Introduction
Dans Marc 9, Jésus vient d'annoncer à nouveau à ses disciples qu'il va être livré aux mains des hommes, mis à mort et ressusciter trois jours après. Ils n'ont rien compris et ils ont peur de l'interroger. Et pourtant, en chemin, ils se disputent pour savoir lequel d'entre eux est le plus grand. C'est dans ce décalage entre ce que Christ dit et ce que ses disciples font que Jésus prend le temps de leur poser des marques concrètes, visibles, pratiques. Des qualités que les gens de l'extérieur peuvent voir dans une vie qui dépend vraiment de lui. Ce texte nous sert de miroir : il nous oblige à nous considérer de près et à réaliser que ce que Dieu désire pour nous et notre vie actuelle sont parfois assez éloignés.
Plan du message
1. La volonté d'accepter la souffrance pour l'Évangile
- Jésus annonce sa mort et sa résurrection à ses disciples ; ils ne comprennent pas et ils ont peur de l'interroger.
- Ce que Jésus va subir, ses disciples auront à le subir au moins en partie à leur tour.
- Non, nous ne mourrons pas tous pour la foi. Mais si nous suivons Christ, nous souffrirons pour lui d'une manière ou d'une autre.
- Certains souffriront de résister à des péchés qu'ils aiment, d'autres du rejet de leurs amis ou de leur famille, d'autres encore de la persécution pour l'Évangile.
- Christ a souffert le premier ; suivre Christ, c'est accepter de payer un prix pour lui, comme lui a payé le prix pour nous.
2. L'humilité qui se met au service des petits
- Les disciples se disputent pour savoir qui est le plus grand ; Jésus leur dit : « Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous. »
- Nous faisons la même chose, en plus discret : nous nous comparons sans arrêt pour avoir l'impression d'être meilleurs.
- La vraie grandeur ne se voit pas dans nos vies impressionnantes, mais dans le service, et surtout dans le service des faibles et des vulnérables.
- Jésus prend un enfant, le place au milieu d'eux et dit : « Celui qui accueille en mon nom un de ces petits enfants, c'est moi-même qui l'accueille. »
- Ce que Jésus dit vaut pour les enfants, mais aussi pour toute personne qui ne peut rien nous rendre : les timides, les seuls, ceux qui ont un handicap, ceux qui passent inaperçus.
3. L'humilité qui préserve l'unité entre ceux qui croient en Christ
- Jean veut arrêter un homme qui chasse des démons au nom de Jésus, parce qu'il n'est pas de leur groupe.
- C'est ironique : les disciples essaient d'arrêter quelqu'un de faire ce qu'eux-mêmes n'ont pas pu faire quelques versets plus tôt.
- Jésus ne les félicite pas, il les reprend : « Ne l'en empêchez pas. Qui n'est pas contre nous est pour nous. »
- Il ne dit pas que tous ceux qui semblent chrétiens le sont ; il exagère volontairement pour façonner la manière dont ses disciples regardent les autres.
- Nous ne devons pas trop vite considérer quelqu'un comme un ennemi parce qu'il n'est pas dans notre groupe ou parce qu'il n'a pas nos convictions sur des sujets secondaires. Dieu est assez grand pour faire son œuvre malgré nos erreurs et les leurs.
4. Une obéissance radicale : être saint
- « Si quelqu'un fait trébucher un seul de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on attache à son cou une grosse meule de moulin et qu'on le jette à la mer. »
- Ce verset est un verset de transition : il s'applique à la fois à l'unité entre disciples et à la sainteté. Jésus ne parle pas ici de confronter le péché d'un frère, mais de ne pas inciter les autres à pécher.
- Puis Jésus enchaîne : « Si ta main te pousse à mal agir, coupe-la. » Il utilise l'hyperbole : il ne demande à personne de se couper une main ou de s'arracher un œil, mais il veut nous montrer à quel point il est sérieux sur le péché dans nos propres vies.
- Notre Créateur sait mieux que nous comment il nous a créés ; il a le droit de nous dire comment vivre.
- Être saint est plus important qu'avoir raison, qu'être épanoui, que se sentir bien, que ne pas souffrir.
- On n'obéit pas à Dieu pour être sauvé, ni pour rester sauvé, ni pour échapper à l'enfer. On obéit à Dieu parce que, si Christ est mort pour nous libérer de l'enfer, continuer à nourrir le péché qui aurait dû nous y envoyer n'est plus compatible avec ce que nous sommes : c'est comme l'huile et l'eau, cela ne convient plus.
- Concrètement : couper certaines relations qui nous entraînent dans le péché, renoncer à certaines habitudes, s'ouvrir à un frère ou une sœur de confiance, être strict avec ce qu'on regarde, ce qu'on écoute, avec qui on se permet d'être seul.
5. Le sel : avoir le goût de Christ
- « Tout homme sera salé de feu. Le sel est une bonne chose, mais s'il perd sa saveur, avec quoi la lui rendrez-vous ? »
- Le feu dont parle Jésus, c'est le feu de la souffrance et de la persécution pour l'Évangile : ceux qui acceptent cette vie sont purifiés, rendus semblables à Christ.
- Le sel, c'est aussi le goût. Un vrai disciple de Christ a un certain goût, et ce goût, c'est celui de Christ.
- Il y a des gens auprès de qui on passe une demi-heure et on ressort avec plus d'envie de suivre Jésus, même s'ils n'ont pas beaucoup parlé de lui.
- La question finale : as-tu perdu ta saveur ? Est-ce que les gens verront Christ quand ils te regardent, ou est-ce qu'ils verront quelqu'un qui poursuit les mêmes rêves que tout le monde, mais qui va à l'église le dimanche ?
Points à retenir
- Les marques d'un disciple de Christ ne sont pas d'abord intérieures et invisibles ; Jésus prend le temps d'en donner qui se voient de l'extérieur.
- Suivre Christ implique de souffrir pour lui d'une manière ou d'une autre. C'est inévitable, et Jésus lui-même a souffert le premier.
- La vraie grandeur, aux yeux de Jésus, se mesure au service que tu rends à ceux qui ne peuvent rien te rendre.
- Un frère ou une sœur qui suit Christ mais qui n'est pas dans notre groupe reste un frère ou une sœur : Dieu est assez grand pour faire son œuvre malgré nos différences.
- La sainteté n'est pas une option de confort spirituel ; elle est le chemin normal du disciple qui a compris pourquoi Christ est mort pour lui.
- Un vrai disciple a un goût, une saveur, qui donne envie aux autres de suivre Jésus.
Application personnelle
- Quelle souffrance concrète es-tu en train de refuser à cause de ta foi ? Un péché que tu ne veux pas quitter, une amitié à repenser, une conversation à avoir avec ta famille ?
- Qui, dans ton entourage cette semaine, ne peut rien te rendre ? Un enfant, un voisin isolé, une personne fragile : comment vas-tu le servir sans que personne ne le voie ?
- Y a-t-il un chrétien, une église, une dénomination que tu as trop vite disqualifié parce que « ce n'est pas comme chez nous » ? Que ferais-tu si tu prenais Jésus au sérieux quand il dit « qui n'est pas contre nous est pour nous » ?
- Quel péché, dans ta vie, aurais-tu besoin de traiter avec le sérieux d'une main qu'on coupe ? Quelle mesure concrète peux-tu prendre cette semaine pour ne plus laisser à ce péché un millimètre de manœuvre ?
- Si un ami passait une demi-heure avec toi cette semaine, aurait-il plus envie de suivre Jésus après ? Prends un temps de prière pour demander à Dieu de te redonner sa saveur là où tu l'as perdue.
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Questions fréquentes
Si Jésus dit qu'un vrai disciple souffrira, cela veut-il dire que si je ne souffre pas dans ma foi, je ne suis pas un vrai chrétien ?
Non, ce n'est pas ce que Jésus dit. Il dit que celui qui le suit sérieusement rencontrera de la souffrance, mais cette souffrance prend des formes très différentes d'une vie à l'autre. Pour certains, ce sera la persécution ; pour d'autres, la douleur de résister à une tentation qu'on aimerait ; pour d'autres encore, le rejet d'un proche, la solitude, une décision coûteuse pour rester fidèle à Christ. Si tu ne rencontres jamais aucun coût dans ta foi, la question à te poser n'est pas « suis-je chrétien ? » mais plutôt : est-ce que je suis vraiment Christ, ou est-ce que je poursuis les mêmes rêves que tout le monde en allant simplement à l'église le dimanche ?
Comment reconnaître concrètement que je sers quelqu'un par humilité et pas pour être vu ?
Jésus donne un critère très simple : sers ceux qui ne peuvent rien te rendre. C'est là que ton motif se révèle. Servir un maître, une personne importante, quelqu'un qui peut te rendre la pareille, cela peut se faire par intérêt bien caché. Mais parler à un enfant comme à un être humain, écouter longuement une personne isolée, aider quelqu'un dont personne ne saura jamais que tu l'as aidé, cela ne se fait pas pour être vu, parce qu'il n'y a rien à en tirer. Si tu veux tester ton cœur cette semaine, choisis un service que personne ne verra et regarde ce qui monte en toi.
Comment être ferme sur la sainteté sans devenir légaliste ou dur avec les autres ?
C'est une vraie tension et Jésus ne la résout pas en la simplifiant. Il te demande d'être radical avec toi-même (« si ta main te pousse à mal agir, coupe-la ») et en même temps prudent avec les autres (« qui n'est pas contre nous est pour nous »). Autrement dit : sois strict avec ce que tu tolères en toi et large avec ce que tu tolères chez ton frère, tant qu'il annonce Christ crucifié. Le légalisme apparaît quand on inverse cette équation : dur avec les autres et complaisant avec soi-même. Un disciple garde toujours l'énergie de la sainteté pour sa propre vie et l'énergie de la grâce pour les autres.
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