Introduction
« Vaut mieux aller au ciel malade qu'en enfer en bonne santé. » Karim Kabli, évangéliste engagé depuis près de quinze ans dans le ministère à plein temps, en particulier auprès des musulmans, prêche ce soir-là à l'Assemblée de Dieu de Nice Ariane. Il dit aimer ce genre de quartier, parce que Dieu y rappelle que là où le péché abonde, la grâce surabonde (Romains 5:20).
Il parle d'expérience. Dans sa famille, raconte-t-il, il y avait des « ténèbres inexplicables » : la dépression, la folie, une malédiction dont personne n'aurait pu les sortir par des solutions humaines, des associations ou des médicaments, malgré toute la bonne volonté. Puis la puissance de l'Évangile leur a été prêchée, et la lumière de Dieu est venue.
Dans l'Ancien Testament, Dieu se révèle sous plusieurs visages, et tous se rassemblent en Jésus : le berger et le chemin, le roi et le serviteur, le juge et le libérateur, le lion et l'agneau. Ce soir, le prédicateur s'arrête sur un visage en particulier, celui du Dieu médecin, à partir de la guérison d'un lépreux en Matthieu 8. Il y voit quatre guérisons que Dieu veut opérer dans chacune de nos vies.
Plan du message
1. Jésus, le Dieu médecin
- Dans l'Ancien Testament, le peuple de Dieu traverse différentes saisons, parfois à cause de la malédiction, parfois à cause de la désobéissance. Mais Dieu garde toujours un cœur de médecin qui veut venir à la rencontre de son peuple pour le guérir.
- Matthieu 8:1-4 : un lépreux se prosterne devant Jésus et lui dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur. » Jésus étend la main, le touche et dit : « Je le veux, sois pur. » Puis il l'envoie se montrer au sacrificateur.
- Cet homme ne vit pas seulement une guérison physique. Karim Kabli relève quatre domaines : une guérison spirituelle, une guérison émotionnelle, une guérison physique et une guérison sociale et relationnelle. Quand Dieu touche nos vies, il ne touche pas seulement nos corps.
2. La guérison spirituelle : la lèpre du péché
- Dans l'Écriture, la lèpre porte la symbolique du péché, la première maladie du cœur de l'homme. Elle commence par une petite tache, grandit si elle n'est pas traitée et devient contagieuse autour de nous, jusqu'à nos enfants et nos petits-enfants.
- Beaucoup courent après des solutions pour changer de vie en oubliant de régler la cause de leur souffrance. Notre génération prend soin de son corps : la salle de sport, le bio, les calories, les protéines. Elle prend aussi soin de son âme en s'éloignant des personnes toxiques. « C'est juste », dit le prédicateur, mais on oublie la première cause de destruction : le péché.
- Le péché commence par une désobéissance qui fait rater le but, puis développe en nous une nature rebelle, en opposition à Dieu. Karim Kabli cite Romains 7 : je sais ce que je dois faire mais je n'y arrive pas, et je fais ce que Dieu ne voudrait pas que je fasse. « Moi le premier », ajoute-t-il.
- À Argenteuil, deux jeunes femmes musulmanes lui demandent s'il veut convertir les musulmans. Il répond : « Si tu trouvais la solution pour le cancer, est-ce que tu la garderais pour toi ou est-ce que tu la donnerais à tout le monde ? » Le péché est ce cancer du cœur, et Jésus en est la solution.
- Dans une mosquée près d'Avignon, il a expliqué à un imam la différence : dans l'islam, le péché est une action extérieure ; pour les chrétiens, « le péché c'est une nature ». Dieu ne veut donc pas seulement nous pardonner, il veut nous transformer par la nouvelle naissance.
3. Le plus beau miracle : une nature transformée
- Le péché se transmet de génération en génération : il y a des cycles de destruction hérités de nos parents que l'on transmet à nos enfants. Quand Jésus règle la question du péché dans une vie, un cycle s'arrête et la malédiction devient bénédiction.
- Le prédicateur invite chacun à dire : « Ça s'arrête avec moi et à partir de moi, il y aura une bénédiction. » Il raconte qu'il prétextait de dormir chez son père pour s'enfermer dans sa chambre et prier pour lui, parfois toute la nuit. Un jour, Dieu lui a rappelé que personne dans sa généalogie n'avait encore crié à Dieu comme lui, et que les générations suivantes seraient sous la grâce.
- Le plus beau miracle, ce n'est pas un corps guéri ni une situation familiale qui change. « Gloire à Dieu pour les paralytiques qui se lèvent », mais le plus beau miracle, c'est un homme dont Dieu change radicalement la nature.
- Lui-même a été dépendant à la drogue, dans la violence et la délinquance. Des missionnaires ne l'imaginaient pas en l'écoutant. « L'Évangile c'est pas seulement le pardon. L'Évangile c'est aussi la délivrance et le salut. » Le mot grec traduit par salut, sôtêria, porte ce sens de délivrance.
- Beaucoup de chrétiens ont réduit l'Évangile à une vie un peu meilleure. Le cœur de l'Évangile, c'est la nouvelle naissance : « Tu as besoin de naître de nouveau ce soir. »
4. La guérison émotionnelle : quand le rejet devient une identité
- Lévitique 13:45-46 : le lépreux est isolé, il quitte sa famille et sa maison, habite seul hors du camp. Il porte des vêtements déchirés, se couvre la barbe et doit crier : « Impur ! Impur ! » Il n'a plus de prénom, plus d'identité : son impureté devient son identité.
- Karim Kabli a connu la rue. Il sait qu'on y perd sa dignité et son honneur, et que le seul regard posé sur soi marque profondément l'identité.
- Le rejet donne le sentiment que la grâce et la bénédiction sont pour les autres, mais pas pour soi. Aujourd'hui encore, derrière de beaux vêtements, un beau costume ou une belle apparence, beaucoup portent des blessures qui ont paralysé leur développement. Dans le passage, Jésus est suivi par la foule, mais il voit un homme : Dieu n'est pas seulement le Dieu des foules, il est le Dieu des individus.
- Le prédicateur reprend une notion de psychologie, la sidération : une blessure fige une partie du développement intérieur. Le corps grandit, l'âge avance, mais des peurs et des mécanismes de protection d'une période ancienne restent. « Il peut y avoir un adulte à l'extérieur mais un enfant blessé qui continue à réagir à l'intérieur. »
- Dieu n'est « pas seulement un médecin généraliste », il a « une précision chirurgicale ». Même quand la vie commence à changer, il faut une guérison intérieure profonde pour que Dieu réaligne notre identité avec sa vérité.
5. Une minute dans la présence de Dieu
- Le prédicateur cite les premières paroles du ministère de Jésus : l'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour guérir ceux qui ont le cœur brisé et pour libérer les captifs (Luc 4:18).
- Il raconte son histoire. Un père violent qui entrait dans sa chambre pour le frapper à la ceinture. À dix ans, après une heure de coups, il avale tous les médicaments qu'il trouve : il n'a plus envie de vivre. Sa mère est en dépression.
- Pendant des années, il cherche « mille solutions » pour sortir de ses blocages. Vers seize ans, sa mère, suivie par un psychiatre à Dijon, obtient que celui-ci le reçoive. Avant d'entrer, il profite de l'accueil vide pour voler la caisse. Le psychiatre le regarde de la tête aux pieds et dit à sa mère : « Il y a aucune solution pour ce gars. » Le prédicateur reconnaît qu'il était honnête.
- « Mais je peux vous dire la solution, c'est une minute dans la présence de Dieu. » Le 21 mai 2009, lors d'une réunion de jeunesse, il entre dans la présence de Dieu, sent comme un feu et des chaînes qui se brisent. « Je suis incapable de l'expliquer », dit-il, mais depuis ce jour il n'a plus jamais été la même personne.
- Ce n'est pas seulement un conseil de sagesse : c'est l'onction du Saint-Esprit qui rencontre le besoin et change quelque chose à l'intérieur. Dieu veut restaurer son image en chacun de nous.
6. La guérison physique : par ses meurtrissures
- Jésus est ému de compassion. Il s'occupe de notre esprit, de notre âme et aussi de notre corps : toutes les dimensions de l'être humain l'intéressent.
- Le prédicateur rappelle Ésaïe 53:5, « le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris », repris par l'apôtre Pierre au passé : nous avons été guéris (1 Pierre 2:24). « C'est accompli », souligne-t-il.
- Il partage plusieurs témoignages. À Ajaccio, en Corse, un frère souffrait depuis près de cinq ans d'une leucémie chronique : des ganglions un peu partout dans le corps, des organes touchés. Il avait aussi une polyarthrite rhumatoïde : il lui fallait l'aide de son épouse pour ouvrir un pot de confiture, et il n'avait plus la force de faire ses lacets. Aucun protocole ne le soulageait.
- Pendant ses vacances en Corse, ce frère lui fait visiter quelques endroits et lui prépare un repas au bord d'une rivière. Karim Kabli se demande comment le bénir en retour : « La compassion, c'est le point de départ de la guérison. » Sans savoir qu'il était malade, il sent le Seigneur lui dire de prier pour lui. Le frère lui confie croire que Dieu peut guérir les autres, mais pas lui. Ils prient cinq minutes à la fin d'un culte, au mois d'août. En septembre, il reçoit son message : d'après les examens, plus de trace de cancer, le sang équilibré, les ganglions disparus, et la polyarthrite aussi.
- Toujours en Corse, une femme de 42 ans atteinte d'un cancer du col de l'utérus devait subir une ablation, aucun protocole n'ayant fonctionné. Le prédicateur prie chez elle avec le pasteur local. Elle lui écrit ensuite le rapport des médecins : « Madame, vous avez l'utérus d'une jeune fille », plus de trace de cancer, plus besoin d'ablation.
- Sur la route du baptême de sa petite sœur, il évangélise en covoiturage une jeune femme qui affirme ne pas avoir besoin de Dieu, mais souffre d'une maladie auto-immune et se dit devenue dépendante à son traitement. Le dimanche, après une parole de connaissance du pasteur, elle témoigne avoir été guérie. Elle donne sa vie à Jésus et se fait baptiser ; ce jour-là, sa mère, alors que la jeune femme décrivait ses parents comme athées et très fermés, est en larmes en entendant les témoignages.
- Le prédicateur se dit pourtant « pas un gars très triomphaliste » : il ne promet pas que deux ou trois prières font disparaître la maladie. « Je crois que c'est beaucoup plus profond et beaucoup plus sensible que ça. »
7. La guérison sociale et relationnelle
- Jésus envoie le lépreux guéri se montrer au sacrificateur. Une fois sa pureté attestée, l'homme peut retrouver son statut, retourner au temple, revoir sa famille et reprendre une place dans la société.
- Le péché isole et laisse de côté. Quand Dieu guérit, il restaure aussi les relations et rétablit dans une dignité qui rayonne devant tout le monde.
- Karim Kabli revient à sa mère. Adolescent, il rentrait de l'école, s'asseyait au pied de son lit dans une chambre aux volets fermés, allumait la lumière, ouvrait les fenêtres pour lui apporter un peu de vie. Elle a fait plusieurs tentatives de suicide. Aujourd'hui restaurée, elle s'est inscrite dans une association pour visiter les personnes âgées, et une dame lui a dit : « Madame, vous rayonnez d'une joie qui est contagieuse. »
- « C'est fini d'être isolé. C'est terminé d'être dans ton coin et de penser que c'est pour les autres et que c'est pas pour moi. » Dieu veut te faire briller là où il te place.
- À ceux qui se demandent s'ils sont allés trop loin, Jésus répond comme au lépreux : « Je le veux. » Le premier pas, dit le prédicateur, c'est la sincérité devant Dieu. Il évoque un autre homme guéri par Jésus, qui cachait sa main par honte et à qui Jésus dit, devant tout le monde : « Étends ta main » (l'épisode rappelle celui de l'homme à la main sèche, Marc 3:5). Ce que l'on traîne depuis longtemps doit être mis à la lumière devant Dieu.
Points à retenir
- Dieu a un cœur de médecin : il veut guérir l'être humain dans toutes ses dimensions, l'esprit, l'âme, le corps et les relations.
- La première maladie est spirituelle. Le péché est une nature, et Dieu ne se contente pas de pardonner : il fait naître de nouveau.
- Le rejet peut devenir une identité et figer le développement intérieur. Dieu voit ce que personne ne voit et veut réaligner ton identité sur sa vérité.
- Par les meurtrissures de Jésus, nous avons été guéris ; le prédicateur en témoigne tout en refusant une approche triomphaliste de la guérison.
- Dieu restaure aussi la dignité et la place parmi les autres : c'est fini d'être isolé.
Application personnelle
- Prends-tu davantage soin de ton corps et de ton âme que de ta vie spirituelle ? Qu'est-ce que Dieu voudrait régler à la source ?
- Quel cycle familial voudrais-tu voir s'arrêter avec toi, pour que tes enfants grandissent sous la bénédiction ?
- Une étiquette ou une blessure ancienne définit-elle encore la manière dont tu te vois et dont tu réagis ?
- Qu'est-ce que tu caches depuis longtemps et que tu pourrais, avec sincérité, « étendre » devant Dieu ?
- Dans quel domaine penses-tu encore que les promesses de Dieu sont « pour les autres et pas pour moi » ?
Versets cités
- Matthieu 8:1-4
- Lévitique 13:45-46
- Romains 5:20
- Romains 7:15-20
- Luc 4:18
- Ésaïe 53:5
- 1 Pierre 2:24
- Marc 3:5
Questions fréquentes
Quelles sont les quatre guérisons du lépreux dans Matthieu 8 ?
Pour Karim Kabli, le lépreux de Matthieu 8 ne vit pas seulement une guérison physique. Il vit une guérison spirituelle, car la lèpre symbolise le péché ; une guérison émotionnelle, celle du rejet et de l'identité blessée ; une guérison physique, puisque la lèpre le quitte ; et une guérison sociale et relationnelle, puisque le sacrificateur peut attester sa pureté et lui rendre sa place.
Pourquoi la lèpre est-elle une image du péché ?
Comme la lèpre, le péché commence par une petite tache, grandit s'il n'est pas traité, peut se cacher sous les vêtements et se transmet autour de nous, de génération en génération. Karim Kabli rappelle que, pour les chrétiens, le péché n'est pas seulement un acte : c'est une nature. C'est pourquoi Dieu ne se contente pas de pardonner, il transforme par la nouvelle naissance.
Qu'est-ce que l'état de sidération dont parle le prédicateur ?
Karim Kabli reprend cette notion de psychologie : une blessure fige une partie du développement intérieur. Le corps grandit et la vie continue, mais des peurs et des mécanismes de protection d'une période ancienne demeurent. Il peut y avoir un adulte à l'extérieur et un enfant blessé qui continue à réagir à l'intérieur. Pour lui, cette guérison profonde se trouve en Dieu.