Le don de la prophétie : comprendre et l'exercer selon la Bible

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Est-ce que tu aspires vraiment au don de prophétie ? Ou est-ce que, comme beaucoup, tu as arrêté d'aspirer parce que ça t'a fait peur, parce que tu as été blessé, ou parce que tu t'es déjà trompé une fois et tu ne veux plus jamais avoir l'air fou avec ça ?

Dans cette prédication tirée de 1 Corinthiens 14, David Pothier prend le temps de clarifier ce qu'est vraiment le don de prophétie dans l'Église d'aujourd'hui. Ce n'est ni une carte blanche pour dire n'importe quoi « au nom du Seigneur », ni un ministère réservé à quelques élus. C'est un don que Dieu veut relâcher à travers chacun de ses enfants pour édifier, exhorter et consoler le corps de Christ.

L'apôtre Paul est très clair : « Aspirez aussi au don spirituel, mais surtout à celui de prophétie » (1 Corinthiens 14.1). Ce message va t'aider à comprendre le cadre, à discerner les fausses paroles, et à retrouver le courage de dire à ton frère ou à ta sœur ce que Dieu met sur ton cœur.

Plan de l'article

  1. La différence entre le prophétique de l'Ancien et du Nouveau Testament
  2. Les trois formes du prophétique dans le Nouveau Testament
  3. Cinq mots pour résumer 1 Corinthiens 14
  4. Comment discerner une vraie prophétie d'une fausse
  5. Le cadre pour exercer le don dans l'Église locale
  6. Comment donner une prophétie : humilité, amour, courage
  7. Et si tu te trompes ?

1. Ancien Testament et Nouveau Testament : deux régimes différents

Avant de parler du don de prophétie, il faut faire une distinction essentielle. Dans l'Ancien Testament, le Saint-Esprit n'est pas encore répandu sur tous. L'onction est réservée aux rois, aux prêtres et aux prophètes. La parole prophétique a donc une autorité suprême : « Ainsi parle l'Éternel. » Et si ce que tu annonces ne s'accomplit pas, tu es un faux prophète automatiquement, et tu peux être puni de mort.

Dans le Nouveau Testament, tout change. Le jour de la Pentecôte, le Saint-Esprit est répandu sur tous les croyants (Actes 2). L'onction n'est plus le privilège de quelques-uns : elle est pour l'ensemble du corps. Le prophétique prend donc une nouvelle forme, plus large, plus accessible, mais aussi soumise au discernement du corps.

2. Les trois formes du prophétique dans le Nouveau Testament

2.1. Le ministère de prophète

Éphésiens 4.11 nous dit que Dieu a donné à l'Église des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs et des docteurs pour le perfectionnement des saints. Le prophète du Nouveau Testament, c'est un peu comme un héros : il appelle l'Église à revenir à Dieu, il est un gardien de la vérité, et il exerce souvent le don de prophétie dans son ministère.

2.2. Le témoignage prophétique

Parce que tous les croyants ont reçu le Saint-Esprit à la Pentecôte, tous sont appelés à être des témoins pour Jésus-Christ. C'est l'onction prophétique de tout le peuple de Dieu : parler de Christ à ceux qui ne le connaissent pas.

2.3. Le don de prophétie

C'est la troisième forme, celle que Paul développe en 1 Corinthiens 14. C'est l'exercice du don dans l'Église locale. Voici la définition retenue par David : le don de prophétie est une impression, une pensée, une image ou un message spontané amené à l'esprit d'une personne par le Saint-Esprit pour édifier, exhorter ou consoler.

Concrètement, ça peut prendre bien des formes : un passage biblique qui vient fort sur ton cœur quand tu pries pour quelqu'un, un mot, une phrase, une image, comme un petit film dans ta tête, un souvenir, un pressentiment, un rêve la nuit ou une vision quand tu es éveillé. Parfois (pas toujours), le prophétique s'accompagne d'une prédiction sur l'avenir, mais son but principal reste toujours le même : édifier, exhorter, consoler.

3. Cinq mots pour résumer 1 Corinthiens 14

3.1. Rechercher (l'amour)

« Recherchez l'amour. Aspirez aussi au don spirituel, mais surtout à celui de prophétie. » (v. 1) Ta recherche de l'amour doit être plus grande que ton aspiration aux dons. Sans ça, très vite, ça devient à propos de toi : ton ministère, ta place, ta visibilité. L'Église de Corinthe avait ce problème, et on l'a encore aujourd'hui. On a réduit le don spirituel à « plateforme, stage et être vu ». Sans l'amour, tu n'es rien.

3.2. Aspirer

Aspirer, dans le grec, c'est le verbe zéo, dont on tire le mot « zèle ». Paul te demande d'être zélé pour les dons. Pas une aspiration passive, du style « si Dieu veut m'utiliser, il m'utilisera ». Non : une aspiration active, engagée, comme celle du gars qui veut vraiment se trouver une femme mais qui, au lieu d'aller lui parler quand il en voit une, se contente de prier pendant six mois.

Le manque d'aspiration mène à l'apathie. Et l'apathie mène au mépris. C'était justement le problème des Thessaloniciens : ils s'étaient mis à mépriser les prophéties. Peut-être que toi aussi tu as arrêté d'aspirer parce que :

  • Tu as vu trop de sensationnalisme et d'émotionnalisme, et ça t'a fermé ;
  • Tu as été blessé par une fausse prophétie ou par quelqu'un qui a mal manifesté son don ;
  • Tu as été blessé par l'Église elle-même quand tu exerçais le prophétique ;
  • Tu t'es déjà trompé et ton orgueil paralyse aujourd'hui le don que Dieu t'a donné.

3.3. Édifier

« Celui qui prophétise parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console. » (v. 3) Édifier, c'est bâtir. Exhorter, c'est encourager à persévérer. Consoler, c'est apporter du réconfort. Même quand la prophétie est une parole de correction, elle vise toujours à bâtir, pas à détruire.

Dieu ne t'affirmera jamais dans ton péché. Mais une vraie parole prophétique, même corrective, appelle la personne à marcher dans sa vraie identité en Jésus-Christ. Elle regarde quelqu'un et lui dit : « Tu es plus que ça. »

3.4. Examiner

« N'éteignez pas l'Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais examinez toute chose et retenez ce qui est bon » (1 Thessaloniciens 5.19-21). On peut éteindre le Saint-Esprit en méprisant les prophéties. Mais on peut aussi être dupé en avalant tout sans discernement.

3.5. Encadrer

« Pour les prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent » (v. 29). Personne n'a le monopole de la prophétie. L'esprit des prophètes est soumis aux prophètes (v. 32) : c'est fait dans la maîtrise de soi, dans le respect du corps et sous l'autorité spirituelle de l'Église. Il y a un cadre, et le cadre est là pour libérer, pas pour freiner.

4. Comment discerner une vraie prophétie d'une fausse

Il y a plein de faux prophètes aujourd'hui, en particulier sur les médias sociaux. Ton téléphone en est rempli, 24 heures sur 24. Voici comment David propose de discerner.

4.1. Regarde d'abord le messager

Est-ce que c'est quelqu'un qui aime le Seigneur Jésus ? Qui manifeste le fruit de l'Esprit ? Qui marche dans la sainteté et en soumission aux autorités spirituelles de l'Église ? Un des plus gros mensonges qui circule aujourd'hui, c'est qu'il n'y aurait pas de lien entre les dons et le fruit de l'Esprit. C'est faux. La source est la même : on ne peut pas les dissocier.

4.2. Regarde le message

Est-ce que ce qui est dit est aligné avec les Écritures ? Dieu ne se contredira jamais. Si quelqu'un vient dire à un frère « laisse ta femme, Dieu veut que tu sois heureux », cette parole ne vient pas de Dieu.

4.3. Regarde les motivations

Être un faux prophète, c'est populaire et c'est profitable. Populaire, parce que les gens ont souvent la démangeaison d'entendre des choses agréables qui affirment leurs ambitions charnelles. Profitable, parce qu'il y a toujours quelqu'un pour acheter les livres et remplir les conférences.

Fais aussi attention aux paroles prophétiques qui flattent ton ego (« tu vas être le plus… »), qui nourrissent tes blessures au lieu de te pousser au pardon, qui t'affirment dans la victimisation ou qui t'incitent à l'insoumission face aux autorités spirituelles.

Ceci dit : quand un frère ou une sœur de ton Église locale vient t'encourager avec une parole, calme-toi. Dans 99 % des cas, ce n'est pas un faux prophète : c'est ton frère.

5. Le cadre pour exercer le don dans l'Église locale

À la Chapelle, David identifie trois espaces particulièrement propices :

  • Avant les réunions : si tu arrives quand ça commence et que tu repars avant la fin, tu manques quelque chose. Tu empêches Dieu de t'utiliser pour un frère qui a besoin d'une parole qui vient de toi.
  • Après les réunions : même chose. Tu n'es pas là pour consommer de l'oxygène, tu es un membre du corps.
  • Les « 5 à 7 » (petits groupes) : c'est presque l'image directe de ce que Paul décrit. « Deux ou trois parlent, les autres examinent. » Une chaise au milieu du salon, quelqu'un partage sa requête, on prie… et souvent les prières deviennent prophétiques.

6. Comment donner une prophétie : humilité, amour, courage

6.1. Avec humilité

Ne dis pas « Ainsi parle l'Éternel », à moins d'être prêt à mettre ta vie là-dessus comme dans l'Ancien Testament. Dis plutôt : « Voici ce que je pense avoir reçu du Seigneur pour toi. »

Pourquoi ? Parce qu'une prophétie comporte trois parties :

  • La révélation : ce que Dieu révèle ;
  • L'interprétation : ce que ça veut dire ;
  • L'application : ce qu'il faut faire avec.

Comme le dit Paul, « c'est partiellement que nous connaissons et partiellement que nous prophétisons » (1 Corinthiens 13.9). Il arrive que Dieu donne la révélation à une personne, l'interprétation à une autre et l'application à une troisième. On le voit avec Agabus (Actes 21) : il a la révélation et l'interprétation sur ce qui va arriver à Paul, mais pas l'application. D'autres pensent l'avoir : « Ne monte pas à Jérusalem. » Paul, lui, a l'application : « Je suis même prêt à mourir pour le Seigneur. »

N'essaie pas non plus de forcer la validation en demandant systématiquement « est-ce que ça fait du sens pour toi ? » Ça met une pression sur la personne. Dis plutôt : « Voici ce que je crois avoir reçu, veux-tu le mettre en prière ? »

6.2. Avec amour

Ne prophétise jamais dans la frustration, la colère, la jalousie, l'envie ou le jugement. Ne prophétise jamais avec un esprit de supériorité, pour être vu, valorisé, pour te prouver, te défendre ou te justifier. Si tes propos et tes motivations ne sont pas dans l'amour, c'est mieux de te taire.

6.3. Avec courage

Ça prend du courage d'aller vers quelqu'un et de dire : « Je pense avoir reçu quelque chose du Seigneur pour toi. » Si tu as fait de « ne pas te tromper » une idole, tu ne pourras jamais être utilisé dans le prophétique. Que ton désir d'édifier le corps soit plus grand que ta peur de te tromper.

7. Et si je me trompe ?

Bonne question. Si c'est fait avec humilité et amour, le pire qui puisse arriver quand tu te trompes, c'est justement… que tu te trompes. Peut-être que ça n'édifiera pas, mais au moins ça ne détruira pas. À la Chapelle, David rappelle : on n'est pas une Église qui abuse de ces choses ; on est une Église qui apprend à grandir dans ces choses. Quand il y a un vrai problème, on vient voir les responsables, et c'est pris au sérieux. Mais la plupart du temps, ce n'est pas un faux prophète, c'est ton frère.

Le corps n'est pas là pour être servi uniquement par les pasteurs. Les pasteurs ne peuvent pas rencontrer tous les besoins : c'est le corps qui prend soin du corps, membre après membre. Et le prophétique est au cœur de ce ministère mutuel.

Points à retenir

  • Le don de prophétie n'est pas une carte blanche ; ce n'est pas non plus un cadeau réservé à quelques élus. Tous les croyants ont l'Esprit, et tous sont appelés à aspirer à ce don.
  • Le but est toujours le même : édifier, exhorter, consoler, même quand la parole corrige.
  • Discerner passe d'abord par le messager, ensuite par le message, enfin par les motivations.
  • Une prophétie a trois parties (révélation, interprétation, application) et rarement une seule personne les a toutes.
  • Le cadre (Église locale, avant/après les réunions, petits groupes, soumission au corps), libère l'exercice du don au lieu de l'étouffer.

Application personnelle

  1. Est-ce que tu aspires vraiment aux dons spirituels, ou est-ce que tu as une aspiration passive qui se cache derrière des phrases pieuses ?
  2. Y a-t-il une blessure, une peur ou un échec passé qui a paralysé le don que Dieu t'avait donné ? Es-tu prêt à le remettre à Dieu ?
  3. Quand un frère ou une sœur vient te partager une parole, est-ce que tu reçois avec humilité, ou est-ce que tu réagis comme si toute prophétie moderne était suspecte ?
  4. La prochaine fois que Dieu te met une personne à cœur avec un mot, un verset ou une image, es-tu prêt à faire le pas et à lui dire : « Voici ce que je pense avoir reçu pour toi » ?
  5. Est-ce que tu viens à l'Église pour consommer, ou pour donner aussi ? Que changerais-tu concrètement dans ton engagement avant et après les réunions ?

Versets cités

FAQ

Le don de prophétie existe-t-il encore aujourd'hui ?

Oui. Paul ne présente jamais le don de prophétie comme réservé à une époque révolue. Il dit au contraire : « Aspirez aussi au don spirituel, mais surtout à celui de prophétie. » (1 Corinthiens 14.1) Le don est donné à l'Église pour édifier le corps de Christ, avec un cadre clair et sous le discernement de l'assemblée.

Comment savoir si une parole prophétique vient vraiment de Dieu ?

Regarde trois choses : le messager (aime-t-il le Seigneur, marche-t-il dans le fruit de l'Esprit et la soumission ?), le message (est-il aligné avec les Écritures ? édifie-t-il, exhorte-t-il, console-t-il ?), et les motivations (élève-t-il Dieu ou l'homme, flatte-t-il l'ego ?). Vérifie aussi si la parole est examinée par d'autres frères et par les autorités spirituelles de ton Église locale.

Que faire si je pense avoir une parole pour quelqu'un mais que j'ai peur de me tromper ?

Va simplement vers cette personne avec humilité et amour. Dis : « Voici ce que je pense avoir reçu du Seigneur pour toi, veux-tu le mettre en prière ? » Ne prononce jamais « Ainsi parle l'Éternel » à la légère. Si tu te trompes et que c'est fait avec humilité et amour, ça n'édifiera peut-être pas, mais ça ne détruira pas non plus. La peur de te tromper ne doit pas être plus grande que ton désir d'édifier ton frère.

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