Introduction
« Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair. » Ces paroles, l'apôtre Pierre les prononce le jour de la Pentecôte, devant la foule rassemblée à Jérusalem. Il n'invente rien : il cite le prophète Joël. Et il annonce que ce que le prophète avait vu de loin est en train de s'accomplir sous leurs yeux.
Ce soir-là, le pasteur Maréchal poursuit ce que son église avait commencé à voir le mardi précédent sur la Pentecôte. Il ouvre Actes 2, il ouvre Joël 2, et il te fait remonter jusqu'à Ézéchiel pour te montrer une chose : la gloire de Dieu, un jour, est partie de Jérusalem ; elle est revenue ; elle reviendra encore. Et entre-temps, elle est répandue sur toi.
Cette prédication a été donnée le 11 juin 2020, en pleine sortie du confinement. Le contexte est vif : les églises ré-ouvrent, certains ont peur de revenir, d'autres se demandent comment se souvenir de tout ce qu'ils ont vécu. Le pasteur ne cherche pas à minimiser l'épreuve. Il la relit à la lumière des « derniers jours » que Dieu a annoncés, pour te rappeler que ta place est dans cette effusion de l'Esprit.
Plan de l'article
1. Pierre à la Pentecôte : Joël s'accomplit sous nos yeux
2. La gloire de Dieu part et revient : d'Ézéchiel au mont des Oliviers
3. « Dans les derniers jours » : l'Église inaugure ce temps
4. Ce que la crise met à nu : sécheresse, cri, réveil
5. « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé »
1. Pierre à la Pentecôte : Joël s'accomplit sous nos yeux
Ouvre Actes 2.14-21. Pierre se lève avec les onze, il élève la voix. Devant lui, la foule est bouleversée, stupéfaite, perplexe, certains se moquent. Il commence par mettre les choses au clair : « Ces gens ne sont pas ivres comme vous le supposez, car c'est la troisième heure du jour. » Puis il cite Joël : « Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair, vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards auront des songes. »
Regarde bien l'homme qui parle. Avant la Pentecôte, on connaît ce Pierre, hésitant, prompt à renier. Après la Pentecôte, c'est un homme complètement différent. Le pasteur Maréchal insiste : c'est la même personne, mais l'Esprit l'a transformé. Il sait à qui il s'adresse, des Juifs, il le rappelle au verset 14, au verset 22, au verset 29 · et il annonce sans détour ce qui vient d'arriver.
Fais aussi attention à un détail : au verset 39, Pierre dit « la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera ». À ce moment-là, il pense encore que « ceux qui sont au loin » désigne d'autres Juifs. Il faudra plus tard la vision de la nappe en Actes 10 pour qu'il comprenne que Dieu veut aussi rejoindre les païens. Dieu ouvre notre horizon en même temps qu'il répand son Esprit.
2. La gloire de Dieu part et revient : d'Ézéchiel au mont des Oliviers
Le pasteur Maréchal te fait faire un long détour, mais indispensable. Ouvre Ézéchiel 11.22-23 : « Les chérubins déployèrent leurs ailes, accompagnés des roues ; et la gloire du Dieu d'Israël était sur eux, en haut. La gloire de l'Éternel s'éleva du milieu de la ville, et elle se plaça sur la montagne qui est à l'orient de la ville. » La montagne à l'orient de Jérusalem, c'est le mont des Oliviers. Ce jour-là, la gloire de Dieu quitte Jérusalem et se pose sur cette montagne, avant de partir.
Mais lis maintenant la conclusion du livre en Ézéchiel 43, et le tout dernier verset du livre : « Dès ce jour le nom de la ville sera : l'Éternel est ici. » La gloire revient. Il n'y a rien à ajouter à cette phrase. L'Éternel est ici.
Et fais le lien avec Luc 24.50 et Actes 1.12 : c'est depuis le mont des Oliviers que Jésus s'élève au ciel. Le lieu même où la gloire s'était posée jadis en quittant Jérusalem, c'est le lieu où le Fils remonte vers le Père. Deux hommes vêtus de blanc interpellent alors les disciples : « Pourquoi vous arrêtez-vous à regarder vers le ciel ? Ce Jésus, on le verra revenir de la même manière qu'il est monté. » La gloire est partie, la gloire est revenue, la gloire remontera, et un jour la gloire reviendra encore.
Pour toi, aujourd'hui, cela veut dire une chose simple : dans une période difficile, tu ne pries pas un Dieu qui s'est absenté définitivement. Tu pries un Dieu dont la Parole te montre, chapitre après chapitre, qu'il revient toujours.
3. « Dans les derniers jours » : l'Église inaugure ce temps
Voici le point pastoral central. L'apôtre Pierre dit que l'Église inaugure les derniers jours. « Dans les derniers jours, dit Dieu… », c'est ainsi qu'il ouvre son message au verset 17. Et l'auteur de l'épître aux Hébreux confirme la même perspective en Hébreux 1.1-2 : « Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils. »
Tu es donc, en tant que chrétien, dans les derniers jours. Ce n'est pas une menace, c'est une identité. Les derniers jours, c'est le temps du baptême de l'Esprit, le temps où Dieu répand son Esprit sur toute chair, sur les fils et les filles, sur les jeunes gens et les vieillards, sur les serviteurs et sur les servantes. Le Père a parlé par le Fils, et le Fils a envoyé l'Esprit. C'est le temps de l'Église.
Le pasteur Maréchal rappelle aussi que Joël 2 annonce « la pluie de la première et de l'arrière-saison ». Il y a une première pluie (la Pentecôte de Jérusalem), et une pluie de l'arrière-saison. Nous, nous sommes déjà loin dans le temps, et nous aimerions bien que cette pluie ne tarde pas ; mais parfois il faut qu'elle tarde. Ce qui compte, c'est de sonder la Parole. Avec l'aide de l'Esprit, avec la connaissance biblique que tu peux acquérir, avec l'aide des différents ministères dans l'Église, refonde toujours ta compréhension sur la Parole de Dieu.
4. Ce que la crise met à nu : sécheresse, cri, réveil
Maintenant, ouvre Joël 1. « La parole de l'Éternel qui fut adressée à Joël, fils de Pethuel. Écoutez ceci, vieillards ! Prêtez l'oreille, vous tous, habitants du pays ! Rien de pareil est-il arrivé de votre temps, ou du temps de vos pères ? Racontez-le à vos enfants, et que vos enfants le racontent à leurs enfants… Ce qu'a laissé le gazam, la sauterelle l'a dévoré ; ce qu'a laissé la sauterelle, le yéleq l'a dévoré ; ce qu'a laissé le yéleq, le hasil l'a dévoré. » Puis : « Réveillez-vous, ivrognes, et pleurez ! Vous tous, buveurs de vin, gémissez, parce que le moût vous est enlevé de la bouche. »
Le pasteur explique : Dieu s'adresse aux anciens et leur demande, de votre vivant, est-ce que ça s'est déjà vu ? Non. Et il ramène tout le monde à la réalité. Il n'y a plus de vin, plus de récoltes, la terre est dévastée par des vagues de sauterelles. Autrement dit, il n'y a plus rien, plus d'espérance humaine.
C'est là que le pasteur fait le pont avec ce que l'Église vient de vivre : « Dans quarante ou cinquante ans, on parlera aux enfants qui sont là ce soir de ce que nous avons vécu. » Il rappelle aussi la grippe asiatique qu'il a vécue jeune : à l'époque, on continuait comme si rien n'était, alors qu'il y a eu de nombreux morts. Aujourd'hui, on se souviendra de ce que l'on vient de traverser. Il ne diminue pas la difficulté. Il dit simplement : Dieu se sert de ces moments où « il n'y a plus rien » pour ramener les cœurs à lui.
Et il te rappelle un point d'histoire : quand on relit l'histoire de l'Église, il y a eu de longs siècles de sécheresse spirituelle. Les monastères sont d'ailleurs nés en partie parce que, face à la déchéance religieuse, des hommes et des femmes partaient à l'écart pour rechercher Dieu, jeûner, prier. Ce fut « la nuit du siècle ». Et c'est à la fin du XIXᵉ, au début du XXᵉ, qu'a eu lieu la grande effusion de l'Esprit du baptême dans l'Esprit-Saint, un mouvement international, dans tous les endroits du monde. Le pasteur cite le souvenir du Havre : les personnes venaient aux réunions deux heures à l'avance, elles attendaient sur le trottoir, elles chantaient la gloire de Dieu. Les vies étaient changées, la beuverie, l'excès, tout cela était mis de côté. C'était le souffle de Dieu.
Aujourd'hui, dit-il, ce souffle continue. Ce soir même, il y a des centaines et des centaines de millions d'hommes et de femmes qui intercèdent au trône de la grâce, partout dans le monde. Ce que Dieu a fait ne s'est pas arrêté.
5. « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé »
Ferme le tour du panorama. Pierre finit la citation de Joël par ces mots (Actes 2.20-21) : « Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang, avant l'arrivée du jour du Seigneur, de ce jour grand et glorieux. Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. »
Le pasteur Maréchal fait une remarque importante : dans l'Ancien Testament, chaque fois qu'il est fait mention du « grand jour de l'Éternel », c'est un jour redoutable, un jour terrible. Mais ici, ce jour redoutable s'accompagne d'une promesse : « quiconque invoquera » (pas les meilleurs, pas les plus forts, pas les moins effrayés), « quiconque » sera sauvé. C'est cela le complément qui change tout : au milieu du chaos, la porte du salut reste grande ouverte, et il suffit d'invoquer.
Le pasteur conclut simplement : la crise que nous venons de traverser nous a déstabilisés dans notre manière de vivre. Mais si l'univers un jour redevient chaos comme l'annonce la prophétie, nous n'y sommes pas habitués, que Dieu nous permette d'y voir clair. En attendant, croyons à l'action de l'Esprit de Dieu, et que son nom soit glorifié.
Points à retenir
- Ce que Joël avait annoncé, la Pentecôte l'a commencé : Dieu répand son Esprit sur toute chair, et l'Église inaugure les « derniers jours ».
- La gloire de Dieu a quitté Jérusalem depuis le mont des Oliviers (Ézéchiel 11) ; elle est revenue (Ézéchiel 43) ; Jésus est remonté depuis ce même mont, et il reviendra de la même manière.
- Tu es dans les derniers jours, c'est ton temps, c'est le temps de l'Esprit, ce n'est pas une menace mais une identité.
- Dieu se sert des périodes où « il n'y a plus rien » (sauterelles, sécheresse, crises) pour ramener les cœurs à lui et donner ensuite « la pluie de l'arrière-saison ».
- La porte du salut reste grande ouverte au cœur même du chaos : « quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé ».
Application personnelle
- Après la crise que tu viens de traverser, qu'as-tu appris de la place de Dieu dans ta vie que tu ne veux plus jamais oublier ?
- Es-tu revenu à l'assemblée ? Si la crainte te retient encore, à qui peux-tu en parler cette semaine dans ton église ?
- Que veut dire concrètement, pour toi, « être dans les derniers jours », dans ta manière de prier, de servir, de parler de Jésus autour de toi ?
- Où as-tu vu, ces derniers mois, l'Esprit de Dieu se répandre, sur toi, sur des jeunes, sur des anciens, sur des « serviteurs » et des « servantes » de ton entourage ?
- Aujourd'hui, dans quel domaine as-tu besoin d'invoquer très simplement le nom du Seigneur ?
Versets cités
- Actes 2.14-21 · Le discours de Pierre à la Pentecôte
- Actes 2.39 · La promesse est pour vous et pour ceux qui sont au loin
- Joël 2.28-32 · Je répandrai mon Esprit sur toute chair
- Joël 1.1-5 · Les sauterelles, l'appel aux vieillards
- Ézéchiel 11.22-23 · La gloire de l'Éternel quitte Jérusalem
- Ézéchiel 43.1-5 · La gloire de l'Éternel revient par l'orient
- Ézéchiel 48.35 · « L'Éternel est ici »
- Luc 24.50-51 · Jésus élève ses mains et bénit, puis monte au ciel
- Actes 1.9-12 · L'ascension depuis le mont des Oliviers
- Actes 10 · La vision de la nappe donnée à Pierre
- Hébreux 1.1-2 · Dieu nous a parlé par le Fils dans ces derniers temps
- 2 Corinthiens 5.16 · Nous ne connaissons plus personne selon la chair
FAQ
Que signifie « les derniers jours » dont parle Pierre en Actes 2.17 ?
Pierre reprend la prophétie de Joël pour désigner le temps que Dieu inaugure à la Pentecôte : le temps de l'effusion de l'Esprit sur toute chair. L'épître aux Hébreux confirme la même perspective (« Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils »). Ces « derniers jours » ne sont pas un compte à rebours de quelques années, c'est le temps de l'Église, entre la Pentecôte et le retour de Jésus.
Pourquoi le pasteur insiste-t-il autant sur le mont des Oliviers ?
Parce que ce lieu tient trois moments ensemble : la gloire de Dieu s'y est posée en quittant Jérusalem (Ézéchiel 11), Jésus y est remonté au ciel (Actes 1), et deux hommes en blanc y ont annoncé qu'il reviendrait « de la même manière ». Le mont des Oliviers rappelle qu'avec Dieu, la gloire n'est jamais partie sans revenir.
Comment vivre concrètement « les derniers jours » aujourd'hui ?
En laissant l'Esprit répandu à la Pentecôte agir dans ta vie : sonder la Parole, prier, appartenir à une assemblée locale, servir avec les dons reçus, et parler de Jésus autour de toi. Le pasteur le dit : ce qui a commencé au début du XXᵉ siècle avec le baptême de l'Esprit-Saint n'a pas cessé. Aujourd'hui encore, des centaines de millions de croyants intercèdent partout dans le monde. Ta place est dans cette histoire vivante.
pour prendre des notes et poser une question.