« On ira tous au paradis » ? La porte étroite (Luc 13)

12 min de lecture

On ira tous au paradis ? La porte étroite en Luc 13 | Efficient Church

Introduction

« On ira tous au paradis. Qu'on soit béni, qu'on soit maudit. » La chanson de Michel Polnareff a marqué des générations. Elle sonne cool, tolérante, apaisante. Aucune sanction, aucun critère d'entrée, aucune décision urgente à prendre. C'est cette même intuition que porte l'homme du récit de Luc 13, quand il demande à Jésus : « Seigneur, n'y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » (Luc 13.23). Jésus lui répond, mais pas comme on s'y attendrait. Il ne donne pas de statistique. Il donne une image : une porte. Une seule. Étroite. Et un jour, elle se refermera.

Dans ce passage de Luc 13.22-35, Jésus refuse la question théorique et la retourne en question personnelle. Ce n'est plus « combien seront sauvés ? », c'est « et toi, es-tu en train d'entrer ? ». Cet article reprend la prédication d'un dimanche à l'Église Saint-Lazare, à Paris, sur ce texte. Prends le temps de lire Luc 13 ouvert sous tes yeux, comme le prédicateur y invite dans le culte : ce n'est pas d'abord la voix du prédicateur qui te conduit, c'est la parole même du Seigneur.

Plan du message

1. « On ira tous au paradis » : c'est loin d'être évident (v. 23-30)

  • La question de l'homme au verset 23 n'est pas neutre. Elle vient après l'appel répété de Jésus à la repentance (Luc 13.3, 5) et après les images du grain de moutarde et du levain (v. 18-21), qui montrent un royaume de Dieu petit et discret dans ce monde qui le rejette.
  • Jésus ne répond pas par un chiffre. Il répond par un ordre : « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite » (v. 24). Le verbe emprunte au langage de l'entraînement militaire et de l'athlète. Ce n'est pas un « je verrai », c'est « fais tous tes efforts ».
  • Cet effort ne remplace pas la grâce. La porte est ouverte parce que Jésus l'a ouverte. Mais il faut la foi qui t'engage tout entier pour rester attaché à lui, dans un monde qui te tire dans dix mille autres directions.
  • Trois raisons rendent l'affirmation « on ira tous au paradis » non évidente : il n'y a qu'une seule porte ; cette porte se refermera ; elle séparera deux réalités opposées.

2. Une seule porte, et elle est étroite (v. 24)

  • Jésus dit « la porte étroite ». Une, pas plusieurs. Ce n'est pas une carte parmi d'autres cartes.
  • Dans le culte, le prédicateur raconte que sa fille, à Londres, discute avec un ami hindou venu dans une église. Le jeune homme se dit : « Moi j'ai plusieurs cartes, l'hindouisme, le bouddhisme, et maintenant le christianisme. Si une carte n'ouvre pas la porte, une autre marchera. » Sa fille lui répond : « Il n'y a qu'une seule carte qui ouvre la porte, et cette carte c'est Jésus. »
  • C'est l'affirmation de tout l'Évangile de Luc, dès les premiers chapitres. L'ange dit à Marie : « Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père » (Luc 1.32). Le vieux Siméon prend Jésus bébé dans ses bras et déclare : « Mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé devant tous les peuples, lumière pour éclairer les nations » (Luc 2.30-32).
  • Tous les chemins ne mènent pas à Dieu. Toutes les religions, toutes les philosophies, toutes les intentions même bonnes ne mènent pas à Dieu. C'était déjà choquant pour les auditeurs de Jésus ; c'est encore plus choquant pour un Occident post-chrétien devenu relativiste. Ce n'est pas facile à assumer. C'est pour cela que Jésus dit : « Efforcez-vous. »

3. Un jour, la porte se fermera (v. 25-27)

  • « Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, et que, restés dehors, vous commencerez à frapper… il vous répondra : je ne sais pas d'où vous êtes » (v. 25).
  • Le prédicateur prend une image très concrète : la carte magnétique qu'il utilise à Paris pour ouvrir certaines portes. Cette carte n'est valable que sur des créneaux définis par l'ordinateur. Avant le créneau, tu peux essayer d'ouvrir, ça ne s'ouvre pas. Après le créneau, c'est fermé aussi. Il y a un temps pour entrer. Passé ce temps, c'est trop tard.
  • Cet avertissement est fait justement pour qu'on soit averti avant. Jésus n'annonce pas cette fermeture pour t'écraser, mais pour que tu puisses décider à temps.
  • Ce qui rend cette parole encore plus lourde, c'est que Jésus l'adresse à des Juifs, au peuple chéri de Dieu. Des hommes et des femmes qui l'ont vu marcher, l'ont entendu enseigner, ont vu ses miracles. Et malgré tout, beaucoup l'ont refusé. Beaucoup ont crié « crucifie-le ».

4. Fréquenter Jésus ne suffit pas (v. 26-27)

  • « Nous avons mangé et bu devant toi, tu as enseigné dans nos rues » (v. 26). Réponse : « Je ne sais pas d'où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l'iniquité » (v. 27).
  • Le prédicateur fait le pont avec notre Occident. Nous pourrions dire aujourd'hui : « Il y avait des croix à tous nos carrefours dans nos campagnes. Il y avait une église dans chacun de nos villages. J'ai été au culte ou à la messe. J'en connais un peu, sur Jésus. Je faisais partie du décor. » Cela ne suffit pas.
  • Fréquenter Jésus de près ou de loin ne suffit pas. Savoir des choses sur lui ne suffit pas. Avoir des habitudes religieuses ne suffit pas. Si cela ne suffisait pas au peuple choisi de Dieu, c'est d'autant plus vrai pour tes amis, pour ton entourage, pour toi.
  • Dans le vocabulaire de Luc, il s'agit d'accueillir Jésus. Comme Marie qui se met à ses pieds pour l'écouter. Comme les disciples envoyés dont Jésus dit : « Celui qui vous écoute, m'écoute » (Luc 10.16). Accueillir Jésus, c'est placer sa confiance en lui pour être ton sauveur. Il s'agit de l'accueillir par la foi aujourd'hui pour qu'il t'accueille dans sa gloire demain.

5. Deux destinées qui s'opposent (v. 28-30)

  • « Il y aura là des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors » (v. 28).
  • « Il en viendra de l'Orient et de l'Occident, du Nord et du Midi, et ils se mettront à table dans le royaume de Dieu » (v. 29). C'est la promesse : dans ce sens-là, on ira tous au paradis, d'où qu'on vienne, si on a placé sa confiance en Jésus, la seule porte.
  • Ce n'est pas ton pédigré qui te sauve. Ni ton identité, ni tes accomplissements, ni tes origines, ni ta religion. C'est uniquement la foi de celles et ceux qui, quels que soient leur identité et leurs manquements, placent leur confiance en Jésus, comme Abraham, Isaac et Jacob l'ont fait avant nous.
  • La promesse est immense. Dieu dit à Abraham : « Regarde vers le ciel et compte les étoiles, si tu peux les compter… telle sera ta postérité » (Genèse 15.5). Et l'Apocalypse répond, à l'autre bout de la Bible : autour du trône, il y aura une foule que personne ne peut compter, de toute nation, tribu, peuple et langue (Apocalypse 7.9).
  • Verset 30 : « Il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. » Les derniers, ce sont ceux qui savent que ce n'est pas leur pédigré qui les sauve : c'est Jésus seul.

6. Jésus t'appelle avec la tendresse d'une poule pour ses poussins (v. 31-35)

  • Les pharisiens veulent déjà la mort de Jésus. Ils cherchent à l'écarter. Jésus répond deux choses.
  • D'abord, il annonce sa passion : « Il faut que je marche aujourd'hui, demain et le jour suivant, car il ne convient pas qu'un prophète périsse hors de Jérusalem » (v. 33). Il vient pour mourir au milieu de cette humanité qui le rejette, afin que quiconque se confie en lui ne meure pas.
  • Ensuite, il ouvre son cœur : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés ! Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu » (v. 34). C'est l'image de la mère-poule. La tendresse d'un Dieu qui rassemble, qui protège, qui appelle et rappelle encore.
  • Si c'était vrai pour Jérusalem, c'est vrai aussi pour Paris. Pour ta ville. Pour ta rue. Ne sois pas surpris que le monde autour de toi rejette la porte unique. Mais retiens ceci : comme Jésus a répondu au rejet en donnant sa vie pour le pardon de ceux qui le rejetaient, toi aussi, tu es envoyé pour appeler, et appeler encore. Comme un parent appelle son enfant : « Reviens, reviens. »
  • Nous sommes dans l'année de la grâce ouverte par la mort et la résurrection de Jésus. Tant que la porte reste ouverte, l'invitation est lancée. Souviens-toi du brigand à la croix, dans ce même Évangile de Luc : après tout ce qu'il avait fait, il a simplement demandé à Jésus de le prendre avec lui. Et Jésus l'a fait (Luc 23.42-43).

Points à retenir

  • Une seule porte, elle est étroite, elle est ouverte. Cette porte, c'est Jésus. Ce n'est pas facile à assumer dans un monde relativiste, mais c'est la bonne nouvelle de l'Évangile.
  • « Efforcez-vous » n'est pas un salut par les œuvres. C'est le langage de l'athlète : reste agrippé à Jésus de toutes tes forces, dans un monde qui te tire ailleurs. La foi engage tout ton être.
  • La porte se refermera. Jésus l'annonce avant, pour que tu puisses décider avant. Sa question n'est pas théorique. Elle est personnelle et urgente.
  • Fréquenter Jésus ne suffit pas. Habitudes religieuses, culture chrétienne, savoir sur lui : rien de tout cela ne remplace la foi personnelle qui accueille Jésus comme sauveur.
  • Dieu t'appelle avec la tendresse d'une poule pour ses poussins. Nous sommes dans une année de grâce, ouverte par la croix et la résurrection de Jésus. Tant que la porte est ouverte, l'invitation reste lancée, pour toi et pour tous ceux que tu aimes.

Application personnelle

  • Qu'est-ce qui, dans ta vie aujourd'hui, ressemble à « je fréquente Jésus » sans être « je m'attache à Jésus » ? Où est la limite entre habitude religieuse et confiance personnelle ?
  • Où en es-tu de « l'effort » de la foi ? Y a-t-il des voix, des relations, des consommations qui t'éloignent de la porte étroite au lieu de t'y garder ?
  • Si la porte devait se refermer aujourd'hui, dirais-tu paisiblement : « Seigneur Jésus, je suis à toi » ? Si ce n'est pas le cas, qu'est-ce qui t'en empêche encore ?
  • Regarde autour de toi : ton entourage, ta famille, tes amis. Es-tu prêt à être la voix qui appelle, comme la mère-poule qui rassemble ? Prie pour deux ou trois personnes précises cette semaine.
  • Comment vas-tu parler de « la seule porte » sans arrogance ni tiédeur, dans un monde qui réclame de la tolérance ? Demande à Dieu la douceur et la fermeté de Jésus à la fois.

Versets cités

FAQ

Que signifie « efforcez-vous d'entrer par la porte étroite » en Luc 13.24 ?

Le verbe employé par Jésus emprunte au vocabulaire de l'entraînement militaire et de l'athlète. Ce n'est pas « je vais essayer de changer » : c'est « fais tous tes efforts ». Cela ne signifie pas qu'on entre dans le royaume par nos œuvres, car on y entre par grâce, en s'attachant à Jésus par la foi. Mais dans un monde qui rejette Jésus ou qui relativise sa personne, la foi te demande un engagement réel : rester agrippé à lui, coûte que coûte, sans laisser d'autres voix te détourner de la seule porte.

Est-ce que fréquenter l'église suffit pour être sauvé ?

Non. Jésus s'adresse à des Juifs du peuple choisi, qui ont mangé devant lui et l'ont entendu enseigner dans leurs rues. Et il leur répond : « Je ne sais pas d'où vous êtes. » Faire valoir des habitudes de fréquentation ne suffit pas. Avoir grandi dans un pays au passé chrétien, connaître quelques versets, faire partie du décor : cela ne remplace pas la foi personnelle en Jésus. Il s'agit d'accueillir Jésus par la foi aujourd'hui pour qu'il t'accueille dans sa gloire demain.

Comment répondre à quelqu'un qui dit « on ira tous au paradis » ?

Un paradis sans jugement, où terroristes, tortionnaires et victimes seraient réunis au même banquet sans distinction, ne serait pas un paradis mais un enfer. La bonne nouvelle de l'Évangile associe le juste jugement de Dieu et son pardon immérité. Jésus est venu pour sauver quiconque croit en lui : quel que soit ton pédigré, tes fautes, ton origine ou ta religion. La porte est ouverte, mais elle est unique et elle se refermera. Réponds avec douceur et fermeté : oui, on peut tous y aller, mais par une seule porte, Jésus.

Toutes les prédications sur « Foi »

Ne rate aucune prédication de Église Saint-Lazare

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Sur le même thème

Message publié par Église Saint-Lazare. Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

« On ira tous au paradis » ? La porte étroite (Luc 13) | Efficient Church