Ecclésiaste 12 : crains Dieu, souviens-toi de ton Créateur

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Introduction

Comment garder le cap dans un monde qui change tout le temps, où les élections, les crises et le temps qui passe rendent tout incertain ? C'est la question qui clôt ce huitième et dernier volet de la série sur l'Ecclésiaste. Le prédicateur remercie Dieu pour ce livre qu'il n'aurait peut-être pas choisi en premier, mais dont il croit avoir eu besoin. Et il espère que toi aussi.

Ce dernier chapitre résume tout. La logique de l'Ecclésiaste est circulaire : il annonce un sujet, part dans de grands trajets philosophiques et poétiques, puis revient. Ici, au troisième cycle au moins, le message devient encore plus clair. L'auteur dit enfin, tout simplement, le sens du livre. Et ça se résume dans une phrase : craindre Dieu et observer ses commandements. Sans cette clé, tu peux lire l'Ecclésiaste comme un texte sans espoir, sans Dieu. Alors qu'il est écrit par un homme de foi, avec une vue du monde très réaliste, et c'est justement pour ça qu'il parle à notre époque.

Deux mouvements dans ce message. D'abord, le Cohélet (l'Ecclésiaste), veut que tu te souviennes de ton créateur. Ensuite, il veut que tu te souviennes de la sagesse.

Plan du message

1. Souviens-toi de ton créateur (Ecclésiaste 12:1-8)

  • Le texte s'ouvre par un poème : « Souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours du malheur viennent et que les années soient proches dont tu diras : je n'y trouve aucun agrément… avant que la poussière retourne à la terre comme elle y était et que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné. Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, tout est vanité. »
  • Trois raisons dans ce texte pour te souvenir de ton créateur : parce que tout est incertain, parce que tu vieillis et tu meurs, parce que Dieu est souverain et bon.
  • Parce que tout est incertain. Quand tu es enfant, le temps passe lentement. C'est même une joie d'être parent, de revivre un peu ce sentiment. Tout est à découvrir, et il fallait une éternité pour attendre le prochain anniversaire. Mais avec chaque phase, le monde change. Souvent, tu dis les mêmes phrases que tes parents : « Ah, ce monde change… ça coûte combien ?… » Autant de phrases qui trahissent que le monde changeant t'impacte plus que tu ne le crois. Avec le temps, le temps passe plus vite. L'Ecclésiaste revient à la phrase qui a ouvert le livre : « Vanité des vanités. » Hevel en hébreu, cette inconsistance. Tout est éphémère, on ne sait pas ce qui vient, c'est comme de la fumée, une poursuite du vent. Mais dans le temps de Dieu, il y a un temps pour tout : un temps pour aimer, un temps pour la paix, un temps pour la guerre. Tout reste sous son regard.
  • Le prédicateur donne une image : sa première visite en Bretagne, et ces magnifiques menhirs. Juste des pierres. Elles dérangent, l'agriculteur doit les contourner avec son tracteur. Mais elles sont là depuis avant l'évangélisation des Celtes, avant que le royaume de France les rattrape, avant la Révolution française, avant les deux guerres mondiales. Et elles y sont toujours. « Oui, tout change, tout est éphémère, mais Dieu, lui, il dérange. Il est comme ce menhir : il est là, et il restera là quoi qu'il arrive. » Le souvenir de Dieu est une ancre pour ton âme.
  • Parce que tu vieillis et tu meurs. La vieillesse est décrite poétiquement dans le passage, expression même du mot hevel. Les yeux qui se fatiguent (l'amandier qui fleurit), les cheveux qui blanchissent, les muscles qui faiblissent, les désirs qui se calment. Jusqu'à ce que le cordon d'argent se casse, que le bol d'or se brise, et que ce qui est précieux retourne vers celui qui l'a créé. Tout te mène à la mort. Mais c'est là que le poète te rappelle où il a commencé, au chapitre 11 : « Jeune homme, réjouis-toi pendant ton adolescence… » La jeunesse est un moment de joie parce que tout est nouveau. Et la joie, c'est un don de Dieu, pas pour faire ce que tu veux, mais pour t'aider à traverser cette vie. La métaphore du poème, c'est la vie sans joie. Une vie sans joie, où tu préfères un « faux sérieux », ça vieillit ton âme. Le créateur veut te protéger de cela.
  • Parce qu'il est souverain et bon. Reprends Ecclésiaste 11 : « Jeune homme, réjouis-toi… marche dans les voies de ton cœur et selon les regards de tes yeux. Mais sache que pour cela, Dieu te fera venir en jugement. » Le créateur veut cette joie pour toi. Il marche avec toi. Il t'appellera en jugement, pas forcément dans un sens négatif. En Christ, Jésus a pris le jugement sur lui. « Il n'y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Romains 8:1). Tu es responsable devant lui, redevable, mais tu n'es plus condamné. Et l'un des plus tristes gâchis, c'est qu'il t'a offert sa joie et que tu l'as refusée pour un faux sérieux, préférant le vieillissement de l'âme alors qu'il voulait te renouveler.
  • La souveraineté de Dieu n'est pas pénible. Ce n'est pas une contrainte pour te faire avancer dans le labyrinthe de la vie comme un petit rat de laboratoire. C'est plutôt un Père qui sait ce qui est bien, qui sait ce qui est faux, qui veut la belle vie pour laquelle il t'a créé. La première question du catéchisme de Westminster (XVIIe siècle) le dit avec force : « Quelle est la fin principale de l'homme ?, Glorifier Dieu et jouir de lui éternellement. » Dieu a fait en sorte que dans toute ton existence, malgré les terribles épreuves et malgré toutes les joies, tu puisses avoir cette relation plaisante, édifiante, aimante avec lui.
  • Le prédicateur relit alors 1 Jean 1:1-4. L'apôtre Jean a marché avec Jésus, l'a touché, mangé avec lui, vu transfiguré, vu ressuscité. Comment décrire un tel Seigneur ? « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de la vie… nous vous l'annonçons, afin que vous soyez en communion avec nous… et afin que votre joie soit complète. » Pas une petite joie : la joie complète. C'est le but. Et quand tu réalises qu'il te manque cette joie, tu peux prier : « Seigneur, remplis-moi de cette joie qui fait partie de mon héritage. »
  • L'Évangile (Jésus mort pour tes péchés, ressuscité pour te donner la vie), est l'établissement de sa seigneurie. Il est souverain. Toute chose sera réunie et soumise au Père. L'Évangile, dans son plein sens, renverse la tendance du vieillissement, du hevel, de la vanité. Voilà pourquoi tu as besoin de t'y appuyer : elle est productrice de joie.

2. Souviens-toi de la sagesse (Ecclésiaste 12:9-12)

  • « Outre que l'Ecclésiaste fut un sage, il a encore enseigné la connaissance au peuple ; il a examiné, sondé, mis en ordre un grand nombre de sentences. L'Ecclésiaste s'est étudié à trouver des paroles agréables ; et ce qui a été écrit avec droiture, ce sont des paroles de vérité. Les paroles des sages sont comme des aiguillons ; et, rassemblées en un recueil, elles sont comme des clous plantés, données par un seul pasteur. »
  • Ce commentaire semble écrit par un éditeur : ce n'est plus l'Ecclésiaste qui parle, c'est celui qui a rassemblé les écrits de Salomon pour te les transmettre. Salomon a tellement écrit qu'il a fondé une école des sages. Il a reçu la sagesse comme un don de Dieu, comme personne d'autre. Et l'Ecclésiaste, c'est un don. Comme tout don de Dieu, il n'est jamais destiné à une seule personne, mais à être partagé. Cette sagesse te bénit encore, des milliers d'années plus tard.
  • Michael Eaton commente : cette sagesse vient des réflexions du sage, mais aussi de l'inspiration. C'est à la fois parole de Dieu et parole d'homme. Certains se demandent quelle est la place de l'Ecclésiaste dans la Bible. Elle a sa place. Parce que cette vie est inconsistante, et il est important que tu te rappelles que Dieu a inspiré Salomon pour t'instruire, pour que tu saches comment vivre dedans. Avant même ta naissance, il a produit un livre pour te soutenir et t'encourager. C'est la puissance de la parole de Dieu.
  • Même si ce n'est pas un livre populaire… Jésus non plus n'était pas toujours populaire. Souviens-toi : après la multiplication des pains pour cinq mille personnes (Jean 6), la foule voulait le faire roi par force. Le lendemain, il les instruit : « Travaillez pour ce qui va vraiment vous nourrir… Je suis le pain de vie… Si vous ne mangez pas ma chair et si vous ne buvez pas mon sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes. » Beaucoup l'ont quitté. Alors Jésus se tourne vers les Douze : « Voulez-vous aussi vous en aller ? » Et Pierre répond : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » C'est avec cette même sévérité, cette même voix artistique et poétique que l'Ecclésiaste te parle de la vie. Peut-être inhabituelle. Mais ce sont des paroles de vie.
  • La sagesse t'affermit dans cette vie. Verset 11-12 : « Les paroles des sages sont comme des aiguillons ; et, rassemblées, elles sont comme des clous plantés, données par un seul pasteur. Du reste, mon fils, tire instruction de ces choses ; on ne finirait pas de faire un grand nombre de livres, et beaucoup d'étude est une fatigue pour le corps. » La parole de Dieu agit parfois comme un aiguillon : elle dérange, elle fait mal, mais elle t'oriente. Il est bien que la parole te dérange. Il faut qu'elle te réveille de tes délires. Elle est aussi comme un piquet planté, comme ce menhir : elle reste sur place, tu sais où aller grâce à elle.
  • Un mot est particulièrement fort : berger. « Données par un seul pasteur. » Zack Eswine le dit : lire l'Ecclésiaste, c'est entendre la voix de notre berger. À travers l'homme sage que le berger a inspiré pour ton aide, tu regardes vers le berger lui-même, ton espoir et ton objectif. Jésus, plus grand que Salomon, te parle à travers lui. C'est pour cela que ce livre est rempli de tant de sagesse et que ça reste avec toi. Souviens-toi de l'étude du sermon sur la montagne : la foule était frappée par son enseignement, parce que personne ne parle comme lui. Salomon t'ouvre une porte. Mais c'est Jésus qui te dessine l'image complète de la joie.

3. Conclusion : crains Dieu et observe ses commandements (Ecclésiaste 12:13-14)

  • « Écoutons la fin du discours : crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit faire tout homme. Car Dieu amènera toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal. »
  • Craindre Dieu, ce n'est pas vivre dans la peur de son bâton levé qui va te frapper au moindre faux pas. Ce n'est pas la phobie de Dieu. « Craindre Dieu, c'est marcher avec la personne que tu aimes le plus au monde. » Et s'il y a un aspect de crainte, c'est parce que tu ne veux pas la décevoir, tu ne veux pas faire ce qui ne lui plaît pas.
  • Cette conclusion en écho un autre passage célèbre, Michée 6:8 : « On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; et ce que l'Éternel demande de toi, c'est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu. » C'est la même chose. Marcher avec Dieu.
  • La sagesse biblique, ce n'est pas une grande érudition. Le plus sage dans la Bible n'est pas le plus savant. Le plus sage, c'est celui qui craint Dieu et met ses commandements en pratique. La sagesse, bibliquement parlant, c'est le comportement, c'est ce que tu fais, la joie que tu ressens, la manière dont tu agis.
  • Et en Christ, tu peux réellement craindre Dieu, parce que la croix est le prix de ton pardon. En Christ, tu peux observer ses commandements, parce qu'il a accompli la loi pour toi et qu'il a écrit cette loi dans ton cœur en versant en toi l'amour de Dieu. « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres » (Jean 13:34). En Christ, tu observes ces commandements comme nulle part ailleurs. Le jugement passe de ton compte au sien, parce que c'est lui qui a payé pour tes péchés.
  • Ce que l'Ecclésiaste te prescrit n'est possible qu'en Christ, et en Jésus seul. Pour clore ce beau livre, l'Ecclésiaste te partage le secret pour vivre dans un monde inconsistant, un monde qui a l'air d'être en élection permanente, où tu ne sais pas ce qui va se passer. Le secret ? Craindre Dieu, obéir à sa parole. C'est-à-dire vivre en Jésus-Christ. C'est en lui que tout trouve son sens, cette joie, cette clarté, pour que quoi qu'il arrive, tu saches comment vivre. Amen.

Points à retenir

  1. Souviens-toi de ton créateur. Tout est incertain, tu vieillis, tu meurs, mais Dieu, lui, reste. Il est le menhir qui ne bouge pas quand tout change autour de toi. Il est ton ancre.
  2. La joie est un don de Dieu à protéger. Refuser la joie pour un « faux sérieux » vieillit ton âme. Le créateur veut que tu vives dans la joie tout au long de ta vie.
  3. Dieu est souverain et bon. Sa souveraineté n'est pas une contrainte : c'est celle d'un Père qui veut ta belle vie. Le catéchisme de Westminster le résume : glorifier Dieu et jouir de lui éternellement.
  4. La parole des sages est un aiguillon et un clou planté. Elle dérange pour te réveiller, elle tient pour te stabiliser. Elle te vient d'un seul berger, Jésus, plus grand que Salomon.
  5. Craindre Dieu, c'est marcher avec celui que tu aimes le plus. Ce n'est pas la phobie de Dieu. Et cette marche n'est possible qu'en Christ, qui a payé le jugement à ta place et écrit sa loi dans ton cœur.

Application personnelle

  1. Où mets-tu concrètement ton ancre aujourd'hui ? Dans ta situation, ton travail, ta santé qui changent, ou dans le Dieu qui ne change pas ?
  2. Peux-tu identifier un domaine où tu as préféré un « faux sérieux » à la joie que Dieu voulait pour toi ? Que se passerait-il si tu lui demandais : « Seigneur, remplis-moi de cette joie complète » ?
  3. Quand tu lis la Bible, la laisses-tu réellement te déranger comme un aiguillon, ou la survoles-tu pour qu'elle te conforte sans te réveiller ?
  4. Marcher avec Dieu « comme avec la personne que tu aimes le plus » : à quoi cela ressemblerait-il concrètement dans ta semaine, dans ta prière, tes décisions, tes conversations ?
  5. Y a-t-il un commandement de Christ que tu sais devoir mettre en pratique, mais que tu repousses ? Qu'est-ce qui change si tu le remets sous la grâce de la croix aujourd'hui ?

Versets cités

FAQ

Pourquoi l'Ecclésiaste finit-il par « crains Dieu et observe ses commandements » ?

Parce que c'est le sens même du livre. Après avoir constaté que tout est vanité, éphémère, inconsistant, l'Ecclésiaste te livre la conclusion qui donne du sens à tout le reste : dans un monde où tout change, ce qui tient, c'est marcher avec Dieu et vivre selon sa parole. Sans cette clé, le livre paraîtrait sans espoir. Avec elle, il devient un guide très réaliste pour ta vie de foi aujourd'hui.

Que veut dire « craindre Dieu » selon l'Ecclésiaste ?

Le prédicateur le dit clairement : ce n'est pas la peur du bâton levé, ce n'est pas la phobie de Dieu. Craindre Dieu, c'est marcher avec la personne que tu aimes le plus au monde. S'il y a un aspect de crainte, c'est parce que tu ne veux pas décevoir cette personne, tu ne veux pas faire ce qui ne lui plaît pas. C'est une crainte qui vient de l'amour, pas de la terreur.

Comment vivre dans la joie quand tout est incertain autour de moi ?

En te souvenant de ton créateur, qui ne change pas quand tout change. En protégeant la joie que Dieu t'a donnée comme un don, plutôt qu'en la troquant contre un « faux sérieux » qui vieillit l'âme. Et en t'appuyant sur l'Évangile : Jésus est mort et ressuscité pour renverser la tendance du hevel, et il te donne sa joie complète, pas une petite joie. Prie : « Seigneur, remplis-moi de cette joie qui fait partie de mon héritage. »

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