Le mur d'inimitié abattu : réconciliés en Jésus-Christ

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Introduction

Éphésiens 2:11-18 est le troisième volet d'une série sur les chapitres 2 et 3 de la lettre aux Éphésiens : « Voyez ce que Dieu a fait pour nous ». Le prédicateur t'invite à regarder ce que Jésus a rendu possible dans la famille de Dieu. Pas une famille où l'on fait semblant d'être bien pendant le repas et où l'on s'envoie des reproches par message le lendemain. Une famille où l'harmonie est réelle, parce que quelqu'un est venu abattre le mur.

La grande idée du message tient en une phrase : Jésus rend possible une intégration totale au sein de la famille de Dieu. D'abord parce qu'il enlève toute barrière entre toi et Dieu ; ensuite parce qu'il établit la relation, à la fois verticale (avec le Père) et horizontale (avec les autres).

Plan du message

1. Jésus enlève toute barrière entre toi et Dieu

  • Paul commence par un rappel technique appuyé sur le judaïsme : « Souvenez-vous que vous étiez autrefois, vous païens dans la chair… sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde » (Éphésiens 2:11-12).
  • Retour à Moïse. Après la sortie d'Égypte et la traversée du désert, Dieu donne les dix paroles à son peuple. Moïse asperge le peuple avec du sang et déclare : « Voici le sang de l'alliance. » Le peuple entre alors dans un contrat avec l'Éternel, une relation avec des attentes.
  • Ce contrat n'était pas fait pour exclure. Il servait d'abord à inclure un peuple à qui Dieu avait déjà fait des promesses, pour qu'il devienne une lumière parmi les nations. Mais mécaniquement, si Dieu contracte avec quelqu'un, il y a d'autres qui ne sont pas encore dans ce contrat. Ce n'est pas de l'exclusion, c'est la réalité d'une alliance.
  • Paul rappelle donc aux Éphésiens leur ancien état : hors de ces alliances, ils ne servaient pas le même Dieu. En langage familial : tout le monde n'était pas né du même père et de la même mère. Il y avait forcément une séparation.
  • Mais Dieu n'a jamais voulu exclure. Il a toujours voulu réunir. Verset 13 : « Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez autrefois loin, vous êtes devenus proches par le sang de Christ. »

2. La croix : un instrument d'exécution qui réunit

  • La question mérite d'être posée : comment un instrument d'exécution réservé aux pires criminels peut-il devenir un lieu de réunion ? Pour d'autres traditions religieuses, il est même inacceptable qu'un messager de Dieu meure ainsi. La croix ne divise-t-elle pas au lieu d'unir ?
  • Il faut revenir à la raison profonde pour laquelle Jésus est mort. Pas seulement parce qu'il a été condamné par les autorités religieuses et par Pilate, mais parce qu'il est « l'Agneau immolé dès avant la fondation du monde » (voir Apocalypse 13:8). C'était le plan de Dieu.
  • Trois exemples permettent de mesurer ce qui nous sépare de Dieu :
    • L'offense. Une envie de posséder ce qui ne t'appartient pas, une convoitise que tu rejoues dans ton imagination en te disant que ta vie serait meilleure avec cette chose ou cette personne. Or Dieu est celui qui pourvoit à toute bonne chose. S'accrocher à un imaginaire qui ne nous appartient pas nous sépare de celui qui donne.
    • La honte. Un geste ou une parole que tu n'aurais jamais osé faire ou dire en présence de quelqu'un que tu estimes, même Jésus. Cette honte fait aussi une séparation entre toi et Dieu.
    • L'impuissance. Ces moments où tu sais très bien ce qu'il faut faire, mais où tu fais l'inverse. Cette incapacité aussi te sépare de Dieu.
  • Cette offense, cette honte, cette impuissance : c'est ce que la Bible appelle le péché, dans toute sa laideur. Il nous sépare de Dieu et nous donne envie de chercher autre chose.
  • Sur cette croix, Jésus (Fils de Dieu, Dieu le Fils, parfaitement innocent), n'a pas été assassiné : il a donné sa vie. Il s'est substitué à notre place. Pour l'offense, il a rendu la justice. Pour la honte, il a donné son honneur. Pour l'impuissance, il a montré la puissance de Dieu en donnant sa vie.
  • C'est ainsi qu'il réunit tous ceux qui croient en lui. La croix est la méthode par laquelle Jésus enlève toute barrière entre toi et Dieu.

3. Jésus établit la relation entre toi et le Père

  • Enlever la barrière ne suffit pas. Jésus fait ensuite quelque chose de plus : il établit une relation. Et il le fait à la fois pour le peuple juif et pour le peuple non-juif. « Car c'est lui notre paix, lui qui des deux n'en a fait qu'un, en détruisant le mur de séparation, l'inimitié. Il a, dans sa chair, annulé la loi avec ses commandements et leurs dispositions, pour créer en sa personne, avec les deux, un seul homme nouveau, en faisant la paix, et pour les réconcilier avec Dieu tous deux en un seul corps par sa croix » (Éphésiens 2:14-16).
  • En langage familial : le peuple juif était dans la famille, mais il était aussi pécheur, connaissant tout autant l'offense, la honte et l'impuissance. Ce qu'il avait, c'était un système pour s'approcher de Dieu et demander pardon. Mais un animal innocent sacrifié pour la faute d'un homme ne peut pas régler la question jusqu'au bout. Cette alliance enseignait, mais seule la croix du Christ accomplit ce qu'elle enseignait.
  • Jésus lui-même est la paix. Il est la paix nécessaire parce que c'est lui qui a porté tout ce qu'il fallait pour l'obtenir. Il obtient pour toi une acceptation totale, une intégration totale dans la famille. Il met fin à toute hostilité entre toi et Dieu, et il crée une nouvelle humanité qu'on appelle désormais chrétienne.

4. Une réconciliation verticale et horizontale

  • La réconciliation opérée par la croix n'est pas seulement verticale (entre toi et Dieu). Cette puissance rétablie va aussi dans le sens horizontal, entre toi et les autres.
  • Le prédicateur cite Dietrich Bonhoeffer, ce pasteur allemand mort en camp de concentration à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et son livre De la vie communautaire. L'idée : Jésus est le médiateur entre moi et mon frère, tout comme il est le médiateur entre moi et Dieu.
  • C'est important, parce que dans la vraie vie (par maladresse, par accident, ou parfois par exprès), on se fait mal les uns aux autres. Que faut-il faire ? Demander pardon. Jésus lui-même nous a demandé de prier ainsi : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » (voir Matthieu 6:12).
  • D'où vient la puissance de pardonner les autres ? De Christ, notre médiateur. Parce que nous avons été pardonnés, nous recevons la puissance de pardonner à notre tour.
  • Verset 18 : « Par lui, nous avons les uns et les autres accès auprès du Père, dans un même Esprit. » Voilà l'unité de cette famille : un seul Père bon et bienveillant qui t'aime comme personne d'autre, un seul Jésus par qui tu approches, un seul Saint-Esprit qui te remplit et tisse tout le peuple ensemble.

5. L'Église ne remplace pas Israël : elle le complète

  • Est-ce que l'Église remplace Israël, comme on jetterait un vieux vêtement pour en prendre un neuf ? Non, pas plus qu'Israël n'a remplacé Abraham. Ce qu'on regarde, c'est l'œuvre de Dieu depuis le commencement.
  • Notre part, c'est de compléter Israël (de remplir la salle, si tu veux), et d'être ainsi unis en un seul peuple nouveau, par la croix. Peu importe ton origine : juive, italo-américaine, française, africaine ou autre. Si tu connais Jésus et que tu as mis ta foi en lui, tu es un enfant de Dieu et tu fais partie de son œuvre depuis toujours. Quel héritage merveilleux. Quelle surabondante richesse.

6. Les implications concrètes pour l'Église locale

  • Tel Père, tels enfants : unité et harmonie dans la famille. Le prédicateur cite Ray Ortlund, dans son livre The Gospel (l'Évangile) : « Peut-être qu'en grandissant, le chaos régnait dans ta famille. Peut-être que les enfants et même les parents se déchiraient et se comportaient de manière cruelle. Certaines familles sont comme ça, certaines églises aussi. Mais la maison de Dieu ne doit jamais être comme ça. Un tel comportement ne convient pas à notre Père. Il veut que nous nous comportions d'une manière qui révèle son cœur. »
  • Cela ne veut pas dire que tout ira bien sans effort. Il y aura des conflits, des froissements, c'est la vie des hommes et des femmes. D'autant plus dans une église multiculturelle, multigénérationnelle, en pleine croissance. Ce genre de situation est propice aux disputes.
  • Mais en Christ, tu as toutes les capacités du contraire. Imagine ce que cela produit auprès de ceux qui regardent. C'est la prière que le prédicateur porte pour son église, et sans doute la tienne aussi.

Points à retenir

  • Tu étais autrefois « loin » : sans Christ, étranger aux alliances, sans espérance et sans Dieu. Ce n'était pas une exclusion arbitraire, mais la conséquence d'un contrat auquel tu n'appartenais pas.
  • La croix n'est pas qu'un symbole religieux. C'est le lieu où Jésus a réglé l'offense, la honte et l'impuissance qui te séparaient de Dieu.
  • Jésus lui-même est la paix. Il ne t'apporte pas la paix comme un cadeau extérieur, il est la paix, parce qu'il a porté ce qu'il fallait pour l'obtenir.
  • La réconciliation offerte est double : verticale avec le Père, horizontale avec ton frère et ta sœur. La même croix rend les deux possibles.
  • Tu as été pardonné, donc tu reçois la puissance de pardonner. Sans cette source, tu ne tiendras pas.
  • L'Église ne remplace pas Israël, elle le complète. Quelle que soit ton origine, si tu es en Christ, tu fais partie d'une œuvre commencée « depuis le commencement ».
  • L'harmonie dans la famille de Dieu ne supprime pas les frictions ; elle donne la puissance d'y répondre autrement que le monde.

Application personnelle

  • Où sens-tu encore, aujourd'hui, un « mur d'inimitié », entre toi et Dieu, ou entre toi et un frère, une sœur, un collègue de ton église ? Nomme-le concrètement devant Dieu.
  • Parmi les trois dimensions du péché évoquées (offense, honte, impuissance), laquelle te sépare le plus de Dieu en ce moment ? Confesse-la à la croix, là où Jésus s'y est déjà substitué.
  • Y a-t-il quelqu'un dans ton entourage à qui tu dois demander pardon cette semaine ? Ou quelqu'un à qui tu dois offrir le pardon, parce que Christ t'a pardonné le premier ?
  • Le prochain repas partagé avec un frère ou une sœur, une famille de l'église : arriveras-tu avec un cœur crispé, ou avec la conscience qu'un mur a été abattu et que la table peut être joyeuse ?
  • Regarde ton église. Est-elle marquée par l'harmonie que Christ rend possible, ou par les blessures cachées « parce qu'on est adulte » ? Comment peux-tu y contribuer cette semaine ?

Versets cités

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Questions fréquentes

Comment un instrument d'exécution comme la croix peut-il réunir les gens plutôt que les diviser ?

C'est la vraie question que pose le message. La croix, historiquement, est réservée aux pires criminels, un objet d'horreur, pas d'unité. La réponse tient en une phrase : Jésus n'est pas mort comme un criminel, il s'est substitué à des criminels. Il a réglé à la croix ce qui te séparait de Dieu (l'offense, la honte, l'impuissance), en portant tout cela lui-même. Résultat : la même croix qui aurait dû te condamner devient le lieu où Dieu te reçoit. Tous ceux qui viennent à la croix arrivent sur le même terrain, celui de la grâce reçue. C'est là qu'ils se retrouvent réunis.

Est-ce que l'Église remplace Israël, maintenant que Christ est venu ?

Non. Le prédicateur est clair : l'Église ne remplace pas Israël, pas plus qu'Israël n'a remplacé Abraham. C'est la même œuvre de Dieu, qui a commencé au commencement et qui continue. Notre part à nous (ceux venus du côté des nations), c'est de compléter Israël, de « remplir la salle », pour former ensemble un seul peuple nouveau en Christ. Ton origine ethnique, culturelle ou religieuse ne détermine plus ton appartenance à la famille de Dieu. Ce qui la détermine, c'est la foi en Jésus.

Si la croix a abattu le mur, pourquoi y a-t-il encore autant de conflits dans les églises ?

Parce que la réconciliation acquise n'est pas automatiquement vécue. Le prédicateur ne promet pas une église sans frictions, il dit au contraire qu'il y aura des conflits, des froissements, d'autant plus dans une communauté multiculturelle et multigénérationnelle. La différence, c'est qu'en Christ tu as maintenant la puissance de répondre autrement. Tu as été pardonné, tu peux pardonner. Tu as été accueilli, tu peux accueillir. Le mur est abattu au niveau juridique et spirituel devant Dieu ; à toi maintenant, jour après jour, de vivre cette réalité dans les relations concrètes de ta famille d'Église.

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