que signifie l'esprit de sagesse de 2 Timothée 1:7 ?
Peter Masters explique que le mot grec évoque ici un esprit sûr, et non un esprit en bonne santé. Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais de force, d'amour et de sagesse. La pensée du chrétien n'est jamais mise de côté : elle reste en éveil, elle est gardée et elle sert à faire, jour après jour, des choix pour le Seigneur.