Hosanna ! Mais pour quel roi acclames-tu ?

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Introduction

Le dimanche des Rameaux, la foule acclame Jésus dans les rues de Jérusalem. Elle crie « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël. » Les rameaux de palmier s'agitent, l'entrée est triomphale. Et pourtant, cinq jours plus tard, la même foule criera « Crucifie-le ». Que s'est-il passé entre les deux ? Un malentendu sur qui est vraiment ce Roi. Dans ce message, Togbé Naingaye pose une question qui traverse toute la semaine sainte et qui te concerne aujourd'hui : Hosanna quand tout va bien, quand tes prières sont exaucées comme tu le veux — mais quand l'épreuve arrive, quand le silence de Dieu s'installe, quand son secours ne ressemble pas à ce que tu avais imaginé, est-ce que toi aussi tu ne l'abandonnes pas sur le chemin d'Emmaüs ?

Plan du message

1.Un malentendu qui traverse toute la vie de Jésus

  • Dès la naissance de Jésus, Hérode entend que « le roi des Juifs vient de naître » (Matthieu 2:2) et il ne peut voir cela qu'à travers le prisme du pouvoir politique : un rival, une menace, un trône à défendre.
  • Là où Christ vient au monde, tous ceux qui se sentent en danger vont chercher à étouffer cette vie naissante. Hérode fait tuer des innocents à cause d'un malentendu dans son esprit.
  • Pourtant Christ ne vient ni dans un palais, ni avec une armée. Il vient comme un bébé, dépouillé de sa puissance. Un bébé ne s'impose pas, il se laisse adopter — c'est le premier signe que Dieu ne règne pas comme les hommes règnent.
  • Après la multiplication des pains, la foule veut faire Jésus roi de force. Il se retire seul sur la montagne (Jean 6:15). Il ne refuse pas cette couronne parce qu'il n'est pas roi, mais parce que son royaume n'est pas ce que la foule imagine.
  • Paul le dira dans Romains 14:17 : « Le règne de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie par le Saint-Esprit. » Jésus n'est pas contre tes besoins matériels — il multiplie même les pains — mais si c'est ta seule raison de le suivre, ta foi vacillera au premier jour de difficulté.

2.Les signes des Rameaux et les larmes de Jésus

  • « Hosanna » veut dire « sauve-nous maintenant, sauve-nous de grâce ». C'est le cri d'un peuple qui souffre, sous domination, dans l'attente d'une délivrance — mais c'est aussi un cri d'espoir, parce qu'on a identifié celui à qui on demande secours.
  • Le peuple garde en mémoire la révolte des Macchabées, environ 150 ans plus tôt, quand Israël s'est libéré de l'occupation gréco-syrienne. Il attend un libérateur militaire du même genre. Jésus, lui, vient libérer un ennemi bien plus dangereux que Rome.
  • Matthieu ajoute un détail : la foule crie aussi « Hosanna au fils de David ». Pour le peuple, le fils de David c'est le vainqueur de Goliath, l'homme fort. Mais dans les Écritures, David a désiré construire le temple et Dieu lui a répondu : ce ne sera pas toi, ce sera ton fils. Salomon — dont le nom signifie paix — bâtit le premier temple ; le Fils messianique, lui, vient bâtir l'ultime temple, ni de pierre ni d'or, mais dans le cœur de l'homme.
  • Jésus pose alors un acte prophétique : il monte sur un âne. Le cheval était la monture de la guerre et de la conquête ; l'âne, celui de la paix. Zacharie l'avait annoncé quatre siècles plus tôt : « Réjouis-toi, fille de Sion, voici ton roi vient à toi, il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne » (Zacharie 9:9). Et Zacharie continue : « Il annoncera la paix aux nations. » Le règne de Dieu va au-delà de « c'est mon Dieu à moi » — il vient même pour ceux que tu crois être tes ennemis.
  • Luc rapporte un détail que les autres évangiles n'ont pas gardé : à la vue de Jérusalem, Jésus pleure sur elle (Luc 19:41-42). Contraste bouleversant : la foule crie de joie, et lui verse des larmes. Il sait que cinq jours plus tard, la même foule criera « Crucifie-le ». Il voit une ville qui passe à côté de sa paix parce que sa foi est basée sur des réalisations matérielles et non sur qui il est vraiment.

3.Quand le malentendu tombe, la paix commence — sur le chemin d'Emmaüs

  • Le dimanche de la résurrection, deux disciples quittent Jérusalem la tête basse et prennent la route en sens inverse, vers Emmaüs. Pour eux, c'est fini. Celui en qui ils avaient cru n'a pas rempli la mission qu'ils avaient projetée sur lui.
  • Un inconnu les rejoint sur la route : c'est Jésus. Mais ils ne le reconnaissent pas. Détail troublant : normalement, un disciple sait reconnaître son maître. S'ils ne le reconnaissent pas, c'est qu'ils s'étaient fait une image de Christ qui n'est pas le Christ réel. Dieu nous a mis en garde : ne faisons pas d'images de lui. Pourtant dans nos têtes, on peut figer Dieu dans une image qui ne lui ressemble pas.
  • Contraste précieux : eux ne reconnaissent pas Christ, mais Christ, lui, les reconnaît. Dans la foule des milliers de personnes qu'il a nourries, il connaît chacun individuellement. Même quand tu te fais une fausse image de lui, il te reconnaît et il veut cheminer avec toi.
  • Cléopas résume toute la déception : « Nous espérions que c'était lui qui avait délivré Israël. » Le verbe est au passé — ils n'espèrent plus. Combien d'entre nous ont vécu ce moment, quand l'image de Dieu qu'on s'était faite s'effondre, quand la prière ne semble plus être entendue ?
  • Jésus ne les abandonne pas. Il marche avec eux et il leur explique, depuis Moïse et tous les prophètes, comment les Écritures parlaient de lui. « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses et qu'il entrât dans sa gloire ? » La croix n'est pas un échec, c'est le chemin, c'est le plan depuis le début. Ésaïe 53:5 l'avait annoncé : « Il a été blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités, le châtiment qui donne la paix est tombé sur lui. » Les disciples connaissaient ces textes, mais ils étaient aveuglés par l'image qu'ils s'étaient faite.

Points à retenir

  • Christ ne s'impose pas, il se propose. Il vient dans la vulnérabilité — de la crèche à la croix — pour que tu l'adoptes librement, par amour et non par la force.
  • Une foi basée sur des réalisations matérielles ou des attentes précises est fragile. Le jour où l'épreuve arrive, elle vacille et se disperse — comme la foule qui criait Hosanna cinq jours avant de crier Crucifie-le.
  • Le règne de Dieu, ce n'est pas d'abord ce que tu manges ou ce que tu obtiens, c'est la justice, la paix et la joie par l'Esprit Saint. Cherche d'abord son royaume, le reste te sera donné par-dessus.
  • Ton image de Christ n'est peut-être pas Christ. Quand ta prière n'est pas exaucée comme tu voulais, la vraie question n'est pas « pourquoi Dieu ? » mais « est-ce qu'il est amour ? Est-ce qu'il m'aime ? » — et la réponse est oui.
  • Même quand tu marches vers Emmaüs, tête basse, Christ te reconnaît et il s'approche de toi. La paix véritable commence quand le malentendu sur lui tombe et que tu l'accueilles tel qu'il est.

Application personnelle

  1. Quelle attente précise as-tu placée sur Jésus, et que tu es peut-être prêt à déposer cette semaine pour l'accueillir tel qu'il est ?
  2. Quelle image de Christ — fabriquée par tes espoirs, tes déceptions ou tes besoins — as-tu à laisser tomber pour voir le vrai visage du Roi de paix ?
  3. Quelle est ta première motivation quand tu viens à Christ : ses bienfaits pour toi, ou son règne dans ton cœur ? Que ferais-tu si les bienfaits s'arrêtaient ?
  4. Dans quelle épreuve as-tu cessé de dire « j'espère » pour dire « j'espérais » ? Peux-tu, sur le chemin d'Emmaüs, laisser Jésus rouvrir les Écritures avec toi ?
  5. Est-ce que ton cœur est un temple où Christ prend plaisir à régner — ou seulement un lieu où tu vas le chercher quand tu as besoin de quelque chose ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut vraiment dire le mot Hosanna crié le jour des Rameaux ?

Hosanna signifie littéralement « sauve-nous maintenant, sauve-nous de grâce ». C'est d'abord le cri d'un peuple en détresse, sous domination, qui attend une délivrance. Mais parce que ce cri s'adresse à quelqu'un qu'on a identifié comme sauveur, il devient aussi un cri d'espoir et de victoire. Le jour des Rameaux, la foule reconnaît en Jésus celui qui peut sauver — mais elle attend une libération politique, pas la libération du cœur qu'il est venu offrir.

Pourquoi Jésus a-t-il choisi un âne plutôt qu'un cheval pour entrer à Jérusalem ?

Dans la culture de l'époque, le cheval est la monture de la guerre, de la conquête et de la domination ; l'âne, celui de la paix. En choisissant un âne, Jésus accomplit une prophétie annoncée par Zacharie plus de quatre siècles avant : « Voici ton roi vient à toi, humble et monté sur un âne » (Zacharie 9:9). Il déclare visuellement à la foule qu'il n'est pas un chef de guerre venu renverser Rome, mais un roi de paix qui vient offrir cette paix même aux nations — y compris à ceux qu'on croit être des ennemis.

Que faire quand on ne reconnaît plus Jésus dans une épreuve traversée ?

Le chemin d'Emmaüs enseigne trois choses. D'abord, si tu ne le reconnais plus, c'est peut-être parce que tu t'étais fait une image de lui qui ne correspond pas à qui il est vraiment. Ensuite, même quand tu tournes le dos à Jérusalem, Christ, lui, te reconnaît individuellement et il s'approche de toi. Enfin, la clarté ne revient pas d'abord par une nouvelle circonstance mais par un retour aux Écritures : « leur cœur commençait à brûler en l'écoutant avant même qu'ils le reconnaissent ». Laisse-le rouvrir la Parole avec toi, et pose la vraie question — non pas « pourquoi Dieu ? » mais « est-ce qu'il m'aime ? »

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