Introduction
Ce matin, Paul écrit à une église divisée. Les Corinthiens se rangent derrière leurs enseignants favoris et se comparent les uns aux autres. Dans 1 Corinthiens 3.1 à 4.7, il ne s'attaque pas à un problème intellectuel mais à un problème de maturité et d'orgueil. Il appelle l'église à une vision lucide : lucide sur ses responsables, lucide sur ce qui fait la valeur d'un ministère, lucide sur son propre cœur. Et cette lucidité ramène toujours à la même chose : Christ est le seul fondement. Le reste, c'est Dieu qui le jugera.
Plan du message
1. Une vision lucide des responsables (1 Corinthiens 3.1-9)
- Paul dit aux Corinthiens qu'ils ont la foi en Christ, mais qu'ils sont encore de « petits enfants » : il n'a pu leur donner que du lait, pas de la nourriture solide.
- La preuve de cette immaturité est visible : « il y a parmi vous de la jalousie, des disputes, des divisions », les uns disent « moi je suis à Paul », les autres « moi à Apollos ».
- Le problème n'est pas d'être immature dans la foi, c'est de se croire mûr alors qu'on ne l'est pas et de fonctionner comme le monde, à partir de préférences subjectives.
- Paul répond avec l'image du jardin : « J'ai planté, Apollos a arrosé, mais c'est Dieu qui a fait grandir. » Les responsables sont utiles, mais ils ne sont pas la source de la vie. Ce sont des serviteurs, pas des chefs.
2. Une vision lucide du ministère (1 Corinthiens 3.10-17)
- Paul change d'image : il a posé le fondement, « et personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, à savoir Jésus-Christ ».
- Ce qui compte n'est ni la taille du bâtiment, ni le style du bâtisseur, mais le fondement. Un bâtiment splendide sur du sable ne tient pas.
- Jason prend l'exemple de Don Carson, théologien mondialement connu, et de son père Tom Carson, pasteur ordinaire près de Montréal pendant plus de 60 ans, sans livre ni notoriété. Lequel des deux ministères a le plus de valeur ? Ce n'est pas la bonne question. La seule question, c'est le fondement.
- La qualité éternelle d'une œuvre sera révélée par le feu au jour du jugement. Ce n'est pas nous qui jugeons cette qualité, c'est Dieu.
3. Une vision lucide de l'orgueil (1 Corinthiens 3.18-4.7)
- « Que personne ne se trompe lui-même. Si quelqu'un parmi vous pense être sage selon les critères de l'heure actuelle, qu'il devienne fou afin de devenir sage. »
- La sagesse humaine trouvera toujours des raisons de préférer un responsable à un autre. Devenir fou pour devenir sage, c'est rejeter ce raisonnement et se souvenir que tout est un don : « tout est à vous, et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu ».
- L'orgueil des Corinthiens produit deux comportements déviants. D'abord, ils jugent les responsables qu'ils estiment inférieurs. Paul répond : « Il m'importe très peu d'être jugé par vous ou par un tribunal humain. […] Celui qui me juge, c'est le Seigneur. »
- Ensuite, le mépris arrogant les uns envers les autres. Paul pose trois questions de diagnostic : Qui est celui qui te distingue ? Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? Et si tu l'as reçu, pourquoi te glorifier comme si tu ne l'avais pas reçu ?
4. Ce que la maturité reconnaît
- La maturité ne se mesure pas à la forme parfaite d'un culte, ni à la finesse théologique, ni à ce que nous avons « accompli » pour Dieu, pas même l'implantation d'une bonne église.
- La maturité, c'est reconnaître que Christ a été jugé pour que nous n'ayons pas à nous comparer, qu'il a été donné pour que nous n'ayons pas à nous glorifier, qu'il est le fondement pour que l'Église puisse enfin commencer à bâtir.
- Au jour de son retour, la seule question qui comptera, c'est : « Sur quel fondement as-tu construit ? » Si nous restons fidèles à Christ et à son œuvre, il n'aura pas besoin de mentionner nos réalisations, il regardera à Christ en nous et dira : « C'est bien, bon et fidèle serviteur. »
Points à retenir
- Être immature dans la foi n'est pas un problème en soi ; le problème commence quand on se croit mûr alors qu'on ne l'est pas.
- Les responsables chrétiens sont des serviteurs et des administrateurs, pas des chefs. La croissance appartient à Dieu seul.
- Personne ne peut poser un autre fondement que Jésus-Christ. Tout ministère se juge à son fondement, pas à son impact visible.
- Nous ne sommes pas qualifiés pour juger la valeur éternelle d'un ministère, d'un responsable ni même de notre propre vie, c'est Dieu qui rendra ce verdict au jour du retour du Christ.
- Tout ce que nous avons (la foi, la compréhension, les enseignants qui nous ont aidés), est un don. L'Évangile ne laisse aucune place à la supériorité, et ne donne aucune raison à l'insécurité.
Application personnelle
- Quels responsables chrétiens ou courants théologiques ai-je tendance à opposer les uns aux autres, et pourquoi ?
- Est-ce que je juge la valeur d'un ministère à son impact et à sa visibilité, ou au fondement sur lequel il est bâti ?
- Sur quoi ai-je réellement fondé ma vie chrétienne : sur Christ, ou sur mes accomplissements, mes connaissances, la qualité de mon église ?
- Si je me suis fait un nom pour moi-même dans mon service, qu'est-ce que Paul me dirait quand il pose la question : « Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? »
- Quelle liberté est-ce que je gagne à laisser Dieu être seul juge de la valeur éternelle de mon œuvre, plutôt que de porter ce poids moi-même ?
Versets cités
- 1 Corinthiens 3 (LSG)
- 1 Corinthiens 3.1-9 · Le lait, les serviteurs, la croissance
- 1 Corinthiens 3.10-17 · Le fondement Jésus-Christ et l'épreuve du feu
- 1 Corinthiens 3.18-23 · Devenir fou pour être sage
- 1 Corinthiens 4.1-7 · Serviteurs de Christ, administrateurs des mystères de Dieu
À lire aussi
Questions fréquentes
Que veut dire Paul quand il appelle les Corinthiens des « petits enfants en Christ » ?
Paul ne remet pas en question leur salut. Il affirme qu'ils sont vraiment chrétiens, mais qu'ils fonctionnent encore comme des nourrissons dans la foi : incapables de recevoir la nourriture solide, encore animés par leur nature propre. Le problème n'est pas d'être immature ; c'est de se croire mûr alors qu'on ne l'est pas. La preuve de leur immaturité, ce sont les jalousies, les disputes et les divisions autour de leurs responsables préférés.
Que signifie « bâtir sur le fondement de Jésus-Christ » concrètement ?
Cela veut dire que tout (enseignement, ministère, vie personnelle), repose sur la personne et l'œuvre accomplie de Jésus-Christ, et non sur la personnalité, le charisme ou la notoriété d'un responsable. Un bâtiment splendide construit sur du sable ne tient pas. Un ministère peut être impressionnant aux yeux du monde mais bâti sur un mauvais fondement ; un ministère ordinaire peut être fidèlement bâti sur Christ. La qualité éternelle sera révélée au jour du jugement, c'est Dieu qui rendra ce verdict, pas nous.
Pourquoi Paul dit-il de « devenir fou pour devenir sage » ?
Parce que la sagesse de ce monde trouvera toujours des raisons de préférer un responsable à un autre, un ministère à un autre. Devenir fou pour être sage, c'est rejeter ce type de raisonnement et se souvenir que tout ce que nous avons (la foi, la compréhension de l'Évangile, les enseignants qui nous ont aidés), est un don de Dieu. Aucune de ces choses ne nous appartient au point de nous glorifier. Nous sommes à Christ, et Christ est à Dieu.
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