Soyons édifiées : un message pour les épouses du Japon

11 min de lecture

Introduction

La missionnaire Maria se lève ce dimanche 15 mars 2026 à l'Église Agape (アガペ教会), à Tokyo. Le Seigneur lui a demandé de prêcher quelques jours plus tôt. Elle n'a pas de grand plan théologique à dérouler. Elle a deux témoignages tirés de sa vie. Née en Corée, arrivée à Fukuoka à quatre ans, sœur du pasteur Ruth et de l'évangéliste Judith avec qui elle dessert cette église, elle veut te partager comment le Seigneur l'a réveillée deux fois (enfant, puis adulte), pour la conduire vers ce qu'elle appelle « la chrétienne épouse ». Le message se termine par un appel très concret pour toi, épouse du Japon, à te laisser édifier avant le retour de Jésus.

Plan de l'article

1. « Toi aussi tu pourrais ? » : Le choc de Nagasaki

Enfant, Maria vit dans un foyer coréen chrétien installé à Fukuoka. Sa mère est une croyante fervente, son père, ses quatre sœurs et elle sont tous portés par la Parole et par les enseignements maternels. Les voisins les connaissent comme « la famille chrétienne venue de Corée ». Un jour, un ami japonais de son père, non chrétien, invite toute la famille (six personnes à l'époque), à Nagasaki, pour visiter la ville, profiter des sources chaudes et de la bonne cuisine.

Ce couple n'avait pas d'enfants. Le père laisse Maria, alors en CP, se promener main dans la main avec l'oncle. Ils traversent le parc du Mémorial de la Paix, avec sa statue de la Prière pour la paix, puis arrivent devant le monument en bronze des 26 martyrs. L'oncle, qui n'est pas chrétien mais connaît l'histoire, lui explique : parmi ces 26 martyrs, trois étaient des enfants (12, 13, 14 ans), et un jeune homme de 19 ans. Puis il pose sa question : « Ce petit-là aussi est mort parce qu'il était chrétien. Toi aussi, tu es chrétienne. Toi, tu pourrais ? »

2. Le verset qui ne l'a plus quittée (Matthieu 10.32-33)

Maria, encore petite fille, reste sans voix. Jusque-là, être chrétienne, c'était être félicitée. En Corée, dans les églises et dans son voisinage, on lui disait « tu es sage, tu es mignonne, viens ». Là, devant le bronze, elle comprend d'un coup que la foi peut coûter la vie. « Quoi ? Il faut mourir quand on est chrétien ? » Elle rentre bouleversée. Et voici le verset appris à l'école du dimanche qui remonte et qui ne l'a plus jamais quittée :

« C'est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux ; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 10.32-33).

Toute son enfance, ce verset la travaille. À l'école, elle s'interroge : « Si Jésus me demandait devant toute la classe : "tu me connais, dis-le", est-ce que j'y arriverais ? » Elle s'examine, sachant qu'être renié par Jésus au ciel est la pire chose qui puisse lui arriver. Elle prend l'habitude, consciemment ou non, de dire aux autres : « Jésus est Dieu. Le vrai Dieu. Je suis chrétienne. » Ce n'est que plus tard, adulte, qu'elle comprendra que ce chemin, poussé jusqu'au bout, s'appelle le martyre.

3. « Vous avez un cancer » : Le réveil d'adulte

Le temps passe. Maria devient employée de bureau (OL) dans une agence de voyages. Elle va à l'église chaque semaine, elle sait que Jésus est le plus important, mais sa vie devient tiède. Elle vit un peu comme tout le monde, s'irrite pour des broutilles, se justifie par les circonstances. Une amie proche annonce son mariage. Elle vient de faire un bilan de santé complet avec son fiancé, et supplie ses amies : « Faites-le vous aussi, tant qu'il est encore temps, pour me rassurer. » Par affection, Maria dit oui, sans réfléchir. Elle n'a ni économies, ni assurance santé sérieuse, encore moins une assurance cancer, elle « profite » de sa vie de jeune femme active.

Elle demande à ce qu'on lui annonce tout de suite le résultat s'il y a quelque chose. Fin de l'examen : la doctoresse s'approche, se penche vers elle et lâche : « Vous avez un cancer. Un cancer du sein. » Le choc. « Moi ? Un cancer ? » Elle ressort de l'hôpital sans dire un mot, entre dans un café, s'assied dans un coin.

4. « Si je meurs maintenant, je n'irai pas au ciel »

Dans ce café, quelque chose se déchire au fond d'elle. Elle voit sa vie en face : « Je me dis chrétienne, mais je vis exactement comme quelqu'un qui ne connaît pas Dieu. Aucun parfum de Christ ne sort de ma vie. » Elle accepte l'idée du cancer, l'absence de traitement, la mort possible. Mais un second constat, bien plus grave, la traverse en silence : « Si je meurs maintenant, telle que je suis, je n'irai pas au ciel ! » Ce n'est pas une doctrine, c'est une évidence qui lui tombe dessus.

Elle plonge dans un désespoir profond, et là, pour la première fois, elle touche du doigt ce qu'est la repentance. Elle dit au Seigneur : « Jésus, pardonne-moi. Tu m'as placée dès le sein de ma mère dans un environnement où j'ai pu comprendre sans hésitation que tu es le vrai Dieu. Tu m'as donné une vie sans manque. Et moi, je n'ai pas vécu comme une chrétienne. »

5. Le second verset qui remonte (1 Thessaloniciens 5.16-18)

C'est à cet instant que remonte un autre passage qu'elle avait souvent lu trop vite :

« Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ » (1 Thessaloniciens 5.16-18).

Elle réalise : elle n'était pas toujours joyeuse. Elle ne priait pas sans cesse. Elle rendait grâce pour ce qui l'arrangeait, mais pas pour ce qui la contrariait, comme tout le monde. Alors elle pleure devant le Seigneur : « Jésus, tu as été cloué à la croix pour moi, comme un animal (non, même pas), et par ce prix je reçois la vie éternelle. Et j'ai pris cela pour normal, pour dû. J'ai vécu selon mes petites humeurs et mes petites contrariétés. C'est un vrai péché. » Elle se repent sans chercher de coupable ailleurs : c'est sa propre vie qu'elle regarde en face.

6. « Bénigne. Alléluia, je vis ! »

Une semaine s'écoule. Sa famille propose de l'accompagner pour le résultat de la biopsie ; elle veut y aller seule, « on s'essuie ses propres fesses », dit-elle. La doctoresse la reçoit : « Tumeur bénigne. Ça va. Contrôles réguliers tous les trois à six mois, et si rien ne bouge, tout va bien. » Alléluia. Elle comprend ce jour-là ce que ressent un condamné à mort gracié.

À partir de là, tout change. Elle qui ne pouvait rien par elle-même sait maintenant que le Seigneur porte, alors elle peut rendre grâce en tout. Chaque matin où elle ouvre les yeux devient un cadeau. Vivre, c'est déjà une raison de dire merci. Recevoir du temps pour se préparer à aller au ciel, c'est une grâce immense. Et surtout, elle voit toute l'ampleur du plan de sauvetage : Jésus a « pris les devants » il y a 2 000 ans pour ses péchés à elle. En étudiant, elle découvre que dès la création, dans Genèse 1, le Père, le Fils et le Saint-Esprit avaient déjà mis en place le plan pour la sauver. Cela la remplit de reconnaissance.

7. La différence entre une chrétienne et une « chrétienne épouse »

Maria en vient au cœur du message. Le pasteur Ruth a reçu du Seigneur cette mission pour l'Église Agape : « Il y a des épouses ; aide-les à préparer leur toilette d'épouse, prêtes et belles, pour le moment où je viens. » L'évangéliste Judith travaille dans la même direction : « Toi aussi, aide à édifier ces épouses. »

Alors, quelle est la différence entre une chrétienne et une « chrétienne épouse » ? Prends la comparaison humaine, dit Maria. Quand quelqu'un de très aimé choisit une épouse, il choisit celle qui comprend son cœur mieux que personne, qui devine sans qu'on ait à le dire : « voilà ce qu'il voudrait, voilà l'aide dont il a besoin ». Celle qui aime sans calcul, qui ne garde rien pour elle.

Une chrétienne, tu l'es. Tu es sauvée, tu es reconnaissante, mais tu vis un peu comme tu veux. Une chrétienne épouse, c'est autre chose : c'est celle qui, pour Jésus, boit même la coupe amère (sans forcément dire « c'est doux, c'est doux ! »), mais avec joie, parce que son cœur est plein d'amour pour le Seigneur. Cela ne demande ni argent, ni diplôme, ni CV, ni effort surhumain. Il faut simplement comprendre ce que Jésus a fait, en rendre grâce, l'aimer, se demander : « Qu'est-ce que je peux faire pour lui ? » et penser à lui matin, soir, endormie ou réveillée. S'appuyer sur lui pour tout, tout lui rapporter, voilà la chrétienne épouse.

8. Le Japon et l'esprit de l'épouse

Maria remarque quelque chose de précieux. Cette attention aux autres, cette délicatesse de cœur si typique du peuple japonais, le Seigneur, dit-elle, l'aime profondément. L'esprit que Dieu cherche chez son épouse et cet esprit d'attention à autrui qu'on trouve au Japon se rejoignent en beaucoup de points. Cela ne demande pas de tout inventer. Cela demande simplement d'orienter cette tendresse-là vers Jésus.

9. On est à la dernière étape avant le voyage

Maria prend deux images. Elle qui a travaillé dans le voyage sait bien à quoi ressemble la veille d'un départ : les bagages sont presque prêts, il reste à passer une dernière fois en revue ce qu'on met vraiment dans le sac. « Ah, ça, je n'en aurai pas besoin. Mais ça, oui, j'avais oublié. Il faut réajuster ici. » Deuxième image : un déménagement. Sauf que nous, nous déménageons vers le ciel. Alors on trie : « Ça, je n'en veux plus. Ça, il faut le remettre en ordre. »

Nous sommes dans le temps de l'Apocalypse. C'est la dernière étape d'édification. Les messages successifs de l'Église Agape ne sont pas des choses violentes ou impossibles. Ce sont ces petits détails qu'on ajuste. Comme la cuisine japonaise, si fine, si belle : un détail de travers, et le plat n'est plus lui-même, il n'est plus complet. Ce sont ces détails-là qui sont importants. Ce n'est pas dur, mais il faut y mettre du soin. Pas de soin envers les autres, de soin envers soi-même.

10. Une invitation : soyons édifiées, épouses du Japon

Une épouse est occupée par ses préparatifs. Elle veut être un peu plus belle, un peu plus prête, pour son époux. Elle ne veut pas lui faire honte ; elle veut le faire briller. Que les gens disent en te voyant : « Mais qui est le mari d'une aussi belle épouse ? », et regardent vers Jésus. C'est cela, l'appel de la missionnaire Maria pour toi ce matin : sois édifiée, prête, ajustée dans les détails, et attends avec elle le retour de Jésus.

Points à retenir

  • Il y a un jour où être chrétien coûte quelque chose. Devant les 26 martyrs de Nagasaki, Maria enfant a compris que la foi n'est pas seulement des félicitations, et Matthieu 10.32-33 est devenu son ancre.
  • Une vie de chrétienne tiède, même sincère, ne suffit pas. Il faut parfois un choc (pour Maria, une annonce de cancer), pour se voir vraiment, se repentir et redécouvrir la profondeur du salut.
  • 1 Thessaloniciens 5.16-18 n'est pas une phrase pieuse. Se réjouir toujours, prier sans cesse, rendre grâce en toutes choses, c'est la volonté claire de Dieu pour toi.
  • Toute chrétienne est sauvée. Mais la « chrétienne épouse », c'est celle qui aime Jésus au point de deviner son cœur, de tout lui rapporter et d'accepter même la coupe amère avec joie.
  • Nous sommes à la dernière étape d'édification, à la veille du départ. Les détails de la vie chrétienne comptent, comme un plat de cuisine japonaise, où un rien mal placé abîme l'ensemble.

Application personnelle

  1. Si quelqu'un, aujourd'hui, te demandait à brûle-pourpoint : « Toi, tu es chrétien(ne) ? », est-ce que tu répondrais clairement, ou est-ce que tu esquiverais ? Que dit ta réponse sur ton attachement à Jésus ?
  2. Si tu apprenais ce soir que ta vie s'arrête dans une semaine, où penses-tu passer l'éternité ? Et si la réponse t'inquiète, qu'est-ce qui doit changer dans ta manière de vivre ta foi ?
  3. Prends 1 Thessaloniciens 5.16-18. Sur ces trois ordres (toujours joyeux, prier sans cesse, rendre grâce en toutes choses), lequel te met le plus en face de ta tiédeur ? Que veux-tu remettre en ordre cette semaine ?
  4. Es-tu chrétien(ne) au sens minimum, sauvé(e), reconnaissant(e), mais vivant à peu près comme tu veux ? Ou commences-tu à devenir cette « chrétienne épouse » qui pense à Jésus matin, soir, endormie et réveillée ?
  5. Quel « petit détail » de ta vie (parole, réaction, habitude, silence), sais-tu que Jésus voudrait ajuster avant son retour ? Ne le remets pas à plus tard.

Versets cités

FAQ

Qu'est-ce que Maria appelle une « chrétienne épouse » ?

C'est une chrétienne dont le cœur est tellement plein d'amour pour Jésus qu'elle devine ce qu'il veut sans qu'il ait besoin de le lui dire, qu'elle boit même la coupe amère avec joie pour lui, qu'elle pense à lui matin et soir et qu'elle lui rapporte tout. Ce n'est pas une question d'argent, de diplôme ou d'effort humain. C'est une question d'amour concret, quotidien.

Faut-il un cancer ou une épreuve grave pour être réveillé ?

Pas forcément. Le cancer a été le moyen que le Seigneur a utilisé pour Maria, parce qu'elle vivait, dit-elle, comme une chrétienne tiède qu'aucune crise n'avait encore touchée. Elle-même invite ceux qui, comme elle à l'époque, lisent la Bible « trop vite » et ne sont pas dans une crise particulière, à ne pas attendre le choc pour prendre au sérieux le Dieu vivant qui ne les quitte pas des yeux une seconde.

Pourquoi parler d'épouses du Japon en particulier ?

Parce que Maria voit, dans la délicatesse du peuple japonais et son attention profonde aux autres, une sensibilité que Dieu aime beaucoup et qui rejoint largement l'esprit qu'il cherche chez son épouse. Elle appelle donc les chrétiennes du Japon à orienter cette qualité vers Jésus, dans les derniers ajustements avant son retour, dans « le temps de l'Apocalypse » où nous sommes.

Toutes les prédications sur « Famille »

Ne rate aucune prédication de 福岡アガペ教会

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Sur le même thème

Message publié par 福岡アガペ教会. Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

Soyons édifiées : un message pour les épouses du Japon | Efficient Church