Introduction
Il y a des jours où le monde te semble aller à la dérive. Guerres, montée des prix, réfugiés, climat qui déraille, morts qu'on ne comprend pas : l'avenir fait peur. Greta Thunberg parle d'extinction. Elon Musk crée SpaceX pour aller coloniser Mars, parce que, selon lui, il faut quitter la Terre au plus vite pour éviter le pire. Et toi, chrétien, tu regardes ce monde brisé et tu te demandes s'il reste vraiment une espérance solide.
Dans ce culte du 1er juin 2025 à la chapelle du Roi d'Espagne à Marseille, Joël SWANSON ouvre Romains 8.18-25 et refuse la panique autant que la fuite. Il rappelle une chose qu'il a vue de près en Ukraine, où il était en mission quand le conflit a éclaté : quand la guerre est venue, l'Église est restée. Elle a souffert avec le peuple et elle a rendu témoignage. Un pasteur ukrainien lui disait que Dieu ouvrait alors les cœurs comme jamais, parce que les gens voyaient une communauté qui ne fuyait pas. C'est cela, l'espérance de Romains 8 : pas s'échapper vers Mars, mais tenir avec Jésus jusqu'à ce que la création elle-même soit libérée.
Le message est simple : la résurrection de Jésus a déclenché trois espérances certaines pour toi et pour le monde, une espérance accomplie, une récolte acquise, et une création libérée.
Plan du message
1. Une espérance accomplie : ta résurrection future est déjà acquise
- Paul écrit au verset 24 : « c'est en espérance que nous avons été sauvés ». Au passé. Comment peut-on être sauvé par une résurrection qui n'a pas encore eu lieu, puisque nous ne sommes pas ressuscités corporellement ?
- La réponse se joue dans le lien entre le passé de Jésus et ton avenir. Au verset 23, Paul mentionne trois choses : les prémisses de l'Esprit, l'adoption, et la rédemption du corps, c'est-à-dire notre résurrection corporelle.
- Or ces trois mêmes réalités reviennent au tout début de la lettre, en Romains 1.3-4 : Jésus est « déclaré fils de Dieu avec puissance, selon l'Esprit de sainteté, par sa résurrection d'entre les morts ». Résurrection, adoption comme Fils, Esprit : ce que nous attendons avec joie a déjà eu lieu dans la vie de Jésus.
- Quand Jésus est sorti du tombeau, la mort a fait marche arrière et l'histoire tout entière a changé de trajectoire. Ta résurrection future n'est pas un second événement séparé, c'est le même événement qui a commencé avec la sienne.
- Voilà pourquoi Paul peut parler au passé d'un salut qui a encore un avenir : parce que la garantie est posée. La résurrection de Jésus a déclenché ton espoir de résurrection.
2. Une récolte acquise : les prémisses de l'Esprit dans ta vie
- « Nous aussi qui avons les prémisses de l'Esprit, nous soupirons en nous-mêmes en attendant l'adoption, la rédemption de notre corps » (v.23). Le mot « prémisses » vient de l'agriculture : les premières parts de la récolte qu'on offrait à Dieu.
- Joël SWANSON prend un exemple de sa propre famille : son fils Pascal faisait pousser des concombres dans une jardinière, sur le balcon de leur appartement à Paris. Le jour où il a vu le premier concombre, il savait qu'il aurait une récolte. Toute la famille partageait déjà sa joie, comme s'il avait déjà tout récolté, même s'il fallait encore attendre.
- Autre exemple : pendant la Seconde Guerre mondiale, pourquoi les Français ont-ils fêté le débarquement allié en Normandie alors qu'il restait encore des mois de combats ? Parce que le débarquement était les prémisses de la victoire. La victoire était acquise, même si tout n'était pas encore accompli.
- Les prémisses garantissent que le reste finira par arriver. Jésus avait promis à ses disciples en Jean 16 qu'il enverrait son Esprit après son retour au Père. Tous les croyants ont l'Esprit, et ils l'ont parce que Jésus est ressuscité et est monté au ciel. L'Esprit qui habite en toi est la preuve que Jésus est vivant.
- Alors tu attends. Passionnément, avec joie, mais tu attends. La récolte est acquise et pourtant elle prend du temps. Ce soupir intérieur que tu ressens quand tu vois le monde et ton propre corps te trahir, c'est l'attente saine d'une résurrection déjà déclenchée.
3. Une création libérée : la planète attend elle aussi ta résurrection
- Verset 18 : « Il n'y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire à venir qui sera révélée pour nous. » Puis verset 20 : la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l'a soumise, allusion à la rébellion d'Adam et Ève dans le jardin, dont les conséquences ont éclaboussé tout le cosmos.
- Mais la création « soupire et souffre les douleurs de l'enfantement » (v.22). L'image n'est pas celle d'une agonie, c'est celle d'un accouchement. La douleur annonce une naissance. Joël SWANSON avoue n'avoir aucune expérience directe de l'accouchement, alors il propose une autre image : celle du marathonien épuisé qui voit la ligne d'arrivée en haut de la dernière montée. Il tient bon parce que la joie qui vient dépasse la douleur.
- « La création attend avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu » (v.19). Le mot grec évoque littéralement quelqu'un ou quelque chose qui se penche pour essayer de voir plus loin. Imagine les montagnes, les arbres, les baleines bleues, les pandas roux, les kiwis, toute la création qui se tend pour apercevoir la résurrection des croyants, parce que cette résurrection déclenche le renouveau cosmique.
- Un jour, il n'y aura plus de rivières polluées, plus d'animaux blessés, plus de trafic d'êtres humains, plus d'orphelins de guerre. La corruption et la mort vont disparaître. Jésus va renouveler la Terre. C'est aussi certain qu'un enfant de six ans qui compte les jours avant Noël : il ne doute pas que le jour arrive, il ne fait que patienter.
- La réponse chrétienne face à la crise écologique n'est donc ni la panique ni la fuite. Ce n'est pas Mars, c'est la Nouvelle Création. On prend soin de la Terre avec un espoir patient, pas avec un désespoir de milliardaire.
Points à retenir
- « C'est en espérance que nous avons été sauvés » : ton salut a un passé (la croix), un présent (l'Esprit qui habite en toi) et un futur (ta résurrection). Les trois tiennent ensemble.
- La résurrection de Jésus n'est pas seulement un événement historique : c'est le déclencheur direct de la tienne. Ce n'est pas un second miracle à venir, c'est le même événement qui a déjà commencé.
- L'Esprit qui vit en toi est le premier fruit d'une récolte plus grande. Comme le premier concombre du balcon, il garantit tout le reste.
- Toute la création gémit avec toi et attend, non pas d'être détruite ou abandonnée, mais d'être libérée. Prendre soin de la Terre est un acte d'espérance chrétienne.
- Face aux Elon Musk qui rêvent de quitter la planète et aux Greta Thunberg qui annoncent l'extinction, l'Église porte une troisième voie : Jésus renouvelle toutes choses, et il nous appelle à travailler, étudier et servir ici en attendant patiemment.
Application personnelle
- Quand tu regardes ta propre vie et le monde aujourd'hui, où en es-tu : plutôt dans la panique de Greta, dans la fuite d'Elon Musk, ou dans l'espérance patiente de Paul ? Qu'est-ce qui te fait basculer d'un côté ou de l'autre ?
- Où sens-tu, cette semaine, ce « gémissement intérieur » dont parle le verset 23 · un endroit de ta vie où tu attends la résurrection sans encore la voir ? Comment peux-tu porter ce gémissement à Dieu sans le taire ni t'y perdre ?
- Quels sont les « prémisses de l'Esprit » que tu peux nommer concrètement dans ta vie aujourd'hui : un fruit du caractère, une prière exaucée, une paix inexplicable ? En quoi ces prémisses te garantissent-elles la suite ?
- Dans ton métier, tes études, ta manière d'habiter la Terre : est-ce que ta motivation est le désespoir, la culpabilité, ou une espérance patiente ? Qu'est-ce que tu changerais si tu croyais vraiment que Jésus va renouveler toutes choses ?
- Si tu n'as pas encore mis ta confiance en Jésus, qu'est-ce qui te retient d'entrer aujourd'hui dans cette espérance qui donne accès à la résurrection à la vie ?
Versets cités
Questions fréquentes
Que veulent dire « les prémisses de l'Esprit » dans Romains 8.23 ?
« Prémisses » est un mot d'agriculture qui désigne les premiers fruits de la récolte, ceux qu'on offrait à Dieu comme signe que le reste allait suivre. Paul l'applique au Saint-Esprit : l'Esprit qui habite en toi est le premier don d'une récolte plus grande, celle de ta résurrection corporelle et du renouveau de tout l'univers. C'est comme le premier concombre qui pousse sur un balcon : sa présence garantit que la récolte entière est déjà en route. Tu n'as pas encore tout, mais tu as le gage qui prouve que tout arrivera.
Si la création sera renouvelée, dois-je encore me soucier de l'écologie ?
Oui, et plus qu'avant. Joël SWANSON insiste que la réponse chrétienne à la crise écologique n'est ni la panique de Greta Thunberg ni la fuite d'Elon Musk vers Mars. Puisque Dieu n'abandonne pas son œuvre mais promet de la restaurer, tu prends soin de la Terre avec une espérance patiente. Tu étudies, tu travailles, tu prends soin du vivant, pour la gloire de ton Père céleste. La différence avec le désespoir écologique du monde, c'est que la ligne d'arrivée est certaine : Jésus renouvelle toutes choses.
Ce sermon a été prêché où et par qui ?
Ce message a été prêché le dimanche 1er juin 2025 à la chapelle du Roi d'Espagne à Marseille (weekend de l'Ascension), par Joël SWANSON. Joël SWANSON était auparavant en mission en Ukraine avec une équipe missionnaire, où il a rencontré son épouse Stéphanie ; il a ensuite appris le français à Marseille il y a près de dix ans (leur fils Pascal y est né et y a été baptisé), puis la famille a passé quatre ans à Paris. Joël s'apprêtait à démarrer des études de théologie à Orlando, en Floride. Sa prédication sur Romains 8.18-25 est marquée par son expérience de l'Église ukrainienne pendant la guerre, présentée comme un exemple vivant d'espérance qui ne fuit pas.
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