Jean 21 : Jésus, le Dieu de la prochaine chance

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Introduction

« Pendant longtemps, j'ai cru que Dieu était le Dieu de la seconde chance. Mais j'ai fini par comprendre que je me trompais. » Daniel Elvelyck ouvre ainsi son message à l'Église SOS Lyon. Dieu n'est pas le Dieu de la deuxième chance, ni de la troisième, ni de la quatrième : il est le Dieu de la prochaine chance, « encore et encore ».

La Bible n'est pas un livre qui met en scène des gens parfaits. Nous avons tous des défauts, nous faisons tous des erreurs. La Bible raconte un Dieu parfait qui se manifeste sans cesse à des gens imparfaits. Et parmi tous ceux qui ont failli, personne ne l'illustre mieux que Pierre.

Le prédicateur suit Pierre du reniement, près d'un feu de braises, jusqu'au rivage de Jean 21, où Jésus allume un autre feu de braises. Il relève les raisons de la chute de Pierre, qui sont aussi les nôtres, puis la manière dont Jésus vient le chercher et le restaurer.

Plan du message

1. Une Bible remplie de gens imparfaits

  • Pierre a marché avec Jésus pendant trois ans et demi. Il faisait partie du cercle intime de Jésus.
  • À la dernière Pâque, Jésus annonce : « Je vous serai à tous, cette nuit, une occasion de chute. » Pierre répond : « Quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi » (Matthieu 26:31-35).
  • Jésus lui dit qu'il le reniera trois fois avant que le coq chante. Pierre insiste : « Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous les disciples disent la même chose.
  • Pour Daniel Elvelyck, ce texte montre déjà pourquoi Pierre va tomber. Et ce sont les mêmes raisons pour lesquelles nous continuons de tomber.

2. Deux raisons de la chute : se croire meilleur et plus sage

  • Première raison, se placer au-dessus des autres. Pierre dit en substance : « Même si tous les autres te renient, moi, jamais. » Il se croit plus fort que ceux qui l'entourent.
  • La Bible nous met en garde : « L'arrogance précède la ruine, et l'orgueil précède la chute » (Proverbes 16:18).
  • L'orgueil pousse à dire « je sais », et même « je crois que je suis meilleur que toi ». Quand nous pensons avoir plus de force que les autres en les jugeant, nous sommes déjà dans l'échec.
  • La question du prédicateur : « Au-dessus de qui ai-je secrètement décidé que j'étais meilleur ? » Entrer à l'église en se croyant meilleur que quelqu'un est un endroit dangereux.
  • Deuxième raison, croire en savoir plus que Jésus. Quand Jésus lui annonce son reniement, Pierre répond : « Non, Jésus. » Il pense mieux savoir que les paroles de Jésus lui-même.
  • Proverbes 3:5-6 invite à se confier en l'Éternel de tout son cœur, à le reconnaître dans toutes ses voies, sans s'appuyer sur sa propre sagesse. Cela demande de la foi pour le croire et du courage pour s'y soumettre.
  • Daniel Elvelyck le confie : chaque fois qu'il a échoué dans sa vie, c'était pour l'une de ces deux raisons. Il se croyait plus fort qu'il ne l'était, ou il pensait connaître la Parole de Dieu mieux que Dieu lui-même.
  • « Personne ici ne sait mieux que Jésus. J'ai appris que Jésus me connaissait mieux que je ne me connaissais moi-même. » Sa question : quelle partie de la Parole de Dieu ai-je décidé d'ignorer, en pensant qu'elle ne s'applique pas à ma vie ?

3. Le feu de braises et l'odeur de la honte

  • Jésus est arrêté. Pierre le suit de loin et se cache parmi les serviteurs. « Les serviteurs et les huissiers, qui étaient là, avaient allumé un brasier, car il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait avec eux, et se chauffait » (Jean 18:18).
  • On lui demande s'il connaît Jésus, et Pierre, qui venait de jurer qu'il ne le renierait jamais, répond : « Je ne le connais pas. » Une heure plus tard, au troisième reniement, le coq chante. « Le Seigneur, s'étant retourné, regarda Pierre », et Pierre se souvient de sa parole (Luc 22:59-61).
  • Le prédicateur invite à voir la tristesse dans les yeux de Jésus et le cœur de Pierre qui sombre : il vient de renier publiquement celui qu'il aime, il est submergé par la honte.
  • Tout cela se passe près d'un feu de braises. L'odorat, explique-t-il (« je ne suis pas médecin »), est le seul sens qui contourne le thalamus et arrive directement dans l'hippocampe, là où arrivent les émotions. Une odeur ne rappelle pas seulement un souvenir, elle le fait revivre : le parfum d'un grand-père qu'on n'a pas senti depuis vingt ans, l'odeur de sa première école.
  • L'échec de Pierre s'imprègne de l'odeur de ces braises et le marque « comme un fer chaud ». Le reniement devient un vrai traumatisme intérieur, et Pierre quitte ce lieu plein de honte.

4. Un leader qui a dû demander pardon

  • « Nous avons tous porté de la honte », dit Daniel Elvelyck, et il raconte l'un de ses propres échecs. Jeune dans le ministère, il servait en Suède dans une œuvre qui avait envoyé 160 missionnaires.
  • Un jour, un couple entre dans son bureau, en larmes, blessé par l'un de leurs couples de missionnaires, un jeune couple fidèle qui rentrait de dix-huit mois en Thaïlande. Il croit tout ce qu'on lui dit, sans appeler les missionnaires, sans leur demander leur version, sans les protéger.
  • Il leur écrit un e-mail rempli de colère, avec « tous les attributs de quelqu'un qui se croyait un excellent leader ». En cliquant sur « envoyer », il se sent bien et justifié. Ce couple n'est jamais revenu.
  • Des mois plus tard, le Saint-Esprit vient lui percer le cœur. Il a le choix : protéger son ego ou réparer la blessure qu'il a causée. « Je préfère être humilié que porter un cœur lourd. »
  • Le couple refuse d'abord de le voir, puis lui accorde dix minutes un vendredi à 21 h, à trois heures et demie de route. Il annule tout, conduit seul en priant, et leur dit, sans chercher d'excuses ni rien expliquer : « J'ai eu tort, je vous ai blessés. Pardonnez-moi. » Le jeune homme lui répond qu'il s'attendait à des justifications, mais qu'à cause de son humilité, il lui pardonne.
  • « J'ai senti la liberté du pardon. » Sur la route du retour, il ne lui reste que des larmes de gratitude. « Jésus est venu me rencontrer dans mon désordre, et aujourd'hui il veut te rencontrer dans le tien. »

5. La honte qui ramène aux filets

  • La honte ne fait pas que bloquer, elle fait reculer. On retourne à sa barque et à ses filets, là où l'on était avant que Jésus vienne nous transformer.
  • C'est ce qui arrive à Pierre : « Je vais pêcher » (Jean 21:3). Il a été trois ans et demi avec le Maître, mais la honte le ramène en arrière.
  • Quand on ne règle pas ses fautes, une voix finit par dire : « Tu n'es pas assez bien. Il a investi en toi et tu as échoué. Il t'a donné une chance et tu l'as gâchée. Jésus ne veut plus de toi. » Et l'on retourne à sa vie passée et à ses vieilles habitudes.
  • Au cœur de la honte, Dieu fait une promesse : il est près de ceux qui ont le cœur brisé et il sauve ceux qui ont l'esprit abattu (Psaume 34:19).
  • « Pierre ne cherchait pas Jésus, mais Jésus est venu chercher Pierre. » Nous adorons un Dieu qui n'attend pas que nous réglions nos problèmes seuls : comme un berger, il nous cherche déjà.

6. Jésus rallume un feu de braises

  • Jésus trouve Pierre dans sa barque et l'appelle sur le rivage. « Lorsqu'ils furent descendus à terre, ils virent là des charbons allumés, du poisson dessus, et du pain » (Jean 21:9). Jésus invite Pierre à déjeuner.
  • Le mot grec pour ce feu de braises, anthrakia, n'est employé que deux fois dans tout le Nouveau Testament : en Jean 18, au moment du reniement, et en Jean 21, quand Jésus prépare le repas. En arrivant sur la rive, Pierre sent l'odeur des braises, l'odeur de son traumatisme.
  • Jésus n'a pas allumé ce feu pour lui dire : « Tu te souviens de ce que tu as fait ? » Il l'a allumé pour racheter l'odeur que Pierre avait gardée. Parfois, Dieu nous ramène aux lieux qui font mal, aux lieux de l'échec, pour nous guérir du traumatisme.
  • Cela vaut aussi pour les blessures qui ne viennent pas de nos fautes : dans le mariage, une amitié, le travail ou l'Église. « Quelqu'un qui prétendait représenter Dieu t'a laissé en sang. Je sais de quoi je parle, c'est ce que j'ai fait à ce jeune couple. » Les blessures causées au nom de Dieu n'ont pas été causées par Dieu lui-même.
  • Un mariage qui s'éteint lentement, une habitude qui te coûte tout, une image sur les réseaux sociaux qui ne ressemble pas à la personne que tu es seul chez toi, une facture que tu ne peux pas payer : quoi que ce soit, c'est ton feu de braises, et Jésus sait quelle odeur il a pour toi. Il ne te demande pas de faire comme si rien ne s'était passé, il te demande de croire qu'il est différent.

7. Agapè, philéo : Jésus descend l'échelle

  • Assis près du feu, Jésus pose trois fois la même question à Pierre, qui l'a renié trois fois (Jean 21:15-17). « M'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Pierre, qui se disait plus fort que les autres, ne se compare plus : « Tu sais que je t'aime. »
  • Le grec du Nouveau Testament a plusieurs mots pour l'amour. Jésus demande : « M'aimes-tu d'un amour agapè ? », l'amour divin, parfait, inconditionnel. Pierre répond avec philéo, l'amour fraternel, celui des amis, un amour à hauteur humaine.
  • Le prédicateur prête ces mots à Pierre : « Tu sais tout. Tu sais que j'ai échoué, que j'ai tout gâché. Je ne suis ni pur ni fort. Philéo, c'est le mieux que je puisse te donner aujourd'hui. »
  • La troisième fois, Jésus change sa question : « M'aimes-tu d'un amour philéo ? » Le Dieu parfait descend au niveau de Pierre. « Jésus n'attend pas que tu montes en haut de l'échelle. Il descend l'échelle pour te rejoindre là où tu es. » Il ne monte pas la barre, il la baisse : « cela s'appelle la grâce ».
  • Pierre est revenu de ses échecs, il est devenu un héros de la foi et a conduit l'Église primitive. « Si Pierre a pu revenir de son échec, nous pouvons tous revenir de nos échecs. »
  • Jésus est déjà sur le rivage, il a déjà allumé le feu. Il n'attend pas que tu sois meilleur, il te demande seulement ton prochain pas « philéo » : rejoindre un groupe de vie, dire oui au baptême, ou lui dire pour la première fois : « Je te reçois. » « Viens tel que tu es. Je suis là pour prendre soin du reste. »

Points à retenir

  • Dieu n'est pas seulement le Dieu de la seconde chance : il est le Dieu de la prochaine chance, encore et encore.
  • Pierre tombe parce qu'il se place au-dessus des autres et parce qu'il croit en savoir plus que Jésus. Ce sont les mêmes pièges pour nous.
  • La honte non réglée nous ramène à nos filets et nous souffle que nous ne sommes plus assez bien pour Jésus.
  • Jésus vient chercher Pierre et rallume un feu de braises, non pour l'accuser, mais pour guérir le lieu de son échec.
  • En passant d'agapè à philéo, Jésus descend jusqu'à Pierre : la grâce baisse la barre pour nous rejoindre là où nous sommes.

Application personnelle

  1. Au-dessus de qui as-tu secrètement décidé que tu étais meilleur ?
  2. Quelle partie de la Parole de Dieu as-tu décidé d'ignorer, en pensant qu'elle ne s'applique pas à ta vie ?
  3. Y a-t-il une personne que tu as blessée et auprès de qui tu dois aller demander pardon, sans chercher d'excuses ni te justifier ?
  4. Quel est ton feu de braises, ce lieu ou ce souvenir qui porte encore l'odeur de l'échec ou de la blessure ?
  5. Quel est ton prochain pas « philéo » cette semaine : un groupe de vie, le baptême, ou recevoir Jésus pour la première fois ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi Daniel Elvelyck parle-t-il du « Dieu de la prochaine chance » ?

Il a longtemps cru que Dieu était le Dieu de la seconde chance, puis il a compris qu'il se trompait : Dieu n'est pas seulement le Dieu de la deuxième, de la troisième ou de la quatrième chance, il est le Dieu de la prochaine chance, encore et encore. La Bible n'est pas un livre de gens parfaits, mais le récit d'un Dieu parfait qui se manifeste à des gens imparfaits.

Pourquoi le feu de braises est-il important dans l'histoire de Pierre ?

Selon le prédicateur, le mot grec traduit par « feu de braises » n'apparaît que deux fois dans le Nouveau Testament : en Jean 18, quand Pierre renie Jésus, et en Jean 21, quand Jésus prépare le repas au bord du lac. Jésus n'allume pas ce feu pour rappeler la faute à Pierre, mais pour racheter l'odeur que Pierre avait gardée de son échec.

Quelle différence entre agapè et philéo dans Jean 21 ?

Agapè désigne l'amour divin, parfait et inconditionnel, philéo l'amour fraternel, celui des amis. Deux fois Jésus demande à Pierre s'il l'aime d'un amour agapè, et Pierre répond par philéo. La troisième fois, Jésus emploie lui-même philéo : il descend au niveau de Pierre. Pour Daniel Elvelyck, c'est cela la grâce : Jésus ne monte pas la barre, il la baisse pour rejoindre Pierre.

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