Actes 1 : des témoins fiables à l'ère des fake news

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Introduction

Te souviens-tu de cette photo du président Macron dans un train en Ukraine, avec les chefs de gouvernement allemand et britannique ? Sur la table, un petit objet ressemblait à un sachet blanc. En quelques heures, un scandale de cocaïne a fait le tour du monde. C'était un mouchoir.

Joseph Tandy part de là pour poser la question de ce message à l'Église Connexion, à Paris : à l'ère des fake news, quelle parole peut-on encore croire ? On se la pose tous les jours sans s'en rendre compte : l'enfant qui crie qu'il y a une énorme araignée dans la baignoire, le numéro inconnu qui appelle, le message reçu sur un site de petites annonces. Elle concerne aussi les grandes questions : qui croire pour guider sa vie, que croire face à la mort, Dieu existe-t-il ?

Nous n'avons jamais vu Jésus. Nous dépendons d'autres personnes pour nous parler de lui, à commencer par les auteurs de la Bible. Comment savoir que ce message est un fondement solide et pas une fake news de plus ? Et comment savoir qu'on ne propage pas soi-même une fake news quand on l'annonce aux autres ? Le passage d'Actes 1.12-26, qu'on couperait volontiers au montage, répond à cette question.

Plan du message

1. Luc écrit pour donner une certitude

  • Le livre des Actes est le deuxième volume de l'Évangile de Luc. Luc était médecin. Il a enquêté sur Jésus pendant des années avant d'écrire.
  • Dès la première page, il annonce son objectif : faire un récit suivi « afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus » (Luc 1:3-4).
  • Le passage de l'élection de Matthias peut sembler ennuyeux, mis à part le détail sanglant des entrailles de Judas. Il est pourtant vital : il montre que la certitude est possible, parce que le message sur Jésus vient de témoins dignes de confiance.
  • Joseph Tandy développe trois points : les témoins de Jésus sont inchangés, ils restent intègres, ils sont qualifiés pour fonder un nouveau peuple.

2. Les témoins de Jésus sont inchangés

  • Après l'ascension, les disciples reviennent du mont des Oliviers et montent dans la chambre haute : Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe, Thomas, Barthélemy, Matthieu, Jacques fils d'Alphée, Simon le Zélote et Jude fils de Jacques (Actes 1:12-13).
  • On est tenté de voir les disciples comme des gens ordinaires : ils se trompent, ils pèchent, ils doutent, comme nous. C'est vrai, mais ils jouent aussi un rôle unique dans l'histoire. Jésus les a choisis comme apôtres, c'est-à-dire envoyés, comme un ambassadeur qui parle avec toute l'autorité de celui qui l'envoie.
  • Être témoin, c'est pouvoir raconter ce qu'on a vu et entendu. Aucun de nous n'a vu et entendu Jésus comme eux. Les écouter, c'est écouter Jésus, et donc Dieu. Les rejeter, c'est rejeter Jésus, et donc Dieu.
  • Il n'y a plus aujourd'hui d'apôtres comme ceux-là, témoins directs de Jésus. Ce que nous avons, c'est leur témoignage dans la Bible : les livres du Nouveau Testament sont écrits par des apôtres ou sous leur direction. Si tu te demandes par où commencer pour connaître Dieu, commence par Matthieu, Marc, Luc ou Jean.
  • Luc souligne d'abord que ce sont bien les hommes choisis par Jésus. Contrairement à l'idée popularisée par Da Vinci Code de Dan Brown, ce n'était pas la foire à la fin, avec des récits triés des siècles plus tard. La liste du verset 13 est celle des Évangiles : aucun nouveau venu.
  • Luc est précis : il distingue les deux Jacques en nommant « Jacques, fils d'Alphée ». Matthieu et Marc parlent de Thaddée là où Luc écrit Jude, fils de Jacques : porter deux noms était courant, et un chrétien nommé Judas pouvait vouloir utiliser l'autre.

3. Les témoins de Jésus restent intègres

  • Un nom manque : Judas Iscariot, le traître. C'est gênant. Un ami du prédicateur a comparé la situation à celle de Lance Armstrong : sept Tours de France gagnés d'affilée, des titres retirés en 2012 pour dopage, et tout le cyclisme discrédité. Si l'un des apôtres n'était pas fiable, pourquoi les autres le seraient-ils ?
  • Devant environ 120 personnes, Pierre ne cache rien et ne met rien sous le tapis. Judas était compté parmi eux, avec le même ministère. Il a acquis un champ avec le salaire du crime, il est tombé, ses entrailles se sont répandues, et ce champ a été appelé Hakeldama, champ du sang (Actes 1:15-19).
  • Mais Pierre répond : « il fallait que s'accomplisse ce que le Saint-Esprit, dans l'Écriture, a annoncé d'avance par la bouche de David » (Actes 1:16). Le livre des Psaumes l'avait écrit des siècles plus tôt : « Que sa demeure devienne déserte » et « Qu'un autre prenne sa charge » (Actes 1:20, Psaume 69:26 et Psaume 109:8).
  • Pour reprendre l'image du Tour de France : si les organisateurs avaient annoncé longtemps à l'avance qu'un coureur serait dopé pour une expérience, le scandale n'aurait pas sali les autres. La chute de Judas faisait partie du plan.
  • Cela ne retire rien à la responsabilité de Judas : dans les Évangiles, il complote, négocie, agit sans contrainte, puis il est saisi de remords. La souveraineté de Dieu et la responsabilité de l'homme ne s'excluent pas. La croix l'illustre : le pire crime de l'histoire, commis par de vrais coupables, était aussi le plan éternel de Dieu pour sauver.
  • Un ancien collègue du prédicateur affirmait que les disciples avaient inventé des histoires pour fonder une religion et devenir des gourous. Le passage répond : il y a eu une seule personne mal intentionnée parmi les apôtres, et sa chute était annoncée dès le départ.
  • Pourquoi tant de détails sanglants ? Quand un ambassadeur trahit son pays, on ne le congédie pas discrètement : l'affaire fait la une, le procès est public. La mort de Judas est publique au point de donner son nom à un champ, parce que la fonction d'apôtre est trop précieuse. Dieu veut que tu aies pleine confiance pour mettre tous tes œufs dans le même panier, celui de la Bible.

4. Les témoins de Jésus sont qualifiés pour fonder un nouveau peuple

  • Onze hommes capables d'attester avoir vu Jésus vivant après sa mort, c'était déjà beaucoup. Pourquoi un douzième ? Dans la Bible, les nombres sont souvent symboliques, et 12 évoque le peuple de Dieu : les 12 fils de Jacob, les 12 tribus d'Israël, les 12 pierres précieuses sur le vêtement du souverain sacrificateur (Exode 28:21).
  • À la fin de la Bible, la nouvelle Jérusalem repose sur 12 fondements qui portent les noms, non des 12 tribus, mais des 12 apôtres (Apocalypse 21:14). Par eux, Jésus fonde son nouveau peuple.
  • On entre dans le peuple de Dieu en croyant leur message. Cet été, invité au baptême d'une petite fille dans une église catholique, le prédicateur a entendu l'officiant expliquer que la cérémonie commence devant la porte parce qu'on entre dans l'Église par le baptême. La Bible dit autre chose : on entre dans l'Église en croyant la bonne nouvelle telle que les apôtres l'ont enseignée. Le baptême est ensuite la manière de la confesser publiquement.
  • « Ma famille est chrétienne », « j'ai vécu une expérience surnaturelle », « un pasteur a prié pour moi » : aucune de ces raisons ne fait entrer dans le peuple de Dieu. On y entre en croyant le message des apôtres, d'où l'importance qu'ils soient qualifiés.
  • Les critères du verset 21 : un homme qui a accompagné les apôtres pendant tout le ministère de Jésus, depuis le baptême de Jean jusqu'à l'ascension, et qui puisse être témoin de sa résurrection (Actes 1:21-22). Pas quelqu'un qui l'aurait croisé de temps en temps, ni quelqu'un qui transmettrait des « on-dit ».

5. Une foi radicalement historique

  • La foi chrétienne n'est pas d'abord une philosophie ou une idéologie. Ce ne sont pas des légendes inventées longtemps après les faits, ni un homme sorti d'une grotte en disant « Dieu m'a parlé », ni un simple ressenti : « je sens que c'est vrai, et si tu sens autre chose, c'est vrai pour toi ».
  • C'est un témoignage oculaire : ce qu'un groupe d'hommes a vu et entendu de Jésus. Ce témoignage pouvait être vérifié, recoupé, et réfuté à une époque assez proche des faits s'il y avait eu des erreurs.
  • Récemment, un incident assez grave s'est produit dans la classe d'un des enfants du prédicateur. L'école a pu établir les faits parce que le directeur a recueilli tout de suite les témoignages des élèves présents, avant qu'ils oublient. La foi chrétienne ressemble à cela, sauf que ce que ces hommes ont vu et raconté était extraordinaire, parce qu'il s'agissait de Jésus.
  • Deux candidats remplissent les critères, Joseph appelé Barsabas et Matthias. Les disciples prient, puis tirent au sort, comme souvent dans l'Ancien Testament, et le sort tombe sur Matthias (Actes 1:23-26). Avec humour, Joseph Tandy note qu'entre deux options également bonnes, prier puis choisir vaut mieux que se torturer à scruter des signes. Mais le but du passage est ailleurs : montrer que Jésus nomme, selon ses critères, l'équipe de témoins qui fonde son nouveau peuple.

6. Une parole sûre pour vivre et pour transmettre

  • Quelle parole peut-on encore croire ? Luc répond : la parole de Jésus transmise par ceux qu'il a choisis comme témoins. Sans cette certitude, on part dans tous les sens. Avec elle, le Seigneur ressuscité nous invite à bâtir notre vie avec confiance, sérénité et joie.
  • Face à l'instabilité, on peut s'accrocher à des personnes, à des figures d'autorité, voire à des gourous. Jésus offre sa parole comme source unique de stabilité et de réconfort.
  • Il y a vingt ans, étudiant, le prédicateur traversait l'anxiété et la dépression : avait-il choisi les bonnes études, où allait sa vie ? La paix est venue quand il a découvert que les paroles de ce livre sont sûres.
  • C'est parce que ces paroles sont sûres qu'on peut les transmettre. Quand il était journaliste, un collègue s'offusquait de l'arrogance des chrétiens qui osent dire aux autres de croire en Jésus. Mais transmettre un témoignage n'est pas de l'arrogance : on n'accuse pas un journaliste d'arrogance quand il rapporte fidèlement ce qu'il a vu et vérifié. On peut partager ce témoignage sans le moindre complexe.
  • Si tu ne te dis pas chrétien, le prédicateur t'invite à ne pas balayer la foi chrétienne d'un revers de main : toute personne rationnelle devrait prendre le temps d'examiner ce témoignage pour prendre une décision éclairée.
  • Le livre des Actes raconte ce que Jésus a continué de faire après son ascension : il devrait s'appeler « les Actes de Jésus, volume 2 ». Jésus agit depuis le ciel dans nos vies quand nous laissons les paroles de ce livre agir en nous. Alors on peut s'en approcher avec de grandes attentes, avec joie et avec tremblement, parce que c'est le Seigneur qui parle.
  • Dans sa prière finale, le prédicateur reprend la parole de Jésus à Marthe : au milieu des soucis, une seule chose est nécessaire, s'asseoir aux pieds de Jésus pour l'écouter (Luc 10:42).

Points à retenir

  • La foi chrétienne repose sur des témoins choisis et formés par Jésus, pas sur des apôtres autoproclamés ni sur des récits triés des siècles plus tard.
  • La trahison de Judas était annoncée par l'Écriture : elle ne discrédite pas les autres apôtres, et Judas reste responsable de ses actes.
  • On entre dans le peuple de Dieu en croyant le message des apôtres, pas par sa famille, une expérience ou un rite.
  • La foi chrétienne est historique : elle repose sur un témoignage oculaire, vérifiable à l'époque des faits.
  • Parce que la parole de Jésus est sûre, on peut bâtir sa vie dessus et la transmettre sans arrogance ni complexe.

Application personnelle

  • Sur quelle parole t'appuies-tu aujourd'hui pour guider ta vie et affronter tes incertitudes ?
  • À quoi ou à qui t'accroches-tu quand l'instabilité arrive : des personnes, des figures d'autorité, ou la parole de Jésus ?
  • Sur quoi fondes-tu ta certitude d'appartenir au peuple de Dieu : ta famille, une expérience, ou le message des apôtres que tu as cru ?
  • Quelles « petites voix » t'empêchent de parler de Jésus autour de toi, et comment l'image du journaliste qui rapporte fidèlement change-t-elle ton regard ?
  • Avec quelles attentes ouvres-tu la Bible cette semaine : par habitude, ou en sachant que c'est le Seigneur qui parle ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi peut-on faire confiance au message des apôtres ?

Joseph Tandy relève dans Actes 1 que les hommes réunis après l'ascension sont exactement ceux que Jésus avait choisis et formés : la liste du verset 13 reprend celle des Évangiles, sans nouveau venu. Ce ne sont pas des imposteurs ni des apôtres autoproclamés, mais des témoins oculaires de Jésus.

La trahison de Judas ne discrédite-t-elle pas les autres apôtres ?

Non. Pierre ne cache rien devant les 120 disciples : il nomme le problème et montre que l'Écriture l'avait annoncé, la trahison, la mort de Judas et son remplacement. Sa chute faisait partie du plan de Dieu, sans enlever à Judas la responsabilité de ses actes. La crédibilité des autres témoins reste intacte.

Pourquoi fallait-il remplacer Judas par un douzième apôtre ?

Dans la Bible, le nombre 12 évoque le peuple de Dieu : les 12 fils de Jacob, les 12 tribus d'Israël, et dans l'Apocalypse les 12 fondements de la nouvelle Jérusalem portent les noms des 12 apôtres. Par eux, Jésus fonde son nouveau peuple. Le remplaçant devait avoir accompagné Jésus depuis le baptême de Jean et être témoin de sa résurrection.

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